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Pêches sportives magazine numérique n°114

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PÊCHES
sportives

Leurres : tout sur le crankbait

PECHES
s p o r t i v e s

N° 114

La clé du succès

L’angle
d’attaque

16 pages de montage
– Modèles méconnus
de la collection Bresson
– Mouche de légende :
le zonker

La Rivière
sans retour

Carnassiers
hollandais
J a n v i e r – F é v r i e r – M a r s 2018

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EDITO

Nature et valeur
37 milliards d’euros c’est l’estimation du prix de la grande
barrière de corail établie par les experts de Deloitte Access
Economics. Une estimation très sérieuse, résultat de plusieurs
mois d’enquêtes et d’interviews auprès de 1500 personnes de
10 pays différents. Les 2300 km de cette merveille menacée
étant considérés comme un actif comptable, somme de tout ce
qui fait son intérêt, la biodiversité, les emplois générés, l’image
du pays etc…
L’idée n’étant pas de vendre la barrière mais plutôt de montrer
que cette valeur marchande justifie jusque dans notre économie
mercantile la nécessité de la protéger.
Comme si, au moment où on avait décidé de construire
des centaines de barrages pour produire de l’électricité,
l’estimation de la valeur monétaire des paysages et des rivières
que l’on s’apprêtait à saccager était entrée dans l’évaluation du
prix du kw/h.
Pas sûr qu’on en aurait construit autant, pas sûr qu’aujourd’hui
encore les candidats à la micro-centrale seraient aussi
nombreux. Et encouragés par quelques pseudo écolos qui n’ont
toujours pas compris que l’eau était un bien de plus en plus
rare, à protéger d’urgence.
Vincent Lalu

PS : à ceux qui se demandent ce que fait Nicolas Hulot au
gouvernement, il faut répondre qu’il a au moins sauvé les saumons
de la Sélune en confirmant la destruction des deux barrages qui les
empêchaient de remonter cette voie royale, menacée en son temps
par Ségolène… Royal.

3

Sommaire
Pêches sportives n° 114

ACTUS p. 6

L’ÉCHO DU RADIER p. 20

TECHNIQUE MOUCHE p. 26

NOUVELLE p. 34

– Les faux-semblants des transitions
énergétiques et écologiques
– Sécheresse 2017, pire que 2003
dans bien des régions
– Captage de la Dhuis, un silence qui
en dit long…

– L’apron du Rhône, histoire d’une
lutte contre l’extinction et
l’indifférence

– L’angle d’attaque, un placement qui
peut rapporter gros !

– La rivière sans retour

SHOPPING p. 54

MONTAGE p. 56

UNE MOUCHE
DE LÉGENDE p. 70

FOCUS p. 40
– La Petite Classe : la pêche avec des
crankbaits

OÙ PÊCHER p. 72
– Pays-bas : brochets et autres
carnassiers autour de Zwolle

– Les nouveautés du moment

L’ANNUAIRE DES GUIDES
ET DES RÉSERVOIRS p. 78

– Quelques modèles oubliés de la
collection Bresson

LIBRAIRIE p. 80

– La librairie de Pêches sportives

– Publicités

– Le zonker

PETITES ANNONCES p. 82
– Les petites annonces de Pêches
sportives

Administration, rédaction,
publicité :
Editions La Vie du Rail/
Pêches sportives
29, rue de Clichy, 75009 Paris Tél. : 01 49 70 12 11.
redaction@peches-sportives.com

Mise en page :
Frédéric Demarquette.

Chef de fabrication : Robin Loison.
Photogravure : La Vie du Rail.

Abonnements :
www.peches-sportives.com/6-Abonnements.htm
Tél. : 01 49 70 12 20

Directeur de la publication :
Vincent Lalu.

Publicité : Victoria Irizar
Tél. : 01 49 70 12 48.
victoria.irizar@laviedurail.com

Impression :
Imprimerie Loire Offset Titoulet (42)
Commission paritaire : 1122 K 82373
ISSN : 1252-8358.
Dépôt légal : à parution.
Marketing et diffusion presse :
Destination Média

Rédacteurs en chef :
Vincent Lalu et Philippe Boisson.
Ont collaboré à ce numéro :
Florent Bailly, Alain Barthélémy, Philippe
Boisson, Vincent Lalu, Jean-Christian
Michel, Jean-Marc Theusseret.

Eléments techniques
publicitaires :
Maryline Renaud.
maryline.renaud@laviedurail.com

Un DVD est inclus dans
ce numéro pour les abonnés

Actualités

Les faux semblants des transitions énergétiques
et écologiques
Alors que le ministre de la transition écologique et solidaire vient d’acter la destruction des barrages sur la Sélune, les autorités
locales de Haute-Loire ont donné l’autorisation de faire construite une micro-centrale hydroélectrique sur l’affluent de l’Allier qui
alimente en eau le Conservatoire national du saumon sauvage… Ces deux exemples sont révélateurs du flou qui persiste en
France à propos des deux transistions, énergétique et écologique.
Enfin, les deux barrages qui
coupent la route aux saumons de la Sélune (Manche)
seront bientôt détruits. Les
barrages de Vézins et de la
Roche-qui-Boit, sur la partie
aval du petit fleuve côtier qui
se jette dans la baie du Mont
Saint-Michel avaient échappé à la destruction sous le
ministère Royal. Rappelez
vous, sous le gouvernement
Sarkozy, Jean-Louis Borloo
en avait dans un premier
temps décidé la destruction.
Comme quoi en politique, il
faut faire vite, car le vent
peut tourner. Et d’ailleurs, il
ne manque jamais de tourner.
Mme Royal avait brandit la
transition énergétique pour
revenir sur la parole de son
prédécesseur au ministère
de la transition écologie et
solidaire. Il y a quelques
semaines, Nicolas Hulot a
tranché. Les deux barrages
6

seront bien détruits. Les travaux de stabilisation et d’extraction des sédiments ont
commencés sur un des affluents de la Sélune,
l’Yvrande. Jusqu’en mars, ces
travaux continueront sur les
retenues et les affluents. Les
sédiments, c’était le dernier
cheval de bataille des probarrages, mettant en avant le
risque de contamination des
eaux de la baie.
On ne fait pas d’omelettes
sans casser d’œufs, et un
jour ou l’autre, il faudra bien
affronter ces sédiments. Et il
s’avère que c’est sans doute
mieux maintenant que dans
trente ans. L’ensemble des
travaux s’étendra sur deux
ans, car un suivi sérieux de
renaturation est indispensable pour redonner à l’ancien lit un profil morphologique
viable,
capable
d’encaisser les crues et
même d’en profiter.

La Sélune libre est un très
beau projet, car c’est le seul
dans ce cas à libérer un
fleuve en entier. Car il a eu
des précédents, sur l’Allier
(Saint-Etienne-du-Vigan), sur
la Vienne (Maison Rouge) et
sur le Leguer (Kernansquillec), mais ces barrages
étaient situés beaucoup plus
en amont sur les cours d’eau.
Les barrages de la Sélune se
trouvent sur la partie basse.
Les saumons qui se prennent
sur la Sélune sont des égarés
de la Sée toute proche qui
viennent buter sur le mur du
barrage, avec des chances de
se reproduire quasiment
nulles.
Alors, bravo M. Hulot, car selon les experts des poissons
migrateurs, la Sélune à tout
pour accueillir une belle population de saumons. Et c’est
l’ensemble du fleuve qui
profitera de la libération de
ses eaux.

Un pas en avant…
Alors, on peut se dire qu’enfin, le message est passé,
que d’autres projets vont
prendre forme. Ce n’est malheureusement pas tout à fait
le cas. Pour preuve, un
contre-exemple, qui traduit
parfaitement le “pas de
deux” qu’opère l’Etat entre la
transition écologique, avec
d’un côté l’obligation d’atteindre 23 % d’énergie renouvelables pour 2020 (devenus depuis 27% pour
2030). Comme on ne parvient pas à l’objectif initial de
23 %, on l’augmente et on
retarde la date butoir. C’est
beau l’art de botter en
touche !
Et de l’autre, la continuité
écologique, qui par principe ,
est l’ennemie jurée des barrages. Une micro-centrale
hydroélectrique est en train
d’être construite juste en
amont du Conservatoire na-

La décision de Nicolas Hulot de libérer la
Sélune a été saluée par toutes les
associations de défense de l’environnement qui s’intéressent aux rivières et pas
uniquement par les pêcheurs. Mais la
transition écologique se discute au cas
par cas, avec parfois des décisions
incompréhensibles comme sur la Desges,
affluent de l’Allier.

tional du saumon sauvage
sur la Desges (affluent de
l’Allier), qui alimente en eau
cette pisciculture…
L’altération de cette rivière,
bénéficiant de plusieurs dispositifs de protection au titre
de divers textes nationaux et
européens, est donc en principe impossible. Une atteinte
physique majeure s’y déroule
pourtant. Utilisant un flou juridique dans le dispositif national de protection des rivières à migrateurs, le “droit
fondé en titre” d’un ancien
moulin, la Communauté de
Communes des Rives du
haut Allier et l’entreprise
Cegelec, ont discrètement
lancé un chantier qui est un
contresens en matière d’aménagement du territoire.
L’administration locale, oubliant le remarquable programme de restauration de
la biodiversité initié par l’Etat
à travers le Plan Loire Grandeur Nature (4.1.1994) a délivré une autorisation de
construction d’un ensemble
d’ouvrages comprenant la
reconstruction d’un barrage
abandonné depuis 1978, la
mise en place d’une conduite
forcée de 600 mètres de longueur et d’une usine hydroé-

lectrique tout cela conduisant à une altération massive
du fonctionnement de la
Desges et du bief de l’ancien
moulin, qui héberge une espèce protégée comme la
lamproie de Planer.
Un monde merveilleux…
Le dossier de la Sélune et celui de la Desges mettent en
lumière les contradictions qui
tiraillent le ministère de la
transition écologique et solidaire. On veut ainsi le beurre,
l’argent du beurre et si possible la fermière.
Le cas du Conservatoire national du saumon sauvage
avec la microcentrale de la
Desges est révélatrice d’un
certain nombre de symptômes typiquement liés à
notre époque, pleine de
contradictions. Car la reconquète du saumon sur l’axe
Loire/Allier coûte cher à l’Etat
pour un résultat loin d’être
satisfaisant. Ça ressemble à
un duel de coups de communication avec d’un côté des
saumons “plus sauvages que
les sauvages” et de l’autre
une électricité “propre”, en
réalité au rendement énergétique et économique douteux
et aux conséquences inévi-

tables sur le cours d’eau. Jamais une microcentrale a été
bénéfique pour la vie dans un
cours d’eau. Ce n’est d’ailleurs pas du tout sa vocation.

C’est ainsi que l’on fait croire
au peuple que tout va bien
dans le meilleur des
mondes..
Ph B.

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7

Actualités
Sécheresse 2017, pire que 2003 dans bien des régions
Cette année, le manque de précipitations s’est fait ressentir
progressivement, depuis le mois de mai. Puis, ça a continué
tout l’été et durant l’automne. A l’heure où nous bouclons ce
journal, certains départements du sud-est attendent toujours
des pluies dignes de ce nom. Pour ces régions, la situation
est très préoccupante, et même, de mémoire d’homme sans
précédents. Au niveau national, ce sont 85 départements qui
ont été déclarés en état de sécheresse.
Localement, les préfectures ont mis en place des arrêtés qui
comme toujours dans ces cas-là, n’ont été que de simples
recommandations. Les agriculteurs ont pour la plupart prélevés des quantités colossales d’une eau de plus en plus rares
sans que personne n’ait l’audace, pour ne pas dire l’inconscience, de leur faire remarquer que les nappes et les rivières souffraient terriblement. Dans ce triste portrait, il
existe au moins une bonne nouvelle. Ce genre d’année déré-

glée devrait insiter le monde agricole à un peu plus de bon
sens, en choisissant des cultures mieux adaptées au climat.
A vouloir semer du maïs partout, il faut s’attendre à quelques
déconvenues…
Les spécialistes du climat prévoient dans un avenir très
proche des années semblables à 2017 ou à l’inverse, des
douches de plusieurs mois (le printemps 2016 dans l’Est est
un bon exemple). Les années au déroulement normal deviennent l’exception. En voulant dicter ses lois et ses désires
à la nature, l’agriculture risque de le payer très cher (le
contribuable aussi…). Il semble désormais évident qu’il va
falloir changer nos habitudes à tous niveaux et très rapidement. A l’étranger, le climat change tout autant, y compris
dans des contrées réputées très humides comme l’Ecosse.
Début mai, le sud du pays entamait sa huitième semaine
sans pluie. De jamais vu au pays de la veste huiléé !

Aisne

Sous-affluent de la Marne, la
Dhuis est un cours d’eau à salmonidés d’une vingtaine de
kilomètres parmi les plus préservés du département. Seulement voilà, ce joli cours d’eau
est en proie au prélèvement,
excessif selon la fédération de
pêche, d’une eau destinée à
alimenter Marne-La-Vallée et
Disneyland Paris en Seine-etMarne. Ce point de captage de
la Dhuis est ancien, très ancien

même. Voulant en savoir un
peu plus sur cette nouvelle
mise en service, la fédération
de pêche de l’Aisne a contacté
la DDT, afin de connaître la réglementation en vigueur, de
savoir qu’elle était le débit minium biologique à respecter,
etc. Mais l’administration ne
dispose visiblement que de la
version initiale d’un semblant
de réglement d’eau qui date
de… 1862. De son côté la

© Fédération de pêche de l’Aisne

Captage des eaux de la Dhuis,
un silence qui en dit long…

Communauté d’agglomération de Val d’Europe ne répond pas aux courriers de la
fédération. Le sujet devient à
la fois tabou et sensible. Pour
sa part, la fédération de pêche
de l’Aisne estime qu’en aval

du point de captage, la Dhuis
souffre de nombreux dysfonctionnements en chaine :
manque de volume d’eau, de
courant, explosion algale,
manque d’habitat, mauvaise
oxygénétion, etc.

133 millions d’euros investis pour l’eau dans le bassin Rhône-Méditerranée-Corse
L’Agence de l’eau RMC a attribué 133
millions d’euros d’aides (dont 125 M€
en subventions et 8 M en avance remboursable sur 10 ans) au cours de ce
3ème trimestre de l’année 2017 pour financer 2050 projets qui visent à économiser l’eau potable, restaurer les
milieux aquatiques et lutter contre les
pollutions domestiques, industrielles et
agricoles.
– Près de 50% des aides (63 M€) sont
attribués aux opérations de lutte contre
la pollution domestique et d’amélioration de l’eau potable, portées par les
collectivités.
– 37 M€ alloués à l’assainissement, dont
14,2 M pour la collecte des eaux usées.
8

– 22,8 M€ pour leur traitement et la valorisation énergétique des sous-produits
(6,4 M).
– 12 M€ octroyés à l’eau potable, dont
7,7 M€ pour la mise à niveau des équipements des communes rurales (réseaux essentiellement).
– 14 M€ consacrés à la gestion durable
des services d’eau et d’assainissement,
dont 12,2 M€ dans le cadre de l’appel à
projets destiné à favoriser les études
préalables nécessaires au transfert des
compétences “eau” et “assainissement“
et à la structuration des services, avant
le 1er janvier 2020 (Loi Nouvelle Organisation Territoriale de la République NOTRe).

– 19 % des aides (24,8 M€) bénéficient à
la restauration des milieux aquatiques,
dont 11 ,7 M€ pour améliorer la morphologie et la continuité des cours
d’eau et 8,7 M€ consacrés à l’animation de ces actions (études et postes).
-18 % (23,5 M€) vont à la lutte contre les
pollutions agricoles, dont 18,2 M€ attribués à l’Agence de Services et de Paiement pour le reversement d’aides directes aux agriculteurs pour soutenir les
changements de pratiques (mesures
agro-environnementales et Climatiques, agriculture biologique).
– 9% (12,2 M€) d’aides vont à la gestion
quantitative, avec 10,4 M€ consacrés
aux économies d’eau.

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La pêche avec des crankbaits,
avec Lionel Fumagalli

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• DVD n° 9 : Pêche à la nymphe au fil
avec Yann Caléri sur le Drac en Isère
• DVD n° 20 (Pêches sportives n° 85) :
1re partie : pêche automnale du blackbass : montages texans et “inch wacky”
avec Manu Alvarez
2e partie : pêche à vue au réservoir du
Martinet dans le Jura avec Nicolas et
Thibaut Germain
• DVD n° 21 (Pêches sportives n° 86) :
Pêche de l’aïmara en Guyane française
sur le fleuve Sinnaramy
• DVD n° 22 (Pêches sportives n° 87) :
Pêche à la nymphe au fil avec Yannick
Rivière sur l’Aude. Pêche du loup en
kayak sur les étangs salins du littoral
audois.
• DVD n° 23 (Pêches sportives n° 88) :
Pêche du brochet à la mouche : montage
waddington adapté par Philippe Boisson
• DVD n° 25 (Pêches sportives n° 90) :
1re partie : pêche du brochet en montage
texan au plan d’eau d’Hermeville dans la
Meuse avec Sébastien Golly
2e partie : pêche du brochet à la mouche
et au lancer sur le lac de Madine avec
Yves Omhovère et Sébastien Golly
• DVD n° 26 (Pêches sportives n° 91) :
1re partie : montage d’une mouche à
brochet selon la méthode du tube fly
avec Alain Barthélémy
2e partie : montage d’un streamer pour
plomb palette en tube fly

• DVD n° 27 (Pêches sportives n° 92) :
1re partie : technique de l’école italienne
de pêche à la mouche avec Marcel
Formica
2e partie : nage et maniement des leurres
pour le bar
• DVD n° 28 (Pêches sportives n° 93) :
1re partie : à la découverte du Chéran en
Haute-Savoie avec Pascal Grillet et
Stéphane Jan
2e partie : pêche du brochet aux leurres
sur le lac du Bourget avec Quentin
Dumoutier
• DVD n° 29 (Pêches sportives n° 94) :
1re partie : pêche aux leurres en mer dans le
Cotentin avec Gaël Even et Sylvain Lauzier
2e partie : pêche à la mouche en “washing
line” au réservoir de la Salamandre dans
l’Aisne avec Philippe Collet
• DVD n° 30 (Pêches sportives n° 95) :
Les secrets de l’oreille de chevreuil avec
Gérard Picard
• DVD n° 31 (Pêches sportives n°
96) : Trois techniques de montage de
mouches avec Cyril Bailly
• DVD n° 32 (Pêches sportives n° 97) :
Pêche à la nymphe au fil. Test des
produits Hanàk et Mouche Ellipse avec
Philippe Boisson
• DVD n° 33 (Pêches sportives n° 98) :
1re partie : Présentation du programme de
renaturation de la Doller, de la Thur et du
vieux Rhin par Maxime Gerber

2e partie : Pêche du sandre en linéaire
avec Christophe Baudot sur la Saône en
Côte-d’Or
• DVD n° 34 (Pêches sportives n° 99) :
Pêche du brochet aux leurres en
ballastière avec Emmanuel Favin, guide
de pêche dans l’Aube.
• DVD n° 35 (Pêches sportives n° 100) :
Pêche à la mouche sur l’Arc en haute
Maurienne avec Didier Chapel
• DVD n° 36 (Pêches sportives n° 101) :
La pêche au tenkara avec Maxime Miquel
• DVD n° 37 (Pêches sportives n° 102) :
Comment aborder un plan d’eau inconnu
en pêchant aux leurres, avec Philippe
Boisson
• DVD n° 38 (Pêches sportives n° 103) :
Pêches d’exception en Islande et en
Russie avec Lax-À
• DVD n° 39 (Pêches sportives n° 104) :
Comment bien monter les petites
mouches pour la pêche en été avec
Florent Bailly
• DVD n° 40 (Pêches sportives n° 105) :
Pêche du brochet à la mouche en
Hollande avec Alain Barthélémy
• DVD n° 41 (Pêches sportives n° 106) :
Pêche lente en bateau au lac de Malaguet
en Haute-Loire avec Grégoire Juglaret
• DVD n° 42 (Pêches sportives n° 107) :
Pêche aux boobies au réservoir Sensation
Pêche à Montracol dans l’Ain avec
Grégoire Juglaret.

