Que sont devenus les brochets de pisciculture déversés dans le Lot ?

Depuis 2007, une grande étude a été effectuée par la fédération de pêche du Lot et le laboratoire EcoLab de l’université Paul Sabatier de Toulouse, au sujet de la communauté des espèces carnassières dans les eaux de la rivière le Lot (région de Cahors).

A notre connaissance, c’est le première fois qu’une étude d’une telle ampleur concerne d’autres espèces que la truite, l’ombre ou les espèces migratrices.

Cette étude s’est articulée en trois principaux volets  :

  • Connaissance du régime alimentaire des carnassiers
  • Analyse génétique des brochets
  • Expérimentation de récifs artificiels

A travers ces trois volets, un “sous volet” concernait un aspect qui intéresse au plus haut point les pêcheurs : le devenir des brochets introduits dans ce milieu naturel qu’est le Lot.

Ainsi, 1840 brochets issus de pisciculture ont été identifiés avant leur déversement avec des marques  “spaghettis” sur lesquelles étaient inscrits la date, le n° de marque, la taille de l’individu et le lieu du lâché.

Plusieurs années plus tard, le taux de capture révéla quelques surprises. Cette expérience nécessita la mise en no-kill des secteurs concernées. La capture des brochets marqués demanda la collaboration d’une centaine de pêcheurs et d’un matériel de pêche électrique.

Premier constat, sur les 150 brochets capturés, la plupart sont restés dans un rayon de 900 m par rapport au lieu d’introduction et les individus les plus éloignés l’étaient de 1,5 km.

Le taux de survie des brochets introduits à la taille de plus de 50 cm est beaucoup plus important que les individus plus petits. La rivière Lot offre un fort taux de croissance des brochets (moyenne de 20 cm/an).

L’étude génétique montre que les brochets de pisciculture ne participent pas ou très peu à la reproduction. Leur intérêt est donc exclusivement halieutique.

Sur le Lot comme ailleurs, on constate que seul un milieu en bon état est garant de pérennité, et en ce qui concerne les brochets, la viabilité des frayères reste la priorité. Il semble évident que dans les milieux qui peuvent encore être renaturés, cette option est de loin la meilleure. Mais le risque d’une telle étude est de faire croire aux pêcheurs qu’il suffit de déverser des camions de poissons adultes dans les cours d’eau pour montrer que tout va bien. En l’occurence, le but de l’étude du Lot était simplement de vérifier le devenir des poissons, et non d’établir une recette toute faite, transférable partout et préférée aux travaux de reconquête des zones fonctionnelles d’habitats et de reproduction, autrement plus efficaces que des lâchés de poissons d’élevage. Cette étude à en tous cas eu le mérite d’apporter quelques réponses à des questions que se posent beaucoup d’AAPPMA.

http://www.pechelot.com/web/files/8014/0204/0540/ETUDECARNASSIERS.pdf

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