Phoque you

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Les derniers saumons sauvages de nos rivières sont plus que menacés par l’explosion des populations de phoques que plus personne ne chasse. Merci BB.

Alors que les filets dérivants de l’estuaire de l’Adour (en plein port de Bayonne), auraient capturé cette année entre 8000 et 12 000 saumons (recoupements observateurs Salmo Tierra, Sepanso, et cours de la criée de Saint jean de luz…), soit certainement plus de 80% des poissons qui se sont présentés à la barre de l’Adour, quelques phoques gris ont été observés depuis l’année dernière sur le littoral basque et landais entre Biarritz et le Bassin d’Arcachon…Comme l’espèce est intégralement protégée par les lois françaises (dernier arrêté en date du 1er juillet 2011) et européennes, ne doutons pas que ces quelques individus ne vont pas tarder à former des colonies de trente à trois cent individus, comme celles que nous connaissons en Vendée, en Bretagne, en Normandie et pour les phoques veaux marins, en Picardie et le long des côtes du Nord-Pas-de-Calais (cap Gris-Nez, banc Hills à proximité de Dunkerque). Les pêcheurs de ces régions commencent à se plaindre d’une concurrence qu’ils jugent d’autant plus déloyale, qu’ils ont, disent-ils, depuis plus d’un demi-siècle, limité leurs prélèvements en respectant les quotas européens.
Pour revenir au saumon dont les phoques raffolent, il semble maintenant bien prouvé qu’en Ecosse notamment où les phoques veaux marins ont fait leur réapparition en nombre depuis les années 80, ces prédateurs marins sont responsables d’une chute dramatique des remontées de saumons et de truites de mer, dans des rivières comme la Tweed, la Spey et surtout la Tay. Dans l’immense estuaire de cette dernière rivière, à marée basse, des survols en hélicoptères et maintenant grâce à des drones, ont permis de filmer jusqu’à 600 phoques se reposant sur les bancs de sable, en attendant que la marée remonte et n’amène avec le jusant, saumons et truites de mer. Des contenus stomacaux ont montré que pratiquement tous les phoques avaient dans l’estomac au moins un saumon et bien souvent pour le dessert sans doute, un homard… Ces poissons et crustacés sont en effet beaucoup plus faciles à capturer dans les estuaires peu profonds, que les poissons de haute mer comme les morues et autres aiglefins, qu’il faut aller chercher loin au large et profondément, à grands coups de nageoires. Et comme chaque marée leur apporte cette provende à domicile pourrait-on dire, ils auraient bien tort de se fatiguer, d’autant que saumons et homards sont en outre plus appréciés que les plies, carrelets et autres crabes verts qui fréquentent les mêmes zones d’estuaires

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