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PS104

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Pêches sportives magazine numérique n°104

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n°104
PÊCHES
sportives
Toutes des belles
Un début de saison
en fanfare
Le retour
du saumon
du gave
Tout sur
le Lowrance
HDS gen 3
Montage
Sublimez
vos dubbing
Révélation
Comment Mr Sawyer
faisait ses nymphes
des pêcheurs français
J’ai une révélation à faire à toutes celles et ceux – et ils sont
nombreux – qui se demandent de quoi Madame Royal est la
ministre.
Notamment à ceux qui hésitent entre les portefeuilles de
l’équipement, de l’énergie ou de l’agriculture. Trois domaines dans
lesquels elle vient de prouver une détermination impressionnante
à sauver les vieux barrages en péril, à caresser les agriculteurs dans
le sens du poil (de cochon) et à permettre à n’importe quel
hydraulicien de garage de jouer avec le moindre petit ruisseau pour
l’empêcher de devenir une belle et grande rivière.
Et bien, Madame Royal est ministre de l’environnement. La pire
ministre de l’environnement qu’on ait jamais eu dans ce pays,
dont la gestion consternante risque d’achever les dernières rivières
sauvages que quelques rares textes, pourtant peu audacieux,
protégeaient encore de la rapacité des trafiquants de kilowatt/
heures et des irrigateurs stakhanovistes.
Nous publions ici la lettre ouverte que viennent d’adresser au
président de la République, Claude Roustan le président de
la Fédération nationale pour la pêche en France et Denez l’Hostis,
le président de France Nature Environnement.
Nous sommes, dans ces colonnes, assez souvent critiques envers le
premier nommé, pour ne pas saluer son initiative et dire à nos
lecteurs que nous la soutenons sans réserve. Aidons-le à faire
barrage à Madame Royal.
Vincent Lalu
EDITO
Royal barrage
Actualités
Monsieur le Président de la
République, nous sommes
extrêmement inquiets. Nos
rivières de France sont en
grave danger.
Alors que depuis plusieurs
dizaines d’années les efforts
conjugués des pouvoirs
publics et de l’ensemble des
usagers et partenaires,
notamment associatifs que
nous représentons, ont per-
mis une longue et progressive
reconquête de ce patrimoine
irremplaçable, deux décisions
récentes de votre gouverne-
ment viennent de remettre en
cause brutalement et de
manière unilatérale, cet
acquis environnemental
essentiel.
Par ces deux décisions, le
gouvernement met claire-
ment nos rivières en danger,
et tourne le dos délibérément
aux engagements qu’il a lui
même pris vis à vis de l’Union
Européenne dans le cadre de
la Directive Cadre sur l’Eau de
2000 (DCE). Non seulement
l’objectif de 2/3 des cours
d’eau en « bon état écolo-
gique » en 2015 sur lequel
nous nous étions engagés vis
à vis de l’Europe ne sera pas
atteint, mais, qui plus est, ces
deux décisions sont de nature
à compromettre l’atteinte de
nos objectifs pour la pro-
chaine échéance de 2021.
Elles menacent significative-
ment et durablement le main-
tien
des
acquis
environnementaux si difficile-
ment et chèrement obtenus
ces dernières années. Elles
sont de nature à réduire
encore et à accélérer la chute
abyssale de la biodiversité de
notre territoire, alors même
qu’on prétend la freiner, voire
l’arrêter grâce, au projet de loi
biodiversité en cours d’exa-
men par le parlement. Ces
décisions concernent d’une
part la promotion et le déve-
loppement de l’hydroélectri-
cité, et d’autre part
l’agriculture dans ses relations
avec l’environnement.
La promotion et
le développement
de l’hydroélectricité
Des annonces récentes de la
ministre de l’Ecologie, favora-
bles au développement de
l’hydroélectricité, sont de
nature à susciter le doute
sinon la perplexité :
– suspension inattendue de
l’arasement des ouvrages de
la Sélune dans la Manche,
– annonces favorables aux
moulins et autres petits
ouvrages hydroélectriques
lors des débats relatifs à la
loi sur la transition énergé-
tique,
– pour les nouveaux ouvrages,
promotion de cette énergie
grâce aux appels d’offres par
le soutien des finances
publiques.
Les cours d’eau de notre pays
sont très fortement aména-
gés. Plus de cinq cents grands
barrages et plus de 70 000
ouvrages barrent et interrom-
pent le cours naturel des
fleuves et des rivières. La dis-
tance entre ouvrages est en
moyenne de 5 km, les cours
d’eau s’apparentent à de
vastes « escaliers d’eau ». Le
potentiel énergétique de nos
cours d’eau est exploité à
95%. Le choix politique porte
sur la préservation des 5%
restants : le gouvernement
veut il sacrifier les dernières
portions de cours d’eau
encore préservées ?
Le développement de l’hydro-
électricité impacte directe-
ment les politiques de
préservation et de reconquête
de la qualité de l’eau et de la
biodiversité. Le principe,
affirmé haut et fort par cer-
tains, qu’on pourrait simulta-
nément avoir des rivières en
bon état biologique et phy-
sico chimique et les équiper
d’ouvrages hydroélectriques
est faux, comme ceci a été
démontré à maintes reprises
par de nombreuses études
scientifiques. Tout ouvrage en
rivière, par la présence de la
retenue d’eau qu’il génère, où
se développe l’eutrophisation,
est le siège d’altérations bio-
logiques et physico chimiques
qui dégradent la qualité de
l’eau et du milieu. Ainsi, tout
ouvrage, même équipé du
meilleur dispositif de franchis-
sement des migrateurs vers
l’amont et l’aval, du meilleur
système de gestion du débit
solide, altère considérable-
ment le milieu aquatique, et
menace directement les
chances d’atteindre le bon
état. La proportion de ces dis-
positifs non entretenus et qui
se bouchent très rapidement,
devenant ainsi immédiate-
ment non fonctionnels, est
considérable sur le terrain. Les
obligations de suivi et d’en-
tretien sont rarement respec-
tées par des propriétaires rési-
dant souvent loin des
ouvrages. La police de l’eau
est bien souvent inopérante.
Des portions entières de
rivières indispensables à la
reproduction des espèces,
peuvent être ainsi rendues
inaccessibles à des périodes
pourtant vitales par un seul
ouvrage mal entretenu. Les
effets cumulatifs des succes-
sions d’ouvrages qui s’étagent
sur les mêmes cours d’eau et
au sein des mêmes bassins
versants, multiplient, par un
phénomène de potentialisa-
tion additive, les altérations
profondes et durables des
milieux aquatiques, tant sur le
plan biologique que physico
chimique. Ces réalités tech-
niques font que le dévelop-
pement de l’hydroélectricité,
induit notamment par l’appel
d’offres gouvernemental, aura
des effets délétères sur l’at-
teinte du « bon état » des
cours d’eau sur lequel la
France, à l’instar des autres
pays européens, s’est enga-
gée au titre de la Directive
Cadre sur l’Eau (DCE). Notre
engagement d’atteindre les
2/3 de nos masses d’eau
superficielles en « bon état
écologique » d’ici à 2015 ne
sera pas tenu, et de loin. La
prochaine échéance est 2021.
Nous devons donc tout faire
pour progresser significative-
ment dans ce domaine.
Or, les causes principales de
cet échec sont connues : les
pollutions diffuses agricoles
contre lesquelles nous agis-
sons bien peu et les modifi-
Lettre ouverte à M. Le président de la République
Nos rivières mises en grave danger par de nouvelles
politiques publiques
cations morphologiques des
cours d’eau, lourd héritage
des pratiques passées. Ainsi,
les paramètres qui déclassent
les cours d’eau sont directe-
ment sous la dépendance de
la qualité morphologique des
rivières et notamment de leur
libre écoulement. Empêcher
celui ci, ou le ralentir, c’est
accroitre les phénomènes
d’altération qui empêchent
l’atteinte du « bon état écolo-
gique ». Construire de nou-
veaux ouvrages ne peut que
renforcer ces phénomènes de
dégradation.
En un mot, ce qui déclasse
nos rivières ce sont les alté-
rations que précisément l’ap-
pel d’offres a pour effet de
renforcer.
Par ailleurs, si la grande
hydraulique a le mérite de
contribuer significativement à
la production hydroélectrique,
les microcentrales, voire
maintenant les pico centrales
(quelques dizaines de kWh)
produisent des quantités
infimes d’électricité, mais des
dégâts écologiques significa-
tifs. Elles n’apportent en rien
la moindre contribution inté-
ressante au développement
d’une production électrique
durable. L’hydroélectricité est
certes une énergie renouvela-
ble, mais en aucun cas une
énergie durable (absence de
volet social, conséquences
écologiques néfastes). Pire,
elles sont établies sur des
petits cours d’eau qui sont
bien souvent des zones
vitales pour la biodiversité,
pour les poissons et la vie
aquatique en général : ruis-
seaux pépinières, zones de
frayères, petits chevelus de
l’amont. Les cycles vitaux des
poissons migrateurs sont
interrompus alors même que
ces espèces sont vulnérables
(saumon atlantique), parfois
même en danger critique
d’extinction (anguille euro-
péenne). Il ne s’agit en défini-
tive que d’une destruction
intolérable du bien commun
que représentent les rivières,
leur biodiversité, les services
écosystémiques qu’elles
offrent, la beauté de leurs pay-
sages, le bien être qu’elles
procurent aux populations, au
service de l’intérêt de
quelques uns. Alors même
que, depuis quelques années,
des politiques efficaces de
mise aux normes d’ouvrages
existants et d’effacement de
seuils et de barrages inutiles
ou obsolètes (soit environ
90% des barrages et seuils
existants) commençaient à
porter leurs fruits (améliora-
tion de la qualité de l’eau,
remise en mouvement du
transit sédimentaire, recon-
quête des rivières pour les
poissons migrateurs, amélio-
ration significative des écosys-
tèmes), relancer une politique
de développement de l’hydro-
électricité et, singulièrement,
de la micro hydroélectricité,
apparait comme une
immense régression condui-
sant à faire disparaître ce qu’il
reste de notre patrimoine de
rivières vivantes.
Aussi :
Nous demandons l’arrêt
immédiat de l’appel d’offres
sur le développement de l’hy-
droélectricité, énergie renou-
velable mais non soutenable
au sens du « développement
durable ». Nous sommes favo-
rables au développement des
énergies renouvelables mais
pas au prix de l’altération des
derniers tronçons de rivières
et de la destruction de leurs
fonctionnalités écologiques
pour un gain énergétique
dérisoire. Cette énergie, qui a
atteint depuis longtemps sa
maturité technique, qui est
déjà indirectement, et forte-
ment aidée au travers de tarifs
de rachat très profitables
financés par la contribution
obligatoire de chaque
abonné, n’a pas à être déve-
loppée, mais elle doit être au
contraire maitrisée et stricte-
ment mise aux normes envi-
ronnementales afin de
respecter les cours d’eau non
encore aménagés qui nous
fournissent des services inesti-
mables, significativement
supérieurs à leur intérêt éner-
gétique. Nous demandons
qu’aucun nouvel équipement
hydroélectrique quelle qu’en
soit la taille, ne soit autorisé.
Que seule soit admise une
optimisation énergétique du
parc existant sous réserve de
son amélioration écologique
la plus aboutie. Nous deman-
dons l’application stricte des
dispositions du Code de l’en-
vironnement concernant la
continuité écologique qui doit
être impérativement protégée
et renforcée. Notamment, sur
les rivières classées en liste 1
au sens de l’article L.214 17 du
code de l’environnement, où
tout nouvel ouvrage est inter-
dit, les renouvellements de
titres (autorisations et conces-
sions) doivent par principe
être rejetés. Par exception, on
pourra admettre le renouvelle-
ment des titres pour des
ouvrages particulièrement
structurants dont le maintien
correspondrait à la fourniture
d’un service collectif d’intérêt
général significativement mar-
qué. Sur les rivières en liste 2,
les très nombreux ouvrages
obsolètes, inutiles ou orphe-
lins, doivent être effacés, les
ouvrages présentant un usage
avéré devant être soigneuse-
ment mis aux normes, et par-
faitement entretenus dans les
délais prévus par les textes.
Lors du renouvellement de ces
listes, elles devront naturelle-
ment être reconduites voire
accrues, et en aucun cas
revues à la baisse. Nous
demandons que les pouvoirs
publics mettent en oeuvre
l’ensemble des moyens possi-
bles, juridiques, financiers,
administratifs et en personnel
pour atteindre nos objectifs
DCE, notamment dans les
administrations concernées,
les agences de l’eau et
l’ONEMA, et renoncent impé-
rativement à toutes les poli-
tiques contraires, de nature à
nous empêcher de les attein-
dre, notamment dans le
domaine de la biodiversité
aquatique. L’appel d’offres
hydroélectricité fait partie de
ces politiques contraires à cet
objectif fondamental qui nous
oblige vis à vis de l’Europe, et
c’est pourquoi il faut y renon-
cer.
La communication en Conseil
des Ministres du 18février
2015 concernant l’agriculture
et notamment ses relations
avec l’environnement. Cette
communication, constitue un
recul extrêmement préoccu-
pant, notamment pour l’eau et
les rivières. Les mesures
En un mot, ce qui déclasse nos rivières
ce sont les altérations que précisément
l’appel d’offres a pour effet de
renforcer.
Actualités
annoncées participent d’une
véritable volonté de :
– déréglementation
accroissement des seuils
pour les ICPE agricoles sou-
mises à autorisation,
– développement des rete-
nues d’eau artificielles pour
l’irrigation,
– réduction du périmètre des
cours d’eau par une carto-
graphie départementale
partisane,
– réduction de la pression du
contrôle.
