Régionales. Le Gave se rebiffe

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    Vincento, le roi de la mouche à la fin des années 60.

10 000 saumons pourraient reprendre possession du gave d’Oloron et de ses affluents. Encore faudrait-t-il qu’on les laisse monter. Récit d’une prise d’otage administrative et réglementaire contre laquelle les habitants de Nouvelle Aquitaine sont de plus en plus nombreux à se mobiliser.

La grosse femelle a eu beaucoup de chance le jour où elle est passée. En mer d’abord, le long du rivage où les saumons hésitent encore à s’engager dans les eaux saumâtres de l’Adour. Entre Mimizan et Bayonne, ils avaient relevé les filets à cause de la houle. Dans le port de Bayonne non plus, il n’y avait pas de filets, c’était le week-end. Elle n’a pas croisé grand monde dans l’Adour, quelques aloses, des poissons blancs. Elle s’est fait courser par un grand silure, mais l’Océan lui avait appris à gérer ce genre de rencontres. Elle s’est vite engagée dans le gave d’Oloron, désert lui aussi pour cause de fermeture de la pêche. Elle sentait confusément qu’il ne fallait pas traîner : l’alignement des planètes, c’est sacré, même pour un saumon.

Arrivée à Sauveterre, elle a enfin ralenti. Elle voulait profiter… Ce n’est pas tous les jours que l’on remonte la plus belle rivière du monde. En fait, elle était passée au début de l’été, entre deux montées, celle des grands saumons et celle des madeleineaux. Mais n’avait croisé personne ou presque, une truite de mer, quelques aloses en retard comme elle, mais c’était normal puisqu’elle n’en avait fait qu’à sa tête. Elle avait paressé dans les pools de sa vie d’avant. Elle était bien d’ici. Elle avait même une ancêtre qui avait gagné le championnat du monde de Casamayou, le charcutier de Navarrenx, mais elle ne reconnaissait pas tout. On lui avait changé son Gave. Il y avait des tuyaux partout qui auraient pu lui faire penser à une salle de soins intensifs mais, les soins, au Groenland ils ne connaissaient pas.

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