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LA BOUTIQUE DE 8'6

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PS111

4,90 

Pêches sportives magazine numérique n°111

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PÊCHES
sportives

Saccage : électricité contre biodiversité

PECHES
s p o r t i v e s

N° 111

Mouche
sèche
L’essentiel est dans les détails
p.40

Une mouche de légende
L’ATE d’André Terrier

Révolutionnaire :
Le Magic Ring
Montage
6 mouches pour
le début de saison

Av r i l – m a i – j u i n – 2017

M 02526 – 111 – F: 5,90 E – RD

Bonnes feuilles
Les carnassiers
et la lune

3’:HIKMPC=[UZ^U\:?k@b@l@b@a”;

BELGIQUE 7.10€ • SUISSE 10.50 FS • DOM 7.50 € • TOM 900XPF

INDISPENSABLE

Prix public

59 €
Réf. : 110310

Voici l’encyclopédie qui manquait aux pêcheurs à la mouche,
avec 464 pages de fiches de montage consacrées aux mouches
avec lesquelles on pêche réellement. Tous les modèles sont
éprouvés et conviennent pour la pêche en France, en Europe et
un peu partout dans le monde. Un ouvrage conséquent et unique
en son genre.
Nous avons voulu que cette encyclopédie soit accessible aux monteurs de tous niveaux. Ainsi, une place importante est réservée au
“tour de main” et à la bonne utilisation de certains outils. Dix catégories de mouches : mouches sèches, émergentes, nymphes,
mouches noyées, streamers, terrestres mouches à saumons, à
truites de mer, à brochet et pour la pêche des espèces marines.
Pour autant, quelle que soit la catégorie, les modèles choisis
s’adressent avant tout à la pêche en France ou en Europe. Et souvent “nos” mouches sont souvent utiles partout dans le monde.
Caractéristiques techniques : 200 mm x 280mm. 464 pages

Bon de commande en page 81

EDITO

Le Sénat,
une voie de barrage
Pour sauver les rivières de France, il faut supprimer le Sénat.
Rien que ça. La chambre dite “haute”, où les débats volent
plutôt bas, s’est fait une spécialité du massacre des rivières. Sa
dernière initiative en la matière – déclasser des ruisseaux en
fossés – pour permettre aux agriculteurs d’y aménager leurs
déserts verts, a failli passer inaperçue.
Normal : plus personne ne s’intéresse au Sénat. Et tout le monde
a tort : ce n’est pas parce que le Sénat est la représentation
nationale du siècle dernier où on arrange en famille les affaires
d’une France qui ne sait toujours pas qu’on a changé d’époque,
que son pouvoir de nuisance n’existe pas.
Le Sénat, c’est d’abord le lieu des lobbys les plus conservateurs
qui se puissent imaginer, une annexe de la FNSEA, un club de
barragistes hystériques, une assemblée d’aménageurs fous.
Ainsi, il y a des mots qu’il vaut mieux éviter de prononcer dans
l’enceinte du palais du Luxembourg comme “biodiversité”,
“respect des milieux naturels”, “chevelus” (qu’il s’agisse des
rivières ou des hommes…)
Le Sénat est certes condamné à mourir de vieillesse et d’inutilité.
Mais c’est un vieillard encore très alerte qui sera encore là quand
la dernière rivière de ce pays aura perdu son eau sur une voie de
barrage.
Au fait, vous savez combien coûte un sénateur à la collectivité ?
905 000 euros par an. Sans compter les dégâts matériels.
Vincent Lalu

3

ESSENTIEL !

Prix public

29 €
Réf. : 110358

Les secrets de la pêche à la verticale
La pêche à la verticale est née aux Etats-Unis pour la pêche du walleye, proche cousin du sandre européen, puis importée en Hollande
par Bertus Rozemeijer. Avec un temps de retard, les pêcheurs français l’ont adoptée et cette technique est actuellement en plein développement. Etroitement liée aux progrès des échosondeurs, du GPS
et des moteurs électriques, cette pêche place le leurre au plus près
des poissons à l’aplomb du bateau. Bien différente des classiques
pêches à la “dandine”, la verticale de type “hollandaise” devrait plutôt s’appeler “la pêche à l’horizontale”, car le leurre suit le relief du
fond au plus près. Cet ouvrage fait un point nécessaire sur l’origine
de cette pêche, sa définition, ses particularités techniques, le choix
du bateau, de l’équipement, du matériel et vous explique comment
mieux utiliser votre échosondeur pour tenter cet insaisissable, mais
passionnant poisson qu’est le sandre.

Caractéristiques techniques : 182 mm x 257 mm. 192 pages

Bon de commande en page 81

Sommaire
Pêches sportives n° 111

ACTUS p.6

L’ECHO DU RADIER p.20

TECHNIQUE MOUCHE p.26

BONNES FEUILLES p.34

– La FNSEA veut faire disparaître les
petits cours d’eau de nos cartes !
– Saumons Loire/Allier : si on
parlait un peu de génétique ?

– Pour 0,1% de production
électrique en plus, la continuité
écologique remise en cause !

– Le Magic Ring

– Guerre et pêche

FOCUS SHOPPING p.38

LA PETITE CLASSE p.40

MONTAGE p.54

MONTAGE p.68

– Tenkara Pyrénées série Combo
– Billes tachetées AB Fly
– Campinanbulle, les malles de voyage

– La pêche à la mouche sèche.

– Six mouches pour réussir son début
de saison.

– L’ ATE E’Mai d’André Terrier

OÙ PÊCHER p.70

LIBRAIRIE p.80

PETITES ANNONCES p.82

L’ANNUAIRE DES GUIDES
ET DES RÉSERVOIRS p.83

– Finlande : Si tu passes par là-bas,
vers le Nord…

– La librairie de Pêches sportives

– Les petites annonces de Pêches
sportives

Administration, rédaction,
publicité :
Editions La Vie du Rail/
Pêches sportives
29, rue de Clichy, 75009 Paris Tél. : 01 49 70 12 11.
redaction@peches-sportives.com

Mise en page :
Frédéric Demarquette

Directeur de la publication :
Vincent Lalu.

Publicité : Pierre Lancien
Tél. : 01 49 70 73 14.
pierre.lancien@lemoci.com

Rédacteurs en chef :
Philippe Boisson et Vincent Lalu.
Ont collaboré à ce numéro :
Pierre Affre, Florent Bailly, Philippe
Boisson, Vincent Lalu, Jean-Christian
Michel, Jean-Pierre et Kathleen Piccin,
Jean-Marc Theusseret.

Abonnements :
www.peches-sportives.com/6-Abonnements.htm
Tél. : 01 49 70 12 20.

Eléments techniques
publicitaires :
Maryline Renaud.
maryline.renaud@laviedurail.com
Chef de fabrication : Robin Loison.
Photogravure : La Vie du Rail.

Impression :
Imprimerie Loire Offset Titoulet (42)
Commission paritaire : 1117 K 82373
ISSN : 1252-8358.
Dépôt légal : à parution.
Marketing et diffusion presse :
Destination Média
Un DVD est inclus dans
ce numéro pour les abonnés
En couverture : Finlande, coup de
minuit sur la Äyskoski. Photo Kathleen
Piccin.

Actualités

La FNSEA veut faire disparaître les petits cours
d’eau de nos cartes !
En 2016, le ministère de l’Environnement s’était lancé
dans un recensement des
plus petits cours d’eau, c’està-dire ceux qui n’apparaissent pas sur une carte
IGN au 1/25 000. Il s’agit
pour une bonne part de ruisseaux temporaires, où de
tout petits ruisseaux situés à
proximité immédiate des
sources. Le syndicat agricole
majoritaire FNSEA en a profité pour prendre la balle au
bond et demander à l’État
que ces petits cours d’eau
disparaissent purement et
simplement des cartes. Autrement dit, cela équivaut à
les faire classer en fossés,
caniveaux ou drains, de façon à échapper à toutes
contraintes liées à l’environnement. Il est en revanche
bien vrai qu’une imprécision
plane sur la définition d’un
cours d’eau ou d’un fossé.
Pourtant en 2005, une circulaire a tenté d’éclaircir un
peu l’affaire : “Est considéré
cours d’eau, la présence et
la permanence d’un lit naturel à l’origine, distinguant
ainsi un cours d’eau d’un canal ou d’un fossé creusé par
la main de l’homme mais
incluant dans la définition
6

un cours d’eau naturel à
l’origine rendu artificiel par
la suite, la permanence d’un
débit suffisant une majeure
partie de l’année”. Comme il
s’agit souvent de cours d’eau
temporaires, ou devenus
temporaires suite à d’autres
atteintes (drainages des
zones humides adjacentes,
rectification, etc), chaque cas
est particulier et demande
une enquête.
La présence d’une faune et
d’une végétation aquatiques
comme caractéristique du
milieu aquatique est également prise en compte par
une jurisprudence (Cass.
Crim. 7 novembre 2006
M. Laurent n°06-85.910).
Pour la FNSEA, les cours
d’eau ne sont clairement
qu’une contrainte, qu’une
entrave au développement
agricole intensif. Elle se fout
de la biodiversité, des
sources, des têtes de bassins, des milieux écologiques
sensibles. En clair, le but recherché est de pouvoir pulvériser des produits phytosanitaires partout y compris sur
ledit ruisseau, de pouvoir
épandre, de pouvoir drainer,
de pouvoir rectifier, de pouvoir enterrer à coups de bull-

En haut : Un ru insignifiant dans un champ. Ce qui pourrait être
un fossé aux yeux des agriculteurs alimente un véritable cours
d’eau à proximité (le Beulotin, Haute-Saône). La FNSEA ne veut
pas comprendre que les petit ruisseaux font les grandes rivières.

dozer. Cela montre à quel
point l’environnement n’est
plus défendu dans notre
pays. Les agents de l’environnement de l’Agence française
pour la biodiversité (ex Onema) ou de l’ONCFS n’impressionnent plus les agriculteurs,
qui se sentent protégés par la
Direction départementale du
territoire qui a en charge la
police de l’eau et à qui le préfet demande de ne pas trop
embêter le monde agricole.
A travers cette cartographie,
le syndicat espère que bon
nombre de petits ruis-

seaux seront déclassés en
fossés, en exutoires à lisier,
en toboggans pour pesticides qui contribueront à
polluer les nappes, y compris
celles qui amènent de l’eau
aux exploitations de ceux qui
polluent.
Que les membres de ce syndicat meurent de cancers
suite à l’utilisation des pesticides, que leurs enfants
naissent avec des tumeurs au
cerveau, ne suffit malheureusement pas à les faire renoncer à cette folie destructrice.
Ph B.

Saumons Loire/Allier : si on parlait un peu de génétique ?
Existe-t-il encore un espoir de sauver la souche de saumon de l’axe Loire/Allier ? Pour Pierre Affre, vétérinaire, spécialiste du
saumon Atlantique, si cette chance existe, elle nécessite de s’intéresser de près à la génétique et de changer au plus vite
quelques habitudes du côté du Conservatoire national du saumon sauvage.

Le 2 mars dernier a été diffusé sur France 3 (Région
Alpes) un reportage assez
intéressant sur les derniers
saumons de l’Allier. Dans ce
petit film d’une vingtaine de
minutes
sont
abordés
nombre de problèmes environnementaux (pollutions,
qualité de l’eau, barrages,
seuils et autres obstacles à la
migration, pêches dans
l’océan, etc..) qui expliqueraient pourquoi la restauration de l’espèce Salmo salar,
malgré des dizaines, voire
des centaines de millions
d’euros investis, stagne à des
niveaux
dramatiquement
bas depuis plus de vingt ans
sur ce bassin.
Si l’on en croit Patrick Martin
le directeur du Conservatoire
National du Saumon Sauvage : « La population de
saumons de l’Allier est
unique, elle est même considérée par les généticiens
comme la plus ancestrale
d’Europe. » A l’époque glaciaire poursuit M. Martin, on
avait des saumons ici, alors
qu’en Ecosse, en Norvège, il
n’y en avait pas… et d’ajou-

ter que si on veut sauver les
grands fleuves et les grandes
rivières d’Europe, on a besoin d’utiliser et de conserver
cette population de l’Allier.
Au secours ! Car je ne
conseillerai surtout pas à
quiconque, propriétaires privés ou Etats, d’utiliser les
saumons de l’Allier pour essayer de repeupler ou même
d’améliorer les remontées
de saumons dans leurs rivières. Cette “ancestralité”
affirmée par M. Martin (on
aimerait
au
passage
connaître le nom du ou des
généticiens qui lui ont soufflé cette ânerie) ne date en
fait que depuis moins d’une
quarantaine d’années. Tu
parles d’une ancestralité !
Rappelons à M. Martin que la
dernière période glaciaire en
Europe, celle du Würm qui
caractérise la fin du Pléistocène, remonte entre 110 000
et 10 000 ans, et il est vrai
qu’à son maximum d’extension, il y a 22 000 ans environ, alors que l’Ecosse et les
pays scandinaves étaient recouverts par une épaisse calotte glaciaire, les rivières du

Sud de l’Europe, dont l’Allier,
coulaient libres de glace et
voyaient certainement remonter, pour cette seule rivière, plusieurs centaines de
milliers de saumons tous les
ans.
Avec depuis vingt ans, entre
cent et mille saumons (la
meilleure année) comptabilisés au barrage de Vichy,
M. Martin juge aujourd’hui
les résultats « encourageants ». Quel optimisme,
sinon quelle escroquerie !
Pourtant, depuis le Würm, il
y a eu quelques périodes
de réchauffement climatique
dont la toute dernière (dont
on nous rebat les oreilles)
qu’on accusera bientôt de
l’échec définitif de la restauration des saumons sur l’axe
Loire-Allier…
Car échec il y a… et le
Conservatoire National du
Saumon Sauvage ferait bien
d’aller voir du côté des gènes
(mais cette fois en interrogeant de vrais généticiens)
pour découvrir que les fameux et très onéreux saumons “qualifiés sauvages”
de l’Allier, ne sont ni ances-

traux, ni sauvages, ni de
l’Allier… cela fait beaucoup
de ni !
Et je prétends que tant que
la plus grande salmoniculture d’Europe à Chanteuges,
continuera de déverser tous
les ans, des millions d’œufs
embryonnés et d’alevins
dans l’Allier, elle ne fera
qu’abâtardir un peu plus, ce
qu’il pouvait subsister de la
“souche Allier” originale (ou
ancestrale si vous voulez).
D’ailleurs il n’y a pas besoin
d’être grand clerc, ni même
généticien, pour affirmer que
les saumons dégénérés actuels qui remontent l’Allier,
ne sont plus depuis au
moins trente ans, des saumons de la souche ou “race”
Allier. Leur poids moyen de
4,5 à 5 kg, ainsi que leurs périodes de remontées (en
mars, avril, mai) les récusent
pour cette appellation.
J’ai eu la chance avec
quelques amis, de pêcher
l’Allier de 1969 à 1985 environ, et si je n’y ai pris au
cours de centaines de journées de pêche, qu’un seul
saumon (de 9,9 kg), j’en ai
vu prendre des dizaines et
des dizaines depuis Moulins
jusqu’à Poutès en passant
par les coups d’Issoire, de
Clermont, Brioude, Chilhac,
Langeac et j’en oublie…
Mais je ne me souviens pas y
avoir vu un seul saumon de
moins de 6 kg… Tous pesaient (à l’époque beaucoup
de ces poissons étaient vendus pour les repas de communion) entre 7,5 et 10 ou
11 kg. Le poids moyen devait
tourner autour de 8,5 kg. Et
dès l’ouverture en mars, ces
poissons étaient déjà à
Brioude, ou du moins selon
7

Actualités
La truite méditerranéenne du bas
Verdon, bulletin
d’information

les niveaux d’eau, sur les
coups de Clermont-Ferrand.
Les premiers s’engageaient
en Loire en Novembre/Décembre de l’année précédente et la majorité remontait le fleuve en janvier et
février et non pas comme
aujourd’hui en avril-mai.
Maintenant, si M. Martin veut
contester ce que j’affirme, je
tiens à sa disposition et surtout à celle de ses généticiens (s’il y en a jamais eu un
seul, employé au Conservatoire National du Saumon
sauvage de l’Allier ), un saumon taxidermisé à l’ancienne, avec sa peau et ses
écailles, qui pesait 8,7 kg
quand mon ami Jean François Gaillard l’a capturé en
mai 1970 au coup du Colombier à Brioude. A partir d’une
seule de ses écailles, on saura aujourd’hui reconstituer le
génome sinon ancestral, du
moins original de ce qui devrait être un authentique
saumon de l’Allier de
l’époque. Et je veux bien
manger mon vieux chapeau
avec toutes les mouches qui
y sont accrochées, si ce génome correspond de près ou
même de loin, aux génomes
8

de ceux que M. Martin fait
frayer dans sa plus belle pisciculture d’Europe, qui proviennent pour la plupart de
saumons d’élevage écossais
ou de Dieu sait où…
Bien-sûr en première génération, ces saumons sdf (sans
domicile fixe, comme disait
notre regretté ami Frédéric
Mazeaud de l’AIDSA), remonteront là où on les a lâchés,
en l’occurrence dans l’Allier
(phénomène de homing),
mais si on les laisse frayer
“naturellement” dans le haut
Allier ou artificiellement à
Chanteuges, leurs descendants (deuxième génération)
ne retrouveront jamais l’estuaire de la Loire. Tous les
biologistes qui ont un peu
travaillé sur les saumons, le
savent. Tous sauf ceux de la
plus grande salmoniculture
d’Europe….
Il est vrai qu’entre le Conseil
Général de Haute-Loire, la
Région Auvergne, le Ministère
de l’Environnement, l’Onema,
l’Europe, EDF, la Fédération
des AAPPMA de Haute-Loire,
la Fondation d’Entreprise
pour la Biodiversité et de la
Mer, Total, le Gouvernement
du Land Hesse – Alle-

magne (?), Le Muséum National d’Histoire Naturelle,
la Banque Populaire d’Auvergne, le Service extérieur de
la Pêche du Ministère de la
Région Wallonne (?), le Saumon Rhin, Marine Harvest, la
Ville de Langeac, la Ville de
Vichy, le WWF France et j’en
passe, cela fait des centaines,
sûrement même quelques
milliers de scientifiques,
membres d’ONG et technocrates qui s’offrent une bonne
conscience écologique et qui
au passage engrangent frais
de représentation, primes et
salaires sur le dos du contribuable.
Aujourd’hui, dans notre pays,
il doit bien y avoir dix scientifiques et technocrates de
l’Environnement pour chaque
saumon vraiment sauvage
qui remonte encore dans nos
cours d’eau. A l’époque ancestrale de la fin de la période glaciaire du Wûrm,
seule une petite tribu
d’hommes de Cro-Magnon
s’intéressait dans les gorges
de Monistrol aux millions de
saumons qui remontaient
l’axe Loire-Allier… Mais ça,
c’était avant !
Pierre Affre