Comme il a été rappelé
depuis la création du régime
Enregistrement :
L’introduction de ce régime
pour les élevages industriels,
et dernièrement pour les éle-
vages de volailles, concerne
directement la qualité de
l’eau des fleuves et des
rivières. Ce régime détend un
peu plus le lien entre agricul-
ture et territoire : l’absence
d’étude d’impact ne permet
pas d’intégrer l’installation
dans son environnement ; et
en l’absence d’enquête
publique, les riverains subis-
sent l’installation de telles
fermes en contradiction avec
les principes de l’agro écolo-
gie pourtant portés par votre
gouvernement. Le développe-
ment des retenues d’eau
pour l’irrigation crée d’impor-
tants dégâts environnemen-
taux sur la qualité de l’eau, de
la ressource en général, et
notamment des rivières. L’éla-
boration d’une carte départe-
mentale des cours d’eau est
problématique, et potentielle-
ment dangereuse. Les cours
d’eau sont une réalité fac-
tuelle non négociable, mais
constatable
in situ
, et évolu-
tive sur le terrain. Aucune car-
tographie complète de ceux ci
n’existe actuellement, les
cartes IGN ne sont qu’un
minimum de l’existant. Cette
carte risque de n’être ni
objective, ni exhaustive, et dès
lors qu’il y aura une carte, tout
le monde considèrera que
tout ruisseau, rivière, canal,
non répertorié ne sera pas un
cours d’eau, et échappera du
coup aux prescriptions de la
police de l’eau. C’est évidem-
ment la porte ouverte à la
pollution, la rectification, la
suppression des bandes
enherbées, bref le massacre
de ce patrimoine inestimable
que sont les petits cours
d’eau. Cela signifiera une
nouvelle vague de destruction
de chevelus, ruisseaux pépi-
nières en tête de bassin, qu’il
faut au contraire impérative-
ment protéger.
Enfin, l’allègement de la pres-
sion de contrôle sur le terrain
est extrêmement choquant,
alors même que les atteintes
à l’environnement ne cessent
de s’accroître dans le monde
rural. Les agents de l’ONEMA,
des DDT, des DDPP et de
l’ONCFS, sont les « gen-
darmes » des milieux natu-
rels. Il faut les encourager, et
non les décourager à pour-
suivre leurs missions indis-
pensables de contrôle et de
surveillance, voire de répres-
sion quand cela est néces-
saire. On ne voit d’ailleurs pas
au nom de quoi les infra-
ctions aux lois et règlements
commis par les agriculteurs
seraient moins graves, ou
moins « illégales » que celles
commises par d’autres
citoyens, et c’est envoyer un
signal extrêmement négatif
(et incitatif aux comporte-
ments délictueux) que d’an-
noncer un « allègement » des
contrôles. Nous regrettons
que le gouvernement, par sa
communication en Conseil
des Ministres du 18 février
2015, renforce l’idée selon
laquelle il n’existe qu’une
seule logique agricole, pro-
ductiviste, incompatible avec
la préservation de l’environ-
nement et des biens com-
muns que sont l’eau, les
écosystèmes et la biodiver-
sité. Nous réaffirmons donc
notre souhait que le gouver-
nement renonce aux disposi-
tions prévues au chapitre 31
de la communication en
Conseil des Ministres du 18
février 2015. Celles ci sont
extrêmement nocives à l’en-
vironnement et en particulier
à l’eau et aux rivières.
Nous demandons en
conséquence de :
– maintenir les seuils des ICPE
et non de les augmenter afin
de continuer à maîtriser et
réduire les pollutions des
rivières,
– nous tourner vers une agri-
culture économe en eau, au
lieu de développer des
réserves d’eau pour l’irriga-
tion qui ne feront qu’accen-
tuer la pression sur la
ressource,
– ne pas établir de cartographie
des rivières, pour ne pas
encourager l’affaiblissement
de la protection de l’eau, des
écosystèmes et la prévention
des inondations,
– réserver les financements
publics, en particulier les
subventions des Agences de
l’Eau, aux seuls projets par-
ticipant directement de la
protection de la ressource
en eau et des milieux aqua-
tiques,
– renforcer la police de l’eau
et accroître les contrôles
pour lutter contre les
atteintes environnementales
qui se développent.
La France compte 500 000
km de rivières qui constituent
un patrimoine naturel excep-
tionnel qui rend d’inestima-
bles services environ-
nementaux (et donc sani-
taires), sociaux et écono-
miques. C’est un capital vital
pour la qualité de vie de nos
concitoyens, source d’améni-
tés nombreuses et de
ressourcement, et la beauté
de ce patrimoine exception-
nel participe grandement à
l’attractivité de notre pays, la
France. Il ne faut pas le sacri-
fier pour quelques méga-
watts d’énergie électrique en
plus, ou pour satisfaire au
paradigme dépassé d’une
agriculture productiviste. Il y a
aussi une économie autour
de la conservation de ce
patrimoine naturel largement
aussi beau et cher au coeur
des français que notre patri-
moine culturel. Il faut impéra-
tivement préserver et
améliorer ce patrimoine
extraordinaire, fragile et
irremplaçable qui est notre
bien commun, et renoncer à
tout ce qui pourrait l’altérer
ou le détruire.
Veuillez accepter, Monsieur Le
Président de la République,
l’expression de notre plus
haute considération.
Claude Roustan
Président de la fédération
nationale pour la pêche en
France
Denez L’Hostis
Président de France Nature
Environnement
Destinataires associés :
Monsieur le Premier ministre,
Madame la ministre de l’Eco-
logie, du Développement
durable et de l’Energie, Mon-
sieur le ministre de l’Agricul-
ture, de l’Agroalimentaire et
de la Forêt.
Sommaire
Pêches sportives n° 104
ACTUS
– Lettre ouverte à M. Le Président
de la République
– Le scandale du barrage des Plats
sur la Semène
– Ciron : la vallée aux 66 barrages
L’ECHO DU RADIER
p. 14
– Transport d’agents pathogènes
par le matériel des pêcheurs,
à nous d’agir
REVIVAL
p. 18
Le gave se rebiffe
TECHNIQUE MOUCHE
p. 26
– Ferrage et pêche à la nymphe :
une simple formalité ?
RÉCITS
p. 32
– Rêves et désillusions
d’un incroyable début de saison
MONTAGE
p. 40
– Exclusif : les nymphes de Mister
Sawyer
RÉFÉRENDUM
p. 46
– Les leurres préférés des Français
LE SHOPPING
p. 56
– Canne et moulinet
Hanàk Ultralight
– Powerline Fluoro Hybrid SI
– Passe-mouche Tyepro
TEST
p. 58
– Echosondeur/GPS Lowrance
HDS gen 3, complexe mais
fabuleux !
MONTAGE
p. 64
– Cyril Bailly, le magicien
du dubbing
MOUCHE DE LÉGENDE
p. 76
– Hommage à Raymond Rocher et
à sa “pheasant and orange”
OÙ PÊCHER
p. 78
– Ecosse, dans l’ombre de la Dee,
la Don !
LIBRAIRIE ET
PETITES ANNONCES
p. 81
– Les petites annonces
de
Pêches sportives
Administration, rédaction,
publicité :
Editions La Vie du Rail/ Pêches
sportives
11, rue de Milan, 75009 Paris –
Tél. : 01 49 70 12 02.
Télécopie : 01 48 74 37 98.
E-mail : redaction@peches-
sportives.com
Directeur de la publication :
Vincent Lalu.
Rédacteurs en chef :
Vincent Lalu et Philippe Boisson.
Ont collaboré à ce numéro :
Pierre Affre, Cyril et Florent Bailly,
Hervé Brun, Philippe Boisson,
Vincent Lalu, Jean-Chrisitan Michel, Jean-
Marc Theusseret.
Réalisation graphique :
amarena.
Chef de fabrication :
Robin Loison.
Abonnements :
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Photogravure :
La Vie du Rail.
Impression :
Imprimerie Loire Offset Titoulet (42)
Commission paritaire :
1117 K 82373
ISSN : 1252-8358.
Dépôt légal : à parution.
Marketing et diffusion presse :
Destination Média
Un DVD est inclus dans
ce numéro pour les abonnés
par l’Etat local – ont ainsi dis-
crètement achevé la recons-
truction du grand barrage des
Plats, sur la Semène”,
déplore
le collectif. L’ouvrage le plus
inutile de France a été érigé
sur ce qui devait être au
départ un réservoir biologique
inscrit dans le SDAGE Loire
Bretagne (Schéma directeur
d’aménagement et de gestion
des eaux). Désormais, la
continuité écologique et la
biodiversité s’arrêtent au pied
du barrage… D’autant que les
élus locaux ont carrément
oublié de faire équiper le bar-
rage d’une passe à poissons
pourtant obligatoire. Pour le
barrage des Plats, cela aurait
fait grimper la facture de deux
millions d’Euros. En France on
est d’accord pour préserver
l’environnement, mais il faut
que cela soit gratuit. En visite
sur la Sélune (Manche), Ségo-
lène Royal disait à propos de
l’arasement des barrages de
Vézins et de La Roche Qui
Boit,
“ 50 millions, ça fait cher
pour faire remonter des pois-
sons ! ”.
Et 2 millions, c’est tou-
jours cher, et moins ce serait
encore trop cher… L’exemple
des crues récentes du Gave de
Pau nous montre qu’au petit
jeu des économies de bouts
de chandelle, la facture post
crues dépasse les 400 millions
d’Euros, claqués uniquement
pour réparer les dégâts sans
faire en sorte que le torrent
puisse être en mesure de
mieux vivre avec ses crues.
Une table ronde acceptée
par le Ministère de l’éco-
logie ?
Après la procédure d’infra-
ction ouverte par l’Union
Européenne pour « non res-
pect de la législation euro-
péenne » contre la France le
26 novembre dernier à la
suite du drame de Sivens,
cette nouvelle demande d’ex-
plication sur une surprenante
pratique publique de gestion
de la ressource en eau fait
désordre, dans la « Répu-
blique exemplaire » voulue
par François Hollande. L’exem-
plarité, c’est faire vivre cette
«écologie citoyenne » qu’il a
appelé de ses voeux lors de la
dernière conférence environ-
nementale, le 27 novembre
dernier.
Mais en réalité, la protection
de l’environnement en France
se limite aux beaux discours et
aux actions bénévoles comme
Natura 2000, où l’on doit sau-
ver le monde avec une pelle
et un seau. Ainsi, dans mon
village, nous sommes une
dizaine de bénévoles à tenter
de faire en sorte que la forêt
n’engloutisse pas une pelouse
sèche de 10 hectares ou
vivent encore quelques rares
espèces d’orchidées sauvages.
On sait que la fragmentation
des habitats est la cause pre-
mière de la perte de la biodi-
versité. Il en est de même
avec les cours d’eau, dont les
barrages segmentent en
petits tronçons des écosys-
tèmes complexes dont
chaque atteinte à systémati-
quement des répercutions,
plus tard, plus loin.
Ph. B
Vous pouvez signer en ligne la
pétition “non au barrage des
Plats, oui aux alternatives”
www.loireamontvivante.fr
En France, la protection de
l’Environnement se limite aux beaux
discours et aux actions bénévoles
comme Natura 2000, où l’on doit sauver
le monde avec une pelle et un seau
Gironde
Ciron, la vallée aux 66 barrages !
Affluent en rive gauche de la Garonne, le Ciron a une valeur
écologique exceptionnelle (classé Natura 2000,) et c’est un
axe migratoire majeur pour les poissons. Mais son cours
(ainsi que certains affluents) est actuellement fragmenté par
66 barrages, dont la plupart sont hors service. Ces barrages
ont profondément modifié l’écoulement de l’eau et le trans-
port des sédiments, provoquant une réduction de la mobi-
lité des poissons, donc une raréfaction des espèces
migratrices notamment. Afin de restaurer la continuité éco-
logique, objectif majeur sur cette rivière, des travaux de
réouverture d’ouvrages ont commencé et donnent des ré-
sultats spectaculaires.
Mais de nouveaux projets de microcentrales hydroélec-
triques sont actuellement à l’étude. Ils auraient des réper-
cussions très négatives sur le Ciron d’un point de vue
écologique, mais également économique. En effet, en rai-
son de sa faible pente et de son débit d’étiage limité, le
Ciron présente un potentiel de production énergétique dé-
risoire (0,0012% de la production française actuelle). L’as-
sociation Landes Environnement Attitude est favorable aux
énergies renouvelables dans le cadre d’une transition basée
également sur la sobriété et l’efficacité énergétique. Mais il
n’est pas souhaitable d’installer des microcentrales hydro-
électriques sur tous les cours d’eau pour un apport énergé-
tique négligeable au prix d’impacts importants sur la
biodiversité et la continuité écologique des cours d’eau.
L’association LEA soutient la pétition de la Fédération dé-
partementale de pêche de la Gironde qui demande que les
décisions administratives soient en cohérence avec la pro-
tection de l’environnement et qu’aucune nouvelle micro-
centrale hydroélectrique ne soit autorisée sur le Ciron afin
de préserver la rivière dans l’intérêt général de tous.
Une pétition est en ligne contre les projets de micro-cen-
trales :
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triques_qui_impactent_la_riviere_ciron
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La pêche mode d’emploi
avec les meilleurs spécialistes
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Comment bien monter
les petites mouches
pour la pêche en été
avec Florent Bailly
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• DVD n°18
(Pêches sportives n°83):
L’Orne, nouvelle destination pêche. Présentation des
atouts du département avec les meilleurs spécialistes
locaux
• DVD n°20
(Pêches sportives n°85):
partie: pêche automnale du black-bass: montages
texans et “inch wacky” avec Manu Alvarez
partie: pêche à vue au réservoir du Martinet dans
le Jura avec Nicolas et Thibaut Germain
• DVD n°21
(Pêches sportives n°86):
Pêche de l’aïmara en Guyane française sur le fleuve
Sinnaramy
• DVD n°22
(Pêches sportives n°87):
Pêche du brochet à la mouche: montage waddington
adapté par Philippe Boisson
• DVD n°25
(Pêches sportives n°90):
partie: pêche du brochet en montage texan au
plan d’eau d’Hermeville dans la Meuse avec
Sébastien Golly
partie: pêche du brochet à la mouche et au lancer
sur le lac de Madine avec Yves Omhovère et
Sébastien Golly
• DVD n°26
(Pêches sportives n°91):
partie: montage d’une mouche à brochet selon la
méthode du tube fly avec Alain Barthélémy
partie: montage d’un streamer pour plomb palette
en tube fly
• DVD n°27
(Pêches sportives n°92):
partie: technique de l’école italienne de pêche à la
mouche avec Marcel Formica
partie: nage et maniement des leurres pour le bar
• DVD n°28
(Pêches sportives n°93):
partie: à la découverte du Chéran en
Haute-Savoie avec Pascal Grillet et Stéphane Jan
partie: pêche du brochet aux leurres sur le lac du
Bourget avec Quentin Dumoutier
• DVD n° 29
(Pêches sportives n° 94):
partie: pêche aux leurres en mer dans le Cotentin avec
Gaël Even et Sylvain Lauzier
partie: pêche à la mouche en “washing line” au
réservoir de la Salamandre dans l’Aisne avec Philippe Collet
• DVD n° 30
(Pêches sportives n° 95):
Les secrets de l’oreille de chevreuil avec Gérard Picard
• DVD n° 31
(Pêches sportives n° 96):
Trois techniques de montage de mouches avec Cyril
Bailly
• DVD n° 32
(Pêches sportives n° 97):
Pêche à la nymphe au fil. Test des produits Hanàk et
Mouche Ellipse avec Philippe Boisson
• DVD n° 33
(Pêches sportives n° 98):
partie: Présentation du programme de renaturation de
la Doller, de la Thur et du vieux Rhin par Maxime Gerber
partie:Pêche du sandre en linéaire avec
Christophe Baudot sur la Saône en Côte-d’Or
• DVD n° 34
(Pêches sportives n° 99):
Pêche du brochet aux leurres en ballastière avec
Emmanuel Favin, guide de pêche dans l’Aube.
