Rivières de Franche-Comté, le grand ras-le-bol !

Alors que l’administration n’a pas le courage d’affronter un modèle agricole qui ne respecte rien, les rivières de Franche- Comté ont plus que jamais un pied dans la tombe. Ce printemps encore, les poissons défilèrent le ventre en l’air. Il serait temps que les pêcheurs se mobilisent en très grand nombre, car bientôt, il sera trop tard.

Les rivières de Franche- Comté et notamment celles du département du Doubs n’en finissent pas de mourir. Ce printemps, les habitués du Doubs, du Dessoubre et du Cusancin, mais aussi de la Bienne jurassienne, ont de nouveau assisté à un triste spectacle, celui que l’on connaît malheureusement trop bien depuis 2009. Ce morne tableau représente des rivières malades avec son cortège de poissons morts. Le printemps 2016 avait été très arrosé avec des crues permanentes depuis l’hiver jusqu’à fin juin. Cela avait permis aux ombres et aux truites de passer le cap de la fraie sans trop de dégâts. Quand les eaux étaient redevenues claires dès juillet, on pouvait revoir des petits bancs d’ombres adultes un peu partout. Ce sont ces poissons qui sont en grande partie morts ce printemps. Parce que rien n’a été fait pour que ça change. Le comté reste plus que jamais un produit issu de l’agriculture intensive. On dépasse largement le million de tonnes de lisier de vache pour le seul département du Doubs et ses 105 000 vaches laitières (chiffre datant de 2013). Le préfet Christian Decharrière avait promis une réglementation spécifique pour les zones karstiques, le président du conseil général Claude Jeannerot voulait que le lisier soit stocké sur six mois et non sur quatre afin d’éviter les épandages hivernaux, lorsqu’aucune pousse ne peut profiter de ce fertilisant dont tout le monde sait bien qu’il ne s’agit que d’un déchet, d’autres brandissaient la méthanisation pour régler le problème. Du côté des politiques et de l’administration rien n’a ne serait- ce qu’été tenté.

Sept ans de mesurettes dans le meilleur des cas, car les services de l’État s’enrhument quand la FNSEA tousse. Sept années durant lesquelles la production de comté a continué d’augmenter : 14 000 tonnes il y a une trentaine d’années, 80 000 en 2015. Et l’arrêt des quotas laitiers n’est pas seul responsable de cette augmentation, car l’AOP comté régule plutôt bien ses quotas depuis longtemps. L’administration sait que les prairies ne sont plus que de la culture d’herbe d’environ dix espèces de végétaux, que le comté est une publicité mensongère scandaleuse aux vaches au bout du rouleau piquées aux antibiotiques trop souvent. Elle sait aussi que les champs sont régulièrement passés au glyphosate (Roundup), plutôt hors AOP, mais parfois dedans. Mais elle laisse faire et par là même cautionne ce système qui est tout autant une réussite économique remarquable qu’un désastre écologique majeur.

Des solutions existent pour minimiser l’impact du lisier, comme la méthanisation (à condition que les digestats très riches en azote ne soient pas épandus). Mais la décision, comme le courage, est politique. Dans la pratique, transformer la totalité d’un million de tonnes d’un lisier liquide qui ne méthanise pas sans l’aide de 90 % de déchets verts n’est sans doute pas possible sans déforester la région ! La méthanisation est une solution

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