Les AAPPMA du bas Verdon
et du Verdon Colostre, publient un bulletin d’informations qui donne vraiment
des nouvelles de la rivière !
Vingt pages où l’on prend
des nouvelles des différentes études et travaux en
cours. Le bas Verdon souffre,
c’est le moins que l’on
puisse dire de l’influence
négative des barrages. Le
déficit sédimentaire en aval
des ouvrages fait l’objet
d’un vaste programme expérimental de rechargement, sous le contrôle de
l’AFB (présenté dans le
n° 109 de Pêches sportives).
Les affluents, si importants
dans une rivière où le lit est
fortement perturbé par le
fonctionnement des barrages sont sous surveillance,
de façon à ce que les truites
puissent venir y frayer. Le
travail accompli par ces
deux AAPPMA se distingue
par un diagnostic à la hauteur des maux, et par des
solutions adaptées.
Pour en savoir plus :
AAPPMA Verdon Colostre:
Jean-Christian Michel :
lagsm.emonsite.com
AAPPMA du bas Verdon:
JacquesLatonaappmadubasVerdon@hotmail.fr

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La première collection

La pêche mode d’emploi avec les meilleurs spécialistes
Pour commander le DVD de ce numéro (n° 46)

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Montage du cycle de la mouche
de mai, de la nymphe à l’imago,
avec Florent Bailly

Frais de port compris

Pour commander les anciens DVD (les numéros manquants sont épuisés)
• DVD n° 9 : Pêche à la nymphe au fil avec Yann
Caléri sur le Drac en Isère
• DVD n° 18 (Pêches sportives n° 83):
L’Orne, nouvelle destination pêche. Présentation des
atouts du département avec les meilleurs spécialistes
locaux
• DVD n° 20 (Pêches sportives n° 85):
1re partie: pêche automnale du black-bass: montages
texans et “inch wacky” avec Manu Alvarez
2e partie: pêche à vue au réservoir du Martinet dans
le Jura avec Nicolas et Thibaut Germain
• DVD n° 21 (Pêches sportives n° 86):
Pêche de l’aïmara en Guyane française sur le fleuve
Sinnaramy
• DVD n° 22 (Pêches sportives n° 87):
Pêche à la nymphe au fil avec Yannick Rivière sur
l’Aude. Pêche du loup en kayak sur les étangs salins
du littoral audois.
• DVD n° 23 (Pêches sportives n° 88):
Pêche du brochet à la mouche: montage waddington
adapté par Philippe Boisson
• DVD n° 25 (Pêches sportives n° 90):
1re partie: pêche du brochet en montage texan au
plan d’eau d’Hermeville dans la Meuse avec
Sébastien Golly
2e partie: pêche du brochet à la mouche et au lancer
sur le lac de Madine avec Yves Omhovère et
Sébastien Golly
• DVD n° 26 (Pêches sportives n° 91):
1re partie: montage d’une mouche à brochet selon la
méthode du tube fly avec Alain Barthélémy
2e partie: montage d’un streamer pour plomb palette
en tube fly

• DVD n° 27 (Pêches sportives n° 92):
1re partie: technique de l’école italienne de pêche à la
mouche avec Marcel Formica
2e partie: nage et maniement des leurres pour le bar
• DVD n° 28 (Pêches sportives n° 93):
1re partie: à la découverte du Chéran en
Haute-Savoie avec Pascal Grillet et Stéphane Jan
2e partie: pêche du brochet aux leurres sur le lac du
Bourget avec Quentin Dumoutier
• DVD n° 29 (Pêches sportives n° 94):
1re partie: pêche aux leurres en mer dans le Cotentin avec
Gaël Even et Sylvain Lauzier
2e partie: pêche à la mouche en “washing line” au
réservoir de la Salamandre dans l’Aisne avec Philippe Collet
• DVD n° 30 (Pêches sportives n° 95):
Les secrets de l’oreille de chevreuil avec Gérard Picard
• DVD n° 31 (Pêches sportives n° 96):
Trois techniques de montage de mouches avec Cyril
Bailly
• DVD n° 32 (Pêches sportives n° 97):
Pêche à la nymphe au fil. Test des produits Hanàk et
Mouche Ellipse avec Philippe Boisson
• DVD n° 33 (Pêches sportives n° 98):
1re partie : Présentation du programme de renaturation de
la Doller, de la Thur et du vieux Rhin par Maxime Gerber
2e partie: Pêche du sandre en linéaire avec
Christophe Baudot sur la Saône en Côte-d’Or
• DVD n° 34 (Pêches sportives n° 99):
Pêche du brochet aux leurres en ballastière avec
Emmanuel Favin, guide de pêche dans l’Aube.
• DVD n° 35 (Pêches sportives n° 100):
Pêche à la mouche sur l’Arc en haute Maurienne avec
Didier Chapel

• DVD n° 36 (Pêches sportives n° 101):
La pêche au tenkara avec Maxime Miquel
• DVD n° 37 (Pêches sportives n° 102):
Comment aborder un plan d’eau inconnu en pêchant
aux leurres, avec Philippe Boisson
• DVD n° 38 (Pêches sportives n° 103):
Pêches d’exception en Islande et en Russie avec Lax-À
• DVD n° 39 (Pêches sportives n° 104):
Comment bien monter les petites mouches pour
la pêche en été avec Florent Bailly
• DVD n° 40 (Pêches sportives n° 105):
Pêche du brochet à la mouche en Hollande
avec Alain Barthélémy
• DVD n° 41 (Pêches sportives n° 106):
Pêche lente en bateau au lac de Malaguet
en Haute-Loire avec Grégoire Juglaret
• DVD n° 42 (Pêches sportives n° 107):
Pêche aux boobies au réservoir Sensation Pêche
à Montracol dans l’Ain avec Grégoire Juglaret.
• DVD n° 43 (Pêches sportives n° 108):
Réglages et utilisation d’un matériel de baitcasting avec
Philippe Boisson.
• DVD n° 44 (Pêches sportives n° 109):
Pêche du black bass à l’étang du Grand Bernardier
dans le Jura avec Lionel Fumagalli et Pierre Moyniez
• DVD n° 45 (Pêches sportives n° 110):
Pêche du brochet en étang au début
de l’hiver avec Gaël Even

7€

l’unité

Frais de port compris

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❍ DVD n°39

❍ DVD n°40
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❍ DVD n°42
❍ DVD n°43
❍ DVD n°44

Prix unitaire 7 €
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PS108

Nom : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
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Tél. : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . E-mail : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

❍ DVD n°9
❍ DVD n°18
❍ DVD n°20
❍ DVD n°21
❍ DVD n°22
❍ DVD n°23
❍ DVD n°25

« Conformément à la Loi Informatique et Libertés du 02/01/78, vous disposez d’un droit d’accès et de rectification aux données vous concernant. Ces données sont susceptibles d’être communiquées à des organismes tiers si vous ne cochez pas la case ci-dessus. »

Actualités
Dans votre DVD

Montage du cycle de la mouche de mai,
de la nymphe à l’imago, avec Florent Bailly
Grâce à des matériaux qui sortent de l’ordinaire et des techniques
spécifiques comme la crinière d’élan, le foam, ou encore les dubbings Trout Hunter de René Harrop ou encore Scintilla, Florent Bailly
nous emmène à la découverte de montages novateurs, tous consacrés au cycle de la mouche de mai : une nymphe, simple et efficace,
une émergente qui colle à la surface, un subimago très réaliste et un
imago au corps détaché original. Cette vidéo de 52 mn est aussi
l’occasion d’apprendre à se servir de certains outils comme l’aligneur
de poils C&F Design ou le Stacker PetitJean.
Bon de commande pour les non abonnés p. 11.

Carnassiers. Attention aux quotas
et tailles légales !

Pyrénées-Atlantiques

Depuis l’an passé, il existe
un quota journalier national de captures concernant
les carnassiers. Plus de cinquante ans après le premier quota pour les salmonidés, cette excellente
mesure existe enfin. Rappelons que les quotas carnassiers
journaliers sont les suivants : 3 brochets d’au moins 60 cm,
2 sandres de 50 cm et 3 black-bass de 40 cm. Mais attention,
chaque préfet peut demander une dérogation pour modifier
ce quota et les tailles légales de captures. Il faut donc impérativement que les pêcheurs qui souhaitent garder des poissons
se renseignent sur les sites Internet des fédérations départementales ou chez leur détaillant. Même chose pour la date de
l’ouverture, qui est normalement prévue le 1er mai, sauf dans
tous les départements qui ont demandé et obtenu un report.
C’est beau la simplification…

Le guide de pêche bien connu Hervé Thomas publie un guide
pratique consacré au majestueux gave d’Oloron, qu’il connaît
remarquablement bien. Peu de rivières ou de fleuves côtiers
peuvent offrir aux pêcheurs autant de pools que ce grand torrent (gave signifie torrent en béarnais) aux eaux d’émeraude
qui naît de la réunion des gaves d’Aspe et d’Ossau à Oloron-Sainte-Marie. Sur les 163 pools que l’on trouve sur les
60 kilomètres du gave, l’auteur en a sélectionné 71. Cet ouvrage est un véritable guide, car chaque pool est détaillé, avec
une carte d’accès, les coordonnées GPS, les techniques de
pêche qui marchent le mieux, les hébergements dans les environs, etc. Il est vrai que le gave d’Oloron est une rivière d’initié, avec des accès souvent confidentiels. Une chose est sûre,
ce guide vous simplifiera vraiment la vie au bord de l’eau !
Editions Fil de Pêche. www.fildepeche.fr

Le saut oblique de la truite
Jérôme Magnier-Moreno a mis dix ans pour écrire une histoire
qui ne parle de rien, ou presque : un jeune homme parti pêcher
le long du GR 20… Un premier roman initiatique procurant une
impression de liberté unique. Après des études d’architecte-paysagiste, Jérôme Magnier-Moreno (né en 1976) devient
peintre, réalisant des paysages à la fois figuratifs et abstraits,
qu’il signe sous le pseudonyme de Rorcha, en référence au test
projectif du psychiatre suisse Hermann Rorschach. Parallèlement à
son travail d’atelier, il trouve dans
l’écriture une approche complémentaire de la réalité du paysage,
qu’il exprime dans Le Saut Oblique
de la truite, son premier roman.
www.editionsphebus.fr
96 pages.
Prix conseillé : 11 euros.

12

Le gave d’Oloron, les meilleurs pools pour
la pêche du saumon

Haute-Loire

Pêche à cheval et gastronomie
avec Emotion Pêche
L’association Emotion Pêche,
située en Haute-Loire ne cesse
de proposer des séjours originaux. La pêche sportive, et notamment à la mouche, s’inscrit
dans la démarche des projets
que met en place Steeve Colin,
moniteur guide de pêche de
l’association.
Les séjours trappeurs de pêche
en canoë permettent aux participants de s’oxygéner sur une
formule de deux jours en faisant un véritable break dans
les cadres sauvages du haut
Allier.

Le cheval permet également
d’accéder aux secteurs de
pêche préservés de la haute
vallée de la Loire à la recherche
de truites fario et d’ombres
communs. Un nouveau parcours de 12 km a vu le jour
entre la confluence de la Gazeille et le passage du Cable
en aval de Goudet. En 2017,
l’association propose également des séjours VTT/pêche
sur les secteurs du haut Allier
entre Saint-Arcons et Langeac.
Un peu moins sportif mais tout
aussi intéressant les séjours

“gastronomie et pêche” en
partenariat avec Jacques
Marcon à Saint-Bonnet-leFroid et Brigitte de Laporte à
Saint-Arcons-de-Barges ont
rencontré un franc succès.
Les accompagnants non pêcheurs profitent des cours de
cuisine et accèdent au spa
balnéo, tandis que Steeve
partage sa passion de la
pêche à la mouche sur la
haute vallée de la Loire et le
haut Lignon. Enfin, les jeunes
apprennent les bases de la
pêche à la mouche ou aux
appâts naturels avec des
stages de cinq jours avec hébergement en pension complète durant les vacances
scolaires de Pâques, d’été et
de la Toussaint. Les jeunes
sont toujours sensibilisés au
respect du poisson et de son
environnement.
Steeve Colin.
Tél. : 06 23 06 70 58.
contact@emotionpeche.com
www.emotionpeche.com

L’aventure avec
Jean-François
Hundsbuckler
Fort de plus de vingt années
d’expérience, le guide de
pêche alsacien Jean-François
Hundsbuckler élargit son terrain de jeu en proposant
également aux pêcheurs les
meilleures destinations européennes pour la pêche à la
mouche, à commencer par
l’Allemagne toute proche,
mais aussi l’Italie, la Lituanie,
l’Autriche ou la Norvège, et
notamment la découverte
des trésors de la Glomma,
une superbe rivière à
ombres !
Informations et réservation :
www.fishing-adventure.fr
Tél. : 06 12 08 07 61.

Goumois : le Moulin du Plain est ouvert

Tél. : + (33) 3 81 44 41 99
E-mail : moulinduplain@orange.fr
Réservations : www.moulinduplain.fr
13

Actualités
Fly Tying Home Concept, l’armoire de montage
Après son Fly Fishing Home Concept, l’armoire de pêcheur à
la mouche, Sébastien Walker, lance un nouveau produit, dédié
au montage de mouches. Cette armoire/bureau à monter soimême permet de ranger tout son matériel et de monter ses
mouches avec un maximum d’efficacité. L’idée du Fly Tying
Home Concept émane du constat que beaucoup de monteurs
ne disposent pas d’un espace adapté pour se mettre rapidement en action (sans passer par de longs préparatifs) et stocker efficacement leur matériel de montage. Ce meuble/bureau permet d’organiser son rangement et de laisser en place
son étau et son matériel une fois la session terminée.

Détails techniques :
– dimensions: 1,6 x 1,2 x 0,50 m (HxLxP)
– panneaux de particules en épaisseur 16 mm
(sauf plan de travail en 28 mm)
– fond en panneau de fibres de bois (2,5 mm)
– feuille décor chêne blanchi structuré (pour la première
série, d’autres finitions pourront être proposées).
– 6 tiroirs sur coulisses à amortisseurs
– surface de travail: 1,0 x 0,50 m
(+ 0,20 m x 0,30 m disponible sur le côté droit)
– nombreux rangements intérieurs (3 rangées d’étagères,
profondeur 30cm et 15cm pour celle du bas)
– trou passe-câble au niveau du plan de travail pour votre
lampe
Prix conseillé : 480,00 euros + frais de port
Le tout est fabriqué et conditionné en Alsace et vous sera expédié en 3 colis avec le kit de quincaillerie complet et la notice
de montage détaillée. Afin de sonder le marché et lancer le
projet rapidement, Sébastien Walker a opté pour un financement participatif (crowfunding) sur kisskissbankbank.
Vous trouverez tous les détails en suivant ce lien:
www.kisskissbankbank.com/l-atelier-du-monteur-de-mouches–2

Sébastien Walker, Flyfishing Home Concept,
3, rue du général de Brauer. F-67560 Rosheim.
www.flyfishing-homeconcept.com
Tél. : 06 60 36 88 30.

Pêche aux leurres : à chacun son championnat !
Les championnats de pêche aux leurres sont un excellent moyen pour progresser, mais c’est aussi la convivialité de ces rencontres au bord de l’eau qui fait
que quelques années après les premières compétitions “sérieuses” organisées
dans notre pays, la Fédération Française des Pêches Sportives (FFPS) compte
aujourd’hui près de 700 pêcheurs inscrits dans les circuits de Street Fishing,
pêche en float-tube ou les rencontres en bateau. Toutes les dates et toutes les
formules sont disponibles sur le site de la FFPS.
www.ffps-carnassiers.fr

Soutenez le Collectif SOS Loue et Rivières Comtoises
Faites un don
Soutenir SOS LRC, c’est soutenir un
COLLECTIF qui se bat pour la défense des rivières
en Franche-Comté.
Soutenir SOS LRC, c’est donner les moyens financiers
pour rester indépendant et soutenir les bénévoles qui
luttent au quotidien contre les pollutions qui affectent
nos rivières et menacent notre ressource en eau.
Soutenir SOS LRC, c’est militer pour laisser
aux générations futures le droit d’avoir
un environnement de qualité.
Infos et dons en ligne sur www.soslrc.com

14

BIENVENUE DANS LA NOUVELLE
BOUTIQUE DE PÊCHES SPORTIVES
Les livres, c’est bien, mais il y a toujours un moment où il faut passer aux travaux pratiques.
Désormais, vous pouvez acheter autre chose que des livres sur la BOUTIQUE Web de Pêches sportives. Pour
autant, nous ne souhaitons pas devenir un vrai site de vente par correspondance. Notre projet est seulement
de donner un prolongement à ce que nous écrivons dans le journal. On vous parle de mouches à longueur
d’année. Et il est, certains d’entre vous nous l’ont dit, quelquefois difficile de faire son choix.
Eh bien, nous avons décidé de lancer, en collaboration avec Alain Barthélémy (AB Fly), les sélections Pêches
sportives pour toutes les techniques de pêche à la mouche.

64,50 €
Réf. : 229 235

la boîte
de 18 mouches

Le cycle de la mouche de mai :
• six modèles de la larve au spent pour coller à
l’éclosion du moment. Mouches montées par
Alain Barthélémy (AB Fly) proposées dans une
boîte de 18 mouches (3 par stade).
• Mouches non vendues au détail.
Toutes les mouches AB Fly sont montées sur des
hameçons Tiemco.

Bon de commande en page 81
Ou à commander sur : www.peches-sportives.com

15

67,50 €

La Fressane de Philippe Boisson : la célèbre nymphe de trichoptère enfin disponible
dans sa version originale. 18 mouches, deux tailles, 16 et 18 et trois lestages : pas de lestage
(fil de montage noir), cinq tour de fil de plomb (fil rouille), dix tours de fil de plomb (fil vert).

la boîte de 18 mouches
Réf. : 229233

Une sélection de 18 mouches sèches et émergentes de la collection AB Fly. Des modèles
qui font toute la réputation de la collection d’Alain Barthélémy. Hameçons 14, 16, 18 et
20 selon les modèles.

la boîte de 18 mouches
Réf. : 229236

Une sélection de 18 nymphes de la collection AB Fly parmi les incontournables de cette
collection réputée. Permet de pêcher la truite à vue durant toute la saison.
Hameçons n° 16 et 18.

la boîte de 18 mouches
Réf. : 229234

Assortiment de 6 mouches à saumons pour découvrir cette pêche. Sélection adaptée aux eaux
françaises (Bretagne), à l’Irlande, l’Ecosse ou l’Islande. Hameçons n° 10 à 4 selon les modèles.