• DVD n° 35
(Pêches sportives n° 100):
Pêche à la mouche sur l’Arc en haute Maurienne avec
Didier Chapel
• DVD n° 36
(Pêches sportives n° 101):
La pêche au tenkara avec Maxime Miquel
• DVD n° 37
(Pêches sportives n° 102):
Comment aborder un plan d’eau inconnu en pêchant
aux leurres, avec Philippe Boisson
• DVD n° 38
(Pêches sportives n° 103):
Pêches d’exception en Islande et en Russie avec Lax-À
7

Frais de port compris
7

l’unité
Frais de port compris
Actualités
Kayaks modulables Point 65°N, c’est facile !
Le frère du monteur de
mouche Cyril Bailly excelle lui
aussi devant un étau. Pour les
lecteurs de
Pêches sportives
Florent nous propose une sé-
lection de petites mouches in-
dispensables durant l’été. Il
nous montre comment poser
correctement les cerques sur
un spent, comment faire res-
sortir les fibres d’un dubbing,
quelles proportions de maté-
riaux respecter, comment évi-
ter les surépaisseurs, etc. Car
avec des hameçons dont les
tailles sont comprises entre 18
et 22, chaque étape demande
une technique adaptée afin
de pouvoir obtenir une
mouche harmonieuse et dont
la courbure de l’hameçon est
suffisamment dégagée pour
garantir un ferrage efficace.
Bon de commande
page 11
A découvrir dans votre DVD :
Comment bien monter les petites mouches
pour la pêche en été avec Florent Bailly
Point 65°N est une marque suédoise qui conçoit des kayaks mo-
dulables. Ces embarcations faciles à transporter rendent bien des
services aux pêcheurs. Le principe est simple : un seul kayak peut
être à la fois une embarcation pour une ou deux personnes car
il est constitué de trois parties qui s’emboîtent. Sans la partie cen-
trale, votre kayak se trouve en position “single”, où il permet de
pêcher comme avec n’importe quel kayak “sit on top”, alors
qu’avec, il se transforme en duo pour une ballade en amoureux.
Le modèle présenté, nommé Tequila Angler, est pourvu de qua-
tre porte-cannes et d’une platine pour recevoir un GPS ou un
échosondeur. C’est un peu léger comme équipement pour la
pêche, mais au moins, l’embarcation reste très légère avec 22 kg
pour 2,95 m (en version single). Selon le fabricant, les morceaux
s’emboitent en 10 secondes ! L’avantage concerne donc surtout
le transport et la facilité de montage, car la longueur est divisée
par deux ou par trois. Il n’y a plus qu’à espérer que ça tienne
dans le coffre du SUV… La
gamme comprend plusieurs
autres modèles non dédiés à la
pêche mais plus abordables.
Globalement, les prix sont
ceux d’un bon modèle de
float-tube, ce qui est raisonna-
ble. Il ne leur manque qu’un
trou pour passer les jambes et
diriger son kayak avec des
palmes lorsqu’on pêche.
Un concept ?
ne pêchez
plus seul,
cofishez !
Comme son nom
l’indique, Cofishing permet de trouver un par-
tenaire pour partager ses sorties de pêche à la
manière des sites de covoiturages. A partir de
la carte de France présente sur le site, vous avez
une vision immédiate de tous les pêcheurs qui
cherchent un partenaire. Il suffit ensuite de cli-
quer pour obtenir l’e-mail du demandeur et
cela vous donne en prime une première indi-
cation sur la technique pratiquée par le de-
mandeur (mer, depuis le bord, mer bateau,
leurre float-tube, etc.). A vous ensuite de choi-
sir le bon cheval…
www.cofishing.ne
Aube
Brochets et truites de Seine
Guide de pêche désormais “historique” du
département de l’Aube, Emmanuel Favin
connaît son secteur de Seine sur le bout des
doigts. De plus, Emmanuel propose cette
année un accès à des bras morts privés ainsi
qu’à des étangs également très peu fréquen-
tés. L’occasion à une heure de Paris de faire
de très belles pêches en compagnie d’un
homme de terrain toujours de bon conseil.
Pour les pêcheurs à la mouche, Emmanuel
propose des stages d’initiation ou de perfec-
tionnement sur la haute Seine.
Renseignements et réservation :
Tél. : 06 87 47 89 71.
www.favin-guide-peche.com
Les petites merveilles
de French Touch Fishing
Chaque année,
le catalogue
French Touch
Fishing se veut
plus complet et
plus adapté au
marché fran-
çais. Ces pionniers du street fishing en France
ont su sélectionner des produits de très bonne
qualité, adaptés à nos rivières et canaux. Le ca-
talogue 2015 propose également de quoi se
passionner pour le rock fishing (pêche du bord
en mer). Catalogue sur demande :
http://frenchtouchfishing.fr/
Vendée
Le retour du
leurre “Citroën” !
Ils vont relancer la fabrication
d’un leurre légendaire de
l’Ile-d’Yeu, le leurre Alys,
connu sous le nom de leurre
“Citroën” en raison des che-
vrons rouges qui barrent sa
robe jaune.
Sur la côte ouest du pays, la
nouvelle a redonné le sourire
aux habitués de la pêche du
bar et du lieu, très attachés à
ce leurre mythique. Aidés par
Isabelle Flayak, Frédéric Can-
tin, guide de pêche installé
sur l’Ile-d’Yeu et Laurent
Labat, chef d’entreprise,
l’équipe compte bientôt pro-
duire plusieurs modèles et
atteindre la cadence de 2000
leurres par jour.
Bon vent à cette production
française dont nous reparle-
coins du monde ou tout
simplement de prendre sa
voiture pour prospecter un
même cours d’eau, peut
favoriser le transport
d’agents pathogènes ou
d’espèces dans un laps de
temps très court.
Les espèces invasives…
Les espèces invasives sont
les plus faciles a identifier.
Leur vitesse de propagation
très élevée, laisse suggérer
des modes de dissémination
multiples et parfois un trans-
port par du matériel. Un des
exemples le plus connu et le
plus visible d’introduction de
végétaux est sans doute
représenté par la proliféra-
tion d’algues
Didymosphenia
geminata
communément
appelées Didymo. Depuis
les années 1980, cette dia-
tomée d’eau douce mesu-
rant une centaine de
micromètres fait parler d’elle
sur plusieurs continents: on
constate sa présence en
Amérique du Nord, en
Europe (Finlande, Hongrie,
Irlande, Islande, Norvège…)
et surtout dans l’ile du Sud
de la Nouvelle-Zélande où
elle a été déclarée officielle-
ment organisme indésirable.
En Colombie Britannique il a
été démontré que l’appari-
tion de l’algue Didymo coïn-
cidait avec l’entrée sur le
marché des semelles de feu-
tres collées sur les bottes
des cuissardes utilisées par
les pêcheurs. Ces algues
microscopiques peuvent
survivre jusqu’à 30 jours
dans les semelles de feutre
mouillées et être ainsi trans-
portées de cours d’eau en
cours d’eau. Imaginez des
amas d’algues donnant au
toucher une sensation de
texture de laine mouillée et
laissant en séchant sur les
cailloux un aspect de papier
hygiénique ou encore de
débordement de station
d’épuration. Vous aurez une
bonne idée de l’impact envi-
ronnemental de Didymo qui
prolifère indépendamment
de tout excès de phosphore
dans l’eau.
La Nouvelle-Zélande a émis
des obligations strictes de
nettoyage et de désinfection
du matériel des pêcheurs
sous peine d’emprisonne-
ment ou encore d’amende
record. Parmi les recom-
mandations figurent le net-
toyage et le rinçage à l’eau
du robinet de toutes les
cannes, bobines, lignes,
mouches, boites et cuis-
sardes. Pour le matériel non
absorbant, il est nécessaire
de tremper, brosser avec des
solutions antiseptiques pen-
dant une durée déterminée.
Pour le matériel absorbant,
comme les semelles en feu-
tre, la période d’immersion
dans les solutions net-
toyantes est allongée en
fonction de la température
de l’eau. Il faut ensuite
sécher l’équipement avant
de l’utiliser dans une autre
rivière.
D’autres espèces invasives
sont susceptibles d’être
transportées par le matériel
des usagers des cours d’eau.
Si les voies d’introduction
des mollusques d’eau douce
sont essentiellement repré-
sentées par les eaux de bal-
last, les coques des bateaux
et les introductions de pois-
sons, Sylvain Vrignaud*
expert malacologue, n’ex-
clue pas une dissémination
involontaire par l’équipe-
ment des pêcheurs. Certains
mollusques tels que les cor-
bicules peuvent produire
jusqu’à 50 000 larves par
saison. A la phase plancto-
nique, celles-ci dérivent en
pleine eau en sécrétant par-
fois des filaments muqueux
leur permettant de se fixer
sur de multiples supports.
Les agents infectieux…
Les agents infectieux sont
une menace invisible encore
plus sournoise et délétère
pour la biodiversité. Le
déclin de nombreuses
populations d’amphibiens et
d’écrevisses à travers le
monde est en grande partie
imputable à l’émergence et
à la diffusion de micro orga-
nismes. Des espèces nouvel-
lement introduites dans le
milieu naturel peuvent être
porteuses de virus, bactéries
ou champignons transmissi-
bles aux populations
d’origine. Les personnes
intervenant sur le terrain
pourraient être aussi le vec-
teur de ces agents et conta-
miner ainsi les espèces
Prendre quelques secondes pour passer au jet ses bottes ou ses
cuissardes peut réellement limiter la propagation d’agents
pathogènes.
* Sylvain VRIGNAUD, expert malacologue : vrignaud.sylvain@free.fr
versant. Les fédérations de
pêches ou les organismes
habilités doivent informer à
l’avenir les usagers des
risques en fonction d’habi-
tats identifiés comme étant
contaminés ou pouvant être
contaminés, et doivent ins-
taurer des protocoles de net-
toyage ou de désinfection
en fonction de la menace. Il
faut bien distinguer le net-
toyage avec utilisation d’eau
chaude ou de détergent
(sans phosphate) souvent
suffisant pour lutter contre le
transport de certaines
espèces invasives et la dés-
infection avec des produits
chimiques, seule efficace
pour détruire les agents
infectieux.
Il parait difficile de générali-
ser l’utilisation des désinfec-
tants auprès des pêcheurs
sauf circonstances bien défi-
nies, compte tenu des
risques environnementaux
et d’autre part des risques
pour les utilisateurs.
Unedes mesures les plus
efficaces et la plus facile à
mettre en œuvre est de pros-
crire à l’avenir les matériaux
absorbants comme le néo-
prène, les filets en cordelette
des épuisettes et surtout les
semelles en feutre, pourtant
devenues incontournables
avec l’eutrophisation des
milieux aquatiques.
Nous devons tous agir pour
préserver nos rivières et
notre biodiversité. Les fabri-
cants de matériels de pêche
doivent développer des
équipements adaptés. Les
instances doivent informer et
édicter des protocoles d’hy-
giène et bien sûr les usagers
des cours d’eau se doivent
d’appliquer consciencieuse-
ment les consignes de net-
toyage ou de désinfection.
Dr Hervé Brun
Président de l’association
Vive l’Alagnon
Association de protection de
la rivière Alagnon et de ses
affluents sur les trois dépar-
tements Cantal, Haute-Loire,
et Puy-de-Dôme. Site inter-
net: http://alagnon.fr
Etudes écrevisses : protocole de désinfection de Théo Duperray
Un protocole très strict de désinfection doit systématique-
ment être appliqué lors des investigations de terrain pour
éviter la propagation d’agents pathogènes tels que la peste
de l’écrevisse (Aphanomycose) mais également la Chytridio-
mycose qui touche les amphibiens.
– Avant chaque intervention sur le terrain, tout le matériel
utilisé (bottes, cuissardes…) doit être soigneusement et
systématiquement désinfecté par pulvérisation d’une solu-
tion de Désogerme Microchoc (ou équivalent). La
désinfection des mains et petits accessoires (appareil
photo, GPS, stylo, frontale…) est effectuée avec un gel
hydroalcoolique.
– La désinfection doit être réalisée le plus loin possible des
zones en eau ou humides. Le matériel doit avoir séché ou
être rincé avant d’intervenir (des petites bassines préala-
blement désinfectées et rincées, stockées dans un sac
plastique neuf, peuvent être utilisées pour puiser l’eau de
rinçage).
– L’utilisation de waders en néoprène et semelles en feutre
doit, dans la mesure du possible, être proscrite (désinfec-
tion complète quasiment impossible). L’utilisation de
cuissardes ou waders en caoutchouc sans feutre doit être
privilégiée. Si toutefois l’utilisation de matériel en néoprène
et/ou feutre est inévitable, ce matériel doit être désinfecté
par trempage dans un fût de solution désinfectante.
– Le matériel doit être désinfecté entre chaque site pros-
pecté: entre 2 populations d’écrevisses à pieds blancs, mais
également entre 2 populations d’espèces potentiellement
porteuses d’agents pathogènes (écrevisses de Californie,
écrevisses américaine banale…) car il existe le risque de
contaminer une population qui n’était pas porteuse de
maladies.