• DVD n° 43 (Pêches sportives n° 108) :
Réglages et utilisation d’un matériel de
baitcasting avec Philippe Boisson.
• DVD n° 44 (Pêches sportives n° 109) :
Pêche du black bass à l’étang du Grand
Bernardier dans le Jura avec Lionel
Fumagalli et Pierre Moyniez
• DVD n° 45 (Pêches sportives n° 110) :
Pêche du brochet en étang au début
de l’hiver avec Gaël Even
• DVD n° 46 (Pêches sportives n° 111) :
Montage du cycle de la mouche de mai,
de la nymphe à l’imago, avec Florent Bailly.
• DVD n° 47 (Pêches sportives n° 112) :
Le lancer de la mouche avec Philippe
Boisson
– Technique de rotation de l’épaule
– Comment lancer malgré le vent
– Le lancer roulé en tenant la mouche dans
la main
• DVD n° 48 (Pêches sportives n° 113) :
Techniques de montage de mouches
avec le système Dubspeed d’Edouard
Zauner.

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Actualités
Belgique

23ème Fête de la pêche à la mouche de Charleroi (Roselies)

S’il est un salon qui plaît et
qui dure, c’est bien celui de

Charleroi, car cette année
verra sa vingt troisième édi-

tion ! L’équipe de bénévoles
de l’Amicale des pêcheurs à
la mouche de Charleroi (que
l’on salue au passage)
connaît parfaitement son
rôle. Chaque année, c’est
toujours avec un grand professionnalisme que ce salon
accueille tout d’abord les exposants, puis les visiteurs.
L’événement réunit des exposants de tous pays européens. C’est l’endroit idéal
pour trouver l’introuvable.
Mais c’est aussi des ren-

contres, avec les guides, les
voyagistes, les auteurs et les
artisans. Pêches sportives
est, depuis longtemps déjà,
partenaire de ce salon. Nous
serons donc évidemment
présents. N’hésitez pas à
passer nous voir !
La Fête de la pêche à la
mouche aura lieu les 27 et
28 janvier 2018 à Roselies
(Aiseau-Presles), Boulevard
J-F Kennedy, 150. L’entrée est
gratuite.
www.apmc.be

Bretagne

Carhaix, le salon de toutes les pêches à la mouche !
Le salon des pêches à la mouche en Bretagne, qui a lieu tous
les deux ans, se tiendra les 24 et 25 février à l’Espace Glenmor
à Carhaix. Dans cette grande région de pêche, en rivières,
fleuves côtiers et en mer, toutes les pêches à la mouche sont
pratiquées. Ce salon est donc un événement très attendu, car
c’est l’occasion, le temps d’un week-end, de rencontrer tous

les acteurs de ce secteur, réunis autour de l’amour d’une région et d’une activité de passionnés. Partenaire de ce salon,
Pêches sportives sera présent. Entrée : 6 euros (gratuit pour
les femmes et les enfants).
Restauration sur place. Invités d’honneur : la Normandie et
l’Irlande. www.salon-peche-mouche.fr

Rise festival

Europe

Depuis son arrivée en France en 2010, le Rise Festival s’est
affirmé comme un évènement incontournable pour les amateurs de pêche à la mouche. Pour cette huitième édition, le
festival fera escale en France pour dix-sept dates du 08 Février
au 15 Mars 2018.
Année après année, le succès et la reconnaissance de l’évènement s’expliquent par une alchimie unique : la découverte
et l’évasion sur les plus belles eaux du monde, le partage et
la convivialité autour d’une passion et d’un art : la pêche à la
mouche, une vraie éthique liée à une approche responsable
de l’eau et de la rivière, et enfin… des poissons magiques.
La sélection des films internationaux de cette édition 2018
comblera du plus averti au plus profane. De la perle russe :
la majestueuse Ponoï à la mer de Timor en passant par les
torrents ardéchois, ou encore la belle Dordogne.
Deux heures d’images, d’immersion dans une nature préservée et magnifiée par la projection sur grand écran. A noter
pour cette année : l’entrée gratuite pour les moins de seize
ans, le festival est aussi un spectacle familial ! La saison de
pêche démarre ici : https://www.films-de-peche.fr
(attention : réservation en ligne obligatoire).

Dans notre précédent numéro, nous avons relaté la dérive depuis la péninsule de Kola jusque dans un fleuve côtier français, la
Canche, d’un saumon “pink” du Pacifique (Oncorynchus gorbusha). En Norvège, dans îles britanniques, en Allemagne et en
France, ce sont au total plus de 350 saumons qui cet été et cet
automne ont ainsi dérivés de façon très inhabituelle. Il faut rappeler que ces poissons originaires du Kamchatka (Russie orientale) ont été introduits par les russes depuis les années 1930
dans les fleuves alors peuplés de saumons de l’Atlantique de la
péninsule de Kola (Russie occidentale). A la rédaction, nous
n’avions jamais entendu parler de ces poissons dans les rivières
de Kola, ni même en avons vu, lorsque nous avons, à plusieurs
reprises, pêchés ces eaux. Suite à l’article, plusieurs de nos lecteurs confirment avoir pris ou observés des saumons pinks cette
année ou les années précédentes dans les fleuves du sud de la
Péninsule. Par ailleurs, en France, un autre individu aurait été
capturé dans une passe à poisson de l’Elorn dans le Finistère.
L’invasion redoutée dans notre pays n’a pas eu lieu, mais globalement, la situation reste aussi mystérieuse que préoccupante.
Car si de nouveaux courants se sont formés en mer, c’est une très
mauvaise nouvelle pour les saumons de Atlantique, car leur migration sera à n’en pas douter perturbée. Ph. B.

Le seul festival cinématographique sur la
pêche à la mouche revient en France en
février et mars 2018

12

Saumon pinks “égarés”, nos lecteurs
confirment !

Actualités
Dans votre DVD

La pêche des carnassiers avec des crankbaits
Avec Lionel Fumagalli
Famille de leurres très atypique, les
crankbaits cultivent les antagonismes puisque ce leurre flottant
pêche en profondeur grâce à une
longue bavette. Leurres de prospection rapide, ils intéressent
tous les carnassiers. C’est une
arme de choix pour capter l’attention des poissons en chasse.
Pêcheur de renom et guide de
pêche en Franche-Comté, Lio-

nel Fumagalli nous livre ici l’essentiel de
ce qu’il faut savoir à propos de ces
leurres : optimisation du matériel, les
différents modèles de crankbaits, les
couleurs selon la teinte de l’eau, la récupération, etc. Tous les pêcheurs de carnassiers se doivent d’utiliser ces leurres
très efficaces et se doivent également
de s’en servir correctement.
Bon de commande pour les non
abonnés p. 11.

Haute-Garonne

Islande

Le Collectif Clubs Mouche 31 organisera les 10 et 11 Février
2018, la seconde édition d’un salon exclusivement réservé à
la pêche à la mouche. Cet événement se tiendra dans la
commune de Muret, ville proche de Toulouse, dans la salle
Alizé. Cette salle de grande dimension permettra d’accueillir
confortablement les nombreux visiteurs attendus. Une cinquantaine d’exposants (facteurs de cannes, matériel divers,
guides, monteurs de mouches professionnels, etc.) seront
présents et une aire de lancer à l’intérieur avec bassin facilitera l’essai des soies et des cannes. Présence de Glenda
Powel, championne du monde de lancer Spey cast et de
Inland fishries Irlande. Entrée gratuite, grand parking, tombola, restauration et rafraichissements sur place. A noter
également la présence au salon de Rise Festival qui diffusera
le dimanche soir à 20 h 30 ses magnifiques films dans la
salle de cinéma toute proche.

Pour beaucoup de pêcheurs de saumons, l’Islande signifie
Lax-a Angling Club, une agence qui fête cette année ses trente
ans et qui a toujours su proposer des parcours magnifiques sur
les plus belles rivières de l’île. Arni Baldurson, est à l’origine de
cette entreprise familiale au succès grandissant. L’agence n’oublie pas la clientèle française, belge et suisse, pour qui elle
prépare des séjours selon différentes formules (truite/saumon, truite/truite de mer). Le site en français est en cours de
finalisation et sera en mis en ligne très prochainement.
Contact : Kathleen et Jean-Pierre Piccin :
kjp.piccin@lax-a.fr – www.lax-a.net

La confirmation pour le salon de Muret

Le Lax-a Angling Club fête ses 30 ans !

Le Collectif Club Mouche 31, qui regroupe six clubs de la
région toulousaine, s’est mobilisé pour organiser ce salon
dans un esprit amical et convivial.
http://collectifmouche31.blogspot.fr/

Soutenez le Collectif SOS Loue et Rivières Comtoises
Faites un don
Soutenir SOS LRC, c’est soutenir un
COLLECTIF qui se bat pour la défense des rivières
en Franche-Comté.
Soutenir SOS LRC, c’est donner les moyens financiers
pour rester indépendant et soutenir les bénévoles qui
luttent au quotidien contre les pollutions qui affectent
les rivières et menacent notre ressource en eau.
Soutenir SOS LRC, c’est militer pour laisser
aux générations futures le droit d’avoir
un environnement de qualité.
Infos et dons en ligne sur www.soslrc.com

14

BIENVENUE DANS LA NOUVELLE
BOUTIQUE DE PÊCHES SPORTIVES
Les livres, c’est bien, mais il y a toujours un moment où il faut passer aux travaux pratiques.
Désormais, vous pouvez acheter autre chose que des livres sur la BOUTIQUE Web de Pêches sportives. Pour
autant, nous ne souhaitons pas devenir un vrai site de vente par correspondance. Notre projet est seulement
de donner un prolongement à ce que nous écrivons dans le journal. On vous parle de mouches à longueur
d’année. Et il est, certains d’entre vous nous l’ont dit, quelquefois difficile de faire son choix.
Eh bien, nous avons décidé de lancer, en collaboration avec Alain Barthélémy (AB Fly), les sélections Pêches
sportives pour toutes les techniques de pêche à la mouche.

64,50 €
Réf. : 229 235

la boîte
de 18 mouches

Le cycle de la mouche de mai :
• six modèles de la larve au spent pour coller
à l’éclosion du moment. Mouches montées
par Alain Barthélémy (AB Fly) proposées
dans une boîte de 18 mouches (3 par stade).
• Mouches non vendues au détail.
Toutes les mouches AB Fly sont montées sur des hameçons Tiemco.

Bon de commande en page 81
Ou à commander sur : www.peches-sportives.com
15

67,50 €

La Fressane de Philippe Boisson : la célèbre nymphe de trichoptère enfin disponible
dans sa version originale. 18 mouches, deux tailles, 16 et 18 et trois lestages : pas de lestage
(fil de montage noir), cinq tour de fil de plomb (fil rouille), dix tours de fil de plomb (fil vert).

la boîte de 18 mouches
Réf. : 229233

Une sélection de 18 mouches sèches et émergentes de la collection AB Fly. Des modèles
qui font toute la réputation de la collection d’Alain Barthélémy. Hameçons 14, 16, 18 et
20 selon les modèles.

la boîte de 18 mouches
Réf. : 229236

Une sélection de 18 nymphes de la collection AB Fly parmi les incontournables de cette
collection réputée. Permet de pêcher la truite à vue durant toute la saison.
Hameçons n° 16 et 18.

la boîte de 18 mouches
Réf. : 229234

Assortiment de 6 mouches à saumons pour découvrir cette pêche. Sélection adaptée aux eaux
françaises (Bretagne), à l’Irlande, l’Ecosse ou l’Islande. Hameçons n° 10 à 4 selon les modèles.

62 €

67 €

49 €

la boîte de 6 mouches
Réf. : 229237

Bon de commande en page 81
Ou à commander sur : www.peches-sportives.com
16

Un assortiment de 6 mouches à brochet parmi les meilleures pour la pêche de ce carnassier.
Tailles maxi 20 cm, faciles à lancer.

Un assortiment de 6 mouches mer pour la pêche côtière et notamment pour la pêche du bar.
Tailles 6 à 15 cm.

Une boîte “réservoir” de 18 mouches pour faire face à toutes les situations courantes.
Idéale pour découvrir la pêche en réservoir. Pêche légère avec de petites mouches
et pêche au streamer. Tailles 16 à 6.

66,50 €

L’assortiment de 6 mouches
Réf. : 229240

46 €

L’assortiment de 6 mouches
Réf. : 229239

77,
50 €
la boîte

de 18 mouches
Réf. : 229238
17

Les cannes
Pêches sportives
A force d’analyser les qualités et les caractéristiques des cannes
à mouches, nous avons décidé de lancer les nôtres, dans l’esprit
de ce qui nous plaît.
Deux cannes seulement, sélectionnées par Philippe Boisson et
montées en exclusivité pour les lecteurs de Pêches sportives par
Zéro Limite.

Cannes Pêches sportives
Modèles Progression
Action progressive. Canne sélectionnée pour sa polyvalence, qui convient
pour la pêche à la nymphe à vue ou au fil et la pêche à la mouche sèche.
Action plutôt douce, compatible avec les pêches les plus fines. Grande rapidité de mise en action qui permet de sortir un long bas de ligne facilement. Canne sobre, qui ne brille pas. Poignée assurant une bonne prise
en main. Porte-moulinet et anneaux titane Pacific Bay. Livré en tube rigide
compartimenté. Fortait en cas de casse d’un brin : 60 euros.
Une vidéo de présentation est disponible sur notre site Internet www.
peches-sportives.com
Modèle présenté : 9’ # 4/5 en 4 brins.
Ce modèle est désormais disponible en 9’ # 5/6 en 4 brins.

431,10 €
Réf. : 229 231

Bon de commande en page 81
Ou à commander sur : www.peches-sportives.com
18

Cannes Pêches sportives
Philippe Boisson signature
“La canne dont j’ai toujours rêvé ! Ce blank est un modèle d’équilibre et de
progressivité sans le moindre “rebond” ou section délicate à contrôler durant
le lancer. Il permet de pouvoir entrer en action de pêche rapidement et de
réaliser le lancer et le poser souhaité très naturellement. Ces deux modèles de
cannes, identiques, mais de puissances différentes permettent de rapidement
obtenir de la vitesse et une excellente pénétration de la soie et du bas de ligne
dans l’air et le vent. Elles conviennent pour les pêches fines d’aujourd’hui avec
de longs bas de ligne. Le modèle pour soie n° 6 est éprouvé pour les gros
poissons ou les pêches à la mouche sèche en grande rivière lorsqu’il faut lancer
loin. Le modèle pour soie n° 5, très agréable, est particulièrement adapté à la
pêche de tous les jours où il apporte confort et légèreté. Ces deux modèles
sont devenus mes cannes exclusives pour la pêche à la nymphe et à la mouche
sèche (à utiliser avec une soie Lee Wulff Triangle Taper n° 5). Plutôt adepte des
cannes en deux brins depuis longtemps, je dois reconnaître que ses quatre
éléments se font totalement oublier.”
Ph B.
Blank “green forest”, mat, qui ne brille pas. Anneaux titane très haute qualité
qui ne vibrent pas et ne s’usent pas. Porte-moulinet à vis avec insert carbone.
Poignée qui offre une bonne prise en main pour plus de précision (différents
diamètres et formes possibles). Livré en tube compartimenté. Montage Daniel
Guyot (Zero Limite). Forfait en cas de casse d’un brin : 60 euros.
Philippe Boisson signature 9’ # 5 en 4 brins.
Philippe Boisson signature 9’ # 6 en 4 brins.