62 €

67 €

49 €

la boîte de 6 mouches
Réf. : 229237

Bon de commande en page 81
Ou à commander sur : www.peches-sportives.com
16

Un assortiment de 6 mouches à brochet parmi les meilleures pour la pêche de ce carnassier.
Tailles maxi 20 cm, faciles à lancer.

Un assortiment de 6 mouches mer pour la pêche côtière et notamment pour la pêche du bar.
Tailles 6 à 15 cm.

Une boîte “réservoir” de 18 mouches pour faire face à toutes les situations courantes.
Idéale pour découvrir la pêche en réservoir. Pêche légère avec de petites mouches
et pêche au streamer. Tailles 16 à 6.

66,50 €

L’assortiment de 6 mouches
Réf. : 229240

46 €

L’assortiment de 6 mouches
Réf. : 229239

77,
50 €
la boîte

de 18 mouches
Réf. : 229238
17

Les cannes
Pêches sportives
A force d’analyser les qualités et les caractéristiques des cannes
à mouches, nous avons décidé de lancer les nôtres, dans l’esprit
de ce qui nous plaît.
Deux cannes seulement, sélectionnées par Philippe Boisson et
montées en exclusivité pour les lecteurs de Pêches sportives par
Zéro Limite.

Cannes Pêches sportives
Modèles Progression
Action progressive. Canne sélectionnée pour sa polyvalence, qui convient
pour la pêche à la nymphe à vue ou au fil et la pêche à la mouche sèche.
Action plutôt douce, compatible avec les pêches les plus fines. Grande rapidité de mise en action qui permet de sortir un long bas de ligne facilement.
Canne sobre, qui ne brille pas. Poignée assurant une bonne prise en main.
Porte-moulinet et anneaux titane Pacific Bay. Livré en tube rigide compartimenté. Fortait en cas de casse d’un brin : 60 euros.
Une vidéo de présentation est disponible sur notre site Internet www.pechessportives.com
Modèle présenté : 9’ # 4/5 en 4 brins.
Ce modèle est désormais disponible en 9’ # 5/6 en 4 brins.

431,10 €
Réf. : 229 231

Bon de commande en page 81
Ou à commander sur : www.peches-sportives.com
18

Cannes Pêches sportives
Philippe Boisson signature
“La canne dont j’ai toujours rêvé ! Ce blank est un modèle d’équilibre et de
progressivité sans le moindre “rebond” ou section délicate à contrôler durant
le lancer. Il permet de pouvoir entrer en action de pêche rapidement et de réaliser le lancer et le poser souhaité très naturellement. Ces deux modèles de
cannes, identiques, mais de puissances différentes permettent de rapidement
obtenir de la vitesse et une excellente pénétration de la soie et du bas de ligne
dans l’air et le vent. Elles conviennent pour les pêches fines d’aujourd’hui avec
de longs bas de ligne. Le modèle pour soie n° 6 est éprouvé pour les gros poissons ou les pêches à la mouche sèche en grande rivière lorsqu’il faut lancer
loin. Le modèle pour soie n° 5, très agréable, est particulièrement adapté à la
pêche de tous les jours où il apporte confort et légèreté. Ces deux modèles
sont devenus mes cannes exclusives pour la pêche à la nymphe et à la mouche
sèche (à utiliser avec une soie Lee Wulff Triangle Taper n° 5). Plutôt adepte des
cannes en deux brins depuis longtemps, je dois reconnaître que ses quatre éléments se font totalement oublier.”
Ph B.
Blank “green forest”, mat, qui ne brille pas. Anneaux titane très haute qualité qui
ne vibrent pas et ne s’usent pas. Porte-moulinet à vis avec insert carbone. Poignée qui offre une bonne prise en main pour plus de précision (différents diamètres et formes possibles). Livré en tube compartimenté. Montage Daniel
Guyot (Zero Limite). Forfait en cas de casse d’un brin : 60 euros.
Philippe Boisson signature 9′ # 5 en 4 brins.
Philippe Boisson signature 9′ # 6 en 4 brins.

780 €
Réf. : 229 241

19

Echo du radier

Pour 0,1% de production électrique en plus,
la continuité écologique remise en cause
Le lobby de l’hydroélectricité a réussi son coup : faire modifier la loi qui encadre les suppressions et arasements de
seuils. Histoire d’un hold-up qui remet en cause l’autorité de l’État et démontre, si besoin était, que dans notre beau pays,
la protection de l’environnement et en particulier des cours d’eau n’intéresse malheureusement pas grand monde.

Le 15 février 2017, le Sénat a
définitivement adopté le projet de loi voté par l’Assemblée
nationale le 9 février précédent, ratifiant deux ordonnances relatives à l’autoconsommation d’électricité et
à la production d’électricité à
partir de sources d’énergie
renouvelable. Cette loi, qui,
lorsque vous lirez ce journal
sera entrée en vigueur, sera
inscrite au Code de l’environnement sous l’article L 21418-1 ainsi rédigé :
“Les moulins à eau équipés
par leurs propriétaires, par
des tiers délégués ou par des
collectivités territoriales pour
produire de l’électricité, régu20

lièrement installés sur les
cours d’eau, parties de cours
d’eau ou canaux mentionnés
au 2° du I de l’article L 21417, ne sont pas soumis aux
règles définies par l’autorité
administrative mentionnées
au même 2°. Le présent article ne s’applique qu’aux
moulins existant à la date de
publication de la loi n° du ratifiant
les
ordonnances
n° 2016-1019 du 27 juillet
2016 relative à l’autoconsommation d’électricité et
n° 2016-1059 du 3 août
2016 relative à la production
d’électricité à partir d’énergies renouvelables et visant à
adapter certaines disposi-

tions relatives aux réseaux
d’électricité et de gaz aux
énergies renouvelables”.
Ce texte aux multiples interprétations possibles modifie,
en l’aggravant, la loi sur l’eau
(LEMA) du 30 décembre
2006 : il prévoit désormais
que les “moulins à eau existant régulièrement” (qui bénéficient d’une autorisation
ou d’un droit fondé en titre) à
la date d’application de la loi
et qui sont situés sur un cours
d’eau classé au titre de l’article L 214-17 I 2° (Liste 2. Voir
encadré) du Code de l’environnement, sont dispensés
des obligations de rétablissement du transit sédimentaire

et pisciaire. Ces obligations
pouvaient jusqu’alors leur
être imposées par l’administration et par l’ONEMA, devenu Agence Française pour la
Biodiversité le 1er janvier 2017,
qui aurait pu connaître un
meilleur accueil de la part des
Amis des Moulins !
Ceux qui ont des intérêts directs à utiliser la force de
l’eau ont réussi à faire pression sur les sénateurs au
moyen d’un long travail de
lobbying aidé par quelques
éminents “scientifiques” à
l’intégrité et l’indépendance
plutôt contestable. Au Sénat,
il ne manquait que le climato-septique Claude Allègre

Les pêcheurs sont pour une
part opposés aux suppressions
de seuils, ce qui fait le jeu de
l’hydroélectricité. Le 15 février
dernier, les défenseurs de la
biodiversité ont perdu la bataille.

pour mieux faire passer la pilule, mais ce ne fut pas nécessaire.
Les pico et micro-électricité
ne couvrent que 0,1 % des
besoins globaux en France.

nom de la transition énergétique (avec l’argent du contribuable). Elle a un impact très
négatif sur les cours d’eau, à
l’origine du vaste programme
national d’arasement et de

Le débat de fond, le plus souvent proche
de la discussion de comptoir,
n’est finalement lié qu’à la conscience
et à la vision propre à chaque individu
de ce qu’il considère être la “nature”.

Cette production aussi ridicule qu’insignifiante est subventionnée par l’Ademe au

dérasement de certains seuils
(rabaissement ou suppression) mis en place dès 2006.

Mais quelques intérêts privés
ont malmené l’autorité de
l’État qui cède une nouvelle
fois à ce genre de pression
(souvenons-nous de l’affaire
des barrages de la Sélune).
C’est quoi la nature ?
Plus regrettable encore est
l’attitude d’un bon nombre de
pêcheurs, naturalistes amis
des canards dégénérés et
même – c’est plus gênant d’ardents défenseurs des
cours d’eau qui ne comprennent pas l’enjeu de la démarche ou pire la contestent.
Le débat de fond, le plus souvent proche de la discussion
de comptoir, n’est finalement

lié qu’à la conscience et à la
vision propre à chaque individu de ce qu’il considère être
la “nature”. C’est sur cette
question de définition, qui a
fait les affaires des Amis des
Moulins, que l’hydrobiologiste Christian Lévêque a débuté son intervention au Sénat. A quoi veut-on se référer ?
A la rivière d’il y a deux siècles,
à celle du début du siècle dernier ou d’il y a seulement une
cinquantaine d’années ? Peu
importe, ce n’est pas parce
qu’il n’existe quasiment plus
de rivières sauvages en France
qu’il faut arrêter de défendre
toutes celles qui sont altérées.
De même, la continuité écologique n’est pas qu’un moyen
de calmer le populo qui devra
se contenter de cours d’eau
qui évacuent la merde plus
rapidement qu’avant. Et il n’a
d’ailleurs jamais été question
de supprimer tous les seuils
aveuglément. Plus de 70 000
obstacles transversaux sont
recensés dans notre pays.
Une infime partie seulement
est concernée.
Mais tout ce qui peut être fait
pour améliorer l’état des
cours d’eau va dans le bon
sens écologique. Rappelons
que le retour du “bon état”
est une obligation légale (directive européenne sur l’eau),
ratée dans bien des cas à
l’échéance initiale de 2015,
mais qui est toujours en
cours.
Tout le monde ne voit pas forcément en quoi les sédiments sont nécessaires au
bon fonctionnement des
cours d’eau, en quoi la
mosaïque d’habitats est
si importante pour les pois21

Echo du radier

Un petit seuil sur la haute Valserine. On remarque qu’en amont,
les sédiments ont comblé la presque totalité du volume disponible.

Il est étonnant que certains pêcheurs, y compris à la mouche, ne
comprennent pas que comme tous les animaux sauvages, les populations d’invertébrés se portent d’autant mieux que l’espace à
leur disposition est grand, varié au niveau des profils d’écoulement
et des types d’habitat pour tous les stades de développement. Plus
encore que les poissons, les invertébrés disparaissent à très
grande échelle (espèces et nombre). Les pêcheurs ne voient souvent que les poissons et uniquement de l’endroit qu’ils pêchent…

sons comme pour les invertébrés. Ça ne saute pas aux
yeux de celui qui n’a pas un
minimum de connaissances.
Ni pourquoi (là, c’est plus
grave) des poissons et des
invertébrés coincés entre
deux seuils dans des micro-espaces ne peuvent se
développer qu’en micro-populations, consanguines de22

puis longtemps en ce qui
concerne les poissons.
La défense des milieux
libres, riches et variés n’est
pas une vague philosophie
de comptoir moralisatrice
mais se réfère à des connaissances, au refus d’une dégradation générale que seuls les
esprits intéressés méprisent.
Mais elle ne concerne que

ceux qui ont envie de revoir
des cours d’eau plein de vie,
ce qui n’est pas le cas de tout
le monde. J’en reviens aux
canards dégénérés comme
on en voit dans toutes les
villes, aux chevesnes que les
passants – qui en observent
des
bancs
entiers
confondent avec les truites
et aux moustiques qui remplacent de plus en plus les
éphémères. En effet, dans ce
tableau malheureusement
commun, seuls nos canards
domestiqués (à l’origine, le
canard colvert est un grand
migrateur) ne sont pas
concernés par un phénomène lié aux seuils et qui, à
lui seul, peut faire basculer
une rivière dans un autre
monde où les espèces les
plus sensibles ont disparu. A
lui seul donc, le facteur thermique est aujourd’hui plus
qu’hier déterminant. Les petits seuils ralentissent le cours
de l’eau, qui, en été, chauffe
anormalement. Entre l’amont
et l’aval, il n’est pas rare de
constater jusqu’à deux degrés d’écart et cela indépendamment d’un réchauffement climatique sans doute
bien réel, mais qui endosse
un peu trop souvent la responsabilité de bien des ef-

fets purement anthropiques.
Le réchauffement climatique
est alors idéal pour dédouaner les responsables (une
pratique qui a un bel avenir).
La vie dans les rivières se
concentre de plus en plus
vers l’amont, c’est flagrant
dans tout le pays. Sous un
barrage infranchissable, la
vie des espèces sensibles
n’est plus possible. Passés
20 °C, le mal est fait. La température de 25 °C étant létale pour les truites et les
ombres. C’est surtout les régions continentales, très
chaudes en été qui se
trouvent en première ligne et
cela correspond à la grosse
moitié Est du pays.
Les causes de l’élévation
de la température de l’eau
Dans son mémoire Cours
d’eau de Franche-Comté, recherches écologiques sur le
réseau hydrographique du
Doubs, présenté le 10 Novembre 1973 à la faculté des
sciences de Besançon, Jean
Verneaux (décédé fin février
à l’âge de 80 ans), qui allait
devenir une véritable référence nationale en hydrobiologie durant toute sa carrière, écrivait à propos du
facteur thermique : “L’intervention privilégiée de la
température à l’échelle du
bassin confirme les opinions
précédemment
mentionnées, ainsi que les nombreux
travaux mettant l’accent sur
le rôle essentiel du facteur
thermique dans la micro-distribution des espèces le long
d’un réseau lotique (…). Le
rôle écologique de ce paramètre apparaît comme une
expression synthétique de
ses diverses interventions
dans la biologie et la physiologie, non seulement des espèces mais de l’écosystème
lui même dont le métabolisme est à étudier en liaison
avec les cycles thermiques

En Normandie, des dizaines de seuils ont été arasés ou effacés
depuis 2006. Dans les cours d’eau à poissons migrateurs, la
continuité écologique est une évidence. En quelques années, ces
petits fleuves et leurs affluents reprennent vie. L’ensemble de la
vie dans ces cours d’eau (invertébrés, poissons) a profité de la
liberté retrouvée, de l’accès aux zones amont pour la fraie, etc.
Les mêmes effets peuvent être constatés ailleurs, dans d’autres
régions, loin du littoral.

aux différents niveaux typologiques (…). Les divers aspects du rôle de cette composante dans la biologie et
la distribution des espèces
d’eau courante ont été cependant examinés par de
très nombreux auteurs et il

n’est guère de travaux en ce
domaine qui ne mentionnent
l’action prépondérante de ce
paramètre, les plus récents
s’attachant à l’étude continue
des cycles en précisant l’intervention du facteur temps
(…)”.

En une cinquantaine d’années, la typologie des cours
d’eau à bien changé. Décrite
par différents spécialistes depuis 1909 (Léger, Huet,
Hesse, Thienemann, Arrignon), la typologie consiste
en un découpage des cours
d’eau en fonction des espèces de poissons tout au
long du linéaire. On trouve
donc en amont la zone à
truites, en aval la zone à
ombres, puis la zone à barbeaux, et encore en aval les
espèces d’eaux calmes et
plus chaudes comme la
carpe, le gardon, etc. La tem-

pérature de l’eau joue un rôle
essentiel dans cette répartition, qui, dans un cours d’eau
en bon état, est tout aussi liée
à l’habitat, à la pente, à l’altitude. Mais de nos jours, le
facteur thermique a droit de
vie ou de mort. Quand elles
ne peuvent pas remonter
vers les sources, les espèces
d’eau froide disparaissent.
Les défenseurs des seuils se
réfèrent toujours au passé.
Les seuils sont là depuis très
longtemps et les truites y
vivent. C’est toujours plus ou
moins vrai sur les zones
amont, mais faux en aval dès
que la température devient
un problème. Ceci parce que
notre mode de vie a bien
changé. Les rivières ne
tiennent plus les crues. Les
champs sont drainés, les
zones humides sont réduites
à des confettis, la consommation d’eau augmente et le climat change, y compris dans
des régions comme la Normandie ou la Franche-Comté,
d’ordinaire si arrosées et qui
connaissent depuis quelques
années des périodes de plusieurs mois sans une goutte
d’eau (flagrant depuis cinq
ans et pas uniquement en
zone continentale). Dans les
rivières en étiages prolongés,
la pollution algale augmente
(agriculture, assainissement
défaillant). L’effet du soleil sur
des algues vert foncé est immédiat et le thermomètre
s’emballe inévitablement.
Ne pas confondre
causes et effets
Les seuils ne sont donc pas
responsables des pratiques
agricoles, des réseaux d’assainissements qui fuient de
partout, des lingettes qui
bouchent les filtres des STEP,
mais dans bien des cas, leur
simple présence accentue
la température. A coup de
0,3 °C par ci, 0,8 °C par là,
c’est comme cela que l’on
23

Echo du radier

© CPSFV

Les rivières qui ne souffrent
pas d’atteintes physiques
irréversibles (ici, le Rognon en
Haute-Marne) disposent de
seuils et de fosses naturelles
et cela suffit à leur équilibre.
Les seuils artificiels n’ont pas
été construits dans un but
écologique, ne l’oublions pas !
En dessous : Georges
Massia, Gérard de
Chamberet et Léonce de
Boisset dans les environs
de Charette (les Mouches
de Charette, ça ne vous dit
rien ?), à environ 350 km en
aval des sources du Doubs.
On y pêchait l’ombre jusque
dans les années 1950 !
Aujourd’hui, la température
de l’eau en été à cet endroit
n’est plus du tout compatible
avec ce genre d’espèce. Si
les seuils artificiels ne sont
pas les seuls responsables
de ce changement, leur rôle
dans le réchauffement de
l’eau est avéré, quantifié
dans de nombreuses études.

voit des cours d’eau qui se
trouvent très altérés à
quelques kilomètres seulement de leur source. Un ami
agent de l’environnement à
l’AFB qui a travaillé auparavant au CSP, puis à l’Onema
me faisait remarquer récem-

ment que le village de Charette (devenu Charette-Varennes depuis), qui a donné
son nom aux Mouches de
Charette, est situé sur le
cours du Doubs en Saône-etLoire, à plus de 350 km de la
source du Doubs ! Gérard de

Chamberet et ses amis y pêchaient l’ombre jusque dans
les années 1950-60. Les
ombres ont totalement disparu depuis longtemps de
cette zone courante du
Doubs dont la température
de l’eau en été dépasse de

La définition des deux listes de cours d’eau
concernées par l’article L 214-18-1 est la suivante :
La liste 1 : “Une liste de cours d’eau, parties de cours d’eau ou canaux parmi
ceux qui sont en très bon état écologique ou identifiés par les schémas directeurs d’aménagement et de gestion des eaux comme jouant le rôle de réservoir biologique nécessaire au maintien ou à l’atteinte du bon état écologique
des cours d’eau d’un bassin versant ou dans lesquels une protection complète des poissons migrateurs vivant alternativement en eau douce et en eau
salée est nécessaire, sur lesquels aucune autorisation ou concession ne peut
être accordée pour la construction de nouveaux ouvrages s’ils constituent un
obstacle à la continuité écologique”.
La liste 2 : “Une liste de cours d’eau, parties de cours d’eau ou canaux dans
lesquels il est nécessaire d’assurer le transport suffisant des sédiments et la
circulation des poissons migrateurs. Tout ouvrage doit y être géré, entretenu
et équipé selon des règles définies par l’autorité administrative, en concertation avec le propriétaire ou, à défaut, l’exploitant”.
(Source Légifrance)

nos jours largement les
25 °C. L’espèce est aujourd’hui menacée sur le
cours du Doubs franco-suisse, là où elle est encore présente, 250 km en
amont du village de Charette-Varennes.
Les pêcheurs doivent comprendre que les effacements
de seuils ne servent pas qu’à
faire remonter des poissons.
Vu le climat politique actuel
à l’aube de l’élection présidentielle de mai, dont aucun
candidat parmi les quatre ou
cinq les plus populaires ne
parlent, ni même n’évoque
la défense de l’environnement, il est heureux de savoir que des centaines de
seuils ont d’ores et déjà été
arasés ou dérasés en France
ou sur le point de l’être. C’est
toujours ça de pris même si
ça ne suffira certainement
pas pour redonner aux rivières leurs qualités d’antan.
Ph. B.

