Patagonie, une destination dans le vent !

Kathleen et Jean-Pierre Piccin

51°25’ Sud – 72°10’ Ouest : Puerto Natales , Chili (c) Kathleen et Jean-Pierre Piccin

Laisser errer ses yeux sur la carte du Chili, repérer la “ruta del fin del mundo” qui mène aux confins du monde, égarer son imagination dans le fjord Ultima Esperanza ou suivre les derniers pas de Bruce Chatwin* en Patagonie jusqu’au canal Senoret où se blottit Puerto Natales, c’est déjà voyager ! Vous comprendrez donc qu’aller pêcher dans cette région de Magallanes n’était pas vraiment le motif principal du voyage et pourtant que fut notre surprise…

7H30, comme cela avait été prévu des semaines auparavant, notre guide Benjamin vient nous prendre à l’hôtel pour nous faire pêcher un “rio secreto” que nous avons hâte de découvrir. Dès les premiers kilomètres, c’est déjà l’émerveillement, le premier matin du monde : les énormes nuages noirs qui couraient la veille dans le ciel et effaçaient l’horizon ont été chassés durant la nuit et laissent place à un décor panoramique de carte postale où viennent se dresser des pics abrupts, d’immenses glaciers qui ne paraissent pas se soucier du réchauffement de la planète et devant, dans l’encre bleue indigo du fjord, immobiles, quelques bateaux en bois qui semblent avoir été posés là juste pour rajouter une touche de couleur. En y regardant de plus près, proche de la plage, des canards et des cygnes font pour les uns leur promenade matinale et pour les autres, la tête sous leur aile prolongent leur nuit de sommeil. Cet émerveillement va en fait se prolonger durant toute l’heure qui nous sépare de la rivière avec comme bouquet final l’arrivée dans une immense plaine parfaitement plate qui vient buter contre une barrière granitique verticale avec en son centre trois pains de sucre vertigineux, les célèbres Torres del Paine.

Lorsqu’on ouvre le portail rose pour pénétrer dans l’estancia, je crois que pour la première fois mes yeux rivés sur cette explosion de beauté ont du mal à s’en détourner et suivre le magnifique ruban bleu qui se faufile entre les pâturages où se promènent deux chevaux et quelques étangs d’où s’envolent des flamands roses ! Miraculeusement oublié et préservé, ce bout du monde, cet Eden semble remonter à la nuit des temps ! Mais, chasser le naturel et il revient au galop ! En effet en s’approchant des berges de la rivière, un premier gobage, et le logiciel pêche est en marche. Très vite nous attrapons à tour de rôle quelques truites de taille moyenne mais cette partie de cours d’eau est large, peu profonde, et les posers pas toujours discrets, il est vrai pas aidés par le vent qui connait bien le coin et n’a pas comme nous le souffle coupé. Nous avons tout d’abord pris nos premières truites farios à la nymphe en “dropper”, puis en sèche avec une Royal Wulff lorsqu’en fin d’après-

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