780 €
Réf. : 229 241

19

Echo du radier

L’apron du Rhône, histoire d’une lutte
contre l’extinction et l’indifférence
Petit percidé très discret, méconnu des pêcheurs parce qu’il ne se pêche pas, l’apron du Rhône risque de disparaître
totalement avant même qu’on ne s’intéresse vraiment à lui. Très sensible aux modifications de son milieu, l’apron est une
sentinelle. Il est protégé par la Convention de Berne, il figure sur la liste rouge (qui vire au noir) des espèces menacées et
pourtant, le sort du petit poisson unique en son genre, endémique au bassin du Rhône n’émeut pas les préfets, qui préfèrent
défendre les intérêts du tourisme d’eau vive et de l’agriculture. Défendre l’apron, c’est défendre une espèce plus sensible
que les autres et un tourisme durable et respectueux de l’environnement.. Si des efforts sont faits pour sa protection, c’est
toute la rivière qui en profitera.
Par Jean-Christian Michel
C’est l’histoire d’un poisson
qui ne demande rien à personne sinon d’exister. Il n’est
pas médiatique comme le
saumon, aimé par les pê20

cheurs comme la truite et
l’ombre et pourtant, dans les
milieux aquatiques, les vies
de ces animaux sont liées. Si
les espèces animales s’étei-

gnent dans notre monde occidental à la vitesse d’une
rampe de néon, ce n’est pas
la faute à pas-d’bol ou au
changement climatique mais

à l’action directe des hommes
sur les lits des cours
d’eau (endiguements, seuils,
barrages) et aux mauvaises
manières qu’ils leurs in-

fligent par leurs décisions
politiques à courte vue (stations d’épuration, micro polluants, intrants agricoles,
prélèvements agricoles, saccages touristiques.) Si les populations de truites et
d’ombre diminuent depuis
quarante ans dans notre
beau pays, d’autres espèces
n’ont pas cette chance : elles
disparaissent totalement. Il
faudrait être un pêcheur de
jeux vidéo pour ne pas comprendre que quand les
aprons disparaissent de nos
rivières, les truites et les
ombres n’ont certainement
pas le meilleur devant eux…

Apron, qui es-tu ?
Comme son nom l’indique,
l’apron du Rhône (Zingel asper) est un percidé d’une
vingtaine de centimètres endémique au bassin versant du
Rhône. Son aire de répartition
s’étend de la Franche-Comté
jusqu’au bassin méditerranéen. Au début du siècle, on
le rencontrait dans tout le
Rhône et une grande partie
de ses affluents.
Moins 90 % en un siècle
La diminution du linéaire de
cours d’eau dans lesquels
une population d’aprons se
maintient est vertigineuse. Si

ce poisson peuplait plus de
2200 kilomètres de rivières
au début du siècle, en 1980,
il n’était plus présent que
dans 380 km de ces mêmes
cours d’eau et en 2002, on le
recensait seulement sur un
linéaire de 250 km. En seulement un siècle, les populations d’apron du Rhône ont
régressées de près de 90 %
et cela de façon quasi proportionnelle aux aménagements
fait dans nos cours d’eau.
Que ce soit pour les barrer,
les endiguer, les exploiter ou
s’en servir de caniveaux.
De nos jours, on ne recense
plus que quatre populations

d’aprons dans le monde :
– celle du Doubs dans sa
boucle suisse.
– celle de la moyenne Loue
(secteur Rurey/Lombard).
– celle du bassin de l’Ardèche.
(Ardèche-Beaume)
– celle du bassin de la Durance (Buëch, Jabron, Asse,
Sasse) et du Verdon.
Ce qui veut donc dire que
dans nos deux pays (Suisse et
France), sur la planète terre et
pourquoi pas dans l’univers
entier, il n’existe plus que les
quelques cours d’eau énumérés ci-dessus où la vie des
aprons joue les prolongations, saisons après saisons,
21

Echo du radier

Figure 1 : Évolution des teneurs en phosphore total dans le lac de Neuchâtel (triangle noir) et du
Léman (courbe bleue) selon la classification trophique de l’OCDE (données CIPEL & BENEFRI).

avant que le dernier représentant vivant de l’espèce ne
finisse dans un bocal de formol.
Il ne fait pas bon nager sous
la voie lactée lorsqu’on est un
poisson sauvage méconnu
des hommes !
Inscrit dès 1990 par l’Union
Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN)
sur la liste rouge mondiale
des espèces menacées, la situation de ce poisson ne s’est
pas améliorée depuis car il
est désormais considéré
comme une des quatre espèces françaises en danger
critique d’extinction.
Hydroélectricité : éteindre
les espèces pour allumer
des ampoules
Les causes de cette extinction
sont multiples mais une fois
de plus, c’est l’hydroélectricité et la construction de bar22

rages dans le lit des cours
d’eau qui est responsable de
la disparition ou de la dégradation des lieux de vie des
aprons. Malgré un marketing
à la peinture verte (dont le
vernis se craquelle un peu
plus années après années),
l’hydroélectricité est à ce jour
le plus gros cancer de la biodiversité que les rivières de
France aient jamais connu. En
un siècle, cette enfant chérie

Le lit de l’Asse dans les Alpes-de-Haute-Provence cet automne
après une sécheresse qui dure depuis le mois de mai.
Normalement, son lit est dit en “tresse”. Cette année il est pour
le moins en détresse !

de la République a délabré
(morphologiquement parlant) les rivières de France et
leurs paysages (incision, vallées noyés) et réduit la vie
piscicole de façon drastique
en appauvrissant la diversité

La destruction pure et simple des lieux de
vie de l’apron par les lacs artificiels a été
accentuée par la rupture des continuités
écologiques produites par les créations de
seuils infranchissable lors des mouvements
migratoires annuels de ce poisson, ajoutant
au colmatage du fond et à l’élévation des
températures une barrière au sens propre.

naturelle de nos milieux
aquatiques.
L’hydroélectricité, une énergie
verte et durable… vue de la
tour d’un immeuble, peutêtre, mais certainement pas
vue depuis les rives d’un
cours d’eau !
Destruction pure et simple
Le cas du Verdon (180 km de
sa source à sa confluence
avec la Durance) dans le sud
de la France est emblématique. Si originellement,
l’apron du Rhône n’était pas
présent dans le haut Verdon
(environ 4O km), il l’était en
revanche sur tout le linéaire
aval jusqu’à la confluence
avec la Durance où se trouve

Echo du radier
Dans les gorges du Verdon,
l’apron essaie de s’adapter
comme il peut. Il n’existe ici
quasiment aucune différence
entre le lit majeur et le lit
mineur et contrairement aux
autres rivières du département, les gorges ne
manquent pas d’eau.
En revanche, elles ne
manquent pas non plus de
touristes. Le sport à la mode
dans les gorges ? La
randonnée aquatique. Plus de
mille personnes par jour qui
piétinent invertébrés, alevins
et habitats. Là encore,
l’administration locale est
incapable de réglementer.

d’eau vive la cause principale
de l’affaiblissement des
populations.
Prélèvements en eau dans
les rivières méditerranéennes
Les prélèvements en eau
sont également un facteur
de régression de l’espèce.
Dans les rivières méditerranéennes des Alpes-deHaute-Provence, les prélèvements en eau potable (afflux
touristique) et agricoles (on
en vient à arroser les cultures
sèches comme les sauges et
les lavandes !) ne cessent
d’augmenter et connaissent
bien évidemment un pic en
été.
Une part importante du linéaire de certaines rivières
abritant des aprons peut alors
disparaître. Rappelons que
lors de la sècheresse de l’été
2017, Monsieur le Préfet des
Alpes-de-Haute-Provence a
permis aux agriculteurs qui
prélèvent dans ces cours
d’eau de déroger (espèce en
danger critique d’extinction
ou pas, on s’en fout !) au Plan
d’Action Sécheresse mis en
place par ses propres services.
24

A l’aquarium de la Citadelle de Besançon, un élevage d’aprons
du Rhône est destiné à mieux connaître l’espèce et à disposer
d’individus en cas d’extinction. Mais si les cours d’eau dégradés,
dans lesquels les populations sauvages n’ont pu survivre, ne
connaissent pas d’améliorations notoires, toute tentative de rempoissonnement sera vouée à l’échec.

sa plus importante population relictuelle.
Or, aujourd’hui, dans le
moyen et le bas Verdon (soit
140 kilomètres) l’apron ne se
rencontre plus que sur une
grosse vingtaine de kilomètres. Partout ailleurs, les
lacs à pédalos et les lâchers
d’eau hydroélectriques les
ont méthodiquement éradiqués. Et si la dernière population du Verdon se cantonne
dans les “grandes gorges” situées en amont du lac de
Sainte-Croix, ce n’est sans
doute pas parce que ce milieu de vie est plus accueillant
(crue centennale à 1500 m3/s

dans un canyon dont les rétrécissements peuvent faire
moins de dix mètres de
large !) mais parce qu’entre
ces falaises, les lâchers d’eau
hydroélectriques font moins
varier qu’ailleurs la surface du
lit mouillé.
Rupture des continuités
écologiques
La destruction pure et simple
des lieux de vie de l’apron
par les lacs artificiels a été
accentuée par la rupture des
continuités écologiques produites par les créations de
seuils infranchissables lors
des mouvements migra-

Les agents de l’Onema (désormais Agence française pour la biodiversité, AFB) effectuent des sorties nocturnes pour recenser les
aprons. Les yeux de ce petit poisson brillent comme des ampoules dans le faisceau de la lampe frontale. L’apron est actif la
nuit, ce qui facilite les rencontres. Le poisson sur la photo est en
l’occurrence un barbeau… Un seul apron fut observé ce soir là.

toires annuels de ce poisson,
ajoutant au colmatage du
fond et à l’élévation des températures une barrière au
sens propre. Au final, quand
les lieux de vie de ce poisson

n’ont pas été détruits, ils ont
été fortement anthropisés et
rendus homogènes. La faible
diversité des habitats étant
comme pour presque toutes
les espèces de poissons
23

A la citadelle de Besançon, l’équipe de Mickaël Béjean
a remarqué que la température de l’eau en hiver influe
fortement sur la réussite de la reproduction. Idéalement,
il faut quatre mois d’une eau à 5°C dans les aquariums
pour espérer une bonne reproduction. En divisant cette
durée par deux (eaux moins froide pour le reste du temps),
le taux de réussite de la reproduction est d’autant plus réduit
que l’eau est “chaude”. Les hivers doux ne seraient donc
pas une aubaine pour le petit percidé.

L’apron du Rhône bénéficie
d’un programme Life(1) qui
permet de mieux connaître
ce poisson et de proposer
des mesures pour éviter que
l’espèce ne s’éteigne.
Etude du Régime
alimentaire
Une étude importante a été
menée lors du dernier Plan
National Apron afin de mieux
connaître le régime alimen-

taire de ce poisson. L’apron
est un chasseur benthique
qui se déplace la nuit pour
venir se poster et chasser sur
les radiers ses proies préférées. L’étude menée sur la
Durance et le Verdon a
consisté à capturer (de
nuit !) des aprons ayant digérés leurs proies, à effectuer
des prélèvements de fèces et
à les analyser. Il ressort de
cette étude que l’apron est

Des recherches effectuées par une méthode
d’analyse de l’ADN environnemental ont
permis de localiser une population d’apron
supplémentaire entre l’aval de Castellane et
l’amont des gorges du Verdon.

un gourmet se nourrissant
presque exclusivement de la
même proie, à savoir des
larves de baétidae. Cette
proie est celle qui convient le
mieux à ce poisson. Les plus
gros aprons se rencontrent
sur la Loue et la Durance où
leur coefficient de condition
est optimal. Seuls les aprons
du Verdon (Influencés sans
doutes par les lâchers d’eau
hydroélectriques et la disparition des sédiments de leur
cours d’eau piégés par les
barrages) sont contraints de
diversifier leur alimentation
et, après s’être nourris de
baétidae en début de saison,
de consommer des heptagénéidae Une étude (attendue, annoncée et toujours
pas commencée depuis de
nombreuses
années
!)
concernant l’impact des
éclusées hydroélectrique sur
les milieux aquatique du Verdon permettrait d’éclairer ce
phénomène.
Sur toutes les rivières étudiées, les baétidae effectuent
deux cycles annuels alors
qu’ils n’en font qu’un seul
dans le moyen Verdon. Les
lâchers d’eau pourraient être
la cause du blocage de ce second cycle. Au final, même si
la population d’apron des
gorges du Verdon est stable
en effectif, elle est également
celle qui possède le plus
mauvais coefficient de condition physique… et quand on
est classé sur la liste rouge
des espèces en danger critique d’extinction, c’est un
indice qui ne présage rien de
bon.

tant ce cours d’eau jadis
d’exception
concentre
presque toutes les agressions dont peut-être victime
une rivière… Mais il y a un
point positif : des recherches
effectuées par une méthode
d’analyse de l’ADN environnemental ont permis de localiser
une
population
d’apron
supplémentaire
entre l’aval de Castellane et
l’amont des gorges du Verdon. Cette méthode consiste
à prélever et à filtrer des
échantillons d’eau là où aucun apron n’est recensé et à
les faire analyser par un laboratoire capable de détecter les traces d’ADN. Cette
méthode a été appliquée en
2015 et 2016 aux affluents et
aux portions de cours d’eau
des quatre bassins versants
susceptibles d’abriter encore
des aprons mais seuls les
prélèvements du moyen Verdon se sont révélés positifs.
Par la suite, sur les secteurs
testés positivement, des
prospections nocturnes effectuées par l’AFB lors de
l’été 2017 ont permis de
confirmer la présence de
l’apron (en chair et en arrêtes !) sur une dizaine de
kilomètres supplémentaires
en aval de Castellane. Dans
le moyen Verdon, l’apron du
Rhône fait déjà l’objet d’un
arrêté de biotope afin de limiter les effets du piétinement du fond de la rivière
par la pratique industrielle
de la randonnée aquatique
dans le grand canyon. Cet
arrêté devrait vraisemblablement être étendu en amont.

Une nouvelle présence
signalée dans le moyen
Verdon
Parler du Verdon, des effets
de l’artificialisation de ses
milieux aquatiques et de sa
gestion (son saccage ?) touristico-économique demanderait un article à lui seul

(1) Le programme LIFE est
un instrument financier de la
Commission européenne entièrement dédié à soutenir
des projets dans les domaines de l’environnement
et du climat.
25

Technique

L’angle d’attaque,
un placement qui
peut rapporter gros
Pourquoi est-ce toujours les mêmes pêcheurs à la mouche qui prennent les
poissons – gros ou pas – les plus expérimentés, les plus farouches, les plus regardants ? Si tout le monde sait lancer, si tout le monde utilise de nos jours un
matériel fabuleux et des bonnes mouches, quelque chose fait la différence.
Cette chose est en réalité un placement, un angle qui permet de faire la dérive
idéale. Celle qui échappe à la vue du poisson, celle qui amène la mouche dans
les meilleures conditions devant lui, celle qui transforme un banal lancer en
un piège redoutable.
Par Jean-Christian Michel
26

S

’il suffisait de lancer une
nymphe magique dans
l’eau pour faire mordre
les truites, cela se saurait
depuis longtemps. Vous pouvez
vous engager dans une quête de
cette nymphe philosophale si
vous n’avez rien de mieux à faire
(prendre des truites, par
exemple !). Pour ma part,
libre-penseur de la pêche à la
nymphe à vue moderne, je préfère m’en tenir à l’idée un peu

cruelle que le choix du modèle
de nymphe n’a presque aucune
importance pourvu que l’on
possède trois ou quatre bons
modèles basiques comme
l’oreille de lièvre, la pheasant-tail, sa variante à tête
orange et l’incontournable
gammare. La réussite vient toujours du pêcheur, pas de son
matériel. C’est vaniteux, c’est
cruel… mais la vérité l’est également ! La plupart du temps, la

réussite vient de la qualité de
votre approche. Ne pas effrayer
le poisson, se faire voir le moins
possible, bien se placer et de la
façon dont vous allez présenter
votre nymphe au moyen d’une
dérive qui doit-être la plus naturelle possible. Lancer discret,
posé suffisamment détendu,
suffisamment précis et dans la
bonne veine suivit si nécessaire
d’une animation bien placée.
Or, si dans le succès, tout n’est

Dans les petits
et moyens
cours d’eau,
seule une
présentation
vers l’amont
permet
d’échapper à la
vigilence des
truites.

27

Technique mouche

La truite de
la fin de cet
article. Une
bête splendide
prise dans des
conditions
difficiles avec
une rivière
transparente et
quasiment pas
de courant !
L’échec
semblait mat,
mais une légère
brise est venue
défier le destin.

qu’une affaire de mouvement
de la nymphe et du bas de ligne
commandé par la main du pêcheur et les contraintes physiques du milieu, l’angle selon
lequel vous allez aborder le
poisson va avoir une importance capitale car il va commander la vitesse d’immersion de la
nymphe, son entrée dans le
champ visuel du poisson, les
possibilités d’animation ainsi
que l’apparition du dragage.
En action de pêche, cela se fait
presque instinctivement. Encore ce sacré “sens de l’eau” qui
n’est rien d’autre que de la pratique et de la réflexion milles
fois répétées ! Mais en cas de
refus, modifier quelques détails
simples, se déplacer vers l’amont
ou l’aval d’un mètre ou deux est
parfois la clé du succès. Peut28

être n’est-il pas inutile de décomposer tout cela de façon un
peu théorique.
Comment se passent les
choses ?

Dans la pratique, souvent, ce
sont les circonstances et non les
choix stratégiques qui vont
contraindre le pêcheur à vue
dans le choix de son angle d’attaque. Bien souvent, la luminosité, l’ombre, les reflets ou les
mouvements de la surface de
l’eau vont faire qu’il n’existe pas
trente-six options pour présenter
la nymphe au poisson que l’on
convoite avec cette technique,
car avant tout, pour pêcher à
vue… il faut voir. Cette remarque de bon sens n’est pas
toujours vraie car dans des cas
extrêmes, c’est précisément en

sollicitant les poissons aux limites de la visibilité, c’est-à-dire
selon un angle à partir duquel on
ne voit pas toujours très bien le
poisson, que les situations critiques peuvent parfois se transformer en capture. En échappant ainsi à la vue du poisson,
soit parce ce que celui-ci se met
vite en alerte à la vue du moindre
signe venant d’un pêcheur, soit
parce ce que un placement
moins favorable à la vue est préférable au niveau de la dérive,
des situations critiques peuvent
se transformer en avantage.
Cas d’une veine unique

L’idéal serait de pouvoir attaquer
les poissons plein aval, en posant
soie et le bas de ligne très en
amont mais dans la veine d’eau
où la truite se tient. Si vous réus-

bas de ligne posé en paquet
dans la veine principale va se
déplier plus vite que la soie qui
elle, repose dans une zone de
courant plus faible. Ce cas de
figure ne pose pas de grosse difficulté car le courant principal
va déplier le bas de ligne naturellement. N’oubliez jamais que
les difficultés apparaissent toujours lorsque la soie est happée
par le courant principal.

la rive opposée à vous. Plusieurs
éléments vont être à prendre en
compte : il convient d’abord de
se demander si les courants sur
lesquels la soie et le bas de ligne
vont reposer sont homogènes.
Souvent, la vitesse de la veine
centrale est supérieure aux vitesses des veines latérales. Si on
lance par-dessus la veine centrale, pour solliciter un poisson
qui se trouve au-delà, lors de la

Posté trois quart aval, je lançais quatre mètres
derrière la truite et deux mètres au-delà : la petite
brise entraina lentement soie et bas de ligne dans
un gentil arc de cercle ni trop lent ni trop rapide.
Quand je pensais que la nymphe était à quelques
décimètres de la truite, je résorbais le ventre du bas
de ligne et animait un petit coup… Une grosse
demi-heure plus tard elle était dans l’épuisette !

sissez à faire un beau poser parachute, soie et bas de ligne vont se
déplier au gré du courant, sans
draguer, et vous pourrez animer
votre nymphe devant son nez,
sans que le bas de ligne ne soit
passé à sa hauteur. Ce cas de figure demande que le poisson
soit posté près de la berge ou
bien que vous soyez posté en
amont de lui en wading.
Deux veines

Très souvent, on ne peut pas attaquer les poissons plein aval,
car la soie comme le bas de ligne
se retrouvent posés à cheval sur
deux vitesses de courant différentes. La vitesse de la veine de
courant principale est souvent
supérieure à la vitesse du courant qui vient longer la berge
sur laquelle vous vous tenez. Le

Plus l’angle entre le poisson et la
berge va être ouvert, plus il sera
nécessaire de poser de façon détendue afin de retarder le
dragage. Savoir passer d’un lancer coup droit à un lancer revers
vous permettra de réaliser un
poser courbe vers l’amont et de
gagner quelques décimètres de
dérive sans dragage. Plus le
poisson va être éloigné de la
berge, plus nous allons avoir
tendance à nous rapprocher de
lui (en restant sur la berge) et
donc à l’attaquer en lançant
presque perpendiculairement
au courant afin de gagner en
distance. Là, le risque sera grand
que le poisson perçoive le mouvement du bas de ligne au moment de l’animation et une fois
le bas de ligne tendu, le dragage
sera très rapide à apparaître.
Trois veines