24

Micro-centrales dans les parcs nationaux, un non sens !
Alors que le Nant Bénin, un torrent situé dans le parc national
de la Vanoise vient d’être labellisé Rivières Sauvages, un projet
de micro-centrale hydroélectrique remet en cause ce label
dont le ministère de l’Environnement est partenaire. Il a été
créé à l’initiative du WWF et ERN France (European Rivers
Network) pour faire face aux menaces qui pèsent sur les dernières rivières sauvages, soit moins de 5 % des cours d’eau en
France.
Le Nant Bénin représente donc à ce jour le neuvième cours
d’eau labellisé Rivières Sauvages de France.
Quel que soit le lieu, la micro-électricité est une aubaine pour
les propriétaires : achat obligatoire de leur production par EDF
à prix renforcé pendant 20 ans (prix d’achat du marché à environ 30 euros/MWh, prix d’achat obligatoire environ 60). Une
manne qui permet d’amortir les installations en 5 ou 6 ans
pour ensuite engranger pendant des décennies. Vu comme
cela, l’énergie renouvelable est miraculeuse.
A propos de tels systèmes de subventions, un commentaire
du président de la République le 9/9/2013 montre au moins
qu’il est au courant : « des effets d’aubaines, des gâchis des
deniers publics et des comportements spéculatifs (…). Une
éventuelle surestimation des coûts de production de la filière
par les pouvoirs publics lors de la fixation du tarif assure aux
investisseurs une rentabilité très élevée qui peut déclencher
une bulle spéculative. » (source : Commission de régulation
de l’énergie).
Pour l’association Nant Sauvage, il n’est pas d’utilité publique
d’abandonner à une compagnie privée (ou/et à but lucratif, et
pour 60 ou 80 ans !) la souveraineté sur notre patrimoine
naturel, lequel en ce qui concerne la commune de Peisey
reste encore aujourd’hui préservé, on peut même dire exceptionnel, ce qui devient de plus en plus rare et précieux pour
les générations futures. De plus, la continuité et la cohérence
avec le parc national de la Vanoise en multiplie la valeur (et
réciproquement), en particulier pour le tourisme d’été appelé
à se développer, entraînant des activités socio-économiques
de loisir : pêche, randonnée, photos, baignade. Le SCOT Tarentaise, document juridique opposable, met en priorité la
sauvegarde du capital nature.
Le Nant Bénin, un des tout derniers torrents sauvages de nos
montagnes, proche de l’état naturel ne doit pas couler dans
un tuyau. Le Nant Bénin est inscrit par trois fois dans des
zones de protection de la nature : ZNIEFF II, ZICO, Parc National et a reçu le label Rivières Sauvages en janvier 2017.
Une pétition est en cours. Nant Sauvage :
torrentdesesserts@gmail.com
Soutenez Rivières Sauvages !
Les rivières meurent dans l’indifférence quasi générale. European Rivers Network, association d’intérêt général, est le porteur et gestionnaire du projet Rivières Sauvages, une des très
rares associations à s’opposer aux pressions des lobbys et des
aménageurs qui servent des intérêts privés aux dépens du
bien commun.
www.rivieres-sauvages.fr

Le Nant Bénin, un cas typique de torrent qui présente toutes les
conditions pour produire de l’électricité. Mais nous ne sommes
plus au Far West… Enfin, en théorie, car les acteurs du projet
mettent en avant la transition énergétique, avec les 23 % d’énergie renouvelables dans sa consommation finale que la France
doit trouver pour 2020.
25

Technique

“Magic ring”,
la nymphe
qui ne drague pas !

La nymphe qui ne drague pas existe, nous l’avons rencontrée !
Elle vous permettra d’envisager vos dérives sous un autre angle
et de provoquer des réactions surprenantes… à condition de savoir
la monter et de posséder son mode d’emploi !
Par Jean-Christian Michel
26

Une nymphe très
particulière au bout
de la gueule d’une truite
sauvage de taille
très respectable.

U

n peu d’observation
pour
commencer.
Dans une rivière, si
nous considérons la
façon dont les proies des poissons
évoluent lorsqu’elles sont consommées, nous pouvons constater qu’il
existe globalement deux types de
déplacements et donc deux positions des proies potentielles.

Premier cas : les larves d’éphémères et les gammares qui évoluent près du fond se déplacent
selon un plan horizontal. Que ce
soit en rampant sur le sable ou en
effectuant des sauts de puce entre
les galets, ces petites bestioles
passent la majeure partie de leur
vie en se déplaçant ainsi et les poissons les chassent et les picorent

entre les galets sans attendre le moment de leur émergence (rappelons que l’émergence d’un éphémère ne dure que quelques
minutes alors que sa vie au plus
près du fond peut durer jusqu’à
trois ans…). Evidemment, il en va
de même pour les alevins et les petits poissons, qui eux aussi évoluent selon un plan horizontal.
27

Technique

Un modèle en dubbing, simple mais efficace. La nage en zig-zag de la nymphe joue avant tout sur l’attaque
réflexe sur une proie en panique qui cherche à fuir. C’est un principe bien connu des pêcheurs aux leurres.
Le leurre hybride en élastomère Lucky Craft Slur est conçu sur le même principe. Le modèle 90 mm fait des
écarts latéraux très rapides de plus de 70 cm ! C’est le positionnement en arrière de la tête du point de
fixation et la position du lestage interne qui déterminent la nage.

Second cas : le plan vertical. Ce
cas est le plus connu des pêcheurs à la mouche : c’est celui
des nymphes qui sont emportées par le courant alors qu’elles
regagnent la surface pour émerger, c’est aussi le plan de déplacement d’une bestiole qui
tombe à l’eau et coule peu à peu
vers le fond comme c’est le cas
en période de crue (vers de
terre). L’animal est entrainé par
une veine d’eau, mais qu’il
émerge ou qu’il coule, il évolue
selon un plan vertical : il monte
vers la surface ou descend vers le
fond. Toute la pêche en nymphe
à vue repose sur ce constat : il
faut faire évoluer sa nymphe
28

dans la bonne veine d’eau. Elle
peut couler librement ou être
animée pour évoquer une lente
ascension vers la surface mais
elle doit évoluer dans ce plan
vertical et ne pas trop s’en écarter sous peine de refus.
Diagonale interdite !

Car si certaines proies se déplacent horizontalement et
d’autres verticalement, remarquons (si nous exceptons les alevins en fuite.) qu’aucune proie
quelle qu’elle soit n’évolue en
diagonale dans les courants…
Or, ce mouvement en diagonale
est précisément celui qui est
produit lorsque le pêcheur ma-

ladroit ou mal placé effectue
une mauvaise dérive et que son
bas de ligne qui a été posé trop
tendu est entraîné par le courant. Le mouvement de la
nymphe artificielle se trouve
alors contraint par le nylon. La
mouche est bridée puis remorquée par le bas de ligne qui effectue ce mouvement en diagonale si caractéristique que l’on
nomme dragage et que les poissons savent percevoir, reconnaître et refuser. Tout l’art de la
pêche à la nymphe est de parvenir à maîtriser ses dérives pour
faire couler son artificielle à la
bonne profondeur, la faire évoluer discrètement et naturelle-

ment et au final neutraliser ce
dragage qui transforme la plus
belle des nymphes en épouvantail aux yeux des poissons.
Mouvement de la nymphe
et position de l’hameçon

Le mouvement d’ensemble de
la nymphe se traduit également
par la position de l’hameçon
dans l’eau. Lorsqu’il coule librement, sa position est plutôt verticale, alors que lorsqu’il est ramené à la façon d’un streamer,
sa position est horizontale. Or,
si nous considérons qu’un hameçon ne peut pas couler librement et se tenir à l’horizontale,
nous pouvons comprendre que
le pêcheur à la nymphe se prive
donc de faire évoluer son leurre
dans un des deux plans qui intéressent les poissons. Pour le pêcheur à la nymphe, le plan horizontal est une terre inconnue à
conquérir !
Je me suis longtemps demandé
comment faire pour que mes
nymphes puissent évoluer ainsi
afin de surprendre des poissons
qui voient toujours passer des
nymphes qui se tiennent sur un

plan vertical. Il y a quelques saisons de cela, j’avais présenté
dans Pêches Sportives un petit
streamer à longue queue monté
sur un hameçon n°18 et dont
les longs cerques en coq permettaient à ce mini-leurre de
couler à l’horizontale lors d’un
posé détendu. Ce modèle ultra
léger est dans ma boite depuis

çon n°18 en y ajoutant quelques
enroulements de fil de plomb,
on connaît le même problème…
Le petit truc que je vous propose d’expérimenter dans cet
article ne remplacera jamais
une bonne approche et une
bonne dérive mais, dans certains cas, il permet de présenter

L’idée est simple : il s’agit de désolidariser
l’hameçon du nylon au moyen d’un microanneau afin que le leurre reste libre même
lorsqu’il est bridé par le fil
des années et lorsque les truites
se gavent d’alevin au début de
l’été près des bordures, je ne
jure que par lui. Malheureusement, le point d’équilibre est
très difficile à trouver et avec un
hameçon n°16, il est impossible d’obtenir une présentation correcte car le poids de
l’hameçon déséquilibre l’ensemble vers l’arrière et lorsqu’on tente de plomber l’hame-

des nymphes artificielles de
grandes tailles ou des micros-leurres qui se tiennent
dans l’eau différemment des
modèles conventionnels et
peuvent entraîner des réactions
surprenantes de la part de poisson qui n’ont jamais vu ce type
de leurres et de comportement.
Avoir une corde de plus à son
arc est quelquefois bien utile.
Ce truc n’est en revanche pas

D’une manière générale, le montage se résume à préserver
la forme élancée qui garantit la nage. L’excès de dubbing
à poils longs freine la mouche dans l’eau et l’empêche
d’évoluer. Ci-contre, un modèle en cire micro-cristalline,
lisse et donc très profilé.

29

Technique

Pas la plus
belle des
nymphes,
mais la seule
à nager de
cette façon !

transposable aux nymphes de
petite taille pour des raisons de
mise en œuvre évidentes.
Une nymphe raccordée
au nylon au moyen d’un
anneau

L’idée est simple : il s’agit de désolidariser l’hameçon du nylon
au moyen d’un micro-anneau
30

afin que le leurre reste libre
même lorsqu’il est bridé par le
fil. La position de l’hameçon
n’est alors plus contrainte par le
nylon, elle ne dépend plus que
du centre de gravité du montage et de la position de son
point d’ancrage.
Pour pêcher dans un plan vertical, avec ce montage, on peut

monter des nymphes conventionnelles qui atténueront le
dragage… mais ne seront pas
beaucoup plus prenantes qu’une
nymphe traditionnelle bien
présentée !
Mais en revanche, on peut surtout monter de grosses nymphes (type larves de mouche de
mai) et des micro-leurres (gros

Les perches
raffolent du
magic ring.
Sa taille
correspond
bien à son
alimentation
et la nage
provoque le
carnassier.
Les grosses
truites ne
détestent pas
non plus…

gammare, mini streamer) qui
pêcheront dans un plan horizontal comme aucun autre
montage ne le permet, évoquant une position de la
mouche artificielle un peu comparable à ce qu’obtiennent les
pêcheurs de carnassiers à la verticale… mais avec des leurres de
seulement 2 ou 3 cm !
La quête de l’anneau
magique…

Pour se procurer des anneaux
suffisamment petits pour permettre le montage de tels mini-leurres, il faut s’orienter vers
le rayon bijouterie et trouver des
chaînettes (bracelets, colliers) en
mailles soudées suffisamment
petites, fines et résistantes. Le fer
avec lequel sont réalisées les
mailles doit être parfaitement
rond. Attention aux mailles
dont le fer est souvent aplati et
sur lequel les nœuds glissent
avec une facilité agaçante ! Une
fois en possession de la chaîne
adéquate, vous n’avez plus qu’à

prélever deux mailles solidaires
d’un coup de pince coupante.
Le premier maillon sera raccordée à l’oeillet de l’hameçon au
moyen d’un fil de laiton, selon
le protocole de montage choisi.
L’autre recevra le nœud et permettra de raccorder la nymphe
au nylon.
L’articulation nymphe/nylon se
fera alors librement entre les
deux anneaux et la nymphe sera
beaucoup moins sujette au
dragage. Selon le protocole de
montage choisi, elle restera en
position verticale ou horizontale
selon la position du point d’ancrage de l’anneau. L’aspect visuel
de la nymphe bridée par le fil
sera ainsi atténué. En revanche,
les vibrations du fil tendu seront
toujours là : l’anneau magique
ouvre des possibilités nouvelles
mais il n’a pas pu être breveté
pour permettre les miracles !
L’armature du montage va nécessiter l’emploi d’un petit hameçon simple à hampe courte,
un brin de fil de laiton ni trop

fin ni trop fort, deux petits anneaux solidaires et une bille en
tungstène.
Cette armature sera ensuite
habillée le plus simplement
du monde, façon pheasant tail,
dubbing ou vinyl.
31

Technique

Le montage magic ring
Pour monter facilement ces artificielles mi-mouches mileurres, le plus simple est de fabriquer un petit gabarit au
moyen d’une planchette sur laquelle seront plantées trois aiguilles qui serviront d’axe.
A titre d’indication, vous pouvez partir des espacements suivants :
Entre la première et la seconde
aiguille : 3 mm
Entre la seconde et la troisième
aiguille : 5 mm
L’espacement est à ajuster afin
de trouver un point d’équilibre

entre le poids de l’hameçon et
celui de la bille en tungstène
pour permettre à l’ensemble
d’évoluer à l’horizontale.
Le protocole de montage n’est
pas très compliqué mais la nécessité d’obtenir des leurres de
petite taille demande d’être précis et méthodique. Les gros
doigts ne seront pas avantagés !
On enfile l’hameçon à hampe
courte, pointe orientée vers le
haut, sur le brin de laiton. Ce
brin de laiton est recourbé en
prenant appui sur l’aiguille arrière, on enfile ensuite les deux

anneaux sur le même brin de
laiton et on l’entoure autour de
la seconde aiguille, on enfile enfin la bille en tungstène et on recourbe le fil de laiton le long du
montage. L’ensemble est ensuite
ligaturé et “cyanolité”. Il n’y a
plus qu’à passer à l’étau. Pour
voir si le montage est bien équilibré, il suffit d’enfiler une aiguille
de montage dans l’anneau et de
voir si l’ensemble ne pique pas
trop vers l’avant ou vers l’arrière.
S’il est nécessaire d’ajuster l’équilibre, le laiton le permet aisément : il n’y a qu’à le tordre.

Quelques exemples de montages :
Danica phaesant-tail (bon)

Faire une armature longue comme décrite ci-dessus (hameçon+ laiton+ anneaux+ petite bille tungsten),
la solidifier par des enroulements de soie de montage et par du vernis ou de la cyano. Réaliser une
longue pheasant-tail maigrichonne avec un thorax et quelques poils de lièvre un peu long en dessous.
Alevin rampant en fil de montage: (très bon)

Faire une ossature plus courte (Hameçon + laiton + anneau + petite bille) et la recouvrir de fil de montage rusty brown. Tremper le tout dans de la cire micro cristalline. (Ça donne un aspect vitreux qui fait
penser à une larve sans fourreau).
Gammare enclume

Faire une ossature courte mais à la place de la bille mettre un corps de gammare tungsten. Fixer un brin
de cuivre à l’avant. Prendre une bandelette de truc en latex pour faire les gammares. Appliquer la bandelette de part et d’autre du corps et rabattre les deux côtés vers l’arrière en cerclant au fur et à mesure
avec le fil de cuivre vers l’arrière. Arrêter le fil de cuivre près de l’hameçon avec la soie de montage.

1.

2.

32

Exemple de montage simple, pas très académique mais suffisant
pour séduire des truites sauvages et difficiles .
1. La chainette minuscule.
2. L’armature en fil de laiton 5 mm de diamètre, l’hameçon
Tiemco 2488 n° 16 et l’anneau (un ou deux selon le volume
de la mouche) .
3. Commencer l’enroulement d’un fil de montage “rusty brown”
8/0.
4. Ligaturer toute la hampe, y compris la partie avant après avoir
enfilé la bille.
5 et 6. Ce sous-corps peut être passé à la résine UV, cyanoacrylate
ou (c’est un essai !) au pansement liquide Urgo Filmogel spécial
crevasse !
7. Le corps est celui d’une pheasant-tail ? Prévoir de longs herls de
queue de coq faisan. Un brin de fil de cuivre ou de tinsel doré
est également placé à la base du corps.

6.

3.

4.
7.

5.

8. Enrouler le faisan pour former le corps.
Le tinsel est enroulé en sens inverse.
9. Le thorax en dubbing de masque de lièvre ne
doit pas être trop fourni et très important,
l’anneau doit rester libre pour ne pas entraver
la liberté de la nymphe dans l’eau.

8.

