Les vertus du vernis noir

A l’origine, le vernis noir servait surtout à terminer une mouche afin d’éviter que la ligature en fil de montage ne se défasse. Accessoirement, le résultat imitait aussi la tête de la mouche. Avec les fils synthétiques actuels, beaucoup se passent d’ajouter du vernis ou cèdent à la tentation du monde moderne avec les résines UV. Cette finition vernie passée tellement inaperçue qu’elle tend à disparaître joue pourtant un rôle majeur dans l’efficacité de certaines mouches. Car le rendu du vernis noir est unique, profond, brillant et plaît beaucoup aux poissons.

La brillance du vernis noir à quelque chose de naturel, à la façon de l’écaille de tortue qui dévoile ses nuances en contrejour. Peut-être même que les truites, les ombres ou les saumons voient ces nuances que nous ne voyons pas. A l’époque où les gens prenaient encore le temps de faire de belles mouches – ça existe encore heureusement – les têtes étaient finies au vernis et dans bien des cas au vernis noir. Certains modèles sont indissociables de cette petite tête brillante d’un noir profond. Les mouches les plus apparentées à cette touche cosmétique sont les mouches à saumon. Prenez une Jock Scott ou une green highlander et faites deux versions, une avec une tête passée plusieurs fois au vernis noir et une autre non vernie, même si le fil de montage est noir et vous comprendrez immédiatement qu’il manque quelque chose de très important. Ce quelque chose, qui est une brillance particulière, ajoute un plus indéniable à l’attractivité d’une mouche sur les poissons. Et cette brillance existe grâce à la couleur qui sert de support, un noir profond. Pourtant, je ne pense pas que le vernis noir que l’on trouve chez tous les vendeurs de fly tying soit issu d’un processus complexe et secret, car ce n’est tout de même pas du vinaigre balsamique de Modène grand cru !

La pheasant-tail de Norbert Morillas

Le célèbre pêcheur à la nymphe et hydrobiologiste franc-comtois décédé en 2004 avait la réputation – légèrement exagérée – de ne pêcher qu’avec deux nymphes. Pour avoir partagé la plupart de ses parties de pêche durant une dizaine d’années et avoir monté des milliers de mouches en sa compagnie chaque hiver, je connais très bien ces deux nymphes simplissimes mais d’une grande efficacité qui devaient bien avoir quelque chose de plus que la plupart des autres modèles plus complexes mais moins attractifs. Outre une pseudo pheasant- tail montée en héron teinté à l’acide picrique à 2 % avec une grosse tête en fil de montage

 

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