Prenons maintenant le cas
d’une truite qui nymphe près de

dérive, la soie va être captée par
le courant et former un ventre
et le dragage va se produire plus
rapidement que lorsque le courant est homogène. On peut effectuer un poser courbe afin de
créer un léger ventre orienté
vers l’amont, on peut également, lorsque le courant est important et que les poissons ne
sont pas trop méfiants, effectuer
un mending afin d’obtenir le
même résultat et ainsi favoriser
l’immersion de la nymphe et retarder le dragage de quelques
secondes afin que le leurre ait le
temps de parvenir au poisson
dans des conditions de dérive
discrètes et naturelles. Mais la
solution idéale serait surtout de
traverser la rivière et d’attaquer
le poisson depuis l’autre rive
afin que les veines lentes se
trouvent toujours sous la canne
du pêcheur et que la soie ou le
bas de ligne ne dépasse pas la
veine principale (soit les deux
29

Technique mouche
A la mouche sèche
Avec la profondeur en moins, la pêcheur à la mouche
sèche n’a qu’à se soucier de la surface. Plus simple ? Pas
vraiment. Car toutes les mouches peuvent draguer et devenir des épouvantails. Une mouche sèche qui drague à le
don de bloquer les poissons ou de les faire fuir. Alors le
placement est très important. Tout dépend de la taille du
cours d’eau pêché. En grandes rivières, soit plus de
25/30 m, le pêcheur dispose de plusieurs options. C’est
ensuite le degré de tolérance des poissons à votre présence qui détermine le placement. En cas d’étiage, les
truites déguerpissent au moindre battement de canne,
alors que si l’eau est un peu “tendue”, elles peuvent gober beaucoup plus sereinement. L’idéal étant de pêcher
légèrement vers l’aval, de façon à ce que la mouche
passe avant le fil. C’est la dérive la plus simple à réaliser.
Un placement facile à mettre en place avec les ombres,
moins farouches que les truites. Si les truites ne tolèrent
pas que le pêcheur se place à leur niveau, ou légèrement
en amont d’elles, la seule solution est de se placer en
aval, de façon à disparaître de leur champ de vision. Ce
cas de figure est quasiment obligatoire en petits cours
d’eau. On pêche donc vers l’amont et cela oblige à couvrir un peu le poisson avec la pointe du bas de ligne. Tant
que la truite se tient proche de la surface, il n’est pas
obligatoire de lancer très en amont. Cela nous ferais
prendre des risques pour rien, car son champ de vision
en surface est dans ces cas-là très réduit. Inutile de lui
poser la section médiane du bas de ligne sur le nez. Il
existe un autre cas où la pêche vers l’amont est une obligation. Il s’agit de tous les cas, quelque soit la largueur de
la rivière où les truites ne postent très près de la rive
(celle où se situe le pêcheur). C’est un cas très fréquent
et pas uniquement dans les rivières du centre de la
France, en Lozère ou dans l’Aveyron. Les truites se placent
sur des bordures dans peu d’eau et à proximité de la rive.
C’est une pêche à la mouche sèche passionnante, qui se

premiers cas que nous avons
vu). Ainsi le dragage n’apparaîtra qu’en fin de dérive, une fois
que toute la longueur de soie et
de bas de ligne se seront dépliés
de façon homogène alors que si
la soie ou le bas de ligne chevauchaient une veine plus rapide,
votre dérive ne serait efficace
seulement le temps que la portion de bas de ligne et de soie
compris entre la veine princi30

pratique soit à la vue du poisson (Tarn, Dourbie, Jonte,
etc.), soit en pêchant le gobage. Si en revanche, la faible
largeur de la rivière permet d’atteindre la rive d’en face, un
lancer perpendiculaire au courant s’avère possible pour
tenter le coup, à condition que la veine centrale ne soit pas
trop rapide, car elle aspirera la soie et le reste suivra.
Une inspiration italienne
L’école italienne TLT est sur ce point intéressante, car elle
met en place des lancers et des posers qui retardent le
dragage de la mouche. En petits cours d’eau rapides, avec
des poissons très tolérants à l’impact des soies et des bas
de lignes, voire des mouches, la TLT apporte des solutions
très intéressantes, mais elle se limite à ce cas de figure. On
peut toutefois prendre une partie de l’enseignement de
cette technique et l’adapter à son matériel conventionnel
(la TLT se pratique avec des cannes très courtes et des
soies très légères). C’est une démarche très intéressante,
car ça permet de gagner quelques précieuses secondes
dans les endroits où la mouche drague le plus. Trois ou
quatre secondes en plus dans de pareils cas est une éternité. C’est souvent suffisant pour que le poisson prenne la
mouche. En revanche, ces lancers ne sont pas faciles à réaliser avec une canne de 9 pieds, une soie n° 5 et une long
bas de ligne. Mais c’est très utile dans les petits retours de
bordure et sur les radiers, lorsque le pêcheur est en aval et
pêche vers l’amont. Car dans ce cas, le courant est plus
rapide là où se tient le pêcheur que là où se trouve la
mouche. La soie file vers l’aval et le dragage de la mouche
intervient très rapidement. La TLT aborde se genre de coup
par un lancer très rapide, boucle de soie très fermé, en
cassant d’un coup l’énergie au moment du poser. On obtient un véritable poser courbe. Nous avons tourné un
DVD avec Marcel Formica sur la pêche avec la technique
TLT (DVD n°27. Pêches sportives n°92).
Ph. B.

pale et le poisson vont se déplier… d’où l’importance de
savoir effectuer des poser très
détendus pour ne pas dire franchement en paquet.
Comment faire si, pour des
raisons x ou y, il n’est pas
possible de traverser la
rivière ?

Il va donc falloir apprendre à
adapter sa stratégie et son angle

d’attaque afin de composer avec
ces trois vitesses de courant antagonistes. Cela veut dire qu’il
faut parvenir à décider la truite
à prendre la nymphe sur une
portion de dérive plus courte
que lors d’une dérive plein aval
dans un courant homogène. On
va donc utiliser une nymphe
plus plombée, qui atteindra le
bon niveau en seulement deux
ou trois mètres de dérive (alors

En rivière large,
le pêcheur peut
choisir son angle
d’attaque, mais
attention à la
lecture de la
surface en cas de
pêche perpendiculaire au sens
du courant. En
chevauchant
plusieurs veines
de courant, la
soie et le bas de
ligne peuvent
draguer
facilement.

que dans l’autre cas, la dérive est
souvent deux ou trois fois plus
longue) et tenter de poser le bas
de ligne perpendiculairement à
la rive en prenant soin qu’au
moment où la nymphe va pénétrer dans le champs visuel de la
truite le bas de ligne se soit suffisamment déplié (hors du
champs visuel) pour permettre
une animation et un ferrage efficaces. C’est un peu une pêche
à la roulette russe mais parfois
c’est la seule solution.
Plus la dérive doit être courte

entre le point d’impact de la
nymphe et l’endroit où la truite
va l’intercepter, plus l’angle
d’attaque peut s’approcher de la
perpendiculaire. A contrario,
plus la dérive aval est longue,
plus l’angle d’attaque doit être
ouvert. Attaquer un poisson
plein aval, lorsqu’on parvient à
se placer sans se faire voir, est
souvent la meilleure solution
avec des poissons difficiles car
on peut animer la nymphe
avant que le bas de ligne entre
dans son champ visuel.

Dans les rivières de plaine, la
pêche moderne en nymphe à
vue ne se pratique rarement “up
stream”, vers l’amont comme
aimaient le faire nos aînés.
Pourtant, ceux qui pratiquent à
la mouche sèche savent que
cette façon de procéder est toujours efficace pourvu que l’on
maîtrise son affaire. En sèche,
on peut ainsi attaquer une truite
plein amont en prenant soin de
poser légèrement sur le côté afin
de ne pas la couvrir et que le
brin d’avant pointe ne vienne
pas lui claquer à côté des
oreilles. La dérive est courte
(environ deux mètres et parfois
beaucoup moins) mais si vous
avez la chance de tomber sur un
poisson qui gobe régulièrement
il ne faut pas s’en priver. Parfois,
lorsque les circonstances sont
avec nous, ce sont les choses les
plus simples qui marchent. En
revanche, il est difficile de transposer cette façon de procéder à
la pêche à la nymphe car si les
truites sont habituées à voir
31

Technique mouche

Rares sont les
pêcheurs qui
observent
systématiquement la
surface, même
si elle semble
lisse, et qui
tiennent
compte de cette
observation
pour tenter un
gobage ou un
poisson repéré.

tomber les mouches du ciel,
elles ne voient en revanche jamais de nymphes leur tomber
devant le nez de la même façon ! Si la truite est franchement attablée sur une émergence de baétis et qu’elle
nymphe à droite et à gauche
comme si c’était les soldes,
peut-être sera-t-elle moins méfiante et qu’elle tolèrera une fois
un petit plouf à une distance
correcte de son nez. Mais si elle
ne prend pas au premier passage
(souvent elles voient le bas de
ligne), soyez certain qu’au second posé, soit elle aura la
bouche cousue, soit il n’y aura
plus personne !
Si vous devez attaquer plein
amont une truite méfiante qui
32

se tient juste sous la surface, sachez que la pointe du bas de
ligne, collée à la surface, et qui
lui arrive juste à côté avant la
nymphe est presque toujours
sanctionné par un refus. On
peut alors tenter le tout pour le
tout : claquer une nymphe un
peu lestée au moyen d’un posé
en cloche juste en retrait de son
champs visuel. Parfois la truite
qui n’a rien vu venir se retourne
à l’impact et se saisit de la
nymphe par réflexe, comme le
ferait un chevesne avec une sauterelle.
Cette pêche plein amont n’est
pas la norme mais dans certains
cas (très fréquent en petits cours
d’eau) elle doit être utilisée sans
état d’âme. Si vous voyez un

beau poisson dans un courant
soutenu, posé au fond sous
deux mètres, et que vous ne parvenez pas à la faire bouger en
respectant toutes les règles de
l’art que vous avez apprises dans
votre bréviaire préféré, oubliez
toutes les règles de finesse et de
discrétion : nouez une enclume
et balancez-lui cela plein amont
dans sa veine d’eau… sur un
malentendu, ça peut marcher !
Les cas de figure sont parfois déroutants et la situation est parfois débloquée par des circonstances que le pêcheur doit
savoir exploiter. J’ai en souvenir
une très belle truite sur laquelle
je m’étais cassé les dents pendant des semaines. Le poisson
se tenait dans un secteur totale-

A la nymphe au fil
En pêchant à très courte distance, les
pêcheurs à la nymphe au fil, en
aveugle, ne semblent pas préoccupés
par le placement. Si la marge de
manœuvre est faible, elle n’est pas
pour autant sans intérêt, loin s’en faut.
Car avec cette technique, ce sont les
micro-veines de courant qui importent. Pour bien descendre dans la
couche d’eau en peu de temps, la
nymphe doit être posée dans la
même veine que la pointe du bas de
ligne. Et parfois, la veine en question
ne mesure que vingt ou trente centimètres de largeur. Le pêcheur doit
alors se placer de façon à pouvoir
orienter son action de pêche de sorte
de ne pas chevaucher les veines de
courant. Car dans ce cas, les problèmes arrivent au grand galop. La
nymphe peine à descendre, le
dragage apparaît et si touche il y a, ce
qui est peu probable, il s’agit souvent
de poissons juvéniles. Si la pêche à la
nymphe au fil peut paraître “mécanique”, mise en place par des pêcheurs robots qui font sans cesse le
même geste, cette technique de-

ment dépourvu de courant,
pendue entre deux eaux une
soixantaine de centimètres sous
la surface. J’avais beau lui lancer
une oreille de lièvre n° 20 non
plombé, soit je posais à deux
mètres de son nez et le poisson
disparaissait sitôt la nymphe

mande une réelle analyse de la surface avant de pêcher. Et c’est ici que
se situe la différence entre les meilleurs pêcheurs au fil et les pêcheurs
“moyens”. Car à cette technique qui
ressemble beaucoup à de la pêche au
toc (une technique très exigeante), il
est très difficile de reproduire ne serait-ce que deux fois le même passage
au sein d’une même veine de courant
complexe. Pour observer cela (à défaut de le comprendre), un bon exercice consiste à étudier le trajet d’une
nymphe très colorée en eau claire. Le
jeu consiste à trouver une zone de
courant tourmentée, avec plusieurs
veines qui se croisent, entrent en collision, se séparent, et d’essayer de
bien passer au ras du fond et si possible plusieurs fois au même endroit.
On se rend très rapidement compte,
que sauf à mettre au bout de son bas
de ligne une “enclume”, il est quasiment impossible de prévoir la trajectoire de la nymphe. Car les remous et
les veines de courants ne sont jamais
les mêmes. L’observation de la surface offrent de bonnes indications,

posée, soit je posais quatre ou
cinq mètres devant elle et la
truite restait en poste, mais la
nymphe descendait se coincer
dans les galets deux mètres devant son nez ! J’avais beau animer avant que la nymphe
touche le fond, la truite ne se

mais en dessous, il existe des remous
ascendants ou descendants toujours
changeants. La nymphe au fil, et plus
encore la pêche au toc, sont des techniques très formatrices, car elles
prennent vraiment en compte les
masses d’eau. C’est la fabuleuse école
de la rivière. Un enseignement pour
toute une vie de pêcheur, y compris
dans la recherche d’autres poissons
que les truites et les ombres avec
d’autres techniques (notamment la
pêche des carnassiers en linéaire où
l’on doit sentir des tas de choses). Le
pêcheur à la nymphe au fil ne doit pas
se contenter de tricher en attachant
au bout de son bas de ligne des nymphes très lourdes qui traversent les
remous à la façon d’un obus tombé
du ciel. Certes il faut du poids, mais il
faut aussi que la technique et à travers
elle, le fameux placement permette
de pêcher avec naturel. A cette pêche,
à quelques degrés près, l’angle de
lancer, la façon de poser et de suivre
la dérive de l’amont vers l’aval font
vraiment toute la différence.
Ph. B.

déplaçait pas pour voir. Et avec
un modèle plus gros, elle prenait la fuite à l’impact ! La solution est venue une après-midi ou un petit air aval amont
courrait par moments sur la
surface en y étalant des friselis
comme dans les tableaux impressionnistes. Posté trois quart
aval, je lançais quatre mètres
derrière la truite et deux mètres
au-delà : la petite brise entraina
lentement soie et bas de ligne
dans un gentil arc de cercle ni
trop lent ni trop rapide. Quand
je pensais que la nymphe était à
quelques décimètres de la
truite, je résorbais le ventre du
bas de ligne et animait un petit
coup… une grosse demi-heure
plus tard elle était dans l’épuisette !
33

Nouvelle

La rivière
sans retour
Par Sean Penn Matchum

34

E

nfant, mes parents
croyaient que j’étais
débile. Devant la télé,
sur le vieux Betamax,
je passais en boucle les mêmes
plans des après-midi entières.
Ca se passait dans le nord-ouest
américain. Des plans de trente
secondes : une prairie avec une
cabane de rondins sous le ciel
immense, un radeau qui descendait des rapides, des Indiens
à cheval dans le soleil couchant
traversant un radier.
Et en arrière-plan, il y avait toujours une rivière. Douce ou violente. Les hurlements, les coups
de feu, les noyades, les nuages
de sang, les bagarres odieuses et
les geysers de dynamite, ce
n’était pas grave. Je n’avais
d’yeux que pour la rivière. Je me
foutais bien des disputes de
cow-boys. Quand Papa et
Maman
me
regardaient,
inquiets de tant de violence
cinématographique, je tournais
la tête vers eux et je souriais.
J’adorais La rivière sans retour
d’Otto Preminger avec Maryline Monroe et Robert Mitchum.
Effrayés de voir tourner ce film
en boucle, un jour, ils m’ont
mené consulter. Après quatorze
séances et autant de paquets de
feutres, la psychanalyste qui me
faisait gribouiller a dit à Maman
qu’il n’y avait pas de doute, que
le truc en bleu que je dessinais
tout le temps, c’était les eaux
utérines, que les sapins verts sur
la montagne avaient sans doute
quelque chose à voir avec les
phallus d’une paternité multiple et que le machin marron qui
flottait, ce n’était pas un radeau
de chercheur d’or, mais bien les
symptômes indubitables d’une
régression sadico-anale.
Et le soir même, Papa avait dit à
Maman qui pleurait :
– « Laisse, Raymonde, la prochaine fois, c’est moi que je vais
35

Technique

Plaines du
Montana.
Double page
précédente :
Le grand canyon
de la
Yellowstone
river

lui expliquer ce que ça veut
dire…»
Et Papa y était allé et Papa lui
avait expliqué en parlant très
fort au début, mais après,
comme la dame avait sans doute
compris, à travers la cloison qui
vibrait elle répéta très vite plu36

sieurs fois : « Oui… Oui…
Oui… » et quelques semaines
après, Papa avait quitté Maman
pour aller vivre avec la dame et
comme il nous avait laissé le
Betamax, moi, j’avais continué
à regarder la rivière et les paysages derrière les bonhommes

(cow-boys, chercheurs d’or ou
indiens) qui s’étripaient à
l’écran.
J’aimais surtout les westerns qui
se passaient dans les montagnes,
les histoires avec des mines d’or,
des cabanes, des feux de camp.
Je n’aimais ni les trains, ni les
prisons, ni les potences. Et
encore moins les petits banquiers avec de petites moustaches et les cow-boys crasseux
avec les poules de salon.
– « Cet enfant est curieux… »,
avait dit le mari de la dame qui
était venu pour discuter avec
Maman après que Papa soit
parti avec sa dame et qui, par la
suite, était devenu… mon tonton. « Cet enfant est curieux…
on dirait que les paysages l’inté-

ressent plus que les souffrances
des hommes…» Et lui, comme
il ne voulait sans doute pas que
je souffre, le soir, il restait très
tard à la maison et il était très
gentil avec Maman.
A côté de la turne où nous
vivions, il n’y avait ni Montagnes rocheuses, ni River of no
return, mais seulement un ruisseau avec des blageons. Il était
juste derrière l’usine de coulis
de tomate où maman travaillait.
Alors, le mercredi après-midi,
elle me menait avec elle et me
surveillait à travers la vitre et
jusqu’au soir, avec ma télescopique de quatre mètres, assis au
pied du mur, je lançais mon
flotteur toulousain au ruisseau
et je pêchais dans l’ombre

géante de mes montagnes de
cinéma.
Un jour, c’était sûr, j’irais
quelque part dans le grand
Ouest américain pêcher les steel-

fuites rouge-acier au pas de
course et je les échouerais sur les
galets des rivières promises. Le
soir, dans la cabane, à côté de
moi, une beauté prénommée

Le soir, dans la cabane, à côté de moi, une
beauté prénommée Kay passerait sa main
dans mes cheveux puis, devant le feu, avec
sa guitare, chanterait gentiment ses
chansons de cow-boys.
heads à la mouche comme dans
le bouquin aux photos en noir et
blanc de mon cousin. Les truites
sauteraient comme des fusées
par-dessus les courants. De
rocher en rocher, je suivrais leurs

Kay passerait sa main dans mes
cheveux, puis, devant le feu, avec
sa guitare, chanterait gentiment
ses chansons de cow-boy.
Mais une fois par mois, je devais
dormir dans la maison où la
37

Nouvelle

Truite
cutthroat
(littéralement
gorge coupée,
en raison du
liseré rouge
sous l’opercule).
Les belles
couleurs ne
manquent
pas dans la
vallée de
la Yellowstone.

dame qui n’aimait pas mes dessins et Papa habitaient.
Elle me demandait en aparté :
– « Tu aimes arracher les ailes
aux mouches ?
– Béh non…
– A moi tu peux tout dire, dismoi la vérité !
– Béh non, puisque je veux
devenir pêcheur à la mouche…
– Ah, c’est ça, tu préfères quand
c’est plus gros ? Tu veux faire du
mal aux poissons ?
– Béh non, j’aime bien les regarder, les toucher… je veux lancer

38

ma ligne dans les rivières où y a
des radeaux.
– Ça te plaît quand Papa les
éviscère ou quand Maman les
jette dans l’huile brulante ?
– Oui… j’aime bien avec du
citron et quand ça croustille.
– Je m’en doutais… »
Ces après-midis maudites sentaient l’angoisse et le géranium.
Elles duraient des siècles.
Quand j’étais chez elle, elle me
faisait lire des séries vertes sans
images et empiler des Légo. Le
chaos de mes assemblages ne

parvenait décidément pas à ressembler aux sommets des
Rocheuses, mais je m’en foutais.
Entre les plots blancs, rouges,
verts, jaunes, je voyais mes
sapins et le torrent. Cachés sous
un Légo gris qui s’avançait à la
façon d’un rocher creux, je
planquais à contre-courant un
plein banc de poissons en plastique, flancs contre flancs. Et le
nez collé à la construction, je
faisais « Frrrrr… » pendant des
heures pour faire le bruit des
courants.