– Un petit pulvérisateur de désinfectant et un flacon de solu-
tion hydroalcoolique devront être transportés dans un sac
à dos lors des prospections. Ceci afin de pouvoir se désin-
fecter en cas de changement de cours d’eau ou de
population au cours de la prospection.
– Tout matériel en contact avec le véhicule, même pour un
transport très bref, doit être re-désinfecté, car le véhicule
doit être considéré comme potentiellement contaminé.
– A la fin de la prospection, le matériel doit être entièrement
désinfecté si la présence d’écrevisses allochtones est avé-
rée ou suspectée sur le linéaire parcouru. Cette mesure
vise à limiter la contamination du véhicule.
“Théo Duperray lors de la désinfection des lampes avant une
prospection écrevisses dans le Var “. Photo Rémi Duguet.
Note: toute prospection à la lampe est soumise à
autorisations administratives !
lus de 300 saumons
bagués et déclarés l’an-
née dernière sur le gave
d’Oloron, certainement
plus de 400 poissons déclarés
cette année au 1
er
juin et les meil-
leures semaines de pêche sont
sans doute encore à venir.
Gageons que fin juillet, il y aura
surement plus de 500 saumons
déclarés par les pêcheurs récréa-
tifs. Les pêcheurs estuariens aux
filets dérivants, eux, ne sont pas
en reste : plus de 1300 saumons
déclarés à la capitainerie de
Bayonne l’année dernière et cette
année, motus et bouche cousue
sur leurs captures. [Tout au plus
sait-on, que les cours pour le sau-
mon sauvage de l’Adour, à la
criée de Saint Jean de Luz, qui
étaient de 120
le kilo, à l’ou-
verture au mois de mars, se sont
écroulés autour de 30
ces der-
nières semaines…]. Il faudrait
certainement remonter à plus de
trente ou quarante années en
arrière, pour avoir connaissance
d’aussi belles remontées de sau-
mons sur le gave d’Oloron.
Et effectivement, à la mi-juin de
l’année dernière, trois coups de fil
de mes amis saumonniers
basques ou béarnais, Dominique,
Jean-François et Benat m’avaient
tenu le même discours :
Tu devrais descendre, cela fait
plus de vingt ans qu’on n’a pas
pris autant de saumons sur le
Les courants
formidables de
l’une des plus belles
rivières du monde.
accorda ces “privilèges” de pêche
en estuaire, dans un contexte
social et économique, bien diffè-
rent du contexte moderne et
européen d’aujourd’hui. Cet ana-
chronisme donc, qui perdure
aujourd’hui, finira bien par se
résoudre, soit par un rachat soit
par des décisions politico-écono-
miques régionales, nationales
voire européennes, à plus ou
moins brève échéance.
Gardons donc espoir de ce côté
là. Mais ce qui me paraît beau-
coup plus grave, c’est que comme
sur l’Allier, je crains qu’on ait
perdu la race ou comme on doit
dire pour rester politiquement
correct, la souche génétique des
saumons du gave. Et là, ce ne
seront pas des décisions environ-
nementales, politiques ou écono-
miques, qui à l’échelle du temps
biologique, permettront de
retrouver ou re-fabriquer des
gènes peut-être à jamais disparus.
Cette crainte de la disparition, ou
tout du moins de l’abâtardisse-
ment génétique, de la souche des
grands saumons béarnais, est
pour moi, la grande fausse note
au tableau. Même si l’année der-
nière, il se serait pris à la ligne
quatre saumons autour de dix
kilos, même si tous les ans, les
filets de Bayonne capturent
quelques poissons de plus de dix
kilos, la très grande majorité des
poissons capturés, tant par les
filets qu’à la ligne, pèsent entre 5
et 6 kg, pour ceux pris entre mars
et fin mai et entre 2 et 4 kg entre
juin et fin juillet. Ce ne sont plus
les saumons du gave.
Evidemment comme ils n’ont
jamais connu la pêche avant
disons 1970 (année qui nous le
verrons a marqué un coup d’arrêt
pour les remontées de saumons
en Béarn), les pêcheurs d’au-
jourd’hui même si pour certains,
ils fréquentent cette rivière
depuis un quart de siècle, igno-
rent ce qu’était la souche des sau-
mons béarnais. Et ici, nous
devons faire appel, pour essayer
de comprendre ce qui s’est passé,
à une notion inventée en 1995
par des océanographes améri-
cains : le “changement des états
de référence” (
shifting baselines
qui se réfère au fait que nous ne
pouvons avoir conscience des
changements qui se produisent
dans notre environnement, si
nous n’avons pas de points de
repères précis dans le passé.
Au delà du cas du saumon atlan-
tique, beaucoup de personnes,
surtout parmi les jeunes généra-
tions, pensent que le monde
d’aujourd’hui est à peu de choses
près tel qu’il a toujours été. Ne
pas être conscient de comment
était le monde auparavant, nous
fait regarder la nature à travers un
prisme déformé. Nous faisons
l’erreur de croire que le monde est
dans un état stable alors que nous
sommes en train de le pousser
hors de ses limites et que par des
réactions en chaine incontrôlées,
tout risque de s’écrouler. De cette
façon, de fortes baisses des éco-
systèmes ou des espèces sur de
Quelques mouches
du gave :
du sérieux.
Les pêcheurs d’aujourd’hui ignorent ce
qu’était la souche des saumons béarnais
saumons ont fait très tôt l’objet
(pas seulement sur le gave d’ail-
leurs, mais également sur l’Allier,
en Bretagne et en Normandie) de
concours de Pêche, notamment
celui organisé par la revue
Pêche Indépendante
, qui tous les
mois de la fin des années vingt au
début des années soixante, réper-
toriait et classait les plus grosses
prises rivière par rivière, il est
assez facile au vu des ces classe-
ments de connaître précisément
les poids records mais également
moyens des saumons selon les
bassins.
Si l’on se réfère à ces photos (sou-
vent légendées avec le poids des
poissons) et à ces classements, on
se rend compte que du mois de
janvier (ouverture avant-guerre)
à mars, le poids moyen des sau-
mons d’hiver sur le gave était de
plus de 11 kg, avec de nombreux
poissons tous les ans pesant 12,
13, 14 voire 16 kg… Quelques
records ont même été enregistrés
autour de 20 kg, et compte tenu
du matériel rudimentaire utilisé
avant guerre (le nylon n’existait
pas), ne doutons pas que la plu-
part de ces gros poissons ferrés
étaient perdus après de longues
minutes, voire longues heures de
bagarre. Du début avril à juin, le
poids moyen (toujours d’après
l’analyse des classements et des
photos) se situait entre 9 et
10kg, et ce n’est qu’à partir du
début juillet et jusqu’en septem-
bre que la moyenne baissait avec
les montées de madeleinaux ou
saumons d’été pesant entre 5 et
6kg… Mais attention, en juillet-
aout, montaient encore des gros
poissons de 8 à 10 kg… Pour
m’en référer à ma modeste expé-
rience personnelle, mon premier
saumon au bac d’Aren le 10juil-
let 1967 pesait 9,380 kg et il était
tout blanc… L’année suivante en
juillet 68, j’en pris deux pesant
respectivement 7 kg 700 et 8 kg
800, dont le premier était
là encore très fraichement
remonté… et mon frère Gérard,
ne fut pas en reste avec un sau-
mon de 9 kg 200, là encore tout
blanc, pris le 14 juillet de cette
même année.
Pour avoir passionnément et
beaucoup pêché le gave de 1967
à 1975 (vacances de Pâques et
tous les mois de juillet), je ne me
souviens pas avoir vu ou entendu
parler de saumons de moins de
six kilos à l’époque… Ce n’est
qu’à partir de 1975 avec des ale-
vinages massifs de tacons ou de
smolts en provenance d’Ecosse
(Poly river et Thurso), qu’on a vu
dans le gave des poissons de 2ou
3 kg en juin juillet… Comme au
cours de la décade 1970/1980 les
remontées de grands saumons
d’origine, étaient au plus bas
(certainement suite à la décou-
verte et à la pêche industrielle en
1969/70 sur la zone d’engraisse-
ment marine à l’ouest du Groen-
land), ces petits saumons écossais
(mâles pour la plupart comme
presque toujours les grilses) et qui
eux ne vont pas au Groenland, se
faisaient concurrence pour fécon-
der sur les frayères, les rares
grandes femelles autochtones…
D’où, déjà à l’époque, certaine-
ment, un début “d’abâtardisse-
ment” des souches. Mais la
génétique balbutiait il y a un
demi-siècle et personne ne s’en
souciait, surtout chez les pois-
sons.
S’il fallait au-delà des photos une
autre preuve que la souche de
grands saumons du gave d’Olo-
ron, équivalait certainement celle
des saumons norvégiens quant à
leur poids moyen, j’ai retrouvé
dans un cahier d’écolier, des
notes que j’avais prises en 1974
alors que jeune assistant vétéri-
naire à l’Ecole d’Alfort, l’ingé-
nieur en chef des Eaux et Forêts
Brunet, de la délégation du CSP
de Toulouse (dont dépendait la
sous-délégation de Pau) avait
demandé au Ministère de l’Agri-
culture, mon détachement de
l’enseignement, pour établir le
pré-rapport sur la situation du
saumon sur les gaves et les nives.
J’avais en effet soutenu en 1973
ma thèse vétérinaire sur le sau-
mon atlantique et comme mon
salaire d’assistant était maintenu
et que je préférais et de loin,
m’occuper de saumons plutôt
que de chiens ou de chats, je me
suis retrouvé de mars à septem-
bre 1974, ingénieur vacataire du
CSP, avec mise à disposition d’un
garde-chef qui me servait de
chauffeur, pour aller rencontrer
toutes les parties prenantes, sur le
bassin de l’Adour. Le président
de la fédération de Pêche des
Basses Pyrénées (devenus atlan-
tiques depuis) Jean Delarue était
lui-même pêcheur de saumons et
me facilita quelques contacts
“officiels” : DDA, INRA,
CNEXO, EDF, etc… Mais ce
qui m’intéressait beaucoup plus
que les discours “administratifs”,
déjà bien langues de bois, des
nombreux responsables à un titre
ou un autre de la ressource ou de
la gestion de l’eau dans le dépar-
tement (et celui limitrophe des
Landes), était d’interroger les
vieux pêcheurs que je connaissais
déjà, comme Pourrut, Vicento,
Laffargue, les frères Terren et
quelques autres, et également de
Ces petits saumons écossais se faisaient
concurrence pour féconder sur les frayères,
les rares grandes femelles autochtones…
rencontrer sur les gaves réunis
quelques pêcheurs aux engins.
Pour en revenir à mes notes et
notamment au poids moyen des
saumons capturés entre 1945 et
1960, je retrouve les mentions
que, et Raymond Pourrut et
Vicento ont par deux fois, tous
les deux, capturés six saumons
dans une journée. Pour Ray-
mond ce fut une fois en avril avec
six poissons pour soixante kilos
tout ronds capturés au devon et
la deuxième fois en juillet à la
mouche, avec six pois-
sons pour cinquante
quatre kilos. Quant à
Vicento, les deux fois ce
fut en juillet, à la
mouche (il n’était pas
surnommé pour rien,
“le roi de la mouche”)
pour cinquante quatre
et cinquante huit
kilos… Ces poids
étaient consignés dans
les cahiers de captures
de Raymond Pourrut,
que j’ai eu en mains, où
tous les poissons étaient
pesés précisément avant
d’être soit emballés
pour être expédiés en
train quelquefois jusqu’à
Paris, soit vendus sur
place. Et comme Ray-
mond faisait équipe
(pêche dite “à la sociale”) avec ce
“poutain de Vicento” comme il
l’appelait affectueusement, les
poissons de l’Espagnol passaient
tous par le Bar des Sports pour y
être pesés et vendus par Ray-
mond. En avril donc, poids
moyen 10 kg et en juillet 9 kg et
presque 10 kg de nouveau pour
Vicento… Il n’y avait pas de
place pour les grilses dans la
rivière à l’époque…
J’avais également rencontré et
interrogé au bord des gaves réu-
nis, à Urt, le représentant des
pêcheurs aux engins et comme je
m’étonnais que ses filets (en
coton et en lin à l’époque)
avaient l’air de sécher depuis
longtemps sur une barrière en
bois au bord de l’ancien chemin
de halage, il m’avait confirmé que
lui et la vingtaine d’autres adju-
dicataires des lots de pêche,
étaient en chômage forcé depuis
déjà deux ou trois ans, car le peu
de saumons qui remontaient
depuis 1971, ne valaient pas la
peine de mouiller, la plupart du
temps, ni les grands filets droits
ni les grandes sennes à tourniquet
du Bec des gaves. Heureusement
m’avait-il dit que nous avons le
maïs, le maraichage et les trou-
peaux de blondes d’Aquitaine
pour vivre… Depuis trois ou
quatre ans, si nous attendions
après les remontées de saumons,
nous serions morts de faim.
A l’époque les filets en lin ou en
coton, coûtaient très chers et
devaient être entretenus. Par eau
“fine” à partir de juin, les sau-
mons les voyaient et savaient les
éviter, par eaux fortes et mâchées
de début de saison, il fallait tou-
jours compter avec des branches,
voire des arbres entraînés par les
crues, qui les abimaient et néces-
sitaient du ravaudage. Au cours
de cet entretien, il m’avait
confirmé que lui et ses collègues
auraient été ravis d’être dédom-
magés du rachat de leurs filets en
se basant sur les prises moyennes
déclarées des dix dernières
années. Et comme un certain
pourcentage, pour ne pas dire un
pourcentage certain de saumons,
n’étaient pas déclarés à la capitai-
nerie de Bayonne, il n’aurait pas
fallu payer très cher en 1975 le
rachat des filets du gave.