9.

Une variante avec des cerques en hackle de coq,
un corps en body stretch ou équivalent, un thorax
en dubbing de CDC et une bille orange.
33

Bonnes feuilles

Guerre et pêche

P

endant les combats, la vie continue… pour
les poissons. Et aussi pour les rares audacieux
qui, malgré les dangers de la guerre, n’ont pas
hésité à tremper leur ligne dans l’eau, même
lorsque le cours de la rivière servait de ligne de front.
On a toujours pêché pendant les guerres, qu’elles
aient été grandes ou petites. Pêché pour manger, pêché pour survivre, mais aussi par passion, par goût du
défi ou de la transgression. Et parfois, le miracle s’est
accompli : lorsqu’ils se rencontraient par hasard, les
pêcheurs ennemis « oubliaient » de se tirer dessus.
C’est ce que racontent Ernest Hemingway, Curzio
Malaparte, Pierre Clostermann, Guy de Maupassant
et les autres auteurs réunis par Pierre Affre dans cet
ouvrage et qui ont en commun d’avoir affronté les
affres de la guerre une canne à la main.
Alain Barthélemy, dont tous les pêcheurs connaissent
et apprécient les mouches, a hérité de deux opuscules
à la fois passionnants et émouvants qui sont les livres
écrits en captivité par son grand-père, le capitaine
Jean Barthélemy.
Le capitaine Jean Barthélemy, matricule 12547 MB8,
est l’un de ces officiers que la débâcle de 1940 a jetés
dans un camp de prisonniers, en l’occurrence l’Oflag
XVII A. Le hasard a fait qu’il s’est retrouvé emprisonné avec un autre officier, le capitaine Robert Ravaut,
excellent pêcheur, plus tard auteur d’un livre qui mar-

34

qua son époque, La pêche au lancer en rivière et en
mer, paru en 1946 aux éditions Jacques Vautrin.
Pour vaincre l’ennui et la déprime, les deux hommes,
excellents pêcheurs dans le civil, se sont mis en devoir
de coucher sur deux petits cahiers, l’un consacré à la
truite à la cuillère au lancer léger (Robert Ravaut) et
l’autre à la pêche au coup et à la pêche des carnassiers
(Jean Barthélemy), quelques enseignements et remarques tirés de leur expérience. Le tout, rédigé au
crayon d’une petite écriture fine et régulière, donne
une idée du caractère méthodique des auteurs.
L’intérêt halieutique de ces notes est réel en ce qu’ils
font partie des pionniers de la pêche au lancer léger
et certaines de leurs remarques n’ont pas pris une
ride, même si elles concernent des matériels et des
poissons aujourd’hui disparus. De son grand-père,
Alain Barthélemy a conservé le souvenir d’un
homme froid et un peu distant, mais suffisamment
passionné pour transmettre à son petit-fils, qui ne
l’accompagna que deux ou trois fois… à la chasse, le
virus de la pêche.
Voici un extrait du texte de Jean Barthélemy, consacré
à la pêche des carnassiers et à l’influence de la lune.
Jean Barthélemy, auquel la guerre avait laissé des cicatrices de blessures au bras et à la jambe, est mort à
86 ans. Ses textes sont un peu son testament de pêcheur.

La pêche des carnassiers
Capitaine Jean Barthélemy – Journal (Oflag XVII A, septembre 1940)
La pêche aux carnassiers du
brochet, de la perche, moins attrayante peut-être que celle de
la truite, n’en reste pas moins
une pêche très intéressante,
sportive que l’on pratique précisément à l’époque ou la truite
cesse de donner. Il est possible à
peu près partout de trouver et
de pêcher ces carnassiers qui
empoisonnent si souvent les pêcheurs au coup.

des perturbations qu’ils provoquent sur les coups des pêcheurs de gardons, les carnassiers sont de gros mangeurs de
petits, de moyens et même de
gros poissons.
C’est précisément pour cette
raison qu’il convient de les éliminer en partie là où ils se révèlent trop nombreux. En
1934, à Châlons-sur-Marne,
ayant pris un brochet de

Que le pêcheur n’ayant jamais eu la
curiosité de se rendre au bord de la rivière
par une belle nuit claire de pleine lune y
aille une fois : il constatera que la vie du
poisson se manifeste bruyamment.
S’il est admis à juste raison, je
crois, que les carnassiers sont indispensables dans les cours
d’eau et les étangs pour éliminer
les alevins malingres ou trop
abondants, il n’en reste pas
moins vrai qu’il est souvent nécessaire, indispensable même,
d’en réduire le nombre.
Il est incontestable qu’en dehors

11 livres présentant un ventre
énorme, quelle ne fut pas ma
surprise en couvrant l’estomac
de ce carnassier d’y trouver une
perche de 270 grammes.
La perche, autre carnassier non
moins forte que le brochet,
exerce également de sérieux ravages parmi la gente alevine.
Sur un coup, la perche pro-

voque encore plus de perturbations qu’un brochet, d’abord
parce qu’elle chasse plus souvent, ne colle pas au fond et se
promène généralement en banc
de six, sept, huit et même dix
sujets. La perche n’atteint évidemment pas la taille du brochet, une perche de 4 livres est
déjà un sujet rare, néanmoins la
perche ne doit être laissée qu’en
quantité raisonnable si l’on veut
ménager l’alevin. Il est incontestable que la chair de la perche
est savoureuse, supérieure
même à mon avis à celle du brochet et mérite en conséquence
d’être recherchée.
Les carnassiers se pêchent :
1er
au vif
2e
au lancer léger
3e
au lancer lourd
Tenue des carnassiers

Si l’on ne veut pas perdre un
temps précieux, il faut absolument connaître les tenues des
carnassiers.
Comme la truite, les carnassiers
ont des tenues préférées, un habitat particulier.
Le brochet se tient généralement à l’affût le long des her35

Bonnes feuilles

biers, des touffes de roseaux, de
joncs. On le trouve aussi très
souvent le long des buissons,
des arbres immergés auprès des
tourbillons où les petits poissons sont souvent nombreux,
dans les pools (zone un peu en
retrait des grands courants). Ces
endroits sont d’autant meilleurs
qu’ils recèlent de petits herbiers
où le fretin vient chaque jour
chercher sa nourriture.
Vous trouverez le brochet et la
perche en étang également. Le
brochet, le gros brochet se trouve
aussi dans les grands fonds. Il
n’est pas rare en effet d’observer
de bon matin à proximité de ces
grands fonds les chasses de brochets souvent très gros.
Un endroit où l’on trouve également du brochet c’est immédiatement en amont ou en aval des
barrages. Un autre endroit excellent est la jonction des cours
d’eau.
Il est bon d’explorer le tour des
piliers de pont où l’on trouve de
beaux brochets.
Dans les cours d’eau peu profonds, mais très larges, le brochet délaisse les refuges des rives
pour se contourner au milieu de
36

la rivière. C’est ainsi que dans
l’Allier, aux environs d’Issoire,
en août 1937, il m’est arrivé
d’attraper des douzaines de brochets qui se tenaient au milieu
de la rivière sous 40 centimètres
d’eau. En principe, là où il y a
des obstacles des refuges d’affût,
il y a du brochet.
Les tenues de la perche sont un
peu différentes de celles du brochet. S’il est certain que la
perche aime les refuges, herbiers, obstacles buissons, arbres
immergés, elle aime également
et surtout les gravières, les rochers, les rebords abrupts, des
rives fortement battues par le
courant.
La perche, moins sédentaire que
le brochet, se promène en banc
de quatre à douze sujets de
tailles diverses, aussi en trouvet-on un peu partout.
Il est fréquent de trouver de très
grosses perches près des gros rochers ou des piliers de ponts.
En un mot, la perche est facile à
trouver et même très facile à attraper. Il importe toutefois que
le pêcheur de carnassiers soit
observateur, qu’il étudie leur activité le matin et le soir, leur fa-

çon de chasser soit du large vers
les rives, soit des rives vers le
large à tel ou tel endroit.
Influence des vents,
de la lune et des nuages
sur la pêche au coup

Tous les temps soin loin d’être
favorables à la pêche au coup. Il
existe en effet de nombreux éléments néfastes et perturbateurs
qu’il est bon de connaître, car ils
empêchent bien sûr le pêcheur
au coup de réussir.
Parmi les éléments perturbateurs,
nous trouvons les vents, la lune,
les nuages, le soleil, les mouvements de l’eau, les crues, etc.
a) Le vent, indépendamment de
son action mécanique sur la
ligne, sur le flotteur qui danse
sans cesse du fait des vagues,
ligne chassée sur la rive, le
vent dans certaines régions a
une influence bonne ou
mauvaise suivant qu’il vient
d’une direction ou d’une
autre ; là, les vents du nord
sont néfastes, ailleurs, ils sont
excellents. Les pêcheurs avertis feront bien de se renseigner auprès des pêcheurs du

pays en ce qui concerne les
vents favorables ou défavorables.
b) La lune : elle est incontestablement l’élément qui apporte les plus grosses perturbations. On voit souvent au
bord de la rivière que le poisson est capricieux, il est tout
simplement lunatique. Le
poisson, en réalité, est diversement influencé par la lune.
Que le pêcheur n’ayant jamais eu la curiosité de se
rendre au bord de la rivière
par une belle nuit claire de
pleine lune y aille une fois : il
constatera que la vie du poisson se manifeste bruyamment. Il fait clair, le poisson
mange toute la nuit ; allez à
la pêche le lendemain, vous
attendrez longtemps la première touche, à moins toutefois qu’il ne pleuve.
Par une nuit trop noire, nuit
de vieille lune, retournez au
bord de l’eau ; un silence absolu y règne ; allez à la pêche
le lendemain, vous prendrez,
oui, en un coup, plus de
poisson qu’il vous en faut.
Vous trouverez à la page suivante le calendrier du pêcheur, il vaut ce qu’il vaut.
Toutefois, l’ayant moi-même
expérimenté, je puis vous affirmer qu’il est souvent exact
pour toutes les pêches et
pour tous les poissons.
c) Les nuages : ils ont également
une influence indéniable ;
lorsque vous aurez les nuages
annonciateurs de pluie, la
pêche sera bonne, excellente
même. Lorsqu’au contraire,
vous aurez des stratus (voiles
de Marie), la pêche sera mauvaise. Un ciel sans nuage et le
poisson ne mordra guère, il
restera caché dans les herbiers
à l’abri du soleil.

CALENDRIER
LUNAIRE
DU PECHEUR
En nouvelle lune
1er
2e
3e
4e
5e
6e
7e
8e

très bon jusqu’à 8 heures du matin

9 heures

14 heures

15 heures
franchement mauvais
passable de 10 heures à 15 heures
médiocre de 10 heures à 16 heures

En premier quartier
1er
passable le matin, médiocre l’après-midi
2e
très bon jusqu’à 9 heures
3e
très bon jusqu’à 14 heures
4e
bon jusqu’à 15 heures
5e
très bon jusqu’à 15 heures
6e
franchement mauvais
7e
passable de 9 heures à 16 heures
8e
médiocre de 10 heures à 16 heures
En pleine lune
1er
2e
3e
4e
5e
6e
7e
8e

médiocre toute la journée
très mauvais toute la journée
très mauvais toute la journée
médiocre toute la journée
assez bon le matin, médiocre le soir
assez bon le matin
passable jusqu’à 14 heures
bon de midi jusqu’au coucher du soleil

Durant le dernier quartier
Assez bon chaque jour à partir de 11 h

d) Les pluies : en période de
pluie, vous ferez généralement bonne pêche. Toutefois, si l’eau devient trop sale,
il n’y a plus d’espoir de succès. Que les eaux se mettent
à baisser pour une raison ou
une autre, et fini également

de prendre du poisson.
En période de fonte des
neiges, vous pouvez rester à
la maison. Observez, observez beaucoup, vous trouverez
d’autres causes de réussite et
d’échec.
Bon de commande page 81.
37

F O C U S
Vraiment utile
C’est l’ambition de cette section de Pêches sportives. Dans ce cahier Focus prend place toute
l’expérience, la critique, la pratique des journalistes et des experts, à qui nous avons demandé de prolonger par la pédagogie, l’explication et surtout le mode d’emploi, l’offre des
concepteurs de matériels.

Culin’art /
Couteaux robes de poissons
Christophe Vinot, concepteur d’accessoires
de cuisine, est aussi pêcheur.
A partir de photos de poissons, il réalise des
manches de couteaux originaux (Thiers inox).
E-mail : tophwood@yahoo.fr
Tél. : 06 61 99 26 27.
Notre avis : une idée originale et unique en
son genre !

AB Fly /
Nouvelles couleurs de billes
Les nouvelles couleurs de billes en tungstène proposées par AB fly
ne manqueront pas d’attirer l’attention des pêcheurs à la nymphe !
Finement tachetées, ces billes (en haut à gauche “marron tachetée”,
en bas à gauche, “bordeaux métallique”) apportent une touche
discrète d’éclats et de couleurs. Ci-dessus, la teinte “mixed sunny”,
plus adaptée à la pêche en réservoir ou de l’ombre.
Prix conseillé : 5,95 à 8,05 euros le sachet de 25 billes selon la taille :
1,5 à 3,25 mm.
Notre avis : des produits très intéressants en alternative aux couleurs
unies des billes habituelles. Les coloris sont très réussis.

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Tenkara Pyrénées / Série Combo
Voici une excellente idée qui mérite un petit coup de zoom ! Tenkara
Pyrénées propose cette année deux cannes dites “combo” dont la longueur
peut varier de plus ou moins 50 cm. Il existe donc un modèle de 310/360 cm
et un autre de 270/320 cm. Une excellente idée pour s’adapter quand la
végétation sur certains parcours devient gênante.
Prix conseillé : 229 et 259 euros pour le modèle le plus long.
Notre avis : Malgré un brin supplémentaire dans le talon lorsqu’il n’est pas
déployé, la canne reste légère et très bien équilibrée.

Campinambulle /
Malles de voyage pour véhicule
Campinambulle fut l’une des attractions du salon
de Saint-Etienne ! Campinambulle conçoit
et fabrique des malles de voyage en bois, garanties
à vie, permettant de cuisiner, manger et dormir dans
sa voiture (de la citadine au monospace).
Toutes les malles sont amovibles et faciles
à installer sans outil.
Prix conseillé : de 1 085 à 3 390 euros selon les
modules.
www.campinambulle.com
Notre avis : très belle qualité de fabrication (en
France) pour des produits qui semblent faits pour
durer, d’où la garantie à vie. Nombreuses astuces
de rangement très ingénieuses.

39

La petite classe

La petite
La petite classe est une section de Pêches sportives consacrée à
l’initiation et au perfectionnement. Cette séquence, cela fait des années que nos lecteurs la demandent :
“Vous êtes trop techniques, trop pointus, pensez aux débutants,
aux pêcheurs qui veulent découvrir de nouvelles techniques, à
ceux qui veulent progresser…”
Nous avons fini par comprendre qu’ils avaient raison. Enfin, il est
plus juste de dire que nous étions conscients du problème, mais
que l’on ne savait pas trop comment l’aborder.
La vulgarisation est souvent proche de la caricature. En matière de
pêche, c’est encore plus vrai : que de clichés ressassés année après
année par de soi-disant spécialistes sous couvert de pédagogie.
La presse halieutique a vécu pendant des décennies sur l’idée
qu’une mauvaise illustration pouvait suffire à donner le sens de
l’eau (pas celui du cours d’eau).
Le contraire de ce que nous voulons faire aujourd’hui dans La petite
classe avec cette sixième séquence consacrée à la pêche à la
mouche sèche.
Elle s’adresse tout à la fois aux débutants et à ceux qui veulent se
perfectionner dans cette technique qui est la première que l’on apprend lorsqu’on débute à la mouche. La compréhension des éclosions, de l’angle de vue des poissons, des gestes qui rendent votre
mouche plus naturelle sur l’eau sont autant de points abordés dans
cette petite classe pour, très vite on l’espère, passer aux travaux
pratiques au bord de l’eau.

40

classe

6. La pêche à
la mouche
sèche

41

La petite classe

6. La pêche
à la mouche sèche
Rien de tel que de beaux gobages pour passer un moment magique au bord de l’eau. L’essence même de la pêche à la mouche est liée à l’activité des poissons en surface. Pour mieux
comprendre ce qui se passe d’abord sous l’eau avec l’émergence, puis en surface, mieux
vaut partir sur des bases sérieuses et se méfier des idées reçues, qui, en matière d’entomologie comme de pêche à la mouche, sont nombreuses.

Ne riez pas, cette Petite Classe cache assez bien son
jeu… Oui, il est encore possible d’aborder le thème
de la pêche à la mouche sèche sans tomber dans les
sempiternelles généralités sous prétexte que la
pêche avec une mouche qui flotte est celle que l’on
apprend en premier à l’heure des débuts. Pêcher à
la mouche sèche ne signifie pas non plus refuser les
autres techniques et les évolutions du matériel. Car
contrairement à ce qu’affirment certains conservateurs de la mouche flottante, rares sont les pêcheurs
qui préfèrent continuer de pêcher à la nymphe,
sous la surface, lorsqu’enfin, la surface s’anime de
beaux gobages. Tous les pêcheurs à la mouche
doivent savoir pêcher correctement à la mouche
sèche et tout moucheur rêve de vivre des coups du
soir exceptionnels ou des journées où il pleut des
gobages. Si les rivières étaient aussi riches en insectes que par le passé, la pêche à la mouche sèche
supplanterait largement la pêche à la nymphe en
terme de partage du temps consacré à l’une ou
l’autre des deux techniques. N’oublions pas que
Bresson, Devaux, Poireau ou Plas étaient des pêcheurs professionnels qui vivaient de la vente de

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poissons pris essentiellement à la mouche sèche ! A
l’étranger, on peut encore revivre – avec le matériel
d’aujourd’hui – des moments fabuleux à la mouche
sèche sur de grandes rivières et avec des poissons de
belle taille, qui ressemblent à ce qu’ont connu les
pêcheurs français jusqu’à la fin des années 1970.
Car dans les torrents et autres petits cours d’eau de
montagne encore préservés, la pêche à la mouche
sèche reste une technique qui permet toujours de
faire de belles pêches, mais généralement avec des
truites de tailles modestes souvent voraces. Sur ces
cours d’eau vifs, les truites prennent les mouches
par réflexe lorsqu’elles apparaissent dans leur
champ de vision, propulsées par le courant. C’est
pour cette raison que la pêche dite “en pêchant
l’eau”, sans gobages procure toujours quelques
montées sur ces cours d’eau.

