Micro-centrales dans les parcs nationaux, un non sens !

Belle rivière sauvage en France.

Alors que le Nant Bénin, un torrent situé dans le parc national de la Vanoise vient d’être labellisé Rivières Sauvages, un projet de micro-centrale hydroélectrique remet en cause ce label dont le ministère de l’Environnement est partenaire. Il a été créé à l’initiative du WWF et ERN France (European Rivers Network) pour faire face aux menaces qui pèsent sur les dernières rivières sauvages, soit moins de 5 % des cours d’eau en France.

Le Nant Bénin représente donc à ce jour le neuvième cours d’eau labellisé Rivières Sauvages de France.

Quel que soit le lieu, la micro-électricité est une aubaine pour les propriétaires : achat obligatoire de leur production par EDF à prix renforcé pendant 20 ans (prix d’achat du marché à environ 30 euros/MWh, prix d’achat obligatoire environ 60). Une manne qui permet d’amortir les installations en 5 ou 6 ans pour ensuite engranger pendant des décennies. Vu comme cela, l’énergie renouvelable est miraculeuse.

A propos de tels systèmes de subventions, un commentaire du président de la République le 9/9/2013 montre au moins qu’il est au courant : « des effets d’aubaines, des gâchis des deniers publics et des comportements spéculatifs (…). Une éventuelle surestimation des coûts de production de la filière par les pouvoirs publics lors de la fixation du tarif assure aux investisseurs une rentabilité très élevée qui peut déclencher une bulle spéculative. » (source : Commission de régulation de l’énergie).

Pour l’association Nant Sauvage, il n’est pas d’utilité publique d’abandonner à une compagnie privée (ou/et à but lucratif, et pour 60 ou 80 ans !) la souveraineté sur notre patrimoine naturel, lequel en ce qui concerne la commune de Peisey reste encore aujourd’hui préservé, on peut même dire exceptionnel, ce qui devient de plus en plus rare et précieux pour les générations futures. De plus, la continuité et la cohérence avec le parc national de la Vanoise en multiplie la valeur (et réciproquement), en particulier pour le tourisme d’été appelé à se développer, entraînant des activités socio-économiques de loisir : pêche, randonnée, photos, baignade. Le SCOT Tarentaise, document juridique opposable, met en priorité la sauvegarde du capital nature.

Le Nant Bénin, un des tout derniers torrents sauvages de nos montagnes, proche de l’état naturel ne doit pas couler dans un tuyau. Le Nant Bénin est inscrit par trois fois dans des zones de protection de la nature : ZNIEFF II, ZICO, Parc National et a reçu le label Rivières Sauvages en janvier 2017. Une pétition est en cours. Nant Sauvage : torrentdesesserts@gmail.com

Soutenez Rivières Sauvages !

Les rivières meurent dans l’indifférence quasi générale. European Rivers Network, association d’intérêt général, est le porteur et gestionnaire du projet Rivières Sauvages, une des très rares associations à s’opposer aux pressions des lobbys et des aménageurs qui servent des intérêts privés aux dépens du bien commun.

www.rivieres-sauvages.fr

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