Manche : Ségolène Royal cède aux pressions des quelques opposants au démantèlement des barrages de la Sélune

La Sélune, petit fleuve côtier de la Manche qui se jette dans la baie du Mont Saint- Michel a vu s’envoler l’espoir de voir disparaître ses deux barrages, lors d’une rencontre entre les élus locaux et Ségolène Royal le 4 décembre 2014 à la Mazure. Le projet d’arasement des barrages de Vezins et de La-Rochequi- Boit ne date pas d’hier, mais le 16 février 2012, une décision ministérielle validait leur futur démantèlement. Le fleuve est remonté par plusieurs espèces de poissons migrateurs dont le saumon Atlantique. Les barrages sont d’une part un frein à la montaison comme à la dévalaison des migrateurs et d’autre part, ne seraient plus rentables pour EDF, avisé du non renouvellement de la concession. L’affaire était donc entendue et depuis ce jour de février 2012, plusieurs projets sont nés pour redonner vie à cette superbe vallée de la Sélune. Les barrages sont incompatibles avec la Directive cadre sur l’Eau, sont des pièges à sédiments et lors de la dernière vidange, ils ont pollué une partie non négligeable de la baie du Mont- Saint-Michel, perturbant fortement l’activité ostréicole (il a fallu indemniser les exploitants). A l’heure où l’on parle de continuité écologique, de biodiversité, de qualité de l’eau et que l’Etat doit faire bonne figure face aux directives européennes sur l’écologie, la ministre de l’écologie Ségolène Royal est venue sur place donner raison aux quelques opposants, largement minoritaires et dont les revendications semblent bien maigres (elles portent essentiellement sur d’éventuels risques d’inondation de quelques hectares de terre). Le coût des travaux est estimé à 53 millions d’euros, soit quelques kilomètres d’autoroute et encore moins de LGV. Et la ministre de dire devant les caméras de France 3 : “on ne met pas 50 millions uniquement pour faire remonter des poissons”. Voici une phrase qui à elle seule résume bien la méconnaissance totale de ce dossier par la ministre. Les remontées de poissons sont la cerise sur le gâteau d’un environnement qui aurait pu retrouver un bon état écologique, coûter moins cher à l’Etat sur le long terme et relancer une activité touristique digne de ce nom dans la vallée. C’est le type même de projet “gagnantgagnant”. D’autant qu’il existe des précédents comme l’ex-barrage de Kernansquillec sur le Léguer ou de Saint- Etienne-du-Vigan sur l’Allier. A cela, la ministre préfère garder les ouvrages en brandissant la “transition énergétique” et estime qu’il est préférable de réfléchir à la solution de passes à poissons performantes. Selon les meilleurs spécialistes des poissons migrateurs, la Sélune a le potentiel pour devenir la meilleure rivière à saumon française, mais à condition d’effacer les barrages. A la Mazure, l’attitude de la ministre a profondément discrédité la parole de l’Etat, sans aucun respect des personnes qui travaillent depuis des années sur ce projet et notamment depuis 2012. De nouvelles études seront donc lancées à la demande de la ministre (productivité des barrages, coût des passes à poissons, etc.). Comme une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule, nous avons appris le décès accidentel de Michel Thoury, survenu le 17 février. Cet homme politique de la Manche (ancien vice-président du Conseil Régional de Basse Normandie) avait compris les enjeux autour du démantèlement des barrages. Nous vous incitons à rejoindre les rangs des défenseurs d’une Sélune libre : www.selunelibre.org

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