La nouvelle femme de Papa me
surnommait Bêtamax. Je crois
qu’elle ne m’aimait pas trop.
Aussi, quand on l’a menée au
cimetière, je n’ai pas été triste
mais j’ai été triste parce que Papa
est allé très longtemps en prison.
Je crois que c’est vers cette
époque que j’ai eu envie de
construire un radeau et de devenir le shérif de la rivière qui tue
avec son colt les méchants.
Mais je n’ai pas construit de
radeau, je ne suis pas devenu
shérif et je n’ai jamais tué personne. J’ai juste continué à
pêcher.
En fait, j’ai mis des années à
comprendre que les gens avaient
quand même un peu raison de
dire que j’étais un enfant
bizarre. Mais ce n’était pas parce
que je n’aimais pas mes camarades ou parce que j’aurais pris
plaisir à faire du mal aux petites
bêtes, non, la raison était autre.
Si ce que tout le monde regardait à l’écran seulement comme
un décor était pour moi le plus
important, je reconnais que ce
n’est pas tout à fait normal…
mais pour qu’il en fût ainsi,
peut-être m’avait-on bien aidé.

Depuis, j’ai grandi. J’ai vu en
vrai les Rocheuses, le Montana,
l’Oregon. J’ai appris à monter
des mouches, à écrire et à ne pas
rougir lorsque je pêche avec
Steve Radjeef-Radix. Et puis,
même si elle ne s’appelle pas
Kay, j’ai rencontré ma Maryline
et j’ai compris un peu sur le tard
que les rivières, c’est bien, mais
que la civilisation aussi, ça a du
bon. Car avec elle, même si les
rivières sont sans retour, on
peut quand même guérir de
tout et tracer son chemin.
Ma Marylin est prof de philo.
Elle m’a dit que je suis un
contemplatif. Elle m’a un peu
expliqué la quatrième Rêverie
du promeneur solitaire de Rousseau… C’est grâce à elle que j’ai
compris le premier plan du film
et le bleu, le vert et le marron de
mes dessins d’enfants.
En fait, ce n’était pas que
Maman était une salope, Papa,
un blaireau et mon radeau une
crotte. Non ! C’était seulement
une rivière et des montagnes
entre lesquelles partait (sans
retour) un bateau libre. Et si je
les regardais, c’était juste parce
que c’était beau.

Pour fêter cette découverte, je
suis allé déposer une offrande
sur la tombe de feu ma psychanalyste.
Depuis, j’ai perdu mes fantômes et j’ai gagné la rivière en
retour. J’ai connu aussi d’autres
navigations. Mais, au soir, parfois, lorsque je me sens un peu
seul et que les brumes de l’enfance me reviennent (pas forcément près d’un feu de camp),
penchée près de moi, il y a toujours l’image d’une femme dont
la silhouette de déesse se
découpe sur les reflets d’une
rivière du grand Ouest américain, dans le soleil couchant.
Eternellement belle, éternellement jeune, éternellement
douce. Assise sur le tronc d’un
cèdre, dans la lumière de la fin
du jour, elle chante avec sa guitare pour bercer un enfant :
La rivière est sans retour, sans
retour…
Elle part comme les beaux
jours, les beaux jours…
Elle part comme les amours, les
amours…
39

La petite
La petite classe est une section de Pêches sportives consacrée à
l’initiation et au perfectionnement. Cette séquence, cela fait des années que nos lecteurs la demandent :
“Vous êtes trop techniques, trop pointus, pensez aux débutants,
aux pêcheurs qui veulent découvrir de nouvelles techniques, à
ceux qui veulent progresser…”
Nous avons fini par comprendre qu’ils avaient raison. Enfin, il est
plus juste de dire que nous étions conscients du problème, mais
que l’on ne savait pas trop comment l’aborder.
La vulgarisation est souvent proche de la caricature. En matière de
pêche, c’est encore plus vrai : que de clichés ressassés année après
année par de soi-disant spécialistes sous couvert de pédagogie.
La presse halieutique a vécu pendant des décennies sur l’idée
qu’une mauvaise illustration pouvait suffire à donner le sens de
l’eau (pas celui du cours d’eau).
Le contraire de ce que nous voulons faire aujourd’hui dans La petite
classe avec cette neuvième séquence consacrée à la pêche avec
des crankbaits.
Elle s’adresse tout à la fois aux débutants et à ceux qui veulent se
perfectionner dans cette technique ludique, simple mais très particulière, qui demande un minimum de “formation”. Autant de points
abordés dans cette petite classe pour, très vite on l’espère, passer
aux travaux pratiques au bord de l’eau.

40

classe

9. La pêche avec
des crankbaits

41

La petite classe

9. La pêche avec
des crankbaits
En complément du DVD de ce numéro avec Lionel Fumagalli, consacré à la pêche aux
crankbaits, cette Petite Classe décortique cette famille de poissons nageurs si particulière,
qui ne peut être efficace que si l’on comprend le principe de conception de ces leurres à la
fois flottants et plongeurs. Faciles à utiliser, passant très bien les obstacles, pouvant prendre
toutes espèces de carnassiers y compris les sandres, le crankbait cumule beaucoup de
qualités. Voici ce qu’il faut savoir à propos d’un leurre né en 1916 au pays du black-bass et
qui reste l’un des cinq leurres les plus utilisés au monde.
Si le crankbait n’avait pas existé, bien des grands
champions de pêche aux leurres n’auraient pu remporter autant de grands tournois. Cette remarque
venant du pêcheur pro américain Bernie Schultz
mérite à elle seule que l’on s’intéresse au cas particulier du crankbait, un leurre dur très différent des
jerkbaits ou des autres poissons nageurs. En anglais, crank veut tout simplement dire “manivelle”.
Et bait signifie “appât”. Un crankbait désigne donc
un appât, ou plutôt un leurre, qui se récupère au
moulinet de façon linéaire. Bien entendu, tous les
leurres se récupèrent à la manivelle d’un moulinet,
mais si le nom de cette famille de leurres prend en
compte le lien entre le leurre et le moulinet, c’est
parce que la récupération se fait de façon continue,
sans animation de la canne, de la plus simple des
façons. Nous verrons cependant plus loin que la
récupération continue de ce leurre flottant qui
plonge grâce à sa longue bavette n’est toutefois pas
la seule possible.

42

1. Une longue histoire
qui commence en 1906
Pour les européens que nous sommes, l’histoire du
poisson nageur commence lorsque le finlandais
Lauri Rapala sculpte dans un morceau de bois le
corps de son premier leurre, muni d’une bavette lui
donnant vie sous la traction du fil. Nous sommes
en 1936 et la trouvaille de Rapala va révolutionner
la pêche au lancer en Europe. Mais peu d’européens, connaissant l’histoire de Lauri Rapala,
savent qu’aux Etats-Unis, trois pêcheurs ont eu une
démarche similaire plus de vingt ans plus tôt. Henry S. Dills, Goerges Schulthess et Carl Heinzerling
ont unis leurs compétences et leurs finances pour
fonder la Creek Chub Bait Company (CCBCO),
officiellement en 1906 à Garrett dans l’Indiana. Le
premier crankbait à bavette métallique et corps
flottant en bois fut commercialisé en 1920 par
Creek Chub, alors que plusieurs prototypes et ver-

“Catches more fish” (Prenez plus de poissons !), le slogan
actuel de la marque Berkley… Le marketing avant l’heure
pour Creek Chub, inventeur du premier crankbait dès 1916
et d’un slogan qui fait toujours rêver les pêcheurs…
sions différentes et brevetées ont été élaborées dès
1916 par les trois associés. Un leurre protégé par
plusieurs brevets car un crankbait n’est pas un poisson nageur comme les autres. Il ne se contente pas
de nager à quelques décimètres sous la surface. Il
est fait pour explorer, pour passer les obstacles.
C’est le 4 x 4 de nos fonds d’étangs et de rivières.

1.2. Le principe
de fonctionnement
Nous ne savons pas si le premier crankbait est né
d’un essai hasardeux, mais il est vrai que ce leurre
cultive les antagonismes. On lui demande de plonger profondément alors que sa forme n’est pas du
tout hydrodynamique. Pire, son corps, en bois, sur
les premiers modèles, en plastique creux actuellement, doit flotter haut et bien. Et c’est précisément
ce corps flottant qui permet au crankbait d’être ce
qu’il est. Il serait en revanche faux de croire que seuls
les modèles munis d’une très longue bavette ont
droit à l’appellation. Il existe des crankbaits pour
toutes les profondeurs, proche de la surface et jusqu’à

environ six mètres. C’est la longueur, l’angle et la
forme de la bavette qui déterminent la profondeur
d’évolution. Un crankbait qui permet de descendre
à un mètre sous la surface ne descendra jamais plus
beaucoup plus bas. Et chaque modèle est équilibré
avec précision à l’aide de masses métalliques chargées de contrôler sa stabilité en l’air, dans l’eau, ainsi
que sa nage.
Avec leurs deux hameçons triples, les crankbaits ne
sont en théorie pas fait pour aller taper dans les cailloux ou pour passer au milieu des branches alors
qu’ils sont faits pour ça. Car c’est la bavette qui vient
toujours se poser sur l’obstacle et qui cherche à le
contourner. Si l’obstacle est trop gros et que le leurre
bute, le pêcheur donne un peu de mou de manière à
laisser le leurre reculer et remonter tout seul grâce à
son corps flottant. Les obstacles sont ainsi passés un
par un, ce qui peut paraître laborieux mais il s’agit en
réalité d’une technique à part entière et spécifique
aux crankbaits, efficace pour la pêche du sandre et de
tous les carnassiers sans exception. Car en remontant, le leurre nage en marche arrière de façon très
intrigante aux yeux du carnassiers.

43

La petite classe
R Clunn, déjà à la une des magazines en 1977
Rick
aalors qu’il dispute encore le Bassmaster Classic à 71
aans ! Il est le seul avec Kévin Vandam à l’avoir gagné
qquatre fois. Ces deux pêcheurs sont de grands experts
dde la pêche aux crankbaits.

1.2.1.Bruits et vibrations
Les crankbaits sont des leurres qui émettent de très
fortes vibrations. Ils doivent faire réagir les poissons
(“reaction baits” pour les américains). C’est un leurre
très adapté à la pêche en power fishing (voir la Petite
Classe du numéro précédent). Inutile de lancer dix
fois au même endroit, sauf si les touches s’enchaînent, car le raffut fait par le leurre dans l’eau
joue sur la surprise du premier passage. Et c’est bien
pour cette raison qu’il s’agit d’un leurre idéal en bateau pour prospecter beaucoup de terrain. 90 % des
crankbaits actuels sont bruiteurs et même très bruiteurs avec des billes libres dans de petites logements
à l’intérieur du corps. Ce leurre pas du tout discret
doit déranger les poissons. Lucky Craft a longtemps
été une des rares marques à proposer une gamme
complète, cohérente, d’excellents modèles de
crankbaits (la série des CB). La plupart sont nés de
l’imagination du génie japonais Seiji Kato (que l’on
retrouve aujourd’hui chez Jackall et en France via
Illex, avec les gammes des fameux Cherry et Chubby). Aux Etats-Unis, le légendaire Rick Clunn est
également à l’origine d’une excellente gamme de
crankbaits depuis les années 1970.

1.2.2. A quelle saison ?
L’histoire du crankbait ne concernait au départ que
la pêche du black-bass. Mais ce leurre fait merveille
auprès des brochets, des perches et même des

44

sandres. C’est surtout au printemps et à l’automne
que le crankbait se démarque des autres familles de
leurres. Mais avec les saisons pour le moins détraquées de ces dix dernières années, et notamment les
hivers doux, le champ d’action du crankbait s’élargit considérablement. Tant qu’il reste des poissons,
blancs et carnassiers sur les bordures, jusqu’à une
profondeur maximale de 5 à 6 mètres, le crankbait
peut tirer son épingle du jeu. Les hivers doux ne
conviennent pas aux pêcheurs à la verticale qui espèrent au contraire des poissons rassemblés par le
froid en zones plus profondes. Nous avons pu voir
qu’au cœur de ces hivers cléments, les poissons
blancs ne parviennent pas à se rassembler et par
voie de conséquences, les carnassiers non plus. Le
power fishing reste donc de mise avec des leurres
qui battent du terrain comme les crankbaits.
En été, une pêche rapide en rivière avec de petits
leurres permet de prendre facilement perches et
brochets. Pour cela, le Diving Chubby de Illex est
une référence incontournable. Ce petit crankbait
de 3,8 cm tout compris se lance loin, se récupère
facilement et déclenche beaucoup d’attaques. Pour
une pêche ludique à la portée de tous, enfants compris, c’est le leurre idéal. Il vibre très rapidement,
émet beaucoup moins de bruit que d’autres modèles de cette catégorie et reste attractif même entre
deux eaux, car sa profondeur de nage n’excède pas
1,5 m.

1.2.3. En eau teintée, mais pas que
Ce leurre qui se fait remarquer par de fortes vibrations et beaucoup de bruit se fait repérer très facilement par les carnassiers y compris en eau trouble et
même boueuse. Mais comme toujours, ce qui est
un avantage est aussi un inconvénient. Alors, on
pourrait penser que le crankbait en fait beaucoup
trop en eau claire, avec le risque qu’il devienne un
épouvantail, ce qui arrive parfois. Et pourtant, son
efficacité en eau claire est surprenante. Pour preuve
le DVD de ce numéro, réalisé dans des conditions
pour le moins spéciales sur le Doubs, début octobre, après plusieurs mois sans crue et une visibilité d’environ quatre mètres ! Pas un pêcheur à l’horizon depuis des semaines, ce qui n’est jamais bon
signe, surtout à cette saison normalement bénie

1.

2.

3.

4.

Les leurres 1 à 3 sont des shallow runner
(marqués SR sous le leurre), qui plongent peu.
1. Micro-crankbaits Illex. 2. Modèle Lucky-EStrike Rick Clunn, “silent”, sans billes. 3. Illex
RS 100. Le RS 100 a une forme plus allongée. Il
“chasse” beaucoup de l’arrière lors de la nage.
Les leurres 4 et 5 sont des medium runner (MR),
catégorie où les leurres évoluent entre 1,50 et
2,50 m. 4. River2Sea V-Crank. Modèle articulé
qui plaît bien aux sandres. 5. Zip Bait B
Switcher, leurre silencieux parmi les meilleurs.
Les n° 6, 7 et 8 sont des deep runner (DR) qui
plongent jusqu’à plus de cinq mètres selon les
modèles.
6. Lucky Craft Fat CB DR. Un grand classique
incontournable. 7. Un modèle Rick Clunn
“square bill”, c’est-à-dire à bavette carrée et
incomplète de façon à réduire les vibrations. 8.
Patrick Sébile semble être le seul à s’être intéressé
à la pêche dans les pires enchevêtrements de
branchages avec ce D & S Crank muni d’un
hameçon rétractable qui passe partout.

5.

7.

6.

8.

45

La petite classe
Lionel Fumagalli nous dit l’essentiel
sur la pêche aux crankbaits dans le
DVD qui accompagne ce numéro
(bon de commande p.11 pour les
non-abonnés).

Le nylon (ou
hybride nylon/
fluorocarbone)
de 28 à
35/100
permet de
réduire les
vibrations et
évite les ratés
au ferrage,
fréquents avec
de la tresse.

pour les pêcheurs de carnassiers. Aucune chasse ou
indice pour renseigner le pêcheur, des ablettes
éparpillées sur tout le parcours comme en été et un
calme plat qui sentait bon la bredouille. Lors de
cette journée, seuls les leurres de type crankbaits
ramenés bon train ont déclenché des touches.
Toutes les touches ont eu lieu au premier passage
sur un nouveau poste, là où l’effet de surprise joue
pleinement. A prendre ou à laisser…

2 Le matériel
Pêcher avec des crankbaits demande un matériel
très particulier, spécifique à cette famille de leurres.
Si on pourra toujours utiliser une canne conven-

46

tionnelle d’une puissance compatible avec le poids
du leurre lancé, il faut savoir qu’il est très facile de
rater des touches si le matériel ne permet pas de les
amortir.