Et c’est, bien évidem-
ment, ce que j’avais
préconisé dans mon pré-
rapport au CSP. Mais
comme toujours avec l’ad-
ministration, les choses ne
peuvent aller vite et mon
rapport comme bien d’au-
tres avant et après lui, a dû
finir sur une étagère du
bureau toulousain de l’in-
génieur en chef, qui
m’avait débauché sept
mois de l’enseignement
vétérinaire pour se donner
bonne conscience… Tou-
jours est-il que rien ne fût
fait concrètement. Mais
avec l’arrivée en 1976,
d’Alain Marty qui, n’étant
pas IGREF (Ingénieurs
du génie rural des eaux et
des forêts) ne pouvait diriger que
la sous-délégation de Pau, pour la
première fois, peut-être parce
qu’il était lui-même pêcheur pas-
sionné de saumon à la ligne et
surtout ce qui était rare, dans le
corps des ingénieurs du CSP,
parce qu’il avait une formation
d’hydrobiologiste (en non pas de
forestier) et qu’il était compétent
et obstiné à obtenir des résultats,
les choses allaient changer au
cours des années qui suivirent,
mais ceci est une autre histoire
que je vous raconterai une pro-
chaine fois…
Pierre Affre
Revival
Le premier saumon
de l’auteur, ici avec
son frère Gérard
à droite en juillet
1967 : 9 kg 380.
Pendant cinquante ans cet hôtel
posé sur les rives du Doubs,
entre France et Suisse, a été le
rendez-vous préféré des
pêcheurs à la mouche de France
et d’Europe. On y venait un peu
comme en pèlerinage pour se
mesurer aux truites les plus
malines du Monde et rencontrer
les meilleurs spécialistes du
moment. L’histoire du moulin
s’écrivant aussi bien sur les
bords d’une des plus belles
rivières françaises qu’autour
des tables du bar et de la salle
à manger de l’hôtel dans une
ambiance joyeuse où canulars
et anecdotes n’ont jamais fait
défaut. Ce livre raconte la saga
du Moulin du Plain, il en
évoque les personnages les
plus truculents, les histoires
les plus drôles et les moments
les plus forts.
Contes et légendes du Moulin du Plain
• Format : 140 mm x 210 mm. 256 pages.
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29

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de frais
de port
Histoires de pêche
Contes et légendes
du Moulin du Plain
Ferrage et pêche
à la nymphe :
une simple formalité ?
L’équation est simple : le poisson prend la mouche, le pêcheur raidit
sa ligne et hop… c’est pendu ! Voilà pour la théorie ! Mais à la joie
virile d’un ferrage victorieux peut se substituer un sentiment de frus-
tration lorsqu’au lieu de cintrer la canne, la ligne revient mollement
au vent ou part dans les arbres : “ Zut, manqué !”.
Rappel de ce que doit savoir un pêcheur sachant ferrer.
Par Jean-Christian Michel
Technique mouche
renons le cas le plus sim-
ple à mes yeux, celui de la
pêche en mouche sèche
pratiquée plein amont sur une
rivière ni trop rapide ni trop
lente. La truite gobe régulière-
ment, vous êtes positionné dans
la même veine qu’elle, vous lui
présentez votre sèche, elle
monte sans équivoque : glurp !
Votre bas de ligne posé dans la
bonne veine ne peut pas dra-
guer et dérive à la même vitesse
que le courant. Pour peu que
vous ayez récupéré votre soie
lors de la dérive, il n’y a plus
qu’à lever la canne d’un geste
souple. Si vous ne ferrez pas, il y
a de grandes chances pour que
le poisson soit pris. La pêche en
mouche sèche pratiquée à vue
est à coup sûr la plus belle pêche
qui soit mais pour ce qui est du
ferrage, c’est du ball-trap !
Le cas de la pêche en nymphe
au fil ou à l’indicateur est un
peu dans le même esprit mais
l’affaire commence à devenir
plus complexe. Le pêcheur ne
voit pas la truite prendre, il a
donc un petit temps de retard :
il faut ferrer très vite afin de le
rattraper et il est donc impératif
Technique mouche
que la gestion de la bannière
soit la plus courte possible et
que le bas de ligne ne chevauche
pas deux veines d’eau sous peine
de former un ventre occasion-
nant une cause de retard de
plus. Comme souvent, c’est
lorsqu’on pratique la pêche en
nymphe à vue que le petit geste
qui nous intéresse va devenir
problématique voir presque
insoluble au cœur de l’été avec
des poissons éduqués.
La gestion de la soie
Première remarque : pour ferrer,
il faut avoir vu le poisson pren-
dre et dès cette évidence les pro-
blèmes commencent ! Voir la
vague silhouette d’un poisson
entre deux reflets et sous une
bonne hauteur d’eau est déjà un
coup de chance, en revanche, ce
n’est pas à chaque poisson solli-
cité que l’on a la chance de voir
le célèbre “blanc de la gueule” se
révéler comme un sourire
adressé à votre nymphe (ou
peut-être à vous !) signifiant :
“ôhé, il faut ferrer !”. Comme
nous le verrons plus loin, sou-
vent les habitués de la pêche en
nymphe à vue ferrent au com-
portement global du poisson
sans voir ce détail.
Imaginons pour l’instant que
nous voyons distinctement la
gueule de la truite s’ouvrir puis
se refermer. En pêche amont, si
vous avez géré correctement
votre bannière, celle-ci ne fait
presque pas de ventre et il faut
ferrer dans la direction opposée
à celle-ci : poisson plein amont:
ferrage vertical, poisson de trois
quart, ferrage latéral du côté
permettant de ne pas former de
ventre. Lorsqu’on pêche avec de
fins diamètres, il est bon de for-
mer entre la sortie du moulinet
et la main qui tient la canne une
petite boucle de quelques
dizaines de centimètres qui sera
lâchée aussitôt le poisson ferré
afin d’amortir la violence de ses
premiers coups de têtes.
Lorsqu’on attaque un poisson
par le travers ou en direction de
l’aval, le bas de ligne va presque
obligatoirement former un ven-
tre au moment du ferrage à
moins que le courant soit très
faible. Si la végétation ne l’in-
terdit pas, un ferrage latéral est
souvent ce qu’il y a de mieux à
faire. La gestion de la longueur
du bas de ligne est cruciale.
Avec un bas de ligne de sept
mètres posé de façon très déten-
due, mieux vaut savoir où on en
est du déploiement de celui-ci
sous peine de ferrer seulement
le fil ! Il est bon de bloquer la
dérive un peu avant que la
nymphe arrive sur le poisson
afin que le bas de ligne se tende
assez pour assurer un ferrage
efficace. Ce petit geste est éga-
lement un bon préalable à l’ani-
mation de la nymphe… mais s’il
est effectué trop tôt, le dragage
est inévitable !
Les trois éléments principaux à
prendre en compte afin de fina-
Les conditions sont
rarement idéales
pour un ferrage
facile lorsqu’on pêche
à la nymphe à vue.
Le vent qui ride la
surface, l’écume sur
l’eau, une mauvaise
visibilité rendent
parfois l’exercice
très approximatif.
Saint-Pierre était belge
lairembois est un
petit village de l’est
de la France que le
Doubs traverse en y servant
de frontière avec la Suisse. À
certaines époques de l’année,
de préférence en été, Clai-
rembois devient une petite
colonie belge où les cham-
pions wallons de pêche à la
mouche s’affrontent au bord
de l’eau et au coin du bar.
Saint-Pierre était belge est la
réédition du roman halieu-
tique de Georges Quinot qui
s’appelait
Pêche amour et
jalousie
On y aime toujours les
truites, parfois les femmes et
très souvent la bière. Et le
lecteur habitué de la région y
reconnaîtra les pensionnaires
du Moulin du Plain et le
petit village de Goumois où
l’auteur a passé ses vacances
de longues années durant.
Caractéristiques
techniques :
Format :
150 mm x 220 mm
176 pages.
Réf. 110315
Prix public : 19,00
Voir bon de commande
p. 81
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de frais
de port
Vient de paraître
Rêves et désillusions
d’un incroyable
début de saison !
Si la pêche n’était pas faite de surprises, de joies et de déceptions,
nous y serions sans doute moins attachés. Voici quelques exemples
marquants d’un début de saison 2015 complètement improba-
ble, voire carrément fou, qui a fait des pêcheurs heureux au point
de vouloir embrasser tout le monde, même les kayakistes, mais
aussi des déçus, qui ont tout perdu dans la bataille.
Récits
La réserviste
hampagnole reste la der-
nière petite ville de
Franche-Comté où on pêche la
truite sérieusement, dans une
insouciance quelque peu inquié-
tante vis-à-vis de ce qui se passe
dans les autres rivières de la
région et qui se passera peut-être
ici aussi dans quelque temps.
Des centaines, voire des milliers
de pêcheurs arpentent les rives
de la haute rivière d’Ain, pour la
plupart en bons connaisseurs.
Sur le parking où j’attendais
l’ami et guide de pêche Frédéric
Fumey, il y a l’arrivant avec son
air de ne pas y toucher, mais qui
s’équipe en moins de deux
minutes, et celui, dont le pas
lourd mais pressé prouve qu’il en
a terminé pour aujourd’hui et
que sa maîtresse aux yeux cou-
leur émeraude l’a retenu un peu
trop longtemps. Il marche le dos
voûté en remontant le sentier
qui l’éloigne de la rivière comme
pour disposer d’un alibi pour se
faire pardonner de ne pas s’inté-
resser à des choses moins futiles
que la pêche à la ligne. Il semble
porter dans son panier pourtant
vide toute la pénibilité de sa
misérable existence. A cet
endroit, à 200 mètres de la mai-
son d’Aimé Devaux, l’Ain entre
dans Champagnole à la manière
d’un troupeau de buffles en
pleine charge. Une fois passée la
chute au-dessus du pont, l’eau
gronde entre les murs du cours
très étroit de l’Ain et file à vive
allure dans sa partie urbaine,
pressée d’en sortir.
Un câble enjambe l’Ain une
dizaine de mètres en amont de
cette chute à angle droit. En aval
de ce câble, c’est la réserve avec,
en face, un chenal qui longe la
chute parallèle à la rive. Le seuil
est responsable de la tranquillité
des eaux en amont sur plusieurs
alors qu’une fois la tête et le haut
du corps dedans, ce serait gagné.
Son regard laissait entrevoir qu’il
en doutait fortement… Nous
nous connaissons depuis plus de
vingt ans, mais n’avons pêché
ensemble qu’une seule fois. Et je
devais donc demander à mon
ami d’attaquer un tank avec un
simple Opinel…
Sur une plage, on peut facile-
ment échouer un gros poisson, ce
n’est qu’une question de
patience, mais dans notre cas,
impossible de quitter ce poste
coincé entre un gros buisson et
un arbre respectable. Fred par-
vint à trouver de quoi se tenir
debout en pied de rive malgré
les limons apparents qui plon-
gent ensuite d’un coup sur près
de deux mètres. La truite glissa
gentiment en direction de
l’épuisette. Des branches m’em-
pêchaient de tenir ma canne bien
droite. J’ai donc du reculer avec
la canne à l’horizontale et sa flexi-
bilité s’en trouva considérable-
ment réduite. La tête de la truite
ne se trouvait plus qu’à moins
d’un mètre et Fred n’avait plus
qu’à tenter quelque chose, mais il
n’osa pas, car il remarqua qu’avec
cet angle fermé, le fil risquait de
toucher le cadre de l’épuisette.
Sage résolution. Je lui indiquai
qu’on avait le temps et que j’al-
lais la faire tourner une fois de
plus en temporisant. A force de
prendre mon temps et de pro-
mener ce vieux poisson dans une
eau froide et très oxygénée en rai-
son des résidus d’eau de fonte de
neige, la bête avait récupéré. Suf-
fisamment pour faire une belle
roulade, secouer violemment la
tête et faire céder le fil, qui fut
coupé plutôt que cassé. Les
secondes qui suivirent nous lais-
sâmes comme deux ronds de
flanc. Nous venions de réaliser
que le temps, celui qui passe,
devait être en grève, car on peut
chercher une telle rencontre
durant dix ou quinze ans sans
qu’elle ne se produise.
Pour mon retour à la rivière, cette
histoire inachevée est finalement
un formidable cadeau. Onze ans
que je n’avais pas remis les pieds
sur l’Ain à cet endroit. L’insolente
beauté de cette rivière ne parvient
toujours pas à me faire oublier
qu’en février 2004, j’ai accompa-
gné les cendres de mon compa-
gnon de pêche sur ses rives pour
les rendre à ses eaux glacées.
Et peu importe si ce vieux pois-
son, pas si malin que ça, venait
de toute évidence de sortir
autant de sa torpeur que de sa
réserve. J’endosse la responsabi-
lité de tout ce qui c’est passé,
l’oubli de ma grande épuisette et
la négligence du matériel.
Philippe Boisson.
Photos : Frédéric Fumey.
montra rapidement ses limites.
Après un quart d’heure d’incerti-
tude, le rayon d’action de la
truite se réduisit à une vingtaine
de mètres. Ses départs étaient
toujours puissants, mais avor-
taient en longs remous amplifiés
par le courant jusqu’alors invisi-
ble de ce parfait miroir. Le temps
jouait pour nous…
Il était temps pour Fred de se
préparer. C’est à lui qu’incombait
ce rôle d’une infinie ingratitude
qui consiste à passer du rêve à la
réalité de la capture. Nous
savions que quoi qu’il puisse se
produire, ce moment resterait
inoubliable, mais il fallait faire en
sorte qu’il s’agisse d’un moment
heureux… L’épuisette de Fred est
parfaite pour des poissons “nor-
maux”, jusqu’à un bon kilo. Mais
pour notre truite, elle était fran-
chement incongrue. Fred dit
Le calendrier biologique des truites
La truite de cette histoire s’est sans doute habituée à six mois
de paix, sans pêcheurs et c’est pour cela qu’elle se permettait
de dépasser la limite de la réserve, quelques jours après
l’ouverture de la pêche survenue le 14 mars. Si elle n’avait pas
été piquée, elle aurait sans doute facilement compris que
quelque chose avait changé au simple passage de la première
cuiller de la saison. Il semblerait que j’ai été le premier à
profiter de sa présence. Plus spectaculaire est le
comportement des truites et notamment, des sujets anciens
juste après la fermeture de la pêche. C’est à croire qu’elles
savent à quelle date ferme la pêche. A l’époque où j’habitais
les rives de la Loue, j’ai vu des comportements qui ne peuvent
nous empêcher de dire “elles savent !”. Des poissons qu’on
n’avait pas vu de l’année se doraient au soleil dès le lendemain
de la fermeture. Certaines gobaient avec l’assurance d’une
truite du bout du monde. Mais parfois, les truites les plus
expérimentées se trompent de quelques jours. C’est ainsi qu’à
la fermeture, notamment durant les deux derniers jours où la
pêche est encore ouverte, certains gros poissons se font
prendre alors que personne ne les avait vu durant le reste de
la saison. Tout cela paraît logique, d’autant que septembre
correspond à un pic normal d’activité entre les eaux chaudes
de l’été et l’approche de l’hiver, mais le calage si parfait avec
le calendrier est particulièrement troublant.
