Les truites du petit poucet

  • HUISNE-AVAL

    L’Huisne sur l’AAPPMA Haute Vallée de l’Huisne. Les travaux de l’amont bénéficient à toute la rivière.

  • FRAYERE-HUISNE

    Une frayère sur un petit radier rechargé en grès de May, la roche locale.

  • TRUITE-FRAIE-HUISNE

    Un suivi piscicole est indispensable pour mesurer les effets des travaux sur les peuplements de poissons et d’invertébrés

Dans le Perche, les ruisseaux des têtes de bassin ont touché le fond au propre comme au figuré lors du siècle dernier. Le curage systématique