2.1 La canne
Adieu le carbone, vive la fibre de verre ! Oui, les
cannes spécifiques pour la pêche au crankbait sont
en fibres de verre, ou construites avec une mixité de
fibres de carbone et de fibres de verre comme nos
bonnes vieilles cannes des années 1970/80. Elle
doivent accompagner la touche pour éviter que le
poisson ne se décroche dans la seconde qui suit l’attaque. Ces cannes en fibres sont surtout des modèles castings pour la pêche avec un moulinet à
tambour tournant. Elles mesurent entre 2,00 et
2,30 m, se qui est plutôt long pour des cannes castings. Cette longueur compense le manque de rigidité pendant le lancer. La “mollesse” de ces cannes
réduit les fortes vibrations émises jusque dans le
bras du pêcheur par les gros modèles de crankbaits,
grands plongeurs. Elles servent à lancer des
crankbaits de toutes sortes et de toutes tailles à l’exception des plus petits modèles, trop légers. Pour
ces derniers, une canne spinning en carbone (moulinet à tambour fixe) d’une longueur de 1,80 à 2,00
m, de puissance 5-10 g d’action progressive
convient très bien. Même si elle est en carbone, une
action douce convient bien pour ces petits leurres
de type Illex Chubby ou Cherry.

Les crankbaits de belle taille
sélectionnent les belles perches.

2.2.1. Tresse ou nylon ?
Toujours dans le but d’amortir les attaques, un nylon est largement préférable à une tresse. L’élasticité
du nylon est parfaite. Sur un moulinet à tambour
tournant, un diamètre de 28 à 35/100 est indispensable, apte à tracter des leurres qui opposent une
très forte résistance dans l’eau. Pour autant, tous les
nylons de conviennent pas. Certains vrillent et
vieillissent très mal, d’autres ont trop d’élasticité.
On choisira donc des valeurs sûres comme le Parallelium Fluorohybrid Pro. C’est un fil nylon revêtu de fluorocarbone. Il a de plus l’avantage de ne
pas être plus cher qu’un nylon. Dans le même
genre de produit on trouve le YGK Nitlon DFC. Il
est présenté comme étant un fluorocarbone, mais à
18 euros les 100 m (en 27,5/100), ça paraît très
peu cher. C’est en tout cas un bon produit pour
pêcher au crankbait. Les nylons pour la pêche de la
carpe sont également compatibles avec les moulinets à tambour tournant. Ils doivent supporter de
lourdes plombées, encaisser des lancers appuyés et
s’immerger facilement. Les fils qui s’immergent ra-

pidement permettent de gagner un peu de profondeur sur les premiers mètres de récupération de son
crankbait.
La tresse peut trouver une utilité lorsque l’on a besoin de savoir précisément sur quoi bute la bavette
du leurre et surtout quand celle-ci rencontre un
obstacle. C’est le cas lorsqu’on pêche au milieu des
bois morts. Mieux vaut savoir avec beaucoup de
précision quand il est nécessaire de relâcher pour
que le leurre remonte et passe l’obstacle. Avec du
nylon et une canne en fibre, il faut bien reconnaître
qu’un certain flou brouille un peu les pistes ! De
plus, il est impossible de brider un gros poisson
pour le sortir des branches.

2.2.2 Les moulinets
A tambour fixe pour les petits modèles de
crankbaits, ils doivent permettre une récupération
rapide et donc disposer d’un ratio (tours de bobines au tour de manivelle) plutôt élevé. Une taille
2500 est parfaite.
Canne casting Sainte
Croix Legend Classic,
un exemple de canne
en fibres de verre
spécialement étudiée
pour le crankbait.

47

La petite classe

La bavette d’un grand plongeur (deep runner)
qui a bien fait son boulot en tapant dans les
cailloux.

3 L’action de pêche
On distingue deux actions de pêche très différentes. La première concerne les cas où la profondeur des lieux pêchés excède celle où évolue le
leurre. En rivière, il est fréquent de pêcher au dessus d’herbiers pour y déloger des poissons qui réagissent au raffut créé par le leurre. Dans ce cas, le
leurre évolue en pleine eau et se ramène “tout
droit”, généralement assez vite. C’est une pêche qui
fait appel aux petits et moyens modèles, qui sont
les seuls à pouvoir être ramenés rapidement. Le pêcheur doit choisir un modèle adapté à la situation
pour éviter de passer soit trop haut, soit trop bas, ce
qui est pire parce que les herbiers sont incompatibles avec les leurres à bavette. La position de la
canne lors de la récupération permet de tricher un
peu. Haute, elle retarde un peu l’immersion, basse
elle la favorise. Le diamètre du nylon choisi influe
également. Plus celui-ci est gros, moins le leurre
peut descendre.
Un modèle très atypique (dont nous ne retrouvons
plus le nom) qui date du début des années 2000.
Le coloris “craw” imite l’écrevisse. Excellent coloris
et pas seulement pour la perche.
Pour les plus gros modèles, un tambour tournant
(baitcasting) est indispensable car ces leurres ont
besoin d’être littéralement tractés et rien ne vaut ce
type de moulinet pour ramener tranquillement un
leurre qui s’oppose à l’eau. En revanche, un faible
ratio (6 ou 6,3 /1) est recommandé car il correspond à la vitesse naturelle de nage d’un gros
crankbait. Plus le ratio est faible, moins il faut forcer pour ramener un leurre qui “tire”.

48

3.1 Faut-il faire des pauses lors
de la récupération ?
Dans le cas d’une pêche en pleine eau, sans obstacle, on peut récupérer le leurre sans faire de pauses
ou au contraire, choisir d’en faire pour créer un
effet de surprise. Tout dépend de l’espèce ciblée.
Avec le brochet, les pauses sont souvent à l’origine
des touches. Comme le leurre flotte et qu’il veut
remonter, cela ajoute un côté intrigant pour le carnassier qui lance son attaque au moment où le
leurre repart. On peut ainsi faire des pauses assez
longues de cinq à dix secondes. Les brochets petits
et moyens se prennent très bien aux crankbaits.

Le crankbait prend tout ce qui passe, mais ne sélectionne pas les brochets qui sont le plus souvent petits ou
moyens. En revanche, les grosses perches répondent très bien, notamment à l’automne. Mais parfois, ce
leurre qui se fait remarquer fait fuir les poissons. Seuls certains individus d’un secteur sont réactifs au
bruit et aux vibrations. Les autres ont peur où restent indifférents. Le leurre est attaqué parce qu’il dérange
et constitue une menace ou une agression. Phénomène qui s’observe également avec de très gros leurres
souples, parfois attaqués par des poissons de la même taille !

49

La petite classe

Les modèles articulés apportent une nage plus chaloupée et produit des vibrations très différentes, qui
certains jours ont la préférence des poissons. A partir d’une technique on ne peut plus simple de lancer/
ramené, on s’aperçoit très rapidement que c’est toujours un petit détail qui déclenche les touches, comme
une vitesse bien précise de récupération, ou le fait que le leurre tape un obstacle. La sonorité (ou pas) peut
à elle seule être la clé ou l’épouventail.
Pour les gros spécimens, ce n’est pas un leurre spécifique, qui ne sélectionne aucunement les plus
gros. Avec la perche en revanche, les poses semblent
inhiber l’instinct d’attaque. Elles s’arrêtent au moment où le leurre s’arrête, observent et se méfient.
Une récupération linéaire, souvent rapide avec de
petits crankbaits donne en revanche de bons résultats. Avec les sandres, il s’agit le plus souvent de
suivre la pente de la rive, soit de façon régulière, ce
qui suffit parfois à enregistrer des touches, notamment en lac, mais parfois seules les poses déclenchent les attaques. Les petits sandres jusqu’à
une cinquantaine de centimètres réagissent bien
aux crankbaits, ainsi que les gros, pris parfois par
hasard en pêchant le brochet avec des gros modèles
grands plongeurs. La pêche de cette espèce avec des
crankbaits est souvent une question d’opportunité,
lorsque le poste s’y prête et que les leurres souples
donnent peu de résultats. Rien n’empêche de tenter sa chance avec un crankbait bien choisi.
Les chevesnes quant à eux, se font souvent prendre
avec de petits crankbaits.

3.1.2 La pêche sur le fond
La seconde façon d’utiliser les crankbaits est plus
singulière, car seuls ces leurres permettent de pêcher ainsi. Cette fois, le pêcheur choisit volontaire-

50

ment de mettre au bout de sa ligne un leurre dont
la profondeur maximale sera supérieure à celle du
poste. Le leurre va donc toucher le fond, rebondir
sur celui-ci, buter sur des obstacles (technique souvent utilisée sur des fonds caillouteux) de façon
très désordonnée. La bavette rencontre toujours
les obstacles en premier. S’il s’agit de cailloux de
faible taille, le leurre bascule vers l’avant et arrive
à passer. Dans le cas de grosses branches ou de
petits rochers, il faut l’aider en arrêtant la récupération et en détendant un peu la ligne. Notre
leurre flottant remontera en marche arrière et en
se dandinant de façon attractive. Les accrochages
sur le fond sont rares, car c’est toujours la bavette
qui fait écran. Cette technique de pêche particulière séduit tous les carnassiers et plus particulièrement les grosses perches et les sandres. Là où
vivent les écrevisses, cette technique est redoutable. Le coloris écrevisse (“craw”) est alors tout
indiqué. Il faut bien ressentir ce que fait le leurre,
arriver à s’imaginer son trajet sous l’eau. C’est une
pêche passionnante et très efficace si elle est bien
maitrisée. Les modèles grands plongeurs sont
alors mis à contribution. Cette catégorie de
crankbaits un peu spéciale commence avec ceux
dont la profondeur maximale est de quatre mètres
et jusqu’à environ six mètres. Ces leurres sont munis d’une très longue et large bavette. Ce sont

ceux qui tirent le plus sur la canne, donc ceux qui
font appel à un ensemble de baitcasting, une
canne en fibre de verre et du nylon de 28 ou
30/100, afin de réduire les vibrations. Après le
lancer, la canne est amenée en position basse,
voire avec une partie du scion dans l’eau. Le but
étant de faire plonger le leurre le plus rapidement
possible, mais surtout sur la plus courte distance

possible de manière à ce que sa prospection du
fond soit la plus longue. Pour cela, les premiers
mètres sont récupérés très rapidement pour forcer
le leurre à descendre avec une inclinaison maximale. La canne restera en position basse durant
toute la récupération. Un fil qui s’immerge rapidement est un avantage. Les perfectionnistes
peuvent dégraisser le fil à l’aide d’un peu de li-

51

La petite classe
A l’ouverture (précoce dans
bien des départements), les
sandres réagissent bien aux
lipless animés à la façon
d’un poisson mort manié.

4 Les lipless crankbaits
Les crankbaits à bavette ne sont pas les seuls à permettre une récupération linéaire, d’autres modèles
appelés lipless crankbaits (lipless : littéralement
“sans lèvres”) se ramènent de la même manière. Et ce
sont eux aussi des “reaction baits”, très vibrants, souvent pourvus de billes qui émettent du bruit. A la
différence des modèles à bavette, les lipless ne sont
pas flottants et ne permettent donc pas de jouer avec
le fond (un jeu qui finit par coûter cher !). Ils sont
toutefois très efficaces en pleine eau ou proche du
fond.
Là encore, il existe deux façons très différentes de
les utiliser.

4.1 Récupération linéaire
La façon la plus simple de récupérer un lipless est
de le faire évoluer en ligne droite à la manivelle du
moulinet, sans animations. Avec les brochets, notamment en étangs au dessus des herbiers, c’est
une excellente technique où le côté réactif du
leurre joue pleinement. Une excellente astuce
consiste à ramener le leurre le plus rapidement
possible, après l’avoir lancé le plus loin possible.
Certains jours, seule cette méthode plait aux poissons, notamment lorsque rien ne marche. A essayer au printemps lorsque le vent fait rider la
surface des étangs ou les jours de tempête. En raison de la vitesse élevée, le leurre évolue à quelques

52

Deux très bons lipless. En haut et ci-dessus : le
Berkley Frenzy, qui n’est malheureusement plus
commercialisé (à chiner sur Internet…). Ci-dessous le Sébile Flatt Shad.
décimètres sous la surface mais cela suffit à faire
monter des poissons depuis les herbiers situés en
dessous.

4.2 Action planée le long
des tombants
Les lipless permettent aussi une action beaucoup
plus lente, entrecoupée de nombreuses animations.
C’est surtout avec les sandres que cette animation

Le lipless Sébile Flatt Shad dans
sa version “snagless” armée d’un seul
hameçon double. Il s’accroche peu
dans les obstacles et se fait coffrer
régulièrement…

est recommandée, notamment le long des tombants. La phase de relâché, où le leurre plane en
partant sur les côtés déclenche les touches. Il faut
trouver le modèle qui convient au poste pêché, car
ce sont des leurres coulants mais plus ou moins
lourds et plus ou moins haut. La hauteur du leurre
influe sur son côté planant. Là encore, Lucky Craft
propose une gamme étendue avec des modèles qui
ont fait leurs preuves depuis longtemps (série des
LV). Avec son Flatt Shad, Sébile propose un excellent modèle, peu bruiteur et bien planant pour
cette pêche qui ressemble beaucoup à du poisson
mort manié, mais avec un leurre dense. Après une
tirée à 45° pas forcément très vive, la descente est
accompagnée mais avec une bannière presque détendue pour ne pas brider le leurre tout en étant

capable de déceler visuellement une touche dans le
ventre de la ligne. Une tresse jaune un peu épaisse
pour favoriser une descente planée du leurre
(17/100) offre un vrai confort visuel.
Si l’action de pêche paraît simple, elle n’en demeure
pas moins subtile, car les vibrations et le bruit des
lipless peuvent faire peur aux poissons ou au
contraire déclencher un réflexe d’attaque. Cette
pêche des tombants s’adresse avant tout à des poissons en chasse, qui en théorie prennent le leurre à la
descente sans trop regarder. Mais si les touches ne
viennent pas et que l’on sait que les sandres sont là
(soit parce que votre coéquipier arrive à les prendre
ou parce que l’échosondeur confirme leur présence), il y a tout intérêt à essayer un modèle non
bruiteur et à moins le faire vibrer à la montée.

53

F O C U S
Vraiment utile
C’est l’ambition de cette section de Pêches sportives. Dans ce cahier Focus prend place toute
l’expérience, la critique, la pratique des journalistes et des experts, à qui nous avons demandé de prolonger par la pédagogie, l’explication et surtout le mode d’emploi, l’offre des
concepteurs de matériels.

Hardy / Ultralite MTX
Après son excellent Ultralite CADD, Hardy ne s’endort
pas sur ses lauriers. La vénérable maison anglaise d’ordinaire plutôt conservatrice, signe avec ce Ultralite MTX
son premier moulinet “hybride” carbone/aluminium.
L’engin est donc très léger, avec 122 g pour le modèle
3000 de 89 mm de diamètre. Existe également en version 5000 (99 mm 142 g) et 7000 (109 mm 167 g)
Prix conseillé : environ 399 euros (disponible chez www.
easyfly.com).
Notre avis : contrairement à beaucoup d’autres fabricants de matériel de pêche, Hardy est LE spécialiste des
moulinets mouche (depuis 1872 !).
La qualité est donc au rendez-vous. On peut en revanche regretter que le Ultralite MTX, comme tous les
autres modèles récents de la marque n’ait toujours pas
de cage fermée. On ne le dira jamais assez, car ce petit
détail rend de grands services. Impossible de coincer la
soie (qui s’abîme) dans le guide fil.

Gunki / V2iB
Sous le nom de Gunki se cache la partie
pêche aux leurres de la gamme Pezon &
Michel. Cette année, l’offre en leurres
souples Gunki est très large. L’avantage
avec cette marque française est de se
voir proposer des modèles adaptés à
nos eaux. Le V2iB est de ceux-ci. Ce
leurre qui émet de faibles vibrations est
conseillé pour la pêche du sandre,
lorsque ce poisson, à l’humeur changeante, refuse les leurres qui vibrent
beaucoup plus.

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Prix conseillé : disponible en quatre
tailles (7,5, 10,5, 12,5 et 14,5 cm). Prix
conseillé : 6,95 euros par 3 ou par 4 selon la taille.
Notre avis : très souple, long et fin, ce
leurre souple est toujours attractif,
même lorsqu’il semble arrêté (surtout
les deux plus longs modèles). Les couleurs sont on ne peut mieux choisies
pour la pêche du sandre. Tout y est (il
manque le blanc pailleté sur la photo).
On voit que l’équipe Pezon & Michel n’a
pas sorti ce leurre par hasard. Très bon
choix en remplacement du Spro HS
shad 810, excellent leurre qui évoluait
dans ce même registre de vibrations.

Loon / Ergo Bobbin Threader/ Ergo Whip Finisher/ lampe Infinity UV
Spécialiste des accessoires pour la pêche à la
mouche, Loon propose deux petits outils de fly
tying intéressants. Tout d’abord le Ergo Bobbin
Threader, qui permet de faire passer très facilement un fil de montage dans le tube d’un
porte-bobine. Car parfois, il ne suffit pas d’aspirer de l’autre côté du tube (fil poissé).

rotatif, pour plus de fluidité. De plus, il dispose
d’une aiguille insérée dans le manche, toujours
pratique pour déboucher un œillet. Enfin, la
lampe UV Infinity n’utilise pas de piles, mais se
branche sur la prise USB de son ordinateur pour
la faire recharger.
Prix conseillé : il n’est pour l’heure pas certain
que ces produits soient distribués en France.
Notre avis : trois petits outils qui ne changerons
pas votre vie de monteur de mouches mais qui
la simplifirons.

L’autre outil est un classique whip finisher, mais

Simms / Waders G4Z et Exstream Bootfoot
Un peu partout dans le monde,
la contamination des milieux
par les diatomées (entre autres
Didymosphenia
geminata)
gagne du terrain : Nouvelle-Zelande, Islande, Montana, Wyoming, etc. Et les pêcheurs sont
un des vecteurs de la propagation de ces algues envahissantes qui peuvent se reproduire à partir d’une seule
goutte d’eau ou d’un morceau
de tissu humide. Les semelles
en feutre sont dans le collimateur depuis longtemps car elles

peuvent rester humides pendant des jours, le temps d’un
transfert à plusieurs milliers de
kilomètres. Simms propose
cette année deux modèles
(G4Z et Exstream) en version
dénommée Bootfoot par la
marque américaine, c’est-à-dire
à bottes intégrées (comme sur
les Décathlon de base mais en
plus confortable…).
Notre avis : sur le site Internet
du fabricant américain de produit étanches et respirants

Simms, il n’est mentionné nul
part que les versions à bottes
ont été imaginées pour limiter
les propagations de diatomées.
D’ailleurs, ils proposent également les mêmes waders avec
des bottes à semelles en
feutre…
Enfin , nous on vous le dit, vive
les semelles Vibram des waders quels qu’ils soient.
Même si certains ne manqueront pas de dire que ce n’est pas
de la faute des pêcheurs. C’est
les oiseaux. Ah, les oiseaux…

55

FOCUS/montage

Quelques modèles
méconnus de la collection
Henri Bresson
L’auteur de la “peute” et de la “french tricolore” proposait aux pêcheurs une collection complète de mouches, qui comprenait également des nymphes lestées ou non. Reconnaissable à
leur style épuré, sans fioritures, les mouches d’Henri Bresson étaient faites pour la pêche, car
sur ce plan, le “sorcier de vesoul” était un maître.
Montages Florent Bailly
Moins connue que la “french
tricolore”, la “sauvage” est une
excellente mouche d’ensemble. Ce fut
l’une des dernières mouches créations
de Bresson, à la fin des années 1980.
Beaucoup plus aéré qu’un palmer
normal, ce modèle se rapproche
davantage d’une oreille de lièvre peu
fournie en ce qui concerne l’action de
pêche. Contrairement à la “french”,
qui, en grandes tailles n’est plus trop
dans le coup de nos jours ,
la “sauvage” reste un piège à truite
redoutable !

