Virtual fishing

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Quand il n’y a plus d’eau, il y a la vidéo. C’est ce que démontre la nouvelle version du jeu de pêche virtuel le plus téléchargé de la planète. Dont la nouvelle version présentée cet été propose un spot sur La Creuse. Offre très ­opportune dans la mesure où la vraie pêche était interdite au même moment sur la vraie rivière. Ça c’est de la com !

Il est un âge de la vie, qui varie selon les individus, où l’homme se prend à faire l’inventaire de ce qu’il lui faut absolument faire avant que ne se termine la partie. Cet inventaire, tant que sa nécessité ne se présente pas, est envisagé comme une liste de courses plus ou moins sublimées où les temples grecs font bon ménage avec la grande muraille de Chine et le Taj Mahal. Et puis ce moment arrive vraiment et avec lui la surprise de juger incontournables des projets ou des lieux auxquels on n’aurait jamais pensé. Ainsi me suis-je dit un matin d’août dernier que mon aventure personnelle ne pouvait se terminer sans que je n’aie pêché dans la Creuse.
La Creuse, diantre, pourquoi la Creuse ? J’ai mis un moment à trouver. Pourquoi la Creuse en effet et pas la Corrèze, la Savoie ou l’Ardèche. En fait cela venait de mon enfance et de mes vacances près de Limoges (Haute-Vienne) et d’une frustration enfouie comme beaucoup d’autres où l’on parlait à table de pêches formidables dans des rivières comme la Gartempe et le Thaurion, qui coulaient à la fois en Haute Vienne et dans la Creuse, sauf que les parties en question avaient toujours lieu dans l’autre département. Comme d’ailleurs quelques autres expéditions de mes oncles à la poursuite des grosses perches de la partie… creusoise du lac de Vassivières.
Et c’est comme cela que j’ai découvert, la soixantaine finissante, qu’il y avait en moi comme un déficit de Creuse, et qu’il était important que je me l’avoue (on a les Tennessee qu’on peut). Et surtout qu’il me fallait, une fois ce « quelque chose » identifié, ne plus attendre une seconde pour mettre ce vieux projet à exécution.
Dès le lendemain matin je sautai sur mon ordinateur pour choisir la société de pêche la mieux placée pour m’aider à me réconcilier avec cette page de mon enfance. Je sélectionnai quelques AAPPMA dont celle de Bourganeuf commune familière à mes souvenirs et quelques autres encore ayant en commun de posséder des parcours sur l’une des deux rivières évoquées ici. Le fait qu’elles proposent un accès facile à Vassivière étant considéré comme un plus.
« – la pêche est fermée m’sieur »
« – comment ça la pêche est fermée ? »
Silence légèrement agacé de mon interlocuteur.
« – C’est en septembre que ça ferme. »
« – Pour pêcher m’sieur, il faudrait qu’il y ait de l’eau. Or il n’y a plus d’eau. »
Je tentai une autre AAPPMA, puis une autre et encore une dernière pour m’entendre dire que depuis le 19 juillet et jusqu’au 15 septembre toute pêche était interdite par arrêté préfectoral sur les 4000 km de rives en 1re catégorie ainsi que sur les cours d’eau classés en deuxième catégorie. Canicule et sécheresse, les sœurs Kessler du réchauffement climatique, étaient passées par là. Le département avait été placé en situation de crise dès le 10 juillet. Il y avait, au dire des techniciens de rivière locaux cinq fois moins d’eau qu’à la pire période de l’étiage entre fin août et début septembre.

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