V.1 Les éclosions
C’est évidemment le nerf de la guerre, qui déclenche l’activité des poissons. Les principaux

Cet éphémère mort, posé sur l’eau, flotte sous l’effet de la tension superficielle de surface. C’est un phénomène physico-chimique lié aux interactions moléculaires d’un fluide. C’est le résultat de l’augmentation de
l’énergie à sa surface qui en augmente localement la cohésion. Ce sont autant d’impacts qui se repèrent
facilement de l’autre côté du miroir.
ordres d’insectes aquatiques qui intéressent les pêcheurs à la mouche sont les éphéméroptères, les
trichoptères et les plécoptères. En complément on
trouve les hyménoptères (principalement les fourmis) les chironomidæ, dont on compte des centaines voire des milliers d’espèces et quelques insectes terrestres dont la prise par les truites ou les
ombres est occasionnelle (sauterelles notamment,
Bibio). Un pêcheur à la mouche qui fréquente régulièrement le même parcours depuis longtemps
sait que la saison est rythmée par telle ou telle éclosion, qui, selon les crues ou d’autres événements
météorologiques ou hydrologiques a lieu plus ou
moins à telle ou telle époque. Nous avons tous appris dans les manuels le cycle de l’éphémère, dont
la larve vit dans la rivière durant une longue période qui peut aller jusqu’à environ deux ans,
jusqu’au moment de la métamorphose, qui fera
passer l’insecte du monde aquatique au monde aérien. La pellicule de surface sépare les deux mondes.
C’est dans cette fine couche que l’éphémère doit se
débarrasser de on enveloppe (exuvie) et que les ailes
se déploient. En dérivant en surface, le temps d’être
capable de voler, les éphémères s’exposent à l’appétit des poissons mais aussi des oiseaux. La seule raison d’être de l’insecte ailé se résume à l’accouplement, qui a généralement lieu en vol. Les éphémères

ailés ne peuvent se nourrir. Chez certaines espèces,
les femelles peuvent boire, mais leur durée de vie,
qui inspira leur nom vernaculaire, est dans le meilleur des cas de quelques jours, plus souvent de
quelques heures. D’instinct, ces insectes volent vers
l’amont pour retourner pondre au cœur de leur
niche écologique, là où la température de l’eau est
optimale. C’est le vol de compensation, sans lequel, toutes ces espèces extrêmement liées à un niveau typologique précis de cours d’eau auraient
disparu depuis la nuit des temps, si chaque nouvelle génération aavait dû subir une dérive vers
l’aval, même infime.
Pour autant, il faut savoir que tous les éphémères
ne se transforment pas de la façon qui vient d’être
décrite. Il existe deux autres modes d’émergences
chez les éphéméroptères, deux façons de changer
de milieu qui ne font pas les affaires des pêcheurs à
la mouche, puisque dans le premier cas, la larve
rampe sur une pierre ou un support solide et se
transforme sous l’eau mais le plus souvent au ras de
la rive. Cas des larves nageuses rapides comme les
Siphlonuridae. Le dernier mode est également discret, en tout cas pour les pêcheurs, puisque la métamorphose a lieu sur le fond du cours d’eau. L’insecte ailé monte ensuite rapidement vers la surface
et s’envole rapidement (Epéorus et Rhithrogena).

43

La petite classe

Selon le sexe et les
différents stades de leur
existence les éphémères
ont parfois un aspect très
différents, y compris au
sein d’une même espèce.

Ces modes d’émergences inconnus de la plupart
des pêcheurs à la mouche expliquent ou tout du
moins renseignent sur les comportements inexpliqués des poissons comme de certains insectes.
– Combien de fois a-t-on vu des milliers de phryganes (trichoptères) faire des “8” juste au dessus
de la rivière sans qu’aucun ne dérive à sa surface ?
– Et le vol pendulaire caractéristique d’Ecdyonuridés juste au dessus d’un beau courant, qu’aucun
de ces insectes ne se risque à éffleurer ?
– Et le coup du gobage explosif alors qu’aucun insecte visible extérieurement ne dérivait dans le secteur ?
Autant de questions qui trouvent leurs réponses à
travers ces modes d’émergences particuliers et très
mal connus puisque discrets.

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V.2 Quand la température de l’eau
devient égale à celle de l’air
Si l’on doit ne donner qu’un indicateur pour définir le moment où, en théorie, une éclosion peut
avoir lieu, ce serait celui où la température de l’air
devient égale à celle de l’eau. On retrouve ce moment au printemps lors des journées pluvieuses
avec une température d’environ 14/15°C, ou en
tout début de saison lorsque air et eau sont à
8/10°C. C’est aussi un équilibre qui se retrouve au
début de l’été lorsque la fraicheur du soir envahit la
vallée. Plus l’écart est grand, moins les conditions
sont propices. Le pire étant une eau très froide et
un air très chaud. L’inverse, une eau par exemple à
20° C et un air à 12° est plus favorable, sauf si la
température de l’eau a chuté d’un coup, ce qui n’est

Eau claire et surface lisse,
moins la soie passe de
temps en l’air, mieux ça
vaut pour rester discret.
jamais bon. D’autres facteurs peuvent contribuer à
déclencher une éclosion. C’est le cas des légères
montées d’eau, qui peuvent être le fait d’un petit
lâcher de barrage (une dizaine de centimètres par
exemple) ou d’une pluie à la fois soutenue mais pas
violente au point de troubler fortement l’eau. Dans
le cas de la mouche de mai, le grand éphémère du
genre Ephemera, les éclosions les plus denses s’observent par journées pluvieuses et eau “tendue” verdâtre. Il est bien difficile d’expliquer pourquoi une
petite montée du niveau de la rivière active la métamorphose des insectes, mais il est indéniable que
pour certaines espèces, c’est un déclencheur.

V.2.1 Le cône de vision des poissons
Pour intercepter leurs proies, les poissons doivent
voir au-dessus et au devant d’eux. Certains y arrivent mieux que d’autres. Le brochet est particulièrement maladroit pour se saisir d’un leurre de
surface mobile. A l’arrêt après une animation, il est
plus à l’aise. Les yeux des poissons sont situés sur
les côtés de la tête, ce qui est très pratique, sauf
pour certains, comme celui du brochet. Imaginez,
cela présente l’avantage de voir quasiment partout
autour de soi, sauf loin derrière où une zone d’environ 35° est hors champ. La vision verticale de la
truite ou de l’ombre s’ouvre selon un cône proche
de 90°. Ce seul et même cône permet au poisson de

voir ce qui dérive à la surface, à la fois devant lui et
au dessus. Les truites postées dans les courants
n’auraient pas le temps de monter chercher des insectes qui passent rapidement s’ils n’étaient pas détectés en amont. Bien entendu, plus le poisson est
proche de la surface, plus le diamètre du cône est
petit. Sous vingt centimètres d’eau, une truite ne
voit qu’un cercle de 42 cm, dont seulement la moitié lui est utile pour anticiper l’interception des
mouches en amont et au dessus d’elle. Inutile de
poser votre mouche trois mètres devant une truite
postée sous 20 cm d’eau, sauf si le poser de la soie
et du bas de ligne un peu près du poisson risque de
l’alerter. Un poser de la mouche dans le diamètre
vu par la truite mais sur le côté et très légèrement
en arrière, peut également s’avérer payant. On joue
ainsi la carte de la surprise. Quand ça marche, on
comprend que la truite a vu la mouche se poser un
peu “bas”, mais qu’elle ne veut pas la perdre. Il s’ensuit un demi-tour et une course rapide pour la gober violemment. Attention au ferrage d’une part
trop rapide, qui peut enlever la mouche de la
gueule de la truite et d’autre part trop fort, car la
casse est un exercice particulièrement facile à réaliser dans ces conditions… Vous remarquerez au
passage, que sous deux mètres d’eau, le cercle en
surface passe à 4,2 m ! Contrairement aux truites,
qui se postent souvent sous la surface pour gober,
généralement à 20 ou 30 cm en dessous, les ombres
partent le plus souvent du fond pour intercepter

45

La petite classe

90° de vision verticale

Comprendre comment
voient les poissons pour
mieux se placer et proposer
sa mouche.

180° de vision latérale
monoculaire

30° de vision
frontale binoculaire
Environ 30° d’angle mort
derrière le poisson
180° de vision latérale
monoculaire

un insecte à la surface. Le temps nécessaire à la
montée du poisson impose au pêcheur de poser sa
mouche loin en amont, avec le risque de la voir
draguer qui augmente d’autant.

V. 3 Le dragage de la mouche
Toute votre vie de pêcheur, vous devrez lutter
contre le fil qui prive la mouche d’une liberté totale. Même si à une quinzaine de mètres, votre
mouche paraît danser naturellement dans le courant, elle n’est presque jamais totalement libre. A
force de voir passer des mouches artificielles et de
se laisser tenter, les jeunes poissons apprennent très
vite à se méfier. Ce n’est pas le fil en lui même qui
est repéré, mais un comportement suspect de la
mouche. Cela explique les montées courtes, qui,
vues de l’extérieur, se traduisent par un remous
juste sous la mouche.

46

V.3.1 Comment limiter le dragage
Vaste programme qui concerne un tout petit peu le
matériel et beaucoup la technique de lancer. Commençons par le matériel. Toutes les cannes actuelles
ou presque conviennent pour pêcher à la mouche
sèche, étant entendu que de nos jours, environ 90°
d’entre-elles ont une action dite progressive ou “semi-parabolique” pour reprendre un terme technico-commercial qui avec le temps est entré dans le
jargon du moucheur. Comprenez par là des cannes
dont le talon a peu de flexion comparativement à la
moitié supérieure de la canne.
Même si c’est toujours le cas, certaines cannes à la
mode il y a une quarantaine d’années pliaient
jusqu’à la poignée. Leur action était alors étiquetée
“parabolique”. C’était des cannes très lentes au lancer qui avaient pour principal défaut de générer un
dragage très néfaste à cause d’une boucle de soie en

l’air très ouverte, en proie au vent latéral ou de face,
une fois la mouche posée. Les cannes “modernes”,
plus rapides lors du lancer, ferment mieux la boucle
de soie, qui subit moins le vent. La longueur de la
canne est affaire de goût personnel, car de 7 à 10
pieds, tout est possible. Le standard actuel étant
toutefois de 9 pieds.
Du côté des profils de soies, ceux qui percent bien
le vent ont la préférence des pêcheurs. Il s’agit des
WF (weight forward, littéralement “poids vers
l’avant”) et TT (Triangle Taper). Les deux profils
ont en commun un fuseau avancé, mais il sont très
différents. Le profil triangulaire, inventé par Lee
Wulff, le père de la pêche sportive, cumule plusieurs avantages. Contrairement au profil WF,
lourd sur les premiers mètres, le TT lui, ne cesse de
s’affiner depuis son point le plus gros situé à une
douze de mètres. Pour autant, la vitesse de lancer
peut être très élevée, avec une boucle de soie très
serrée, si votre technique vous le permet. Et là où
cette soie devient magique, c’est que malgré des
qualités que l’on prête volontiers aux soies lourdes
à l’avant du fuseau, les posers sont très discret,
beaucoup plus qu’avec une WF ou une DT (double
taper). C’est pourquoi bien des très bons pêcheurs

ne jurent que par la Triangle Taper, modèle classique, car elle existe désormais en version “plus”,
mais le fuseau a été raccourci. En petit comme en
grand cours d’eau, les TT font merveille.
Il existe aussi des adeptes de la pêche à la mouche
sèche avec des soies naturelles très fines, notamment les fameuses Robinson au profil parallèle,
adaptée à la pêche à très courte distance en eaux
rapides avec une longue canne de 9’6 ou 10’. La
discrétion est alors la principale qualité de ces soies.

V.3.2 Le bas de ligne
C’est lui qui, physiquement, génère le dragage.
Mais si le pêcheur ne sait pas comment poser sa
mouche en fonction des veines d’eau, du fait de
pêcher plutôt vers l’amont, le travers ou l’aval, un
“bon” bas de ligne ne peut pas grand-chose contre
un manque de logique ou/et de technique. Les formules de bas de ligne pour pêcher à la mouche
sèche sont nombreuses. Elles sont principalement
basées sur deux principes bien différents : les modèles dit rapides, dont les brins raccourcissent au
fur et à mesure que les diamètres diminuent et à

Les truites aussi savent loucher pour ne pas avaler n’importe quoi !

Les truites aussi savent
loucher pour ne pas
avaler n’importe quoi !

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La petite classe

Des milliers de phryganes en vol et pourtant,
contrairement aux apparences, aucune ne touche
l’eau. Elles évoluent pour la plupart à quelques
centimètres au dessus de la surface, sans jamais la
toucher. Exceptés quelques espèces aux mœurs
diurnes, les éclosions de trichoptères ont principalement lieu durant la nuit, ce qui explique leur
absence sur l’eau. L’éclosion se déroule en surface une
fois l’insecte débarrassé très rapidement de son
enveloppe nymphale. En revanche, d’autres espèces
éclosent sur un support solide le long de la rive, à
l’abris des courants. Le retour sur l’eau n’est lié qu’à
la ponte (certaines espèces pondent sous l’eau ou
même hors de l’eau !). La ponte s’effectue sans
véritable dérive, la femelle touchant l’eau plusieurs
fois très brièvement et repart ensuite sur la rive.

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Le moment magique du coup du soir. Il faut bien gérer
le temps, ne pas en perdre à démêler du Nylon, faire les
choses dans l’ordre et être bien organisé. Par nuit de
pleine lune et dans une vallée peu encaissée (ici, dans
l’hémisphère sud), la lumière est encore suffisante pour
voir les gobages et avoir une idée de ce que l’on fait.
l’inverse, les lents, dont les longueurs s’allongent. A
chacun sa préférence. D’une manière très générale,
dont il faut se méfier un peu, les modèles rapides
ont plutôt la préférence des pêcheurs en petit cours
d’eau rapides, alors que les modèles lents sont plus
prisés en grandes rivières calmes.
J’ai pour ma part remis la balle au centre depuis
une dizaine d’années, avec une formule personelle
qui n’est ni rapide, ni lente, puisque les brins font
tous la même longueur sauf la pointe. J’utilise ce
bas de ligne pour pêcher à la nymphe à vue. Mais si
un gobage se présente, je n’ai qu’à enlever environ
30 centimètres de ma longue pointe de 2,70 m et
remplacer la nymphe par une mouche sèche.
Il s’agit là d’un très long bas de ligne de 7,20 m qui
est constitué ainsi :
– 90 cm de 40/100,
– 90 cm, de 35,
– 90 cm de 30,
– 90 cm de 25,
– 90 cm de 18/100
– 270 cm de pointe.
J’essaie de garder ce long bas de ligne tant que les
rivières que j’ai à pêcher le permettent. En cas de
petits cours d’eau boisés, rien en m’empêche de ré-

duire tous les brins à 65, 70 ou 75 cm. La seule
petite contrainte qui me fait perdre quelques secondes est la réalisation du nœud qui relie le
18/100 à la pointe qui peut descendre en 8/100.
L’écart important n’est en théorie pas conseillé,
mais en doublant la pointe et en faisant un nœud
de chirurgien passé cinq ou six fois dans la boucle,
ce n’est jamais le nœud qui casse. La casse à lieu le
plus souvent une quinzaine de centimètres avant le
nœud, quand ce n’est pas au niveau de la mouche.

V.3.3 La longueur de la pointe
C’est l’une des grandes clés de la pêche à la mouche
moderne et en particulier le moyen d’éviter (ou de
favoriser) le dragage. En clair, plus la pointe est
longue, moins la mouche drague. Ce, jusqu’à une
certaine limite, qui dépend de votre technique de
lancer ou de l’encombrement des rives qui peut gêner la soie. Au delà de 2,50 m, même avec une
bonne technique un dégagement total et le matériel idéal, la mouche se pose 9 fois sur 10 en retrait
du bout de la pointe. On trouve donc ici la fameuse
limite. A l’inverse, vouloir pêcher les parcours publics avec une pointe d’un mètre consiste à s’affubler d’un handicap qui frôle le masochisme !

49

La petite classe

La Gïman en Suède avec une photo prise en pause lente, ce qui
fait apparaître des dizaines de veines d’eau toutes différentes.
Autant de postes pour les poissons, mais aussi de pièges pour les
dérives des mouches des pêcheurs.

Disons qu’un minimum de 1,70 m est requis pour
obtenir une dérive correcte sur deux ou trois
mètres. Si l’on doit pêcher des ombres en grande
rivière plutôt profonde, la longueur des dérives à
effectuer peut facilement dépasser le double. Bien
entendu, ces conseils s’appliquent à la pêche de
poissons difficiles. Pour séduire des poissons de fête
foraine en ex-Yougoslavie ou en Autriche, l’approximation fait bien-sûr toujours recette.

V.3.4 Comment améliorer ses
dérives ?
Outre l’aspect matériel que l’on vient d’évoquer,
notamment la longueur de la pointe du bas de
ligne, plusieurs astuces, ou plutôt des techniques à
part entière, permettent d’améliorer la qualité de
ses dérives. En premier lieu : le placement par rapport au poisson ou au gobage. Le cas d’école est un
beau gobage sur un radier, une fin de fosse, juste
avant le courant qui nait à l’endroit le moins profond. La seule vue de ce gobage franc et marqué
vous redonne le sourire. Ce gobage régulier est un
cadeau du ciel. Pour ne pas vous faire remarquer,
vous décidez de l’attaquer par l’angle mort de la
vue du poisson, qui comme nous l’avons étudié,
ne voit pas sur environ 30° derrière lui. Placé ainsi
dans le courant en aval, vous vous savez invisible.
Il ne reste plus qu’à trouver la bonne mouche. Les
éphémères qui dérivent sur l’eau vous guident
dans ce choix. Premier poser juste un bon mètre

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en amont du poisson, pas plus pour ne pas le couvrir. La mouche se pose et passe sur la tête du poisson à la vitesse d’une Formule 1 ! La truite, qui a
tout vu, se sauve immédiatement sans demander
son reste. Ce poisson était placé à l’endroit où le
courant s’accélère d’un coup, là où le fond remonte également d’un coup. Votre soie et votre
bas de ligne en aval se sont fait happer par ce courant trompeur. Nous avons tous connu ce cas particulièrement frustrant.

