“Magic ring”, la nymphe qui ne drague pas !

Pêche à la nymphe, truite

Une nymphe très particulière au bout de la gueule d’une truite sauvage de taille très respectable.

La nymphe qui ne drague pas existe, nous l’avons rencontrée ! Elle vous permettra d’envisager vos dérives sous un autre angle et de provoquer des réactions surprenantes… à condition de savoir la monter et de posséder son mode d’emploi !

Un peu d’observation pour commencer. Dans une rivière, si nous considérons la façon dont les proies des poissons évoluent lorsqu’elles sont consommées, nous pouvons constater qu’il existe globalement deux types de déplacements et donc deux positions des proies potentielles. Premier cas : les larves d’éphémères et les gammares qui évoluent près du fond se déplacent selon un plan horizontal. Que ce soit en rampant sur le sable ou en effectuant des sauts de puce entre les galets, ces petites bestioles passent la majeure partie de leur vie en se déplaçant ainsi et les poissons les chassent et les picorent entre les galets sans attendre le moment de leur émergence (rappelons que l’émergence d’un éphémère ne dure que quelques minutes alors que sa vie au plus près du fond peut durer jusqu’à trois ans…). Evidemment, il en va de même pour les alevins et les petits poissons, qui eux aussi évoluent selon un plan horizontal.

Second cas : le plan vertical.

Ce cas est le plus connu des pêcheurs à la mouche : c’est celui des nymphes qui sont emportées par le courant alors qu’elles regagnent la surface pour émerger, c’est aussi le plan de déplacement d’une bestiole qui tombe à l’eau et coule peu à peu vers le fond comme c’est le cas en période de crue (vers de terre). L’animal est entrainé par une veine d’eau, mais qu’il émerge ou qu’il coule, il évolue selon un plan vertical : il monte vers la surface ou descend vers le fond. Toute la pêche en nymphe à vue repose sur ce constat : il faut faire évoluer sa nymphe dans la bonne veine d’eau. Elle peut couler librement ou être animée pour évoquer une lente ascension vers la surface mais elle doit évoluer dans ce plan vertical et ne pas trop s’en écarter sous peine de refus.

Diagonale interdite !

Car si certaines proies se déplacent horizontalement et d’autres verticalement, remarquons (si nous exceptons les alevins en fuite.) qu’aucune proie quelle qu’elle soit n’évolue en diagonale dans les courants… Or, ce mouvement en diagonale est précisément celui qui est produit lorsque le pêcheur maladroit ou mal placé effectue une mauvaise dérive et que son bas de ligne qui a été posé trop tendu est entraîné par le courant. Le mouvement de la nymphe artificielle se trouve alors contraint par le nylon. La mouche est bridée puis remorquée par le bas de ligne qui effectue ce mouvement en diagonale si caractéristique que l’on nomme dragage et que les poissons savent percevoir, reconnaître et refuser. Tout l’art de la pêche à la nymphe est de parvenir à maîtriser ses dérives pour faire couler son artificielle à la bonne profondeur, la faire évoluer discrètement et naturellement et au final neutraliser ce dragage qui transforme la plus belle des nymphes en épouvantail aux yeux des poissons.

Mouvement de la nymphe et position de l’hameçon

Le mouvement d’ensemble de la nymphe se traduit également par la position de l’hameçon dans l’eau. Lorsqu’il coule librement, sa position est plutôt verticale, alors que lorsqu’il est ramené à la façon d’un streamer, sa position est horizontale. Or, si nous considérons qu’un hameçon ne peut pas couler librement et se tenir à l’horizontale, nous pouvons comprendre que le pêcheur à la nymphe se prive donc de faire évoluer son leurre dans un des deux plans qui intéressent les poissons. Pour le pêcheur à la nymphe, le plan horizontal est une terre inconnue à conquérir !

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