Qui sont les poissons de nos régions ?

  • Goujon-adour

    Un goujon de l'Adour.

  • vairon-danube

    Phoxinus csikii, autrement dit le vairon du Danube ici en parade nuptiale, est répertorié uniquement dans l’est du pays, en Alsace et en Lorraine.

  • toxostome

    Le toxostome est un exemple d’espèce incompatible avec une espèce exogène, le hotu. Il est menacé d’extinction.

Les pêcheurs à la mouche ne voient souvent que les espèces qui nourrissent leurs rêves et leur passion. Il serait vraiment dommage de ne pas s’intéresser à toutes les espèces qui vivent avec la truite, l’ombre ou le saumon. Une plongée dans Les Poissons d’eau douce de France, dont la dernière mise à jour vient de paraître, vous fera regarder les rivières différemment. D’éminents spécialistes retracent l’histoire mouvementée des poissons de notre pays, avec des révélations stupéfiantes. Si vous croyiez connaître vos rivières, attendez-vous à tomber de haut. 

Tous les huit à dix ans depuis 1983, les Publications scientifiques du Muséum national d’Histoire naturelle réactualisent Les Poissons d’eau douce de France, un ouvrage qui fait partie de la collection Inventaires & biodiversité. Les auteurs de cet ouvrage perpétuel sont des grands spécialistes des poissons d’eau douce. Certains ont consacré l’ensemble de leur carrière à l’étude d’une seule espèce. Philippe Keith, Nicolas Poulet, Gaël Denys, Thomas Changeux, Eric Feunteun et Henri Persat ont eu fort à faire pour mettre à jour des données dans un monde aquatique en perpétuel changement, c’est le moins que l’on puisse dire. Cet ouvrage-somme, de plus de 700 pages pour la dernière édition qui vient de paraître, n’est pas une encyclopédie qui grave sur le papier faute de pouvoir le faire dans le marbre une vision immuable des choses. C’est au contraire un livre vivant, évolutif, et qui a plusieurs rôles. Ainsi va le monde.

Est-ce un bien ou un mal si ce qui évoluait au rythme des millénaires change aujourd’hui aussi rapidement que les nouvelles versions de smartphone ? Au risque de décevoir certains optimistes, il faut bien reconnaître que le dérèglement climatique et l’aménagement des cours d’eau laissent la part belle aux espèces invasives ainsi qu’à celles qui ne le sont pas forcément, mais qui s’adaptent là où les espèces en place régressent parce que le milieu change. Dire le contraire équivaut à trouver des alibis pour minimiser l’impact anthropique sur la nature.

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