Nymphe et CDC l’heureux mariage

  • Nymphe CDC A

    CDC nymph D-Rib : Une nymphe qui s’immerge bien en raison de son corps lisse. La bille décentrée offre un dégagement total de l’hameçon. La plume de CDC est ici enroulée en collerette.

  • Nymphe CDC B

    CDC flashback nymph : Très bon modèle pour les ombres et les truites arcs-en-ciel en raison des éclats nacrés qu’envoie le thorax. La couleur du corps peut changer en restant dans des tons compatibles (jaune, brun, vert amande, noir).

  • Nymphe CDC C

    Gammare CDC : Il n’y a pas que les billes qui permettent de pêcher à la nymphe au fil, loin s’en faut. Les lestages classiques en fil de plomb sont utilisables sur des postes peu profonds et pas trop courants. Ce gammare est une très bonne nymphe pour pêcher au fil.

Alors que la mode des perdigones, ces nymphes ultra-lisses, s’ancre dans les boîtes des pêcheurs à la nymphe au fil, un concept radicalement différent gagne du terrain. Comme il faut toujours de tout pour faire un monde, les nymphes qui font partiellement appel à la plume de croupion de canard jouent sur le registre de la vibration, à la façon d’une mouche noyée. Si vous ne pêchez pas les puissants torrents alpins ou pyrénéens, alors les nymphes de cette rubrique pourraient bien vous séduire.

Contre toute attente, la plume de croupion de canard (CDC pour les intimes) trouve sous l’eau une seconde jeunesse. Par ses qualités hors-norme de flottabilité, le CDC ne peut s’immerger que contraint et forcé. Les plumes de canard sont graissées naturellement, ce qui assure à l’animal une très bonne isolation contre le froid et l’humidité. Forcée à descendre sous la surface, une plume de CDC emporte avec elle des dizaines de petites bulles d’air. Alors, pourquoi s’évertuer à vouloir faire couler un matériau réfractaire à l’élément liquide ? Nous allons voir que ce qui apparaît comme un défaut devient dans certains cas une qualité. Tout d’abord, l’origine des nymphes utilisant la plume de CDC est incertaine. Spécialiste de ce matériau mis à toutes les sauces et depuis très longtemps, Marc Petitjean a bien entendu développé plusieurs modèles presque entièrement constitués de CDC y compris pour le corps, mais des pêcheurs à la nymphe au fil ont également mis la fameuse plume à contribution pour certaines de leurs nymphes. Placé en collerette derrière une bille, le CDC modifie considérablement les propriétés physiques d’une nymphe lourde, faite pour la pêche au fil dans des zones courantes. Les antagonistes ont parfois du bon. Si, sur une nymphe légère, la plume de croupion de canard a surtout un rôle imitatif, ses qualités sont toutes autres sur une nymphe lestée d’une bille en tungstène de 2,8 à 4,5 mm.

La modification de la densité

Alors que la mode des perdigones, des nymphes ultra-lisses, persiste, les nymphes avec collerette en CDC ont un comportement très différent dans l’eau. Il existe dans une rivière des postes d’une grande variété. Les nymphes lisses sont parfaites pour des cours d’eau alpins comme le Drac, l’Isère ou la Durance, aux lits composés de galets sans éléments végétaux de type mousses, algues ou herbiers. Dans des cours d’eau aux fonds plus chaotiques, une nymphe ne doit pas forcément couler comme un caillou au risque de se prendre l’hameçon dans le tapis. C’est là où les nymphes qui ont du volume et de « l’assise » dans l’eau, tout en étant lourdes, ont un grand intérêt. C’est ainsi que fonctionne la pêche des carnassiers aux leurres. Il existe des poissons nageurs qui permettent de pêcher depuis la surface jusqu’à six ou sept mètres de profondeur. Chaque modèle correspond à une utilisation précise. Certains sont conçus pour faire face à un fort courant sans « décrocher » ou pire se retourner, alors que d’autres s’expriment parfaitement en eaux calmes, mais ne servent qu’à ça. Le pêcheur à la nymphe au fil doit avoir dans ses boîtes de quoi pêcher autant une veine profonde et rapide avec un substrat de galets, qu’un poste à truite bien marqué dans une zone calme et pas forcément profonde. La mode des nymphes lisses occulte actuellement tout un panel de matériaux très utiles au pêcheur comme la laine pour la réalisation des corps (les fameuses Alezanes et Echdyo d’André Terrier), les dubbings divers et variés, la plume de perdrix et le CDC. Les rivières ne suivent pas les modes, mais leurs substrats ! Les nymphes lourdes mais volumineuses sont très intéressantes à voir évoluer dans une zone au courant perturbé par des rochers et/ou des herbiers, car elles ont un comportement beaucoup plus naturel qu’une nymphe lisse et dense en suivant les veines d’eau. Leur utilisation demande une bonne lecture des courants. Sur ce point c’est une excellente école, l’une des meilleures qui soient, à condition de savoir où se tiennent les poissons car le jeu reste toujours le même, amener sa nymphe devant le poisson.

 

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