Plaisir des jours – Un inédit de Léonce de Boisset

Plaisir des jours est édité à compte d’auteur par les petits enfants de Léonce de Boisset. Vous pouvez le commander chez Jean-Claude Valette, 24, allée des capucines, 78290 Croissy-Sur-Seine, contre un chèque de 30 euros.

Léonce de Boisset, de son vrai nom Léonce Valette, fut l’un de nos grands auteurs halieutiques, ami de Tony Burnand, de Charles Ritz, de Gérard de Chamberet ou du Docteur Massia, il a signé plusieurs livres références comme Les mouches du pêcheur de truite, Ecrit le soir ou La truite, poisson de grand sport. Né en 1884 à Notre-Dame-de-Boisset, non loin de Roanne, il a connu l’âge d’or de la pêche à la mouche, mais aussi dans son enfance, un temps où on ne pêchait pas pour la beauté du geste mais pour manger. Les limites communales de son village étaient divisées en autant de territoires qu’il existait de braconniers. C’est cette enfance que raconte Plaisir des jours, un livre écrit pour sa petite-fille, et initialement publié pendant la Seconde Guerre mondiale qu’à 950 exemplaires seulement car le papier manquait. Ils furent vendus en quelques jours. Cette enfance était peuplée de personnages qu’on distinguait par des sobriquets, surtout s’ils avaient le même patronyme. Vent de bise lui montra le chemin de la rivière, tandis que le Pâle, redoutable braconnier, lui enseigna mille et une ruses. Docteur en droit, capitaine de cavalerie pendant la Première Guerre mondiale, Léonce de Boisset est mort en 1968, traversant des époques à la fois tragiques et merveilleuses.

Le Pâle

Il devait son surnom à l’incomparable éclat de sa trogne rubiconde. C’était bien, à vrai dire, le plus bel ivrogne de mon pays où l’espèce n’était pourtant pas inconnue. Sa vie durant, il avait observé avec une rare constance, le vieux précepte qu’on se transmet chez nous à travers les générations : l’eau est un liquide strictement réservé à l’usage externe, en quantité modérée. Il avait un tel respect pour cette règle d’or qu’il faillit renoncer à la pêche certain jour où au cours d’une plongée dans la Naize, les ébats d’un brochet qu’il venait de saisir lui avaient fait ouvrir la bouche et avaler quelques gorgées d’eau. Cet accident l’avait vivement ému. Il s’était surveillé toute une semaine, s’attendant, après semblable imprudence à se voir atteint de maladies graves.

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