Tout sur le bas de ligne

  • Bas de ligne 01
  • Bas de ligne 02

    En grandes rivières lentes (ici l’Ain), les très longs bas de lignes apportent de la discrétion et autorisent de grandes dérives. La grande longueur des brins de nylon et notamment celle de la pointe (2,70 m) améliore grandement leur résistance à la rupture par une grande élasticité.

  • Bas de ligne 03

    A la mouche noyée, le bas de ligne doit avant tout transmettre et assurer les touches. Sa progressivité doit lui permettre d’effectuer un arc de cercle durant la dérive en aval.

Sujet inépuisable car toujours perfectible, la constitution d’un bas de ligne performant est une recherche constante. En dépit du manque total d’évolution du matériel dans ce domaine, les formules n’en restent pas moins un terrain d’aventures où chacun fait ses propres recherches. Voici l’essentiel des formules connues pour toutes les pêches à la mouche, utilisées par les meilleurs pêcheurs.

De tout l’équipement du pêcheur à la mouche, le bas de ligne reste le seul élément à faire appel aux choix du pêcheur, moyennant un peu de bricolage. Le bas de ligne est une chose personnelle, souvent une adaptation d’une formule trouvée dans un bouquin ou encore le fruit de multiples essais. À travers lui, on découvre la personnalité du propriétaire et son rapport à la rivière. Un bas de ligne tire-bouchonné qui garde en mémoire un long stockage sur le moulinet constitue la preuve que le pêcheur ne met pas souvent les pieds au bord de l’eau. D’autres bas de lignes sont aussi rafistolés qu’une vieille veste de braconnier, avec des bouts de fils de toutes tailles, de toutes couleurs, du neuf et du moins neuf. D’autres enfin sont droits comme des I, luisent comme à leur sortie d’usine et sont souvent l’oeuvre de pêcheurs pointus, qui ne supportent pas la trahison venant de cette « empilade » de nylons du plus gros au plus fin. C’est bien à son bas de ligne que l’on reconnaît le pêcheur.
Quel que soit votre détachement vis-à-vis de l’acte d’aller à la pêche pour prendre du poisson, nous vous invitons à ne pas prendre le bas de ligne à la légère. Si à l’étranger sur des parcours peuplés de poissons faciles, l’à-peu-près peut toujours marcher, en France sur les parcours publics, il en va tout autrement. Le bas de ligne devient dans ce cas la pièce maîtresse de l’équipement, bien plus que la canne elle-même et que la soie. Car c’est bien le bas de ligne qui permet de présenter la mouche. C’est lui qui, mal conçu, alerte le poisson et enfin, c’est lui qui a la lourde charge de mener à bien les opérations une fois que le plus dur a été fait, une fois qu’il y a eu tromperie sur la marchandise et que le poisson, berné, n’est pas d’accord sur la marche à suivre. Alors de nos jours et plus que jamais, le bas de ligne mérite un petit dossier.
C’est ainsi lorsqu’on débute à la mouche. On nous apprend à lancer une mouche mais pas à la poser. En se focalisant sur le lancer toute sa vie de pêcheur, une fois passé le stade des débuts, on prend des habitudes en recherchant de la distance et cela n’est pas toujours compatible avec les exigences du poser. Il n’y a guère qu’en lac, lorsqu’il s’agit de lancer un streamer que le poser n’est d’une part pas très compliqué à faire, et d’autre part n’intervient pas dans la présentation de la mouche, qui est ensuite ramenée vers le pêcheur. Avec les mouches noyées, le poser prend déjà une plus grande importance, car on a intérêt à faire couler la ou les mouches le temps que la soie puis le bas de ligne prennent la dérive. Pour cela, un poser en “cloche” accompagné d’un petit “ploc” émis par la mouche à l’impact favorise cette pénétration dans l’eau.

Les dérives inertes

C’est avec la nécessité de réaliser des dérives inertes que le bas de ligne se doit d’être réellement précis et performant. La pêche à la mouche sèche et à la nymphe à vue sont les deux techniques qui demandent réellement à la mouche de pêcher “toute seule” sans être retenue par la dérive de la soie (mouche noyée) ou par la canne (nymphe au fil). Le bas de ligne ne pêche pas à la place du pêcheur mais contribue à l’obtention de l’effet souhaité, à savoir 8’6 numéro 9 – Printemps 2020 – 47 – la lutte permanente contre le dragage. Selon le type de cours d’eau, ce bas de ligne sera plus ou moins long et plus ou moins “rapide”. On entend par rapide la faculté à s’étendre rapidement au moment du poser. En raccourcissant la longueur de chaque brin de nylon supplémentaire, on augmente la vitesse à laquelle le bas de ligne se déroule sur l’eau. En principe, les bas de ligne pour la pêche en eaux rapides, essentiellement à la mouche sèche sont courts et basés sur ce principe de rapidité. La mouche doit pêcher sur de tout petits espaces et passer de poste en poste rapidement. À l’inverse, la pêche sur de grands lisses impose des dérives beaucoup plus longues, surtout avec les ombres qui partent du fond pour intercepter une mouche sèche. La pêche est plus lente, les postes plus vastes et les bas de lignes sont longs.

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