Récits
orsque je cherche à capturer
un gros poisson, j’ai deux
règles en tête : pêcher avec le fil
le plus fort possible afin de ne
pas casser et attaquer le poisson
le plus près possible afin d’être
d’une précision chirurgicale…
soit tout le contraire de ce qui
m’a permis de prendre cette
truite !
Ce jour d’avril 2015, il y avait
deux poissons : un gros, bien
visible mais qui serait certaine-
ment mieux placé une heure
plus tard et un moyen, sur l’au-
tre rive. Je décidais de jouer
“petit bras” en attendant le
moment opportun pour la
grosse et j’allais tenter la
moyenne. A cet endroit, les
truites sont très éduquées. Je
décidais de nouer une pointe
d’une finesse déraisonnable et
d’attaquer la plus petite, pour
me mettre en confiance. Pre-
mier passage, la truite vint voir:
refusé ! Et elle disparut. Bon…
Je m’apprêtais à repartir penaud
et là l’incroyable se produisit: la
grosse qui ne se postait jamais à
cet endroit avait traversé la
rivière et se tenait entre deux
reflets. L’angle était parfait mais
elle était à plus de vingt mètres.
Pour me régler, je fis un premier
lancer à blanc, cinq mètres sur
le côté et j’eus la bonne surprise
de parvenir à déplier correcte-
ment mon bas de ligne à cette
distance. Il n’y avait pas un
souffle d’air. Pas une seconde à
perdre : ma nymphe alla se
poser à la perfection là où je
voulais après un poser para-
chute de rêve. Dérive. A l’exact
moment ou j’allais lever le scion
pour animer, la truite tourna la
tête d’elle même et s’avança sans
ambiguïté… disparaissant du
même coup sous un reflet ! Je
ferrais sans voir en espérant ne
pas rompre mon fil à coudre…
Pendue ! Aïe, aïe, aïe ! Il allait
falloir assumer! J’ai cru perdre
ce poisson dix fois. Lorsqu’elle
se lançait dans un rush, je sor-
tais moi-même la soie du mou-
linet en roue libre pour ne pas
casser. Sur le pont Saint-Béne-
zet, les badauds étaient au spec-
tacle. Signe annonciateur d’un
grand événement, ils avaient
même arrêtés de lancer du pain
aux canards ! Ils regardaient la
truite qui faisait ses grands cer-
cles en longeant la berge d’en
face, tantôt en surface, tantôt
plus profond. Mon bas de ligne
et ma soie changés en sapin de
Noël par les algues filamen-
teuses semblaient la montrer du
doigt aux curieux. Elle bascula
dans l’épuisette avec les cla-
meurs de mes supporter (j’ai
entendu une vielle dame dire :
“Bravo Monsieur ! Oh, ce que
c’est beau ce que vous faites!”).
Je ramenais le poisson vers eux
afin qu’ils puissent le voir de
près. “Vous l’avez bagarrée plus
de vingt minutes.” me dit l’un
d’eux. Quel suspens !
J.C. M.
La truite du pont
Exclusif
Les nymphes
de mister Sawyer
Courant mai, j’ai reçu une enveloppe postée par mon ami Ber-
nard Dalmas, dont le contenu était pour le moins inattendu.
Six modèles originaux de nymphes montés par Frank Sawyer
lui même le 21 novembre 1976. Ces nymphes appartenaient
au père de Bernard. Conservées dans une boite à mouche à
l’abri de la lumière, elles sont restées en excellent état.
Par Philippe Boisson
que le coup de fusil à l’ouver-
ture de la chasse. Le mythe du
faisan sauvage rejoint celui de la
truite…
Pour sa grey goose (oie grise),
Sawyer devait là encore comp-
ter sur des amis chasseurs char-
gés de l’approvisionner en
plumes d’oies cendrées. Le
montage de la grey goose est
totalement identique à celui de
la pheasant tail. La couleur du
fil de cuivre ressort évidemment
beaucoup plus comparé au gris
clair de l’oie. Une version plus
foncée a également existée. La
swedish nymph se caractérisait
par une plume plus foncée que
la grey goose et un fil de cuivre
également plus foncé.
La killer bug fut baptisée ainsi
par Lee Wulff, ami de Frank
Sawyer. Elle fut malheureuse-
ment développée pour tuer les
ombres du haut Avon, accusés
de concurrence alimentaire vis à
vis des truites ! C’est inimagina-
ble car à cette époque, les
innombrables herbiers de cette
rivière crayeuse (donc d’une cer-
taine forme de calcaire)
devaient grouiller de vie ! Le
modèle originel de la killer bug
était monté avec de la laine
Chadwick’s, référence 477.
Cette laine anglaise était com-
posée de 85 % de laine et 15 %
de nylon. Selon Sawyer, la killer
bug imite un gammare mais il
avait également remarqué
qu’elle était très bien prise au
moment de l’émergence des tri-
choptères. Une fois mouillée,
cette “nymphe” ressemble
comme deux gouttes d’eau à un
gammare. La teinte devient
d’un gris rosé du plus bel effet.
Les 15 % de nylon apportent
sans doute de la transparence.
Le fil de montage semble là
aussi absent, remplacé par du fil
de cuivre. Toutes les killer bugs
sont terminées par trois tours de
fil de cuivre à l’arrière de la
mouche (une fausse clef pour le
dernier tour).
La dernière nymphe inventée
par Frank Sawyer était destinée
à la pêche en lac puisqu’elle
imite un chironome. La bow tie
(littéralement le nœud papillon)
Frank Sawyer,
père de la pêche
à la nymphe
moderne.
Photo tirée
de son livre
Man of the
riverside.
Moins célèbre que
la pheasant tail,
la grey goose
reprend la même
méthode de
montage.
Ce modèle clair
met en évidence
le cheminement
du fil de cuivre.
Sawyer rabattait
quatre fois les herls
pour former
un thorax
bien marqué.
Montage
buzzer est un cas à part dans
l’histoire de la pêche à la
mouche puisque cette nymphe
est libre sur la pointe du bas de
ligne ! Je ne connaissais pas
l’existence de cette mouche si
particulière. Dans un premier
temps, j’ai cru voir mon
ombrelle, cette émergente dont
l’aile est séparée du corps par un
brin de nylon, avant de me ren-
dre compte que les deux
modèles ne sont pas du tout
comparables. La bow tie buzzer
est destinée à couler. Le mor-
ceau de laine qui imite des
branchies ne peut retenir son
immersion. Là encore, Sawyer a
de toute évidence passé beau-
coup de temps à observer les
larves de chironomes. Il a
remarqué que plusieurs espèces
présentent la particularité de
tourner sur elles-mêmes pour se
déplacer. C’est donc pour cela
que cette nymphe est libre, avec
la pointe du bas de ligne sim-
plement passée dans l’œillet.
En théorie, la nymphe tourne
autour du fil sous l’effet de la
traction sur la soie. Rien ne
l’empêche de tourner, mais
pour avoir essayé en tirant le bas
de ligne à la main de manière à
observer la nymphe, elle ne
tourne pas plus qu’une cuiller
bloquée par des algues. Je pense
que Sawyer a aussi inventé le
marketing halieutique par la
même occasion… Le nœud qui
reçoit le brin de laine est une
sorte de 8 suffisamment grossier
pour éviter de perdre la mouche
avec le poisson. Le brin de
nylon vendu avec la mouche est
particulièrement grossier (un
20/100 apparemment), permet-
tant de faire un nœud suffisam-
ment imposant pour ne pas
qu’il puisse passer dans l’œillet.
La nymphe proprement dite
La killer bug
montée avec la
fameuse laine
Chadwick’s 477,
qui comprend
85% de laine et
15 % de nylon.
Une fois mouillée,
cette “nymphe”
prend la teinte
parfaite d’un
gammare.
Les leurres préférés des Français
Biwaa Seven
L’une des plus grandes réussites de ces trois
dernières années pour la pêche du brochet.
Le Seven pêche tout seul en le récupérant
tranquillement de façon continue. A utiliser
avec un ensemble casting. Moulinet “big bait”
de rigueur en raison de son poids élevé de 70 g.
Le Seven est un leurre qui prend régulièrement
des brochets de belle taille.
Savagear Deviator
Un des plus gros succès de la marque suédoise. La rumeur prétendait
que le Deviator n’était plus fabriqué, mais c’est faux, il est toujours
dispo. Son efficacité est parfois supérieure au leurre de référence
dans cette catégorie des gros swimbaits rigides,
l’indétrônable Buster Jerk.
Keitech Easy Shiner
Un leurre souple très polyvalent (bar, sandre,
perche, black-bass, brochet) qui peut s’utiliser
en montage texan ou sur une tête lestée.
Nage très naturelle, efficace même avec un très
faible lestage. Les coloris sont très bien choisis.
Illex DD Chubby et DD Cherry
Deux petits crankbaits qui font l’unanimité.
Les perches et les brochets adorent. A utiliser
au printemps et l’été dans 1,50 m sur fond
caillouteux (profondeur maximale pour ces deux
modèles). DD = deep diving (grand plongeur).
Savagear Real Eel
Nous avons désormais plusieurs années de recul à propos de cette anguille de grande taille (20,
30 et 40 cm) et cela nous permet de souligner sa grande efficacité par eau claire (peu de
vibrations émises) et dans une faible profondeur. Le modèle de 30 cm est à conseiller pour
le brochet, car il n’est pas très handicapant à l’usage et fait réagir les gros spécimens.
Il est conseillé de respecter le lestage proposé qui est très bien choisi. Ce leurre est resté
longtemps introuvable, mais ça semble s’arranger.
Les leurres préférés des Français
Lucky Craft Fat CB
Le crankbait le plus utilisé au monde ne subit
pas le poids des années. Qualité irréprochable,
bruit et vibrations reçues cinq sur cinq par les
poissons. Bref, on est chez Lucky Craft.
Smith D- Incite
La marque japonaise Smith produit de l’excellent
matériel et la plupart des leurres durs de la marque
sont des succès. Le D-Incite séduit par une nage très
marquée, renvoyant les éclats de ses
hauts flancs. Ce petit leurre de 44 ou
53 mm est conseillé pour la perche
et pour la truite (par pitié, écrasez
les ardillons ou remplacez les triples
par des simples. Merci pour elles…)
Berkley Ripple Shad
Un modèle de shad dessiné par Sylvain
Legendre qui poursuit une très belle carrière.
Sa caudale de faible diamètre permet de pêcher
en profondeur sans trop perdre de temps
à la descente. C’est pour cela que ce leurre
cartonne dans les lacs alpins. Le modèle
présenté est une nouveauté, le Giant Ripple
Pre Rigged (vendu armé).
Spinnerbait Lucky
Craft SKT
La gamme des spinnerbaits
Lucky Craft est excellente,
qu’il s’agisse des LV’s, 90, 120
ou 150 ou encore le modèle
SKT (photo). A conseiller
les yeux fermés à qui souhaite
essayer ce genre de leurre.
Le trailer à ajouter sur l’hameçon
peut être un Zoom Chunk JR
ou un Super Chunk (LV’s 150)
ou un… One Up Shad de
4 pouces qui est parfait dans
ce rôle.
Berkley Pulse Shad
Un leurre de la gamme Berkley souvent incompris. Or, le Pulse Shad
a été conçu pour une utilisation bien précise, quand un leurre doit
déplacer beaucoup d’eau, à la manière d’un Shaker (Lunker City).
Pour autant, sa caudale articulée lui permet une nage à très faible
vitesse ou avec peu de lest.
Illex Dexter
shad 250
Une des meilleures surprises
de l’année 2014. Depuis sa sortie,
ce gros swimbait souple de 25 cm
collectionne les gros brochets.
Son équilibre est parfait.
Le modèle 150 semble également
bien parti. Matériel casting
“big bait” indispensable.
Les leurres préférés des Français
Spinnerbait Illex Eruption
La marque française dispose aujourd’hui
de quelques produits qui peuvent rivaliser
avec ce qui se fait de mieux dans le monde.
Le spinnerbait Eruption (drôle de nom)
est de ceux-ci, plébiscité par les meilleurs
pêcheurs.
Berkley Ripple Minnow
Le dernier né de la gamme Ripple mérite
d’être plus connu des pêcheurs de sandres à
la verticale. La matière est
parfaite pour ce “finesse” qui
tremblotte d’hésitation. Si la
plupart des attractants pour le
sandre sont du pipeau, le
Powerbait Berkley fait vraiment
la différence. Cette série remplace le très
regretté Jerk Shad Saltwater et Berkley n’a
pas raté son coup !
Lunker City Shaker
Un shad basique, qui sent rien,
ou plutôt si, le plastique.
Paradoxalement, les sandres
l’avalent souvent tout entier.
Allez comprendre… Au moins
la pochette de Shaker ne coûte pas plus cher qu’un
moulinet. Les coloris sont tellement bien choisis qu’on
les retrouve dans plusieurs gammes plus récentes
d’autres marques. C’est un signe qui ne trompe pas !
Keitech Swing Impact
et Swing Impact Fat
Un autre gros succès de Keitech, une entreprise
japonaise au départ confidentielle qui prend
une ampleur considérable depuis quatre ou cinq
ans. Comme tous les très bons shads, les deux
Swing Impact permettent de tout faire et de
tout prendre, de la perche au silure !
Sylvain Legendre
“Je ne suis spécialiste de rien” nous dit Sylvain avec la modestie
qu’on lui connaît. Le champion de France et vice-champion du
monde 2014 pêche essentiellement avec les leurres qu’il a lui même
dessiné pour la marque Berkley.
• BERKLEY PULSE SHAD8 et 11 cm, “leurre souple polyvalent
pour tous les carnassiers”.
• BERKLEY GIANT RIPPLE16 et 20 cm “mon leurre de base
pour le brochet”.
• SÉBILE FLATT SHAD, “un très bon lipless pour pêcher vite et
battre du terrain”.
