Transport d’agents pathogènes par le matériel : à nous d’agir !

Si vous pêchez en Nouvelle-Zélande, en Islande où en Norvège, vous n’avez pas le choix. Si vous voulez obtenir un permis de pêche, vous devez apporter la preuve que votre matériel de pêche a bien été désinfecté. En France, les pêcheurs responsables et les fabricants de matériel de pêche doivent prendre les devants pour limiter les risques de propagation d’agents pathogènes d’un cours d’eau à l’autre, car dans notre beau pays, les obligations sont rarement… obligatoires !

Nos cours d’eau hébergent une biodiversité formidable que nous avons bien du mal à préserver face aux pollutions domestiques, agricoles et industrielles souvent réunies. La prolifération d’espèces invasives végétales et animales observées depuis des années, a aussi des conséquences dramatiques pour les milieux aquatiques ; les agents infectieux dont certains sont transmis par les espèces animales nouvellement introduites contribuent, eux aussi, au déclin d’une partie de la biodiversité. Leurs modes de dissémination sont souvent connus et multiples. Le rôle d’une transmission humaine passive par portage doit être pris très au sérieux, même si cela reste difficile à évaluer. Le pêcheur, comme toute personne impliquée dans des activités liées aux cours d’eau est susceptible d’être un vecteur potentiel de transmission, à son propre insu, par l’intermédiaire de son équipement. Le principe de précaution devrait s’appliquer en fonction de sites dit “sensibles” en mettant en place des protocoles d’hygiène adaptés. Nous devons nous poser la question de savoir quand et comment prévenir tout risque de propagation d’espèces invasives, mais également d’agents infectieux, dans les milieux aquatiques encore préservés, lors de la pratique de notre activité. La possibilité de pêcher aux quatre coins du monde ou tout simplement de prendre sa voiture pour prospecter un même cours d’eau, peut favoriser le transport d’agents pathogènes ou d’espèces dans un laps de temps très court.

Les espèces invasives…

Les espèces invasives sont les plus faciles a identifier. Leur vitesse de propagation très élevée, laisse suggérer des modes de dissémination multiples et parfois un transport par du matériel. Un des exemples le plus connu et le plus visible d’introduction de végétaux est sans doute représenté par la prolifération d’algues Didymosphenia geminata communément appelées Didymo. Depuis les années 1980, cette diatomée d’eau douce mesurant une centaine de micromètres fait parler d’elle sur plusieurs continents : on constate sa présence en Amérique du Nord, en Europe (Finlande, Hongrie, Irlande, Islande, Norvège…) et surtout dans l’ile du Sud de la Nouvelle-Zélande où elle a été déclarée officiellement organisme indésirable. En Colombie Britannique il a été démontré que l’apparition de l’algue Didymo coïncidait avec l’entrée sur le marché des semelles de feutres collées sur les bottes des cuissardes utilisées par les pêcheurs. Ces algues microscopiques peuvent survivre jusqu’à 30 jours dans les semelles de feutre mouillées et être ainsi transportées de cours d’eau en cours d’eau. Imaginez des

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