V. 4. Les parades au dragage
Dans le cas décrit ci-dessus d’un gobage sur une fin
de radier, les parades ne sont pas légions. Néanmoins, si la rivière est suffisamment large, l’idéal
reste de tenter le coup en se plaçant perpendiculairement à la rive, au niveau du poisson. La mouche
dérivera à la même vitesse que le courant, mais cela
demande d’approcher discrètement et de pêcher
accroupi. Si vous êtes obligé de pêcher depuis
l’aval, une longue pointe de bas de ligne est indispensable. Car la dérive inerte à effectuer est courte,
de l’ordre d’un mètre. En temps, cela représente
environ cinq secondes. Et elles paraissent longues
lorsque le dragage menace, mais dans l’absolu, c’est
peu. Le poser parachute, ou en cloche, ce qui signifie la même chose, pose le bas de ligne en accordéon. Le temps que le courant fasse remettre l’ensemble bien droit, vous gagnez du temps. C’est un
poser très connu, qui nécessite de sortir un peu

plus de soie que nécessaire pour justement tenir
compte des zigzags du bas de ligne (et parfois aussi
de la soie). Le lancer est un classique coup droit,
mais pour poser, il faut viser le sommet des sapins
d’en face ! Par gravité, la ligne se pose en zigzags.
Inutile de dire que le vent est l’ennemi du poser
parachute. En cas de vent, j’ai parfois recours à une
astuce assez difficile à maîtriser avec un long bas de
ligne. Elle est inspirée de l’école italienne TLT. Je
ne suis pas particulièrement fan de cette technique
telle qu’elle est pratiquée dans les règles de cet art
plus adapté aux poissons très tolérants des eaux rapides, qu’à ceux des miroirs des cours d’eau plus
calmes. Sur les rivières que je fréquente, moins on
en fait, mieux ça vaut. Pour lutter contre un vent
de face et malgré cela poser ma mouche avec un bas
de ligne détendu, je ferme l’angle de lancer au
maximum, accélère la soie, qui forme une boucle
très fermée, pour mieux pénétrer le vent. Je dépasse
un peu plus que nécessaire le poisson et je bloque
au ras de l’eau. Le vent fait le reste, freine la mouche
et “ramolit” la longue pointe du bas de ligne. Et
tant pis, si la mouche est rabattue en arrière de
vingt ou trente centimètres, car au moins le bas de
ligne est en principe bien détendu Cette grosse
perte d’énergie est volontaire. Cela suffit à dériver
sur un bon mètre sans draguer (cas de l’exemple du
radier). Cela n’est possible qu’avec une pointe de
plus de deux mètres, sans quoi on couvre le poisson. Le poser courbe est aussi une bonne parade, à
condition de savoir l’exécuter. Décrit dans tous les
vieux livres, mais rarement détaillé de façon compréhensible. Si peu qu’il n’existe aucune recette miracle. Chacun s’y essaie, avec beaucoup d’échecs !
C’est en fait le poser que vous obtenez en lançant
en revers, mais dans ce cas, il se fait rarement du
côté souhaité ! Cela vient du fait que le revers se
fait en tenant la canne à environ 50° par rapport à
l’eau. C’est un lancer qui permet à un droitier de
pêcher en remontant la rive du gaucher (la rive
gauche du cours d’eau). Quand la végétation déborde un peu sur la rivière, le coup droit classique
est inopérant d’où le revers. Le bras étant bloqué
par l’épaule sur le lancer arrière, le manque d’énergie et l’inclinaison font poser le bas de ligne en arc
de cercle du côté de la canne et c’est ce qui nous
intéresse ici.

Pas facile de bien pêcher un radier vers l’amont, car la
soie se fait happer par un courant plus rapide en aval
qu’en amont. Un dragage vif et déterminé est inévitable ! Il existe quelques parades pour le retarder un peu.

permet d’allonger considérablement les dérives
sans dragage, dans le cas où un pêcheur droitier se
trouve rive droite (il faut regarder vers la mer, autrement dit vers l’aval). Dans ce cas, le bras du pêcheur droitier se trouve en aval par rapport à son
épaule gauche. Avec un classique lancer en coup
droit, on couvre plus ou moins le poisson en posant la soie en biais. Si, juste avant le poser, pendant le dernier retour de la soie, le bras droit s’étire
complètement sur la gauche, comme si on tirait un
rideau, la soie peut se poser perpendiculairement
au gobage. Sans cette astuce, la soie posée très en
aval se tendrait inévitablement très rapidement
sous l’effet du courant pour finalement faire draguer le bas de ligne et la mouche. Là encore, il s’agit
de gagner quelques secondes pour permettre à la
mouche de rester crédible un peu plus longtemps…

V.4.1 Le “tirer de rideau”
V.4.5. La pêche “à l’oreille”
Une astuce qui rend de très grands services et qui
de surcroît s’apprend très vite. Elle s’applique essentiellement en grande rivière, lorsqu’on peut pêcher les gobages perpendiculairement à la rive. Elle

Contrairement aux poissons, qui voient les silhouettes des mouches à contre-jour ou à contre
lune lors des coups du soir, le pêcheur n’y voit par-

51

La petite classe
Une soie qui glisse et
qui flotte bien est un
véritable avantage.
Moins de faux lancers,
un meilleur contrôle
de la soie lors du
lancer, et un très bon
taux de réussite au
ferrage. Un produit
de référence : le Fly
Line Dressing de
Scientific Anglers.
fois plus rien du tout dans ces conditions. Les distances sont difficiles à évaluer, les directions tout
autant. C’est la magie du coup du soir. On pêche
alors comme on peut. L’oreille ou plutôt l’ouïe a
remplacé la vue. Il faut avoir du métier pour ne pas
couvrir le poisson avec la soie, ou au contraire, penser que cinq mètres font dix mètres. Par peur d’aller
trop loin et de couvrir le poisson avec le bas de
ligne ou la soie, on est plus souvent trop court que
trop long. Les soies claires, blanches, sont très utiles
pour nous guider lors du lancer. On distingue toujours vaguement le blanc en mouvement et ça aide
beaucoup. Les soies de teintes sombres, olives ou
brunes ne se repèrent pas dans l’obscurité. On
pourrait penser que la densité élevée des soies naturelles est un avantage, car elles “pèsent” sur les
cannes lors du lancer. Ça aide un peu mais leur
teinte n’offre aucun repère dans la pénombre. Le
coup du soir est un moment magique, comparable
à la passe aux canards pour un chasseur. A l’écoute
du moindre signe, les yeux écarquillés pour distinguer un improbable signe qui trahirait la présence
d’une vie sous la surface. Les nuits sans lune, dans
un paysage grandiose, on se sent tout petit, la vie
sauvage s’active autour de nous. En quelques minutes, tout nous est étranger. Ce trop court moment (l’heure légale sonne une demi-heure après le
coucher du soleil) permet souvent de prendre plus
de truites à la mouche sèche que durant tout le
reste de la journée.

V.5. Quelques conseils pour vous
faciliter la vie

Sur un “lisse” en pêchant vers l’amont, seule une
longue pointe garantit une discrétion suffisante au
poser pour ne pas alerter la truite.

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Pêcher à la mouche sèche nécessite une soie et un
bas de ligne qui flottent convenablement. Une
pointe de soie qui coule ou les premiers brins du
bas de ligne et c’est beaucoup de ratés au ferrage.
La partie immergée colle d’autant plus que le ferrage est rapide. Un petit flacon de produit pour
faire glisser les soies prend peu de place dans un

Ci-dessus : L’amadou naturel reste un excellent
moyen pour sécher les mouches. Ce champignon ne
doit en revanche jamais prendre l’eau (de pluie ou
d’un bain imprévu) car il durcit et devient ensuite
inutilisable. Il doit donc être placé dans un petit
sachet plastique et dans un coin accessible du gilet.

Quatre concepts de mouches sèches très différents, qui
jouent sur le niveau de flottaison et différents stades
de développement des insectes (Mouches Devaux et
sedge Yann Le Fèvre “mouche à Jo”).

gilet (ou à l’extérieur) et rend de grands services. Si
beaucoup de marques en proposent, le Fly Line
Dressing de Scientific Anglers a fait ses preuves depuis longtemps. Il a l’avantage de nettoyer autant
que de lubrifier. Ce sont les dépôts de pollens,
poussières et autres particules diverses et variées qui
font couler les soies et les bas de ligne. Lubrifier de
la crasse a ses limites…
Pour sécher les mouches, le choix de produits miracles est encore plus grand que pour les soies. Cela
va de l’huile, en passant par la graisse, la poudre
hydrophobe ou encore l’amadou synthétique. Tout
est bon pour faire marcher le commerce ! Pour ma
part, je reste fidèle à l’amadou naturel, car c’est efficace et ça ne laisse pas de traces sur et autour de la
mouche une fois sur l’eau. J’utilise aussi un peu de
graisse de CDC mais principalement avec les
sedges en chevreuil au coup du soir lorsqu’il pleut.
Je préfère de loin pêcher avec des mouches qui s’essorent facilement lors du lancer. Il faut réfléchir à

cela en amont en sélectionnant des matériaux qui
ne se gorgent pas d’eau, comme le hackle de coq, le
poil de chevreuil, ou des matériaux synthétiques
comme le Z-Lon, ce qui n’exclut pas de mélanger
ces produits avec du CDC ou certains dubbings.
Actuellement, les monteurs “à la mode”, amateurs
ou professionnels oublient pour la plupart d’aller à
la pêche. Ils montent de très belles mouches, qui
souvent coulent à la première averse !

V. 5.1. Pinces fines, dégorgeoir
A la différence des nymphes artificielles, qui ne
sont jamais avalées mais toujours piquées sur le
pourtour de la gueule des poissons, les mouches
sèches sont très souvent avalées. Les petits poissons,
fougueux, en sont les premières victimes. Les
ombrets sont d’une grande fragilité et les truitelles
également. Cela plaide bien entendu pour l’utilisation d’hameçons sans ardillons, mais cela ne fait
pas tout. Vous devez avoir sur votre gilet, facilement accessible sur un bouton dérouleur, une petite pince aux mors fins. C’est indispensable. Un
dégorgeoir (de type Sensas, en vente dans tous les
magasins ou presque) peut convenir, mais son utilisation n’est pas toujours facile en raison de l’œillet
des hameçons qui n’est pas dans l’axe.

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FOCUS/montage

Six mouches pour ne pas
rater son début de saison
Les saisons et leur sempiternel recommencement ont ceci de pratique de nous mettre à
chaque fois sur la bonne voie des choses qui se répètent immuablement. Ainsi au printemps,
quelques espèces d’insectes ont la lourde responsabilité de nous faire vibrer lorsque truites et
ombres s’activent à la faveur d’une belle éclosion.
Montages Florent Bailly

March brown imago
A la mouche sèche comme à la
nymphe, le printemps nourrit
tous les espoirs du pêcheur à la
mouche. Les six modèles de
mouches proposés par Florent
Bailly dans cette rubrique sont
particulièrement recommandés
pour pêcher avant l’été, lorsque
les conditions sont encore “faciles” sans qu’il faille pêcher très
fin. Et comme l’espoir fait vivre,
prenons nous à rêver de belles

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éclosions de march brown, un
des plus grands éphémères que
l’ont peut observer en Europe.
Cette bête athlétique qui s’imite
sur un hameçon n° 12, pas moins,
ne passe pas inaperçue sur
l’eau ! Nous vous la proposons
en deux stades. En cas d’éclosions de bætidæ, un montage
parachute en taille 16 fait l’affaire
dans bien des cas. Collé à la surface, ce montage est très effi-

cace. L’aile se repère bien sur
l’eau (à remplacer par du CDC si
l’on est allergique aux matériaux
synthétiques !). Un petit sedge
au montage original et deux
nymphes passe-partout terminent cette sélection forcément
arbitraire mais qui permet aussi
d’apprendre à travailler certains
matériaux et à faire quelques
tours de mains particuliers. C’est
l’objet de cette rubrique.

March brown émergent

Nymphe dubbing

Sedge biot

Baetis parachute

Nymphe de baetis
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FOCUS/montage
Nymphe dubbing
Un modèle très polyvalent,
pour l’ombre ou la truite, à vue
ou au fil. La bille est une AB Fly
bordeaux tachetée qui est un
nouveau coloris.
1. Prendre un hameçon Tiemco 100 n° 8. Enfiler une
bille de tungstène AB Fly
bordeaux tachetée n° 00
sur l’hameçon. Avec un fil
de plomb de 3/10° de mm,
faire quatre tours juste derrière la bille.
2. Avec un fil de montage Uni
Thread gris/beige 8/0,
faire une sous couche qui
forme un corps conique.
3. Fixer des cerques courts
en coq pardo.
4. Fixer un fil de cuivre qui
sera laissé en attente.
5. Directement sur le fil de
montage, fixer un dubbing
Trout Hunter René Harrop
“march brown” (trouvé
chez l’Ami du Moucheur au
Québec). Le torsader sur le
fil.
6. Enrouler le dubbing sur le
corps puis cercler avec le fil
de cuivre.
7. Réaliser un second dubbing. Il s’agit cette fois
d’un Scintilla Multi Purpose brun/olive. Faire le
nœud final. La mouche est
terminée.

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FOCUS/montage
March brown
émergent
Les éclosions de march brown
(Rhithrogena germanica) ne
manquent jamais de faire sortir
les grosses truites. Voici un imitation réaliste à la flottaison basse.

1. Choisir un hameçon Daïchii
1310 n° 12. Commencer l’enroulement d’un fil de montage gris/beige Uni Thread
8/0 sur toute la hampe.
2. Juste avant la courbure, fixer
une pincée de fibres de plume
de coq roux de la longueur de
l’hameçon.
3. Torsader directement sur le fil
de montage un dubbing Trout
Hunter René Harrop March
Brown et l’enrouler pour former le corps.
4. A l’aide d’un aligne-poils
C&F Design, préparer l’aile
en poils de chevreuil. Les
poils sont mis dans l’appareil
pointes en bas. En tapant
doucement l’outil sur la
table, les poils descendent et
se retrouvent alignés.
5. Séparer les deux parties de
l’outil qui libère les poils alignés.
6. Placer l’aile sur le dessus du
thorax.
7. Ajouter une pincée de fibres
de CDC naturel dont la longueur est d’un tiers supérieure à celle des poils de chevreuil.
8. Toujours avec la même méthode, préparer un dubbing.
Cette fois, il s’agit d’un dubbing Scintilla coloris “oreille
de lièvre”. Un peu de colle est
passée sur le fil de montage
juste avant de torsader le dubbing, afin d’éviter qu’il ne
bascule sur l’œillet.
9. Enrouler le dubbing. Nœud
final. La mouche est prête.
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FOCUS/montage
March brown
imago
Cet éphémère de la famille des
heptageniidea est particulièrement bien charpenté. La plume
de perdrix grise est d’un bon secours pour imiter les ailes très
nervurées de l’imago.

1. Choisir un hameçon Tiemco
5212 n° 12. Commencer l’enroulement d’un fil de montage
gris/beige 8/0 Uni Thread sur
la hampe.
2. Placer deux cerques épais en
poils en crinière d’élan (Hareline).
3. Torsader un dubbing Trout
Hunter René Harrop March
Brown sur le fil de montage.
4. Enrouler le dubbing pour former un corps légèrement conique.
5. A l’aide d’un twister, préparer
une boucle à dubbing.
6. Avec une pince Petitjean, emprisonner les fibres de tout un
côté d’une plume de CDC
Harrop Premium brown. Couper le rachis.
7. Placer les fibres dans la boucle
avec la pince. Enlever la pince
une fois les fibres dans la
boucle, puis la torsader en vrillant le twister. Un modèle
lourd est conseillé.
8. Le CDC est enroulé pour former une collerette, qui est toutefois orientée vers le haut à
l’aide des doigts à chaque
tour.
9. Prendre une plume de cou de
perdrix grise, de celles qui
sont un peu “fumées”. Eliminer la pointe.
10. Placer la plume sur l’aile en
CDC. La bloquer avec le fil de
montage. Ajouter une goutte
de colle et faire le nœud final.
La tête de lamouche a été
passée au Promarker marron.
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FOCUS/montage
Nymphe
de baetidae
Poposée par la marque Wapsi,
la peau synthétique Thin Skin
est à la fois fine et élastique.
Ce matériau donne des corps
de nymphes très réalistes.
1. Choisir un hameçon Tiemco
100 n° 16. Faire six tours de fil
de plomb 3/10° de mm au niveau du thorax.
2. Commencer l’enroulement
d’un fil de montage gris/beige
8/0 Uni Thread sur la hampe et
sur le lestage.
3. Placer quelques cerques très
courts en pointes de plume
de perdrix grise légèrement
“fumée“.
4. Dans une plaque de Thin
Skin Wapsi vert foncé, découper une fine bandelette
de 3 mm de largeur. La placer sur l’arrière de la hampe.
5. Enrouler la bandelette en faisant légèrement se chevaucher chaque tour. On obtient
un cerclage très réaliste.
6. Le sac alaire est composé de
d’une bandelette du même
produit mais noir cette fois.
Le laisser en attente une fois
fixé au niveau du thorax.
7. Sur le fil de montage, torsader un dubbing Scintilla coloris jaune olive.
8. Enrouler le dubbing pour former un thorax, rabattre la
bandelette en la maintenant
tendue. Faire le nœud final
en ajoutant un peu de colle
pour éviter que la bandelette
ne se rétracte. La tête de la
mouche a été passée au
feutre Promarker marron.

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FOCUS/montage
Beatis parachute
Cette imitation en taille 16 est un
passe partout idéal en début desaison. On peut faire varier la
couleur du corps, du jaune pâle
au vert olive plus ou moins foncé.
1. Commencer l’enroulement
d’un fil de montage gris
beige 8/0 Uni Thread sur
d’un hameçon Tiemco 100
n°16. Fixer une pincée de
cerques en coq pardo de la
longueur de l’hameçon.
2. Sur le fil de montage, torsader un dubbing Trout Hunter
René Harrop olive clair.
3. Enrouler le dubbing pour former un corps légèrement
conique.
4. Fixer une mèche d’aérofibres
grises Tiemco par le milieu,
puis mettre les deux parties à
la verticale avant de solidifier
par enroulements de fil de
montage.
5. Choisir un hackle de coq olive. Le placer de façon à ce
que la face brillante se trouve
orientée vers le bas une fois
la plume enroulée.
6. Enrouler la plume sur quatre
à cinq tours. Couper l’excédent.
7. La collerette horizontale
s’avère gênante pour les dernières opérations. L’astuce
consiste à la maintenir à
l’écart grâce à un petit
disque découpé dans uneplaque de mousse synthétique et fendue. Un peu de
dubbing est de nouveau placé sur le fil de montage.
8. L’enrouler sur deux tours
pour former une tête bien
proportionnée. Faire le
nœud final.

