L’hélico et la ministre

L’image d’un hélicoptère utilisé pour déplacer de la neige sur les pistes de la station de Superbagnères dans les Pyrénées a frappé les esprits et notamment celui de la ministre de la Transition écologique et solidaire Elisabeth Borne. L’hélico, c’est pas écolo et c’est pas nouveau. Il aura fallu ce dérapage aérien pour que soudain, ce 15 février, les Français se posent enfin des questions sur l’avenir des stations de ski avec des hivers sans neige. L’usage exceptionnel d’un hélico dérange alors que les canons à neige qui vident depuis des années les ruisseaux  n’émeuvent que les pêcheurs et les naturalistes. Pour un hectare de neige artificielle, il faut 4000 m3 d’eau. En comparaison, le maïs, plante réputée gourmande en eau, n’en consomme “que” 1700. Et que dire de la surpopulation en zone de montagne l’hiver alors que l’assainissement peine à rendre aux ruisseaux affaiblis une eau propre. Ces ruisseaux d’altitude étaient des sanctuaires de biodiversité avec des espèces rares et sensibles, mais ils sont souillés par ce tourisme de masse ignorant généralement tout de la fragilité des lieux.

Le tour d’hélico de Superbagnères n’est finalement rien face à la débauche de SUV de plus de deux tonnes qui se ruent chaque hiver vers les stations. Face au manque de neige, on investit toujours plus dans des canons à neige (46 millions d’euros en 2002) et on fait l’autruche, croyant sans doute à des hivers plus favorables. Mais le sort s’acharne. Au jeu du pas de neige = pas d’eau = pas de neige artificielle, nos politiques trouveront sans aucun doute une solution. Dans ces zones où on ignore les arrêtés de biotopes, la Convention de Berne, Natura 2000, …, un tour d’hélico et c’est réglé !

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