No-kill. Les carnassiers aussi, mais pas n’importe comment !

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Relativement nouveaux, les parcours no-kill pour la pêche des carnassiers aux leurres émergent un peu partout, sauf dans les départements où pour cause de pollution aux PCB, la consommation du poisson est interdite. Dans tous les cas, la pêche aux leurres en no-kill, pratiquée de plus en plus sur tous les parcours, demande un grand respect du poisson qui, parfois, fait défaut. Par ces temps où les défenseurs des droits des animaux se font de plus en plus extrémistes, la pratique du no-kill n’a pas droit à l’erreur. 

Présentée comme un moyen moderne de concevoir la pêche, la pratique qui consiste à remettre à l’eau ses prises, ne date en réalité pas d’hier. Elle est née outre-Atlantique de l’esprit d’un précurseur, qui aimait faire remarquer à l’occasion qu’un golfeur ne mange pas ses balles. Lee Wulff, né en 1905 et mort à 86 ans en pilotant son hydravion, a révolutionné la pêche sportive, au point d’entrainer avec lui plusieurs générations de pêcheurs. Il prôna le no-kill dès les années 1960 aux Etats-Unis. Wulff était le plus joueur des pêcheurs. Il s’inventait sans cesse de nouveaux challenges en dépit d’un matériel perfectible, qui à lui seul était un véritable handicap ! Ainsi essayait-il de prendre des saumons avec des hameçons minuscules, avec des bas de lignes très fins, ou encore pêchait-il les gros tarpons avec un moulinet pour la truite sans réel frein… Il est le père de la pêche sportive au sens de l’esprit, de l’éthique et de la méthode. L’abondance de poissons de toutes sortes à l’époque lui a sans doute fait préférer l’art et la manière plutôt que la quantité, mais déjà avec une idée très en avance sur son temps, de conservation des stocks.
En France, les premiers parcours no-kill, exclusivement en cours d’eau de première catégorie, ont une vingtaine d’années. Et certains n’ont pas connus depuis d’autres modes de “gestion”. Les pêches électrique d’inventaire, réalisées par l’AFB ou les fédérations départementales de pêcheurs se chargent d’en surveiller l’évolution. Avec ce recul confortable, les tendances se sont transformées en constantes. Il ressort de ces comptes d’apothicaires aquatiques que les parcours no-kill à truites sauvages (ou assimilées sauvages) ne comportent souvent pas plus de poissons qu’ailleurs, mais que la taille moyenne est plus élevée que sur les zones voisines soumises aux prélèvements. Cela s’explique dans certains cas par un habitat qui propose X caches, et pas une de plus.
Sur les plus vieux parcours no-kill, certains vieux poissons sont devenus très difficiles à prendre et certains ne touchent plus ni aux vrais ni aux fausses mouches en devenant exclusivement carnassiers. Voici ce qu’on peut dire des parcours no-kill à salmonidés, lorsque ceux-ci connaissent une pression de pêche élevée. Les détracteurs du no-kill sur les parcours à truite ne manquent jamais d’utiliser l’argument des poissons qui ne survivraient pas à leur capture. Même si le risque zéro n’existe pas, les propriétaires ou tout simplement les pêcheurs de parcours no-kill n’accepteraient pas de voir leurs poissons dériver le ventre en l’air à longueur de journée. Le taux de survie est sans doute de plus de 95 %.

Mais qu’en est-il pour les carnassiers ?
A notre connaissance, les parcours no-kill à carnassiers sont une invention très récente, surtout en cours d’eau du domaine public ou privé. En revanche, certains plan d’eau fonctionnent ainsi depuis de nombreuses années. Si un étang de cinq hectares n’a rien à voir avec une rivière, c’est bien en milieux lotiques (courants) que les parcours no-kill font leur apparition timidement mais surement. Comme pour la truite, ce modèle halieutique s’impose petit-à-petit, afin d’offrir aux pêcheurs des lieux dont on sait, sauf braconnage, qu’ils sont en théorie bien peuplés.

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