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FOCUS/montage
Sedge biot
Un montage particulier pour un
sedge, puisque l’aile est composée de deux biots d’oie (herls
d’une grande plume d’aile). La
finesse des biots limite ce genre
de montage aux petites tailles
d’hameçons, jusqu’au n° 16.
Au-delà, la mouche ressemble
davantage à un plécoptère (perlide).
1. Sur d’un hameçon Tiemco
100 n° 16, commencer l’enroulement d’un fil de montage gris beige 8/0 Uni
Thread.
2. A l’arrière de la hampe et directement sur le fil de montage faire un dubbing Scintilla “pale olive” comme une
petite boule qu pourrait imiter des œufs.
3. De la même façon, réaliser
un second dubbing, de la
même marque mais cette
fois de teinte “callibaetis”.
4. Au niveau du thorax et sur le
dessus de la mouche et par
les pointes, fixer deux biots
d’oie teintés en brun/roux en
prenant soin de mettre les
deux faces concaves vers le
bas. Cela améliore la flottaison et soigne l’allure.
5. Couper la partie avant et
consolider le montage avec
le fil de montage. Une microgoutte de colle assure un
maintien sans faille.
6. A l’aide d’un twister, préparer
une boucle à dubbing.
7. Insérer une pincée de poils
de dos de lièvre dans la
boucle. La torsader à l’aide
du twister.
8. L’enrouler sur deux tours.
c’est suffisant pour un rendu
aéré. La tête a été passée au
Promarker marron.

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FOCUS/montage

Comment bien monter les mouches
de légende.
11. L’ATE E’Mai d’André Terrier
Cette rubrique se destine au montage des mouches célèbres, aux indémodables modèles qui, aujourd’hui comme hier, font partie des incontournables
que tout un chacun doit savoir monter convenablement. Ces mouches de
légende font souvent appel à un tour de main très particulier, sans lequel il est
impossible d’obtenir un résultat conforme à l’original.

A

vec le temps, ce qui apparaissait comme novateur il y a trente ans fait
désormais partie de la légende.
Lorsque les Mouches Devaux
proposèrent aux pêcheurs la collection d’artificielles d’André Terrier, personne ne se doutait que
cela allait révolutionner le petit
monde de la pêche à la mouche
sèche. Plus encore que ses séries
de nymphes, sa série ATE (André
Terrier émergentes) était pour
l’époque, la fin des années 1980,
unique en son genre. Des montages qui flottaient bas, collés à la
surface, dont la plume de CDC,
certes connue, mais utilisée différemment, permettait des montages interdits aux plumes de
coqs. La série ATE a donc marqué
l’histoire de la mouche artificielle

professionnelle en France et dans
les pays voisins, car à l’époque,
même si Internet n’existait pas, la
renommée des mouches artificielles d’Aimé Devaux était internationale.
Ces mouches ont influencé les
générations de pêcheurs qui ont
suivi jusqu’à nos jours. La plupart
des modèles ATE possèdent un
“tag” un peu provocateur qui
ciblait en priorité les ombres.
Cette ATE E’Mai en revanche est
clairement destinée aux truites et
se borne à imiter l’insecte. Cette
collection figure toujours au catalogue des Mouches Devaux.

flanc de canard colvert mâle pour
les cerques, du dubbing de
masque de lièvre beige/roux (il
faut faire le mélange soit même),
du CDC bleuté (un certain bleu…)
et une plume de perdrix grise
teintée à l’acide picrique à 2 %.
Le tout monté sur un hameçon
n° 12 Kamasan B 401. Il est d’ailleurs étonnant de constater que
cette collection était sans doute
l’une des premières sinon la première à utiliser des hameçons
japonais à affutage chimique, ce
qui permettait de pêcher beaucoup plus fin qu’avec les modèles
en fer forgé.
Ph B.

Le montage de cette émergente
de mouche de mai n’a rien de
compliqué, mais demande de
trouver les bons matériaux : du

1. Prendre un hameçon Kamasan B 401 n°12 et commencer l’enroulement d’un fil de montage noir. Fixer
une pincée de fibres d’une plume de flanc de canard colvert assez claire (certaines sont plus ou
moins foncées). Leur longueur doit être d’un tiers supérieure à l’hameçon.
2. A l’aide d’un twister, préparer une boucle à dubbing. Préparer un dubbing de masque de lièvre avec
des longs poils prélevés à la base des oreilles dans les zones claires. Car il s’agit d’imiter le beige
d’un corps de mouche de mai.
3. Incorporer le dubbing dans la boucle et la torsader.
4. Enrouler le dubbing pour former un corps régulier et généreux.
5. A 45° sur le dessus du thorax, placer une pincée de fibres de plume de CDC bleuté.
6. Prendre une plume de cou de perdrix grise assez claire et la teinter à l’acide picrique à 2 %. La fixer
par la pointe.
7. Eliminer l’excédent et l’enrouler sur deux tours. Fixer, couper et faites le nœud final.

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Où pêcher

Finlande

« Si tu passes là-bas,

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vers le Nord… »

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Où pêcher

Le cours de la Äyskoski est parsemé de blocs rocheux
qui procurent un habitat de choix
pour les truites.
Page de droite en haut : fario de taille habituelle sur
la Läsäskoski. En bas : ours dans la zone sauvage
près de la frontière russe (Boreal Wildlife Centre)
72

Pour atteindre Kuhmo, cette toute petite ville au nord de la Finlande et toute proche
de la Russie, il nous a fallu traverser pendant sept heures une immense forêt finlandaise, macadam uniformément épaulé de sapins. La monotonie de la route n’est
même pas rompue par la traversée de villages, de simples regroupements de maisons
au milieu des bois, ni par les immenses lacs que nous côtoyons sans jamais les voir
vraiment.
Par Kathleen et Jean-Pierre Piccin

A

vant de nous
installer dans
notre petit hôtel, nous avons
rencontré Juhani notre
premier contact dans la
région, en fait un gardepêche qui doit nous guider durant les quatre jours
que nous allons passer
dans ce coin, première
étape de notre voyage
d’exploration qui doit durer trois semaines. Même
avec les moyens actuels de
communication, l’organisation de ce séjour aurait
pu être difficile et peut être
qu’on aurait “tapé en
touche” pour une autre
destination si le hasard ne
nous avait pas donné un

petit coup de pouce.
Avant de repartir pour la
énième fois en Argentine
en début d’année, nous
avions visionné une vidéo
de pêche sur la rivière Äyskoski, qui, comme chacun
sait, se trouve en Finlande.
Et comme ce pays n’est
pas une destination très
connue, nous avions pensé que dès notre retour,

nous allions fouiller dans
cette direction. Trois jours
passés au bord du Lac
Strobel en compagnie de
notre compagnon de
pêche Jasper et nous voilà
en train de discuter de nos
projets de pêche et de cette
idée d’aller peut-être en
Finlande.
« La Finlande ? Mais je
suis finlandais, nous ré-

pond-il, et je connais très
bien celui qui a fait cette
vidéo. J’ai gardé là-bas de
nombreux contacts et je
peux vous organiser ça ! »
En fait, nous avons appris le lendemain que le
Jasper avec qui nous
étions en train de pêcher
était Jasper Pääkkönen,
le comédien le plus populaire en Finlande, qui
a joué le frère du roi Harald Finehair dans la série Vikings et ce gars est
un fou de pêche. Il profite de sa notoriété pour
militer pour la protection des rivières. Le fait
est qu’il a tenu parole et
qu’entre deux pauses lors
des tournages en Irlande
73

Où pêcher

L’aventure commence
ici… Kathleen sait parler
aux truites sauvages de la
Läsäskoski !
Aurores boréales à
Kuhmo (photographiées
par notre ami Juhani).

de la nouvelle série, il
trouvait un moment
pour nous organiser le séjour. Ainsi nous voilà
dans sa ville natale, petite
bourgade entourée par
un chapelet de lacs reliés
entre eux par de petites
rivières de quelques centaines de mètres. Le lendemain, nous avions prévu de pêcher deux d’entre
elles assez isolées et peu
courues semble-t-il….
Un canoë fixé sur le toit,
nous suivons la voiture
de Juhani jusqu’à un petit pont où tout en ouvrant une carte, il nous
montre le trajet qu’on
doit accomplir et notre
lieu de rendez-vous en
soirée. Deux rivières à
descendre, un lac à traverser, pourquoi pas essayer… Mais lorsque je
vois la puissance du torrent de cette première
partie du parcours, je
comprends pourquoi les
74

La région très sauvage de Kuhmo.
Ci-dessus : truite de taille moyenne sur l’Ayskoski.
A droite : remise à l’eau sur la rivière Kellankoski. On
remarque la différence notoire de pigmentation.

Finlandais
appellent
leurs rivières des “rapids” ! Sûr qu’en se jetant
dans ces flots parsemés
de gros rochers, c’est à la
nage que l’on risque de
terminer le périple !
Mais Juhani nous rassure en nous expliquant
qu’à 300 mètres d’ici, ça
se calme et que la suite
est très facile. Tandis

que par précaution Katy
enregistre sur son téléphone un tracé GPS, de
mon côté je mets dans
notre sac étanche de
quoi manger et faire du
feu
en
récupérant
quelques bouts d’écorce
de bouleau bien secs qui
pourraient, sait-on jamais
éventuellement
servir d’allume feu.

Puis nous voilà partis à
très petits pas, à tâtons
pour ainsi dire tellement les rochers sont
ronds, glissant et collés
les uns aux autres. Il
nous
faut
environ
45 minutes pour faire
ces 300 premiers mètres
en tenant l’embarcation
avec une corde !
Ayant perdu beaucoup
de temps nous décidons
de finir la descente de
cette rivière et de pêcher
seulement la seconde.
Première sage initiative
en effet, car en atteignant l’embouchure du

lac, on s’aperçoit qu’il
est bien plus grand que
ce qu’on aurait pu imaginer !
En fait, il va falloir
presque une heure pour
en voir l’autre bout, et
presque autant pour
trouver – avec l’aide du
GPS – la prochaine rivière qui se cache au milieu des joncs. Enfin
nous repérons un chenal de quelques mètres
que nous empruntons
et le temps de donner
trois coups de pagaie et
nous voilà brutalement
aspirés par la rivière.
75

Où pêcher

76

Lever du jour brumeux
sur la Läsäskoski.

Nous réussissons tant
bien que mal à atteindre
une berge herbeuse et
tout en agrippant la
corde pour ne pas le
perdre sautons hors du
canoë. On l’a vraiment
échappé belle car en
allant voir plus en aval je
constate qu’elle est pire
que
8 h la
du matin,
première
devant
avec
deux
le lodge…L’accalmie
chutes sur les cinquante
durera premiers
jusqu’à midi…
mètres.
Nous
aimons
bien
la pêche sportive, mais
devant
l’impossibilité
de descendre la rivière
même à pieds, nous décidons de laisser à
d’autres ce parcours
olympique.
Heureusement, l’extraordinaire réseau téléphonique finlandais nous
permettra de prévenir
Juhani. Pour mettre un
peu plus de piment à
cette peu banale journée
de pêche, le vent qui a
bien forci à présent
nous fait face et au milieu des vagues, nous
passons toute la fin de
l’après-midi à pagayer
et écoper en cherchant
désespérément un chemin qui aboutit au lac
où on pourrait nous récupérer.
Question pêche, les
trois jours suivants ne
furent pas mieux, malgré les efforts de l’imperturbable et charmant
Juhani, …
Si on veut être positif,
on peut dire que sans
lui, nous n’aurions pas
traîné de la même façon
77

Où pêcher

En haut : pêche de l’ombre sur l’Änättikoski rapid.
Ci-contre : la Äyskoski se prête admirablement bien à la
pêche à la mouche. Le streamer est indispensable en fin
d’été, lorsque les éclosions sont plus éparses.

dans la région. C’est surement grâce à lui qu’on a
pu découvrir la faune, la
flore, les coutumes et la
gastronomie du coin…
78

En réalité, je crois
qu’on est passé à côté
d’un très bon coin de
pêche. La Läsäskoski,
rivière que nous avons

pêchée ensuite, nous
mit enfin sur la voie. A
la fin de l’été, lorsque
les eaux sont les plus
chaudes de l’année, la
pêche à la mouche
conventionnelle
ne
donne plus de bons résultats. Il faut mettre de

côté les techniques de
pêche à la mouche classiques et pêcher au
streamer vers l’amont !
Dans ces conditions,
cette technique ludique
a révélé la présence de
grosses truites insoupçonnée.

GUIDE PRATIQUE
Technique de pêche :
Classiquement comme dans la plupart des pays d’Europe, les
éclosions de baetis et d’éphémères ont lieu au printemps et
la pêche à la mouche sèche et la nymphe sont particulièrement adaptées. Mais après le long hiver, les truites encore
affamées se nourrissent beaucoup de poissons fourrage.
Aussi à certains moments de la journée, les streamers peuvent
être très efficaces. Sur certaines rivières comme la Kellankoski
par exemple, en juillet les sedges sont très nombreux et la
pêche à la mouche sèche donne de bons résultats. En septembre par contre, peu de mouches éclosent et nous avons
pu constater que seule la pêche au streamer en pêche essentiellement vers l’amont est performante. En effet, les truites
collées derrière les rochers attendent leurs proies, petites
perches ou gardons qui, entrainés par le courant passent devant leur nez. Lorsqu’on pêche vers l’aval, les mouches
passent souvent trop au-delà de ces rochers et ne sont souvent pas vues par les truites. La technique est simple : on se
place à 4 à 5 m d’un endroit susceptible d’abriter une truite,
on lance en amont du courant qui se divise de part et d’autre
de l’obstacle et aussitôt la mouche posée on relève la poignée canne au-dessus de la tête, en faisant un mouvement
assez rapide du bras, tandis que l’autre bras se tend vers l’arrière afin de garder la soie tendue au-dessus de l’eau. L’association de ces deux mouvements permet de maintenir la
mouche en surface et de lui donner vie en imitant un poisson
qui s’échappe rapidement. On répète le mouvement en ne
faisant qu’un faux lancer, comme si on pêchait à la nymphe,
et ainsi, on peut explorer assez rapidement les différents
postes. En fait cette pêche est passionnante car on voit la
truite poursuivre la mouche et se jeter dessus et quand on
connait la taille et la puissance de ces poissons, gare à l’addiction !

droit idéal pour attraper des brochets trophées. Fin mai début
juin ou octobre, novembre sont les mois idéaux pour toucher
les plus gros spécimens.

Adresses utiles :
Capitale de la Finlande, Helsinki est une très agréable ville
au bord de la mer Baltique.
Pour ceux qui souhaitent passer quelques jours avant ou
après la pêche, l’hôtel Lilla Roberts est bien situé près du
port.
Lilla Roberts: www.lillaroberts.com

Kuhmo
• L’hôtel Kainuu est situé au centre de la ville et peut
organiser des séjours de pêche guidés.
• Un grand nombre de rivières sont à portée de main.
Hotel Kainuu-Kainuuntie 84, FI-88900 Kuhmo
Tel. +358 (0)8 655 1711
info@hotellikainuu.com
www.hotellikainuu.com
• Pour les accompagnants ou les pêcheurs qui veulent
faire un peu de tourisme (exploration de la faune,
la flore…) consultez le site internet de Wild Taïga :
• www.wildtaiga.fi/en/summer-activities/fishing/

Konnevesi
Cannes :
Compte tenu de la taille des poissons et de la puissance du
courant, on se munira de préférence d’une canne pour soies
5-6 pour la pêche à la mouche sèche ou à la nymphe et d’une
de 7 pour les streamers.

Accessoires :
Les rivières étant le plus souvent très puissantes et parsemées
de rochers ronds, rapprochés et très glissants il est recommandé d’utiliser un bâton de wading.
Pour les avoir utilisés durant ce séjour, les produits finlandais
de la marque Vision sont remarquables et d’un prix correct.
Les jeunes pêcheurs Finlandais adorent cette marque pour le
design modern des produits, les vêtements très colorés qui
changent enfin de la triste grisaille que nous proposent la
plupart des autres fabricants !
La Finlande est aussi un haut lieu de la pêche des carnassiers
et que ce soit à la mouche ou avec d’autres leurres, c’est l’en-

Pour pêcher les 7 “rapids” (courtes rivières entre les lacs)
autour de Konnevesi, vous pouvez réserver vos permis de
pêche à l’adresse suivante :
www.konnevedenkosket.fi/en/21/home
ou contacter Petri Korhonnen un guide de pêche qui peut
vous faire découvrir les rivières et les lacs de la région :
petri@eraspete.com – www.eraspete.com

Läsäkoski
Pour organiser un séjour sur la rivière Läsäkoski :
myynti@lasakoski.fi – www.lasakoski.com

Äyskoski29
Lohimaa Fish & Travel OY : www.lohimaa.fi
193 5070
Il est aussi possible d’organiser un séjour complet de
pêche sur les rivières Äyskoski et Läsäkoski :
www.troutsplash.com
79

Je ne pêche pas…
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Confidences d’une
Histoires de pêche 2
Histoires de pêche 3
La Dame de
Contes et légendes
truite près d’un pont Haute-Savoie
Saint-Pierre était
Rabouin
du Moulin du Plain
Jean-Christian Michel
Belge
Au bonheur des
Muriel Lovichi
Vincent Lalu
Georges Quinot
truites
Les histoires de
Ce livre raconte la saga C’est l’histoire d’une
truite de parole et
C’est un petit village
Jean-Marie
« La dame de
du Moulin du Plain, il
possède la particularité Haute-Savoie » vous
franco suisse à forte
Rouffaneau
en évoque les
de ne pas mourir. Elle
population belge. Au
Rabouin vous emmène personnages les plus
emmèneront tour à tour
connaît les pêcheurs,
milieu coule le Doubs,
avec bonheur au pays
sur les torrents de sa
truculents, les histoires
leurs désirs et leurs
ses truites, ses mouches des poissons trophées
montagne, mais aussi et
les plus drôles et les
et ses «pêchoux». Dans
et des histoires de
moments les plus forts. vies. Elle a connu Kant, surtout sur la haute
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Guerre et pêche
Pendant les combats, la vie continue… pour les poissons. Et aussi
pour les rares audacieux qui, malgré les dangers de la guerre, n’ont
pas hésité à tremper leur ligne dans l’eau, même lorsque le cours
de la rivière servait de ligne de front. On a toujours pêché pendant
les guerres, qu’elles aient été grandes ou petites. Pêché pour
manger, pêché pour survivre, mais aussi par passion, par goût du
défi ou de la transgression. Et parfois, le miracle s’est produit :
lorsqu’ils se rencontraient par hasard, les pêcheurs ennemis
« oubliaient » de se tirer dessus. C’est ce que racontent les auteurs
de « Guerre et pêche », qui ont en commun d’avoir affronté les
affres de la guerre une canne à la main.
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Les secrets de la pêche à la verticale
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