Gaël Even
Le coéquipier de Sylvain est également à l’origine de la gamme Ber-
kley et ses résultats (mêmes titres en compétition) prouve si besoin
était que les produits sont très réussis. Son classement :
• BERKLEY PULSE SHAD 11 cm “pour sa polyvalence en verti-
cale comme en linéaire”.
• BERKLEY GULP ALIVE MINNOW10 cm. “Indispensable en
mer, mais aussi en verticale pour le sandre ou comme trailer der-
rière un spinnerbait”.
• SÉBILE FLATT SHAD SNAGLESS66 XH. “Il passe vraiment par-
tout, y compris dans les bois morts, grâce à son hameçon double”.
Emmanuel Favin
Le célèbre guide de pêche de la Seine en amont de Paris connaît
parfaitement les habitudes de ses brochets et de ses sandres. Son
classement est celui de quelqu’un qui passe le plus clair de son
temps sur l’eau.
• STORM SEEKER SHAD, “difficile à trouver, mais toujours
excellent pour le brochet”.
• STORM KIK’IN MINNOW,“tout aussi difficile à trouver et
tout aussi efficace”.
• LUCKY CRAFT B’FREEZE,“un leurre incontournable qui
marche toujours aussi bien malgré les années”.
Damien Pénaque
Le détaillant bisontin (Territoire Pêche) est un excellent pêcheur de
brochets qui a démarré la saison sur les chapeaux de roues. Pêchant
à la fois en France mais aussi à l’étranger, il teste de nombreux
leurres chaque année. Voici donc son classement :
• CWC BUSTER JERK
• SAWAMURA ONE UP SHAD
• UNE BONNE VIEILLE CUILLER ONDULANTE“plutôt arti-
sanale du genre de celles que l’on trouve en Suède ou en Irlande”,
dont Damien souligne la polyvalence et la grande efficacité.
Les leurres préférés de quatre grands pêcheurs
Nous avons demandé à quelques amis de Pêches sportives de nous donner leur classement.
FOCUS
Vraiment utile
C’est l’ambition de cette section de
Pêches sportives.
Dans ce cahier Focus prend place
toute l’expérience, la critique, la pratique des journalistes et des experts à qui nous avons
demandé de prolonger par la pédagogie, l’explication et surtout le mode d’emploi, l’offre des
concepteurs de matériels.
Hanàk /
Superlight
Créées spécifiquement pour la pêche à
la nymphe selon la méthode tchèque,
les cannes Hanàk Superlight sont d’une
légèreté et d’une précision surprenante
et elles ne manqueront pas d’intéresser
également les pêcheurs plus conven-
tionnels en sèche et en nymphe au fil.
La gamme se décline en quatre
modèles (trois 9’6 disponibles en soies
n° 3, 4, 5, ainsi qu’une dix pieds pour
soie n° 3) dont le poids est compris
entre 69 et 73 grammes… d’où le nom !
Utilisées avec une fine soie parallèle,
elles permettent de réaliser à courte
distance des posers d’une discrétion
absolue bien utiles pour les pêches
estivales mais elles permettent surtout
de propulser les longs bas de lignes
tchèque lestés de leur train de nymphes
casquées, leur destination première.
Les blanks en carbone haut module
sont rapides et équipés d’anneaux
Recoil monopattes, l’action est pro-
gressive. Un porte moulinet avec insert
Hanàk /
Superb
Nouveauté 2015 également, le Moulinet Hanak Superb,
haut de gamme de la marque, vient équilibrer la gamme
des Superlight. Disponible en deux modèles (soie n°3 ou
5), il s’agit d’un moulinet en aluminium, usiné dans la masse
et doté de trois roulements à billes à aiguilles et d’un frein pré-
cis et puissant. Sa bobine plutôt large est prise dans une cage fer-
mée afin que la soie ne vienne pas s’enrouler entre la bobine et le bâti… Pêché-
mignon des bas de ligne tchèques !
Notre avis :
deux produits conçus pour apporter du confort et de la légèreté avec
une technique, la pêche à la nymphe “au fil” qui se pratique le plus souvent bras
tendu. Très bon rapport qualité / prix.
Prix conseillé canne Superlight : 449 euros.
Prix conseillé moulinet Superb : 169 euros.
Hanàk est distribué par moucheshop. www.moucheshop.com
bois apporte une touche esthétique
agréable à ces cannes qui ont le don de
se faire oublier et de transmettre de
façon très tactile la “vie” du bas de ligne
dans les veines d’eau… on croirait
pêcher au toc !
Ces cannes sont toutes des quatre
brins, elles sont livrées dans un tube
cordura compartimenté et font l’objet
d’une garantie.
Le SAV existe sous forme de forfait, à
55 euros.
tocole pour savoir à quoi ressem-
ble une perche de 30 cm dans 2,
10 ou 20 m de profondeur. Seuls
les guides de pêche et les pas-
sionnés qui passent plus de cent
jours par an sur l’eau sont en
mesure de tirer pleinement parti
de cette machine de guerre. Pour
les autres, il me paraît de mon
devoir de vous informer qu’un tel
produit demande un peu de
temps avant d’être maîtrisé et que
si vous pêchez en bateau cinq ou
même quinze fois par an, vous
devrez repartir de zéro ou presque
à chaque sortie. Et ne comptez
pas sur votre détaillant (à
quelques exceptions près) qui
sera comme une poule devant un
couteau devant cette belle
machine. Seul le forum Lowrance
France
(forum-lowrance.fr/)
assure un service très performant
avec des utilisateurs très pointus.
Les captures d’écrans de cet arti-
cles on été prises sur le Doubs
dans mon village. Il m’a fallu qua-
tre sorties pour enfin m’y retrouver
dans les menus complexes de
mon HDS.
Quelques idées reçues sur les échosondeurs
– Plus l’écran est grand, meilleure est la définition. Faux, elle est iden-
tique au sein d’une même série. Un grand écran permet simplement
d’afficher plus d’informations. Dans mon cas, j’ai préféré le plus petit
des trois HDS pour une question de budget mais aussi de consom-
mation électrique. Un modèle plus grand consomme une batterie de
90 ah dans la journée et complique encore un peu plus une logis-
tique déjà lourde.
-Je peux cartographier facilement mes zones de pêche. Vrai et faux
car il faut avoir beaucoup de temps devant soi et admettre que la
précision du GPS est comprise entre 1,50 et 3 mètres, ce qui au final
peut générer bon nombre d’aberrations.
– Ce n’est pas parce que l’écran ne montre pas de poissons qu’il n’y en
a pas. Vrai, car aussi puissant soit-il, votre échosondeur retranscrit
une image plate d’un relief qui lui est en 3D (avec les HDS, c’est en
train de changer !). On ne voit donc que les points les plus hauts du
relief du fond, mais pas ce qui se situe dans les creux. C’est ce qu’on
appelle la “zone d’ombre”.
– Les poissons ne peuvent détecter la présence d’un échosondeur.
Faux, ils détectent le “tact, tac, tac” de la sonde, au point dans cer-
tains cas d’associer ce bruit à un danger. Le silure est particulière-
ment sensible aux ondes sonores et le sandre également.
En haut à
gauche de
l’écran, le petit
rectangle violet
permet de se
promener dans
l’historique du
sondeur sur la
zone qui vient
d’être
parcourue.
On peut donc
revenir en
arrière et placer
des waypoints
sur une zone
déjà sondée.
C’est l’une
des fonctions
qui manquait
le plus sur les
échosondeurs,
car on était
souvent
incapable
de retrouver
des échos ou
un tombants
même peu de
temps après
être passé. En
pêche, le gain
de temps est
considérable.
centralise toutes les informations
du bateau et de la navigation. En
eau douce, une utilisation comme
simple échosondeur/GPS est en
mesure de combler l’utilisateur le
plus exigeant, à condition de faire
l’effort de comprendre le dialecte
Lowrance et de bâtir un petit pro-
Le dubbing d’oreille
de lièvre
1. C’est le premier secret du dub-
bing d’oreille de lièvre du chef.
Les poils ne sont pas coupés,
mais tirés avec les doigts. Ils
sont ainsi plus longs et fins aux
deux extrémités.
2. Les poils sont prélevés unique-
ment sur la partie avant de
l’oreille, sur environ un centimè-
tre de largeur.
3. En l’état, on a un très bon dub-
bing, mais qui manque de
volume et d’aération.
4. Tel un chef de cuisine d’un res-
taurant étoilé, Cyril nous dévoile
la seconde astuce qui permet de
sublimer le dubbing. Pour cela, il
a recours à un mini hachoir dont
le tranchant des lames a été
arrondit à la lime afin de ne pas
couper les poils. Les lames
jouent alors un simple rôle de
mélangeur. Le dubbing est ainsi
prêt à l’emploi, à condition de ne
pas le mettre dans une pochette
avec une pile de livres dessus !
FOCUS/
montage
Oreille de lièvre
Une oreille de lièvre de luxe avec
ce montage qui utilise d’une part
un dubbing d’oreille de lièvre pré-
paré comme décrit plus haut et
d’autre part quelques longs poils
sans bourre.
1. Fixer dans votre étau un hame-
çon de forme standard de taille
18 à 12. Faire un aller/retour
avec un fil de montage noir 10/0.
2. Le dubbing d’oreille de lièvre se
place sur le fil avec les doigts
sans faire appel à un twister.
Attention à ne pas trop écraser
le dubbing. Pour Cyril, la poix
est à proscrire car elle présente
l’inconvénient de coller les poils
et empêche la mouche de
“vivre” ou de “respirer” si vous
préférez.
3. Le corps est réalisé par un
aller/retour avec le dubbing sans
trop charger. On doit pouvoir
visualisé le fil de montage et l’ef-
fet ressemble à un dessin au
crayon.
4. L’aile se compose de poils de
lièvre longs, tenus par le milieu
puis rabattus avec les doigts
avant d’être fixés en arrière avec
le fil de montage.
5. La meilleure mouche du monde
terminée. Simple, légère, figura-
tive, bref irrésistible !
FOCUS/
montage
Gammare rusty
brown
Le gammare de Cyril ne fait pas
appel au dubbing de lièvre. C’est
donc l’exception de cette rubrique.
Nous l’avons choisi parce que sa
technique de montage reste infor-
mative, transposable à tous les
dubbing, y compris comme ici,
synthétiques.
1. Fixer dans votre étau un hame-
çon Tiemco 2488 n° 16 à 12.
Faire huit tours de fil de plomb
4/10ème. Le fixer avec de la
résine UV Deer Creek Diamond
Fine et un coup de lampe UV.
2. Avec un fil de montage rusty
brown 8/0, réaliser un sous
corps.
3. A l’arrière, fixer une lamelle de
body stretch Hends n°10. La
surépaisseur occasionnée n’est
pas préjudiciable. Elle assure un
bon maintien de ce matériau
élastique, donc rétractable.
4. Le corps est constitué d’UV
Dubbing Hemingway’s coloris
rusty brown.
5. Le dubbing est placé sur le fil de
montage, puis torsadé.
6. Former un corps régulier.
7. Afin de pouvoir ensuite ébourif-
fer le dubbing à l’aiguille, le
cerclage n’a lieu que un tour de
fil de montage sur deux en
direction de l’œillet. Cette tech-
nique permet de laisser
suffisamment d’espace pour
pouvoir tirer les fibres sans cou-
per le fil de montage.
8. La tête est passée à la résine
UV. Cela évite au latex de se
rétracter.
9. Les fibres sont tirées à l’aide
d’une aiguille afin de créer les
pattes.
10. Une fois le dos vernis ou passé
à la résine UV, on obtient un
résultat parfait, déclinable en
plusieurs coloris.
FOCUS/
montage
1. Choisir un hameçon Tiemco 3769 n° 16 à 12 (taille
recommandée : 14). Faire sept tours d’un fil de plomb
de 4/10ème de millimètre au milieu de la hampe.
Ajouter une goutte de colle.
2. Avec un fil de montage Uni Thread Rusty Brown 8/0
(c’est la teinte idéale pour cette mouche), réaliser
un sous corps fin.
3. Sur une plume de queue de coq faisan, prélever
une dizaine de herls. Pour obtenir une répartition
homogène des herls, on peut les faire rouler entre
les doigts. Les pointes servent de cerques. Attention
à leur longueur, car ils doivent être courts pour
ne pas déséquilibrer la nymphe.
4. Fixer quatre fils de Mirage Dub orange à la naissance
des cerques. Entre les doigts, ces fils seront torsadés
pour former l’équivalent d’un brin de laine.
5. Former le corps de la nymphe en évitant les
surépaisseurs. Il doit être d’une parfaite régularité.
6. Rabattre le faisan sur le dos. Bloquer les fibres
avec le fil de montage et tendant bien les herls
et en maintenant le fil de montage en tension.
7. Après avoir coupé l’excédent de faisan, cercler
le corps avec le fil de montage sur quatre tours
(pour un hameçon n°14). La tête en fil de montage
brun orangé gagne à être très légèrement
surdimensionnée. La vernir plusieurs fois.
Raymond Rocher était l’un des
derniers pêcheurs de légende de
“la grande époque”. Il s’est éteint
début mai dans sa quatre-vingt
septième année. Je le voyais régu-
lièrement à Chenecey-Buillon sur
la Loue où nous pêchions le même
parcours dans les années 1990. Je
n’ai jamais osé aborder ce
pêcheur particulièrement discret
au delà d’un simple “bonjour”.
Auteur de six ouvrages de réfé-
rence sur la pêche à la mouche,
Raymond Rocher m’avait écrit une
longue lettre lors de la sortie de
mon livre
De la pêche à la nymphe,
pour me féliciter. Cela m’avait
beaucoup touché. Dans ce livre
bien sûr, je n’ai pas omis de rendre
hommage à celui qui fut le précur-
seur de la pêche à la nymphe en
France. Professeur d’anglais ayant
enseigné en Angleterre, ami de
Frank Sawyer et de Oliver Kite,
Raymond Rocher connaissait par-
faitement la pêche à la nymphe dès
les années 1960, bénéficiant direc-
tement des conseils des inventeurs
de la pheasant-tail et de la bare
hook nymph !
Pour cette rubrique consacrée
aux mouches de légende, nous
avons choisi de rendre hommage
à Raymond Rocher en décrivant le
montage d’une de ses créations,
la “pheasant and orange”. Elle est
à la fois une pheasant-tail, une PT
à tête orange et un gammare.
