Rétablissement de la libre circulation piscicole : intérêt et limites…

L’intérêt croissant pour la continuité écologique des cours d’eau et les problèmes posés par les nombreux seuils et barrages conduisent à la construction de nombreux dispositifs de franchissement piscicole. Cependant, aussi performante quelle puisse être, cette technologie a des limites et ne peut pas réduire tous les impacts des seuils. Dans ce sens, la mise en place de dispositifs de franchissement doit être évaluée en fonction de leur intérêt biologique et des gains attendus et, plus largement, les problématiques de continuité piscicole doivent être replacées au regard des autres altérations présentes.

Cohérence écologique, corridors, continuum, trames, connectivité : ces termes et concepts environnementaux récents reflètent l’enthousiasme actuel des gestionnaires pour la continuité écologique. Apparues progressivement au cours de la dernière décennie, ces notions proviennent de l’intégration de l’écologie du paysage et de la biogéographie dans les stratégies d’évaluation environnementale et d’aménagement du territoire. Parallèlement, le constat des dérèglements climatiques a renforcé l’idée de raisonner en terme de maillages et de fonctionnalité des écosystèmes à très large échelle. En ce qui concerne les milieux aquatiques, ces notions de continuum et la nécessité de considérer l’écosystème et son fonctionnement sur l’ensemble de son bassin versant ne sont pas nouvelles. Mais c’est la directive cadre européenne sur l’eau qui en 2000 définit cette notion de continuité écologique et parle ainsi de libre circulation piscicole et de transport des sédiments. Supprimer les seuils : un voeux pieux ! Aujourd’hui, la réglementation et les politiques de l’eau conduisent les propriétaires ou gestionnaires d’ouvrages à mettre en place des actions permettant de retrouver des conditions de continuité favorables, devant le constat du nombre impressionnant de seuils et de barrages implantés dans le lit des rivières : entre 50’000 et 60’000 au dernier recensement effectué par l’Onema. Dans l’absolu, ce contexte est très intéressant puisque c’est une opportunité très favorable pour restaurer les cours d’eau. En effet, le dérasement d’un ouvrage transversal, c’est-à-dire son démantèlement, permet de supprimer définitivement l’ensemble de ses impacts, notamment ceux relatifs à l’ennoiement des habitats originels et au piégeage des sédiments par la retenue, ainsi que ceux liés au blocage des poissons migrateurs.

 

 

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