L’exemple de l’Arros

  • 28A Petition

    En route vers la petite Amazonie à la Gourgue.

  • 28B Petition

    La levée du Moulin de la Hitte.

  • 28C Petition

    Une petite truite de l’Arros.

Derrière la pétition lancée par Vincent Pederiva, il y a un groupe de passionnés, autant naturalistes que pêcheurs pour qui un autre mode de gestion est possible. Comme ils le prouvent chaque jour sur l’Arros une des rares rivières à échapper à l’emprise de la fédération. La pétition tente de donner un coup de pied dans la fourmilière fédérale des Hautes-Pyrénées 65 et des fédérations de la chaîne pyrénéenne en général, dont celle de Haute-Garonne 31 et d’Ariège 09. Voici le témoignage de Joël Délas

Je vais essayer de vous parler de l’Arros, la rivière de notre association, et de vous dire en quoi cette pétition est importante pour l’avenir de nos rivières.
Mais commençons par les présentations : fils d’instituteurs de campagne, je suis né à Tarbes en 1954, j’ai grandi à Tournay (à l’époque 1 500 habitants), village entre Lannemezan et Tarbes sur la N 117, où existe toujours la maison familiale en face de l’abbaye bénédictine. La vallée de l’Arros s’étend entre celle de l’Adour à l’ouest et de la Neste d’Aure à l’est, elle naît dans les collines du piémont appelé Baronnies, 25 à 30 km en amont de Tournay.
Je connais et pêche l’Arros depuis ma toute petite enfance, vairons et goujons avec mon père, puis à la cuillère dès l’âge de dix ans, en rivière et ruisseaux, seul ou avec un copain, et au fouet dès mars 1967, alors en 4e au collège Desaix à Tarbes. À l’époque, je dévorais les Chasseurs Français de mon père, seul moyen d’apprendre car il n’y avait au village aucun pêcheur à la mouche : je croisais parfois un fouetteur venu de Tarbes qui me saluait à peine et conservait jalousement sa mouche au creux de la main, que pouvait-il bien craindre d’un gamin de 13 ans ?
C’est donc cette rivière, ses poissons, ses insectes mais aussi ses courants, ses rochers, ses plages et la végétation de ses rives, qui ont commencé à m’apprendre les rudiments durant mon adolescence : plus souvent à chercher la mouche qu’à la choisir parmi la douzaine de celles de ma boîte, achetées au compte-gouttes, quelques A4 arrivées en 1969/70 à Tarbes, 2 ou 3 Gallicas « grises », la plupart étant rousses, et un ou deux sedges gris/roux Ragot excellents, ça suffisait pour que ça monte, souvent court d’ailleurs ! À deux ou trois copains, nous finîmes par connaître la rivière cailloux par cailloux sur deux ou trois km, pourquoi aller plus loin ?
Je continuais à m’attacher à l’Arros – et elle à s’attacher à moi ? – durant les années lycée à Tarbes et les études supérieures à Toulouse après le bac en 1971 où une mobylette « bleue » était venue agrandir mon rayon d’action vers ses sources jusque dans les Baronnies, et à l’occasion d’oraux de concours à Paris en juillet 1974/75 je découvris chez Dubos les premiers CDC avec collerette de soutien de hackle roux et de petites French Tricolores inconnues alors dans le sud.
Les concours de recrutements de l’Éducation nationale à la fin des années 70 – même si mon père m’offrit ma première canne de prix, une CCC Pezon et Michel en graphite Diamondback, je l’ai toujours ! – marquèrent un tournant dans ma relation avec la rivière : ma mutation en région parisienne au lycée de Noisy-le-Grand (93) me propulsa dans un monde où il n’y avait plus de truites et d’Arros, mais la Marne à Chelles, banlieue Est, son béton, ses tours où nous habitâmes d’ailleurs, ma femme et nos enfants. Nous y fûmes heureux mais je compris tout le privilège que j’avais eu jusqu’alors de vivre immergé dans une nature préservée avec des rivières qui dans les années 80 étaient encore chez nous en pleine forme : j’y dévorais les livres de Pelletier, Skues aux éditions P.E.L, la « pêche à la nymphe mouche et plumes »  et un certain « Sorcier de Vesoul ».
Nous eûmes notre mutation sur Toulouse en 1988, et je pus découvrir les rivières locales Le Ger et le Job en Haute-Garonne avec la connivence de Pierre, l’Ariège et le Salat initié et guidé par un ami qui en est un fin connaisseur.
Pardonnez-moi, mais pour essayer de ne rien oublier, j’ai numéroté les paragraphes…

PARTAGER l’ARTICLE

Laisser un commentaire

Je préfère commenter avec facebook ->