Cette excellente nymphe d’en-
semble, tombée dans l’oubli, a
inspiré bien des modèles plus
modernes qui ne sont en fait que
des évolutions.
Attention toutefois au choix de la
teinte pour le corps, qui est plus
proche d’un orange pâle qui tire
légèrement sur le brun clair que
d’une teinte fluo. La “pheasant
and orange” est une excellente
nymphe pour la pêche à vue, qui
a toujours sa place dans nos
boites. A l’origine le corps était en
laine. On peut la remplacer par
d’autres matériaux, comme le
Mirage Dub (Mouches de Cha-
rette) orange utilisé pour ce
montage.
Philippe Boisson
Cette rubrique se destine au montage des mouches célèbres, aux indémodables
modèles qui, aujourd’hui comme hier, font partie des incontournables que tout
un chacun doit savoir monter convenablement. Ces mouches de légende font
souvent appel à un tour de main très particulier, sans quoi il est impossible
d’obtenir un résultat correct.
Comment bien monter les mouches
de légende.
6. Hommage à Raymond
Rocher et à sa “pheasant and orange”
Photo : DR
mons sautent sur tout ce
qui bouge, surtout si ça
brille ! Nous sommes donc
condamnés à pêcher à la
mouche sèche ou à bien
cibler les postes si l’on sou-
haite pêcher à la nymphe.
Pour tous les goûts
LaDon nait dans les
Highlands à l’état de ruis-
seau, serpentant entre de
grosses touffes d’herbe
sèche. Le fond a la couleur
d’un thé très infusé,
comme quasiment toutes
les rivières écossaises. Les
truites grossissent avec la
rivière. Ainsi, dès Cock
Bridge, alors que la Don
atteint péniblement 8 à
10mètres de largeur, on
trouve des truites de belle
taille, jusqu’à une quaran-
taine de centimètres pour
les plus grandes. C’est sur-
tout à partir de Strathdon
et en aval que la Don
donne tout son potentiel,
avec à la fois des fosses et
des longs radiers sur les-
quels aiment se poster les
truites pour gober. Les
parcours sont magnifiques
entre Strathdon et Forbes,
offrant largement de quoi
passer un séjour d’une
semaine. Plus en aval, le
fleuve se ralentit, devient
plus imposant mais reste
pêchable, autant pour le
saumon que pour la truite.
Des Loutres…
et du colza
La Don a de très beaux
restes, mais il est regrettable
de constater que la nature
dans cette partie de l’Ecosse
est très artificialisée, com-
posée des cultures de
résineux “au carré” et de
parcelles de bruyères brû-
lées pour favoriser la
reproduction de la grouse.
En plaine, les subventions
de la PAC, dont la reine
d’Angleterre est la plus
grande bénéficiaire (c’est
aussi le plus grand proprié-
taire), remplacent de plus
en plus les vertes prairies
par du colza. La loutre, ani-
mal très sensible aux
polluants est encore pré-
sente sur la Don, mais il
semble que ses jours soient
comptés sur la partie aval
du fleuve.
Renseignements pratiques
• L’aéroport international d’Aberdeen est situé dans la vallée
de la Don, à deux pas de la rivière. On ne peut rêver mieux !
Pour se loger :
• L’hôtel Forbes Arms Hôtel est idéalement situé pour découvrir
la rivière. www.theforbesarmshotel.co.uk
• Un autre hôtel situé en amont de Forbes à deux pas de la
rivière : www.kildrummyinn.co.uk
• Encore plus en amont, à Strathdon, un ensemble de chalets :
www.strathdonlodges.co.uk
Ces trois hôtels délivrent des permis sur plusieurs parcours.
La Don se pêche facilement sans être obligé de prendre des risques
en wading, ni de lancer loin. La discrétion est toutefois de mise,
notamment sur les longs “lisses” où les truites ne se montrent que si
elles ne sont pas dérangées. Et sur la Don, une truite de trois livres
peut se placer dans seulement 20 cm d’eau et se mettre à gober
tranquillement. Ci-dessus, une superbe march brown locale
Rhithrogena germanica
Le Sorcier d’Ornans
Philippe Koeberlé
Par l’auteur d’
Autopsie d’une truite
Retrouvez les aventures de Séverin
Ménigoz dans ce nouveau roman
passionnant.
Prix : 18
Réf. : 140 175
La pêche pour les Nuls
Vincent Lalu
L’histoire de la pêche, la législation,
le permis, l’équipement, la
sécurité, la pêche avec les enfants,
les techniques de pêche les plus
utilisées en France… n’auront plus
de secret pour vous !
Réf. : 121 213
De la pêche à la nymphe
Philippe Boisson
L’ouvrage incontournable sur la
pêche à la nymphe, écrit par l’un
des meilleurs spécialistes de sa
génération, est à nouveau
disponible.
Réf. : 110 297
Petit dictionnaire
philosophique
du pêcheur de truites
en pédalo
Ce livre est une première. Il ne
ressemble à aucun autre. Il vous
apprendra, chers pêcheurs, que
vous n’êtes pas seulement des
champions de la mouche ou du
leurre, mais bien des citoyens
de l’onde. Accessibles aux bienfaits
de la réflexion philosophique.
Prix : 19
Réf. : 110 274
Le dictionnaire
insolent de la pêche
Daniel Taboury et
Thierry Dubosclard
Ce dictionnaire insolent de la
pêche est le premier du genre. On
le doit à Daniel Taboury et Thierry
Dubosclard qui connaissent mieux
que d’autres toutes les
significations du mot pêche. Leurs
définitions ne respectent pas grand
chose. A lire avant de s’endormir
comme le “petit Robert” (quand le
pluriel n’est pas de mise.)
Prix : 19
Réf. : 110 317
Grandes pêches
Pierre Affre
Un tour du monde des plus belles
pêches sportives. Un livre pour
rêver mais aussi pour apprendre.
Réf. : 120 435
Je ne pêche pas…
je m’entraîne
Éric Joly
Les aventures d’Éric Joly ne sont
pas toutes triomphantes. Mais elles
ont en commun d’avoir été écrites
par un des meilleurs conteurs de sa
génération.
Réf. : 110 168
Histoires de pêche :
Contes et légendes
du Moulin du Plain
Vincent Lalu
Ce livre raconte la saga du Moulin du
Plain, il en évoque les personnages les
plus truculents, les histoires les plus
drôles et les moments les plus forts.
Réf. : 110 305
Le Sorcier de Vesoul
Vincent Lalu
25 ans après, l’extraordinaire
histoire du père de la “french
tricolore” enfin rééditée.
Réf. : 110 155
La Femme Truite
Vincent Lalu
Si vous voulez savoir pourquoi ils
vont à la pêche… 27 nouvelles
(avec 40 aquarelles) par l’auteur du
Sorcier de Vesoul
pour dire aux
non-pêcheurs ce que peut être
la passion de la pêche.
Prix : 29
Réf. : 110 215
Histoires de pêche :
la truite en héritage
Nicolas Germain
Nicolas Germain inaugure cette
collection avec ces histoires qui
donneront aux pêcheurs et aux
non-pêcheurs l’envie de se
retrouver au bord de l’eau.
Prix : 15
Réf. : 110 300
Histoires de pêche :
Saint-Pierre était Belge
Georges Quinot
C’est un petit village franco suisse
à forte population belge. Au milieu
coule le Doubs, ses truites, ses
mouches et ses “pêchoux”. Dans le
roman de Georges Quinot il est
surtout question d’amour, de pêche
et de jalousie.
Prix : 19 euros
Réf. : 110 315
La nouvelle
pêche aux leurres
Philippe Boisson
La Nouvelle Pêche aux leurres
porte un regard connaisseur sur
l’évolution de cette pêche en
perpétuel mouvement. Ce livre de
260 pages s’applique à faire le
point sur les techniques, sur ce qui
est essentiel ou superflu.
Réf. : 110 288
L’encyclopédie
des mouches…
qui pêchent (avec leurs montages)
Philippe Boisson et
Bernard Dalmas
464 pages consacrées au montage
des mouches qui sont beaucoup
plus utiles à la pêche qu’en
décoration murale.
Prix : 59
Réf. : 110 310
Bon de
commande
ci-contre
NOUVEAUTÉ
Vient de paraître
Je ne pêche pas, je m’entraîne… (réf.110 168) : 20
Le Sorcier de Vesoul (réf. 110 155) : 20
Autopsie d’une truite (réf. 140 168) : 18
La Femme Truite (réf. 110 215) : 29
Le Sorcier d’Ornans (réf. 140 175) : 18
Petit dictionnaire philosophique du pêcheur de truites en pédalo (réf. 110 274): 19
La Pêche pour les Nuls (réf. 121 213) : 22,95
La nouvelle pêche aux leurres (réf. 110 288) : 29
Histoires de pêche : Contes et légendes du Moulin du Plain (réf. 110 305) : 29
De la pêche à la nymphe (réf. 110 297) : 29
L’encyclopédie des mouches qui pêchent (avec leurs montages) (réf. 110 310) : 59
Le dictionnaire insolent de la pêche (réf. 110 317) 19
Histoires de pêche : la truite en héritage (réf. 110300) : 15
Histoires de pêche 2 : Saint-Pierre était Belge (réf. 110 315) : 19
Les petites annonces de Pêches sportives
Vente matériel de pêche
• Vends moulinet Hardy JLH Ultralight
#7, très bon état, peu utilisé. Modèle
à cliquets datant du milieu des
années 1990. Prix : 80 euros.
Tél. : 06 08 49 71 50.
• Vends canne G.Loomis GL3
14 pieds soie 9/10 en 3 brins. Très peu
servie. Prix : 200
. Tél. : 06 08 49 71 50.
• Vends moulinet Pezon & Michel
Luxor 300 (modèle 2010), jamais
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utilisé. Prix : 100 euros.
Tél. : 06 08 39 62 47.
• Vends 2 cannes Sage RPL + 9’6 soie
9, montage artisanal ou de série. Très
bon état. Prix : 300
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Tél. : 06 80 96 69 79.
• Vends canne Sage XP 9’#6. Prix :
500 euros. G.Loomis Streamdance
9’#5. Prix : 500 euros. Gilet Simms
Vertical. Prix : 50 euros. Loop XL. Prix
80 euros. Veste pluie Vision. Prix : 40
euros. Veste pluie Orvis. Prix 80 euros.
Distributeur fils Peux. Prix 80 euros.
Tél. : +336 08 00 14 57.
• Vends 2 cannes Sage RPL + 9’6 soie
9, montage artisanal ou de série. Très
bon état. Prix : 300
pièce.
Tél. : 06 80 96 69 79.
• Vends
Nymph Fishing in Practice
Oliver Kite. Édition originale en langue
anglaise de 1963. Très bon état. 60
La Vie selon Gus Orviston
de David
James Duncan. 20
. Très bon état.
Retour en Terre
de Jim Harrison. 15
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• Vends moulinet Pezon & Michel
Luxor 300 (modèle 2010), jamais
utilisé. Prix : 100 euros.
Tél. : 06 08 39 62 47.
• Vends canne Sage RPL + 9’6, 4 brins
soie 9. Canne Sage RPL 9’6, 4 brins
soie 8. 300
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Canne Sage RPL + 15’3 soie 10 en
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Tél. : 06 80 96 69 79.
• À vendre livres : pratiquement tous
les grands “classiques” mouche : de
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Boisset, Burnand, Ritz, Barbellion,
Vavon (original relié), Phelipot,
Halford (
Précis mouche sèche
Pequegnot, etc (neufs). Gaidy:
Éphémères, Trichoptères (neufs).
Schmookler :
Fly tying materials a
Natural History, Forgotten flies
bien d’autres en stock…
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Cannes et moulinets “vintage” .
Bambou refendu 11, 12, 13, 14, 15
pieds la plupart Hardy des grandes
années, en TBE pour pêche ou
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14p. Cannes Pezon & Michel truites.
Moulinets Hardy: “lightweight”,
St John, StGeorge, Perfect, etc.
ATH (neufs), Billy Pate
et SeaMaster…
Pierre Affre tél. : 09 83 06 05 04.
• Sage RPL + 9’ # 10, état neuf aussi
rare que puissante, c’est sans doute la
meilleure canne pour lancer des gros
streamers par tous les temps.
Prix : 380
Sage SPL 080-3 neuve, avec bon de
garantie. Prix : 230
Possibilités photos par Internet.
Tél. : 06 07 78 34 22.
• Vends cannes Tenryu Spinning
Super Shoot 2,50 m – 20/45 g –
12/25 Lb : 250
mith Bay Liner
Boron 2,06 m – 71/28 g – 10/20 Lb
Prix : 180
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Reliure toile. Ed. Les Éphémères.
Ex. n° 1948 : 400
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1985 ex. n° 300
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Tél. : 02 97 57 50 67 ap.18h.
Parcours de pêche
•Domaine de pêche à la mouche
des Fontaines, à une heure au sud
de Lyon, domaine avec rivières,
plans d’eau. Beaux salmonidés.
Lodge chauffé à disposition.
Renseignements
Tél. : 04 74 79 06 26.
• Tueda 73 Méribel. Lac de
montagne dans un cadre
d’exception. Site vaste et préservé
pour moucheurs du 5 juin au
12 octobre.
Tél.: 04 79 01 07 51.
www. lacdetueda-meribel.com
• Domaine de la Mordorée,
Charente, réservoir pêche à la
mouche. Black-Bass aux leurres en
printemps/été. Tél. : 06 76 14 38 64.
• Pêche de la truite en Alsace. Stage
adulte et jeune. Chambre et table
d’hôte. www.peche-alsace.com.
Tél. : 06 10 09 63 16 ou
03 88 47 25 74.
• Plan d’eau de Marlens Haute-
Savoie (Faverges) pêche mouche
exclusive
dès le 20octobre 7/7j.
Tél. : 06 08 82 31 32.
Web : http://peche.marlens.free.fr
Recherche matériel
de pêche
• Cherche Shimano Calcutta 201 DC
ou Shimano Calais 201 DC. Faire offre
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(suspending) 15 ou 18 cm, coloris fire
tiger, mullet, perche ou RH. Recherche
aussi Storm Kickin Shad.
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in USA, 10’ #7 4 brins. Parfait état.
Tél. : 01 39 76 13 21 après 20 h 30.
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