De cette figure de la pêche décédé en 2010 après
une longue carrière de pêcheur professionnel à la
mouche, les pêcheurs ne retiennent que quelques
modèles qui ont fait la réputation de cette collection mise en place après 1962, année qui signait
l’interdiction de la vente des animaux sauvages en
France et donc des truites et des ombres. Cette
reconversion logique, d’autres pêcheurs professionnels à la mouche de l’époque qui pêchaient
pour vivre, l’ont faite, comme Aimé Devaux, Guy
Plas ou Jean-Louis Poirot. Ainsi, la “french tricolore”, la “peute” ou la “sauvage” font partie du
patrimoine national de la pêche à la mouche. Mais
la collection Bresson proposait une quarantaine de
modèles, avec tous les incontournables comme la
mouche de mai, la fourmi, des sedges et même
des nymphes. Etonnant pour quelqu’un qui, à la fin
de sa vie de pêcheur, alors que la pêche sous la
surface gagnait du terrain, dénigra avec virulence

56

cette “pêche à l’asticot plombé” selon sa propre
définition de la technique. Grand observateur,
Henri Bresson a pratiqué par nécessité une pêche
nourricière, efficace, à une époque où il n’était effectivement pas nécessaire de pêcher sous l’eau
pour faire sa pêche. Dans sa collection, nous avons
choisis quelques modèles originaux, finalement
peu adaptés à sa région de Franche-Comté. Le
Sorcier de Vesoul vendait ses fameuses mouches
dans toute la France et dans les pays voisins.
“De bonnes mouches, des prix sans concurrence”,
tel était le slogan qui figurait sur le bon de commande des mouches Henri Bresson ! Certains modèles de la collection étaient montés sur des hameçons aux tailles impaires, qui étaient des
Partridge ou des Mustad. Pour cette rubrique,
nous avons choisi des hameçons modernes, qui
permettent de pêcher plus fin et blessent moins
les poissons.

Les nymphes Bresson étaient proposées en deux versions, lestées par cinq tours de fil de plomb 0.40 mm sous le thorax ou
non lestées. Un seul et même modèle de nymphe d’éphémère décliné en plusieurs teintes et avec une variante pour la
constitution du thorax qui est en fil de coton ou en herl duveteux (à droite, des modèles originaux).

Henri Bresson proposait une véritable collection pour toutes les saisons et toutes les eaux, mais toujours avec une
simplicité qui faisait de ces mouches, des modèles efficaces. Comme l’indiquait d’ailleurs le bon de commande : “mouches
de rennomée mondiale”, tout est dit !

Certaines mouches
de la collection avaient
clairement une
vocation
à être vendues dans
d’autres régions car
leur conception diffère
beaucoup des
classiques franc-comtoises et favorites
d’Henri Bresson, très
figuratives comme la
“peute” ou la “saule”.

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FOCUS/montage
Mouche à ailes
corps vert
Proposé en corps vert, jaune, rouge,
orange et gris, ce modèle passe-partout était monté uniquement sur des
hameçons n°18. Ils imitaient donc de
petits éphémères.
1. Le fil de montage 8/0 jaune olive démarre au niveau de la tête d’un hameçon Daiichi 1310 n° 18.
2. Faites un aller-retour de fil de montage sur la hampe. Au niveau du thorax, poser deux pointes de hackles
chinchilla roux (Bresson utilisait des
cous de coq indiens, bas de gamme)
vers l’avant et face brillantes vers l’extérieur. Les plumes utilisées pour
cette rubrique proviennent du stock
d’Henri Bresson.
3. Avec le fil de montage, passer sous
les ailes plusieurs fois et entre les
ailes, pour les écarter d’une vingtaine
de degrés. Placer les cerques provenant d’une longue plume du même
cou que les ailes. Leur longueur doit
être égale à celle de l’hameçon.
4. Par la pointe et face concave vers le
haut, fixer un herl de dinde teinté en
vert tendre.
5. Enrouler le herl pour former le corps.
6. Par le pieds, après avoir éliminé le
duvet à la base, fixer un hackle de coq
de même provenance que celui qui a
servi pour les ailes et les cerques. Le
placer face brillante contre vous.
Attention à la longuer des fibres, car
les ailes devront dépasser un tout petit peu.
7. Enrouler le hackle de chaque côté
des ailes. Couper l’excédent.
8. Former une tête par 6 ou 7 tours de fil
de montage et faire le nœud final.

1.

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FOCUS/montage
La “saule”
La formule de montage est similaire à
celle de la “peute“. La “saule” imite
une mouche du saule, soit un sialidé,
jadis très commun au bord des cours
d’eau. L’insecte adulte ressemble à un
trichoptère marron foncé. Bresson proposait sa “saule” en taille 12 et 15.
1. Choisir un hameçon à hampe et fer
standard n° 14. Commencer l’enroulement d’un fil de montage 8/0 marron. sur la hampe.
2. A l’arrière de celle-ci, placer par la
pointe et face concave vers le haut,
une herl d’oie gris.
3. Enrouler le herl pour former le corps.
Bloquer et couper le herl.
4. Par la pointe et face externe de la
plume vers vous, fixer une plume de
plastron de perdrix grise. Choisir une
plume foncée.
5. L’enrouler sur seulement deux tours.
Bien fixer la nervure par trois ou
quatre tours serrés de fil de montage.
6. Couper l’excédent de nervure et
faire le nœud final.

1.

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FOCUS/montage
Mouche imago
Si en grande taille, la “peute”
est une excellente imitation de
mouche de mai, Il fallait bien
que Henri Bresson propose aussi
des mouches qui ressemblent…
à des mouches ! Comme cette
mouche de mai, réaliste et
flottant haut sur l’eau.

1.
1. Choisir un hameçon Tiemco
112 n° 10 ou 12 (modèle Bresson en 10 et 8 !) et commencer
l’enroulement d’un fil de montage 8/0 marron sur la hampe.
2. Fixer des cerques en fibres de
queue de coq faisan. Ce choix
est étonnant, car ces fibres se
collent entre elles.
3. Le corps de cette mouche de
mai est en raphia. Un matériau
naturel qui imite parfaitement le
corps du grand éphémère. Découper une fine bande de 3 mm
et la fixer à l’arrière du corps.
4. Le corps n’est pas très long sur
cette mouche qui est étrangement montée par un hameçon à
hampe courte.
5. Cette mouche ne comporte par
d’ailes. la collerette commence
par un hackle gris moyen, fixé
en position arrière, car il devra
laisser de la place pour la plume
de perdrix.
6. Enrouler le hackle sur quatre ou
cinq tours.
7. Par la pointe et face externe
de la plume vers vous, fixer
une plume de plastron de perdrix grise. Choisir une plume
foncée.
8. Enrouler la plume de perdrix sur
deux tours. Bloquer, couper et
faire le nœud final. Avec une aiguille, déposer une petite
goutte de vernis noir sur la tête.

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FOCUS/montage
Nymphe corps
brun plombée
Une nymphe d’éphémère que Bresson
déclinait en plusieurs teintes.
1. Sur un hameçon Daiichi 1310 n° 18 à
14, enrouler cinq trous de fil de
plomb 4/10ème de mm au niveau du
thorax.
2. Les cerques, très courts, sont composés d’une petite pincée de fibres
de hackle de coq gris cendré. Henri
Bresson utilisait des cous bas de
gamme mais les teintes et les brillances étaient très bien choisies. Le
fil de montage est brun en taille 6/0.
3. Un herl de dinde teinté en brun est
fixé par la pointe, face concave vers le
haut.
4. Enrouler le herl pour former un
corps très court.
5. Le thorax est en pointes de herls
d’oie de même teinte que le corps.
Les pointes sont plus foncées. Les
fixer par le milieu.
6. Un fil de coton à repriser brun est
fixé doublé.
7. Le fil de coton est enroulé de façon
régulière pour former le thorax. Le
bloquer et couper l’excédent.
8. Rabattre le sac alaire. Bien le tendre
avec de la bloquer. terminer la
mouche.

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FOCUS/montage
Phrygane grise
Montée à l’origine sur des hameçons
12, 15 et 18, cette phrygane grise
n’imite aucun sedge en particulier mais
tous ceux de cette teinte.
1. Le fil de montage 8/0 jaune olive démarre au niveau de la tête d’un hameçon Tiemco 100 n° 14.
2. Le hackle gris bleuté est monté en
premier. Le fixer à 2 mm de l’oeillet
face brillante vers le devant.
3. Un herl de dinde teinté en jaune est
fixé par la pointe , face concave vers le
haut.
4. Enrouler le herl pour former le coprs.
5. Placer l’aile qui est constituée d’une
pointe de plume de flanc de sarcelle
d’hiver mâle. Couper l’excédent.
6. Enrouler le hackle sur trois ou quatre
tours et terminer la mouche.

1.

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FOCUS/montage
La sauvage
Excellente mouche qui n’est pas assez
connue, car toujours restée dans
l’ombre de la “french tricolore”. Si
cette dernière est toujours recommandable en petite taille, la “sauvage”
convient mieux de nos jours face à des
poissons très sollicités. Elle n’est composée que de deux matériaux qu’il
vaut mieux choisir avec soin…
1. Le fil de montage démarre au niveau
de la tête d’un hameçon Daiichi 1316
n° 16 ou 18. Attention à la couleur, car
elle reste visible. Cette très belle teinte
vient d’une bobine Gordon Griffin 8/0
“orange”. On est en réalité plus près
d’un ocre que d’un orange.
2. Les hackles français gris rouille du Limousin ou de Corrèze conviennent
particulièrement bien pour le montage de la “sauvage”. Une plume naturelle, non teintée, qui reste transparente. Fixer le hackle en tête face
brillante devant. Revenir vers l’arrière
avec le fil de montage.
3. Bresson laissait toujours 2 mm de fil à
l’arrière de ses palmers.
4. Le montage se fait donc à l’envers. Il
faut commencer par trois tours jointifs
avant d’espacer un peu plus les tours
suivants. Bloquer le montage par trois
tours de fil.
5. Couper l’excédent de hackle.
6. Pour rendre la mouche beaucoup
plus solide et lui donner un aspect
sauvage, Bresson revenait vers l’œillet en cerclant le corps de la mouche
avec le fil.
7. Le nœud final se fait donc bien au niveau de la tête. Ajouter une micro-goutte de vernis.

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FOCUS/montage

Comment bien monter les mouches
de légende.14. Le zonker
Cette rubrique se destine au montage des mouches célèbres, aux indémodables modèles
qui, aujourd’hui comme hier, font partie des incontournables que tout un chacun doit savoir
monter convenablement. Ces mouches de légende font souvent appel à un tour de main
très particulier, sans quoi il est impossible d’obtenir un résultat conforme à l’original.

Avec sa forme très particulière, le zonker joue les
équilibristes. L’hameçon jour le rôle de quille. Non
lesté, ce streamer est fait pour les eaux calmes (soie
plongeante obligatoire). Dans les forts courants, il a
tendance à se retourner.

Le zonker fait partie des streamers
dont l’invention, datant des années 1970 revient à l’américain
Dan Byford. Grand classique
outre atlantique, ce montage
n’est pas très utilisé en France
pour la pêche de la truite alors
qu’il s’agit d’une technique de
montage appréciée des pêcheurs
de brochets et de black-bass à la
mouche. Le zonker permet de tout
pêcher ou presque, y compris des

carpes, des truites bien-sûr et tous
les carnassiers sans exception. On
peut donc décliner ce principe de
montage très particulier à un panel de tailles d’hameçons très
large allant du 8 au 10/0. Au niveau des couleurs, rien n’est imposé. Le corps comprend un volume interne qui peut être en
laine, en mousse synthétique, ou
en colle à l’aide d’un pistolet à
colle. Le but étant d’obtenir la
forme du corps d’un petit poisson,
comprimée latéralement.
A l’origine, le Zonker n’est pas lesté. C’est un streamer qui nage très
bien au bout d’une soie plongeante. Prévoir un bas de ligne
court car le poil de lapin s’immerge très lentement. Ce
streamer se plaît dans les eaux
calmes où son aile devient mouvante, ondulante, prenant vie à la
moindre sollicitation.

1. Prendre un hameçon Partridge D3 ST n°6.
2. Commencer l’enroulement d’un fil de montage noir 6/0 sur la hampe.
3. Dans une plaque de foam 3 mm, prédécouper une forme qui imite la partie basse d’un corps de petit poisson.
La fixer avec le fil de montage.
4. Coller la forme (cyanoacrylate).
5. La partie externe du corps est en mylar doré Turrall. L’enfiler par la tête et le fixer à l’arrière. Il s’éffiloche un peu
mais c’est inévitable.
6. Une bandelette de peau de lapin (Hends Zonker Strip) est placée sur le dos de la mouche, ligaturée à l’arrière
du corps.
7. Faire un nœud, couper et recommancer le montage à l’avant de la mouche pour fixer le corps.
8. Rabattre la peau de lapin et la maintenir bien tendue pendant son immobilisation avec le fil de montage.
9. Former une tête généreuse, faire le nœud final et couper.
10. Placer deux yeux autocollants.
11. La tête est passée à la résine UV Deer Creek, pour lui donner un peu de volume et de poids.

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Où pêcher

Pays-Bas

Brochets et autres
carnassiers de Zwolle
Réputée depuis belle lurette pour ses carnassiers, la Hollande continue de faire rêver
les pêcheurs. Facilement accessible par divers moyens de transports, ce petit pays propose des conditions de pêche très variées sur une surface d’eau immense. Petit tour du
côté de Zwolle, loin des spots à la mode de l’est du pays.
Par Philippe Boisson

D

e la Hollande, les
pêcheurs français connaissent
les polders, ces canaux
rectilignes, réputés pour
leurs belles populations
de brochets. Les polders
sont des terres gagnées sur
l’eau. Territoire restreint
de la taille de la Bour-

72

gogne,
la
Hollande
compte
aujourd’hui
16 millions d’habitants.
Et c’est sur l’eau, omniprésente, que le pays
gagne du terrain. Et cela
donne des centaines de
canaux, généralement petits, tous reliés les uns aux
autres. Ces eaux riches en

végétaux grouillent de
gardons, brèmes, carpes,
perches et brochets. La région de Zwolle, à une centaine de kilomètres au sud
d’Amsterdam, n’est pas la
plus connue pour la pêche,
car les pêcheurs français,
hollandais, belges ou allemands fréquentent sur-

tout les grands estuaires du
Rhin, dans la partie occidentale du pays. Les grands
lacs d’Haringvliet, du Volkerak ou du Holland Diep
sont excellents pour la
pêche des carnassiers, mais
ces grands milieux sont
aussi très exposés au vent.
Certains jours et même

certaines semaines, la plupart des bateaux restent
cloués à quai, en attendant que la soufflerie
baisse d’intensité. Pour
être tranquille, il faut un
bateau
d’au
moins
18 pieds à hauts francs
bords, ce qui n’est pas
donné à tout le monde, et
avec un moteur électrique
puissant, si possible en
24 volts. Bref, la grosse artillerie.
A Zwolle, la pêche est
toute autre. Des canaux
où l’on peut pratiquer la
pêche à pied, à la mouche
ou aux leurres, mais aussi
trois rivières. La Vecht, la
Zwarte et l’Ijssel, le bras
le plus oriental du Rhin.
Ces trois cours d’eau
sont praticables par tous
les temps, y compris par
un vent de plus de
60 km/h. Le plus gros
risque dans ces cas-là est

Un brochet “métré” pris à la mouche sur un massif d’herbiers sur la Zwarte. Il a
craqué pour une mouche de moins de 10 cm de long ! Ci-dessus, un aspe, espèce
fréquente sur l’Ijssel.

de prendre un arbre sur
la tête, mais il sont plutôt
rares au bord de l’eau. La
Zwarte et l’Ijssel sont
quasiment des fleuves,
car il se jettent dans des
lacs en communication
avec des milieux saumâtres.

De fabuleuses
rivières écoles

De ces trois cours d’eau,
la Zwarte et la Vecht sont
les plus faciles à pêcher.
Le courant est très lent
par niveau normal, et
monte à 2 km/h par une
crue d’ampleur moyenne.

Leurs eaux sont relativement peu pêchées. Elles
sont peuplées de poissons
blancs dont l’aspe, de
perches, de sandres et de
brochets. Pour autant, ce
n’est pas une pisciculture
où il suffit de lancer un
leurre pour prendre un
73

Où pêcher

poisson. Ça reste de la
vraie pêche, avec des
vrais poissons qui parfois
sont très réceptifs aux
leurres et aux mouches,
parfois moins. Ce n’est
finalement là que la vie
normale d’une rivière.
Mais globalement, peu
de cours d’eau en Europe
offrent la possibilité de
pratiquer autant de techniques. En Hollande, la
pêche des carnassiers
ouvre début juin et ferme
fin mars. Les meilleurs
mois pour la pêche du
brochet sont juin, début
juillet tant que l’eau n’atteint pas 22 à 23 °C
(au-delà, les brochets
s’arrête, comme partout,
de mordre), et reprend
en septembre et octobre.
En novembre, les herbiers disparaissent, l’eau
se trouble avec les crues,
et les poissons rentrent
dans les ballastières. Ce
74

n’est plus du tout la
même pêche. La taille
moyenne des brochets
est impressionnante, autour de 90 centimètres.
Les hollandais pêchent
cette espèce presque exclusivement à la traîne.
Alors, ce sont des dizaines de kilomètres de
berges de nénuphars, de
potamots et de roselières

Les sandres peuvent être nombreux mais pas très gros,
comme un peu partout en Hollande (sauf pour les
spécimens “pélagiques” en grands lacs). En revanche, la
taille moyenne des brochets est impressionnante.

sible avec, là encore, de
belles surprises. Alain
Barthélémy, le célèbre
monteur de mouches vit
sur place depuis une
vingtaine d’années. Il
connaît comme sa poche
les canaux et les rivières
autour de Zwolle. Il dis-

Cela peut paraître
incompréhensible pour un pêcheur
français, mais en Hollande,
le sandre prend parfois des allures
de poisson migrateur.
qui s’offrent aux pêcheurs aux leurres. Les
poissons atteignants ou
dépassants la barre du
mètre sont légions. La
pêche à la mouche en bateau est également pos-

pose d’un gîte et d’un
bateau de 5 m équipé
d’un moteur de 20 cv et
de toute l’électronique
nécessaire.
Lors des mois d’hiver,
c’est surtout le sandre

qui est recherché, soit
dans la rivière elle-même,
soit dans les ballastières.
Les sandres de Zwolle
sont nombreux mais plutôt de petite taille, entre
45 et 60 cm, mais cela
dépend des années, car
comme partout en Hollande, toutes les eaux
communiquent.
Et
toutes les eaux en Hollande, ça fait des quantités
astronomiques
d’eaux ! Les poissons pélagiques, brochets et
sandres de l’Ijsselmeer
(beaucoup plus grand
que le Léman), viennent
probablement frayer en
rivière, notamment dans
l’Ijssel, puis repartent
vivre leur vie au large.
Cela peut paraître incompréhensible pour un
pêcheur français, mais

Les canaux autour de Zwolle sont riches en brochets,
mais les carpes et les amours blancs y vivent aussi. Et
tout ce beau monde peut prendre une mouche…

en Hollande, le sandre
prend parfois des allures
de poisson migrateur.
Ces grands milieux
complexes demandent
des années de pratique
pour en comprendre le
fonctionnement.
Ces rivières permettent
de pratiquer toutes
sortes de techniques.
Pour la pêche du sandre,
tout est possible : de la
verticale pure et dure en
ballastière jusqu’à une
dizaine de mètres de
profondeur, de la verticale en rivière, parfois
dans peu d’eau et jusqu’à
6 ou 7 mètres, de la diagonale, surtout par niveau tendu, des longues
dérives à lécher les épis
le long des bordures en
cas de crue, et toutes les
variantes du lancer/ramené. En une journée, il
arrive de passer en revue

toutes les techniques
afin de s’adapter aux
conditions.
Avec les brochets, le terrain de jeu est immense.
En fonction des postes,
de leur encombrement
en herbiers, on passe du
spinnerbait au leurre
souple, du montage
texan au crankbait ou au
swimbait et bien-sûr à la
mouche. Si la Zwarte et
la Vetch sont très intéressantes pour la pêche
du sandre, elles le sont
plus encore pour la
pêche du brochet.
Les possibilités
annexes

Pour changer des rivières
et des canaux, la région
dispose de nombreux
lacs et pas des moindres,
comme Gooimeer, réputé pour ses nombreux
sandres et ses gros bro-

chets, et sa succession de
lacs qui entourent le
vaste polder d’Almere
(Veluwemeer, Ketelmeer,
Zwarte Meer, autres paradis du brochet). En ne
citant ici que quatre lacs,
la superficie atteint plus
de 6000 ha. Voilà le vrai
problème de ce pays :
trop de possibilités, trop
d’eau, trop de poissons…
Alors il faut s’efforcer de
ne pas s’éparpiller ! Et
comme si cela ne suffisait
pas, il est également possible de passer une journée en bateau à Amsterdam, ville qui compte
1706 ponts…
Si les dérives des réseaux
sociaux rendent quasiment anodine la prise
d’un brochet de 1,20 m
ou d’un sandre d’un
mètre, il faut garder les
pieds sur terre en faisant
la différence entre la
pêche des gros spécimens
“pélagiques” en grands
lacs dans quinze mètres
d’eau à mouliner des dizaines de kilomètres de
tresse pour avoir une
touche, certes une grosse
touche et la pêche de

multiples postes de bordures beaucoup plus ludique et riche d’enseignement. Car en grands
lacs aussi, la pêche des
gros poissons connaît des
hauts et des bas (année
2017 très difficile au Léman par exemple). La
région de Zwolle offre
une “pêche école” d’une
qualité rare. Avec un minimum de chance et en
choisissant bien ses
dates, on peut en une semaine gagner plusieurs
années, tant les possibilités sont nombreuses.
C’est l’occasion de découvrir la pêche du
sandre à la verticale en
eau stagnante et en rivière (deux approches
très différentes) avec de
nombreuses
touches,
d’apprendre à récupérer
un spinnerbait, un
crankbait ou un énorme
swimbait. C’est aussi le
plaisir de pêcher des milieux variés avec une très
belle population de carnassiers. Bien des pêcheurs expérimentés se
satisferaient bien de telles
rivières…
75

Où pêcher
Guide pratique
La région de Zwolle se situe aux PaysBas dans la province de l’Overijssel. La
réglementation de la pêche est très
stricte. Le permis se prend pour une
année et donne droit à pêcher certaines eaux, mais pas forcément toutes
les eaux d’un secteur. La pêche au vif
est interdite et les quotas de carnassiers ont été instaurés dans tout le
pays depuis longtemps (un ou deux
poissons au maximum par jour selon
les secteurs). Les poissons gardés au
vivier (par exemple dans le but de les
remettre à l’eau plus tard pour ne pas
stresser les autres individus d’un banc
de sandres ou de perches) sont considérés comme pris… Les contrôles

76

sont effectués par la police fluviale, qui
aux Pays-Bas est particulièrement active et a plein pouvoir, car il y a
presque autant de bateaux que de voitures. La navigation est également très
réglementée, notamment la vitesse.
Pêcher dans ce pays demande,
comme partout ailleurs, de respecter
quelques règles locales.
Alain Barthélémy propose un gîte
pour quatre personnes tout confort à
Zwolle. Pension complète (qui comprend le petit déjeuné, le panier repas
pour le midi et le repas du soir) pour
100 €/personne/jour. Cuisine française d’excellente qualité.

Possibilité de louer son bateau
ou/et de bénéficier de son accompagnement.
Tél. : 0031 651 282 255.
E-mail : abfly@wxs.nl
Deux guides de pêche français
proposent leurs services en collaboration avec Alain Barthélémy. Il s’agit de
Lionel Fumagalli (tél. : 06 74 48 16 29.
E-mail : lionelfumagalli@hotmail.fr)
et de Yves Vachoux (tél. : 06 32 62 77
20).
A visiter : la ville d’Amsterdam vaut à
elle seule le détour (photo ci-dessous).

VIENT DE
PARAÎTRE
Florent Bailly & Philippe Boisson

L’intégrale
du montage des mouches
Pour monteurs débutants et confirmés

L’ambition de cet ouvrage est d’offrir au monteur
de mouches, quel que soit son niveau, les
meilleures solutions pour monter chaque modèle,
à commencer par le choix de l’hameçon idéal,
avec un tableau comparatif qui présente les
modèles de substitution. L’expérience de Philippe
Boisson, auteur et journaliste halieutique depuis
plus de vingt ans et le talent de monteur de
mouches de Florent Bailly font de cet ouvrage un
événement dans le monde du montage, qui
considère cette activité dans son ensemble :
• L’histoire du montage de mouches
• Notions essentielles d’entomologie
• Présentation de tous les outils
• De tous les matériaux naturels et synthétiques
avec des exemples d’utilisation
• De toutes les étapes à connaître
• De très nombreuses fiches détaillées étape par
étape
Un ouvrage indispensable qui deviendra
rapidement une référence en la matière.

Q uai des Plumes

COLLECTION QUAI DES PLUMES

59

L’intégrale du montage de
mouches
Pour monteurs débutants et confirmés
Florent Bailly et Philippe Boisson
Caractéristiques techniques :
Format : 200 mm x 280 mm
Plus de 364 pages
Réf. : 110370
Bon de commande p.81

Je ne pêche pas…
je m’entraîne
Éric Joly
Prix : 20 €
Prix abonné* : 14 €
Réf. : 110 168.

De la pêche à la
nymphe
Philippe Boisson
L’ouvrage incontournable sur la pêche à la
nymphe, écrit par l’un
des meilleurs
spécialistes de sa
génération, est à
nouveau disponible.
Prix : 29 € Prix abonné* : 20,30 €
Réf. : 110 297

Le Sorcier de Vesoul
Vincent Lalu
Prix : 20 €
Prix abonné* : 14 €
Réf. : 110 155.

Grandes pêches
Pierre Affre
PRIX PROMO : 9 €
Réf. : 120 435

La pêche pour les
Nuls
Vincent Lalu
L’histoire de la pêche, la
législation, le permis,
l’équipement, la
sécurité, la pêche avec
les enfants, les
techniques de pêche
les plus utilisées en
France… n’auront plus
de secret pour vous !
Prix : 22,95 €
Réf. : 121 213

L’encyclopédie
des mouches…
qui pêchent (avec
leurs montages)
Philippe Boisson et
Bernard Dalmas
464 pages consacrées
au montage des
mouches qui sont
beaucoup plus utiles à
la pêche qu’en
décoration murale.
Prix : 59 €
Réf. : 110 310

La Femme Truite
Vincent Lalu
Prix : 29 € – Prix
abonné* : 20,30 €
Réf. : 110 215

Petit dictionnaire
philosophique du
pêcheur de truites
en pédalo
Jean-Christian Michel
Prix : 19 € Prix abonné* 13,30 €
Réf. : 110 274

Le dictionnaire
insolent de la pêche
Daniel Taboury et
Thierry Dubosclard
L’auteur nous propose
ici d’aborder le monde
halieutique sous un œil
humoristique et
singulier grâce à des
définitions insolites et
instructives ! Prix : 19 €
Réf. : 110 317

Le Dictionnaire
insolent de la chasse
Éric Joly
L’auteur présente aux
lecteurs la découverte
ou redécouverte du
vocabulaire employé
dans le monde de la
chasse et qui met à mal
la bien-pensance.
168 pages.
Prix : 19 €
Réf. : 110 335

La nouvelle
pêche aux leurres
Philippe Boisson
Prix : 29 € Prix abonné* : 20,30 €
Réf. : 110 288

Big game fishing
Pierre Affre
Pour fêter ses 50 ans, le
Big Game Fishing Club
de France, fondé en
1965 par Pierre
Clostermann, a décidé
d’ouvrir ses archives
aux passionnés de
pêche. Pierre Affre en
raconte la saga.
160 pages.
Prix : 35 €
Réf. : 110 341

Confidences d’une
Histoires de pêche 2
Histoires de pêche 3
La Dame de
Contes et légendes
truite près d’un pont Haute-Savoie
Saint-Pierre était
Rabouin
du Moulin du Plain
Jean-Christian Michel
Belge
Au bonheur des
Muriel Lovichi
Vincent Lalu
Georges Quinot
truites
Les histoires de
Ce livre raconte la saga C’est l’histoire d’une
truite douée de parole
C’est un petit village
Jean-Marie
« La dame de
du Moulin du Plain,
et possède la
franco-suisse à forte
Rouffaneau
Haute-Savoie » vous
il en évoque
particularité de ne pas
population belge. Au
Rabouin vous emmène les personnages les
emmèneront tour à tour
mourir. Elle connaît les
milieu coule le Doubs,
avec bonheur au pays
sur les torrents de sa
plus truculents, les
ses truites, ses mouches des poissons trophées
histoires les plus drôles pêcheurs, leurs désirs et montagne, mais aussi et
leurs vies. Elle a connu
et ses «pêchoux». Dans
et des histoires de
surtout sur la haute
et les moments les
Kant, Pascal et
ce roman, il est surtout
pêche qui vont avec.
rivière d’Ain, les grands
plus forts.
Jésus-Christ.
question d’amour, de
176 pages d’histoires à
lacs alpins et jusqu’en
Prix : 29 €
192 pages.
pêche et de jalousie.
dormir debout.
Nouvelle-Zélande.
Réf. : 110 305
Prix : 19 €
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176 pages. Prix : 19 €
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Histoires de pêche 1
La truite en héritage
Nicolas Germain
Nicolas Germain
inaugure cette
collection avec ces
histoires qui donneront
aux pêcheurs et aux
non-pêcheurs l’envie de
se retrouver au bord de
l’eau.
Prix : 15 €
Prix abonné* : 10,50 €
Réf. : 110 300

80

Florent Bailly & Philippe Boisson

L’intégrale
du montage des mouches
Pour monteurs débutants et confirmés

La pêche en nymphe
tchèque et autres
méthodes de pêche
à la mouche
Karel Krivianec
et ses amis
Prix : 24 €
Réf : 121401

Trente chasseurs
de légende
Eric Joly
Prix : 19 €
Réf. : 110353.

Les secrets
de la pêche
à la verticale
Philippe Boisson
Cet ouvrage fait
un point nécessaire
sur l’origine de cette
pêche, sa définition,
ses particularités
techniques, le choix
du bateau,
de l’équipement,
du matériel et vous
explique comment
mieux utiliser votre
échosondeur pour
tenter cet insaisissable,
mais passionnant
poisson qu’est
le sandre.
192 pages.
Prix public : 29 €
Réf. : 110358

L’intégrale du montage de mouches
Pour monteurs débutants et confirmés
Florent Bailly et Philippe Boisson
L’ambition de cet ouvrage est d’offrir au monteur
de mouches, quel que soit son niveau, les
meilleures solutions pour monter chaque modèle,
à commencer par le choix de l’hameçon idéal,
avec un tableau comparatif qui présente les
modèles de substitution. L’expérience de Philippe
Boisson, auteur et journaliste halieutique depuis
plus de vingt ans et le talent de monteur de
mouches de Florent Bailly font de cet ouvrage un
événement dans le monde du montage, qui
considère cette activité dans son ensemble :
• L’histoire du montage de mouches
• Notions essentielles d’entomologie
• Présentation de tous les outils
• De tous les matériaux naturels et synthétiques
avec des exemples d’utilisation
• De toutes les étapes à connaître
• De très nombreuses fiches détaillées étape par
étape

Q uai des Plumes

Caractéristiques techniques :
Format : 200 mm x 280 mm – Plus de 364 pages
Prix public : 59 € – Réf. : 110370

Un ouvrage indispensable qui deviendra
rapidement une référence en la matière.

Guerre et pêche
Pendant les combats, la vie continue… pour les poissons. Et aussi pour les rares
audacieux qui, malgré les dangers de la guerre, n’ont pas hésité à tremper leur
ligne dans l’eau, même lorsque le cours de la rivière servait de ligne de front. On
a toujours pêché pendant les guerres, qu’elles aient été grandes ou petites.
Pêché pour manger, pêché pour survivre, mais aussi par passion, par goût du
défi ou de la transgression. Et parfois, le miracle s’est produit : lorsqu’ils se
rencontraient par hasard, les pêcheurs ennemis « oubliaient » de se tirer dessus.
C’est ce que racontent les auteurs de « Guerre et pêche », qui ont en commun
d’avoir affronté les affres de la guerre une canne à la main.
Prix public : 19 € Réf. : 110361

BON DE COMMANDE – LIVRES – À RENVOYER À : PÊCHES SPORTIVES, 29, rue de Clichy, 75009 Paris

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Les petites annonces de Pêches sportives
Vente matériel
de pêche
• Vends canne Loomis GLX
Cross Curent 9’#9 en 4 brins +
moulinet Ross Cimaron C4
avec bobine en plus très bon
état. Prix : 450 euros.
Tél. : 06 83 37 06 36.
• Vends : canne Orvis Hélios
10’ # 4 Tipflex prix 200 euros,
Orvis Hélios 10’ # 4 Tipflex.
Prix : 200 euros. Orvis
Superfine 7’ # 4. Prix : 200
euros, Jmc Triumph SPM 9’ #
10. Prix : 120 euros.
Airflo Bluetooth nano : 9’ #
8/9. Prix 80 euros. Moulinet
Vivarelli avec 2 bobines et deux
soies. Prix 50 euros.
Frais de port en plus.
Tél. : 06 77 1757 42 ou 06 68
35 89 54.
• Vend moulinet LOOP evotec
FW 5/7 (couleur inox) avec
une bobine suplémentaire. Prix
300 euros (prix neuf: 380
euros sans bobine suplémentaire). Possibilité échange avec
ancien LOOP evotec 5eight
(noir) ou Danielson evotec
5eight (noir).
Tél. : 04 92 77 02 33.
• A vendre matériel de
production soies natureslles et
bas ligne tissées.
Stock, matp, site internet et
clientèle. Accompagnement du
repreneur. Renseignements :
04 70 51 71 44.

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Pratiquement tous les grands
classiques “mouche” en
français comme en anglais.
Liste avec prix sur demande.
Egalement cannes et moulinets
“vintage” en bambou refendu
(Pezon & Michel, Hardy, etc.),
“soies” en soie naturelle King
Fisher, King Eider…
Pierre Affre. Tél. : 06 61 71 88
11, affrepierre@gmail.com
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cannes Hardy Sovereign (8’
#4/5, 8’6’’ #5/6, 9’ #6/7, 9’6’’
#7/8) dont 1 Sovereign X de
8’6’’ #5; possibilité d’acquérir
en plus 2 cannes saumon dont
1 Hardy Deluxe de 15’4’’#10 et
1 Hardy Deluxe Spey de 15’
#10, ainsi qu’une Hardy
Ultralite de 9’6’’#7 neuve. (Prix
à partir de 150 Euros). Autres
cannes disponibles: Sage RPL+,
Penn, Pfluger, divers.
Nombreux moulinets Hardy en
tbe , dont 1 Ultralite Disc 8/9 et
1 Viscount MKIII LA 5/6 Gold
neufs. Autres moulinets neufs :
Scientific Anglers Mastery 6/7
et 8/9, et 1 System 2 LA-678 +
2 bobines (un bijou).
Nombreuses soies usagées et
neuves , dont la fameuse soie
Cortland Pike rouge, quasiment
introuvable de nos jours, en
7,8,9 et 10. Autres soies: Rio
Outbound, Hardy, Cortland,
Scientific Anglers (soies neuves
à partir de 35 euros).
Ensemble du matériel made in
USA ou made in England.
Possibilité photos par E-mail.
Tél. : 06 07 78 34 22.

• Vends cannes Marryat Tactical
9 p soie 5. 250 euros.
Tél. 06 95 84 66 08.
Parcours de pêche
• Domaine de pêche à la
mouchedes Fontaines, à une
heure au sud de Lyon,
domaine avec rivières, plans
d’eau. Beaux salmonidés.
Lodge chauffé à disposition.
Renseignements
Tél. : 04 74 79 06 26.
• Tueda 73 Méribel. Lac de
montagne dans un cadre
d’exception. Site vaste et
préservé pour moucheurs du 5
juin au 12 octobre.
Tél. : 04 79 01 07 51.
www. lacdetueda-meribel.com
• Domaine de la Mordorée,
Charente, réservoir pêche à la
mouche. Black-Bass aux leurres
en printemps/été.
Tél. : 06 76 14 38 64.
• Pêche de la truite en Alsace.
Stage adulte et jeune. Chambre
et table d’hôte. www.
peche-alsace.com.
Tél. : 06 10 09 63 16
ou 03 88 47 25 74.
Location
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m de la rivière, chalet de 5
pièces (6 personnes)
avec piscine privative, terrain
arboré au calme, cheminée,
cuisine de standing,
équipement ménager neuf et

complet. Contact par tél. :
00 41 26 921 34 92.
Rosureux.
Tarif : 580 € / semaine.
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Shad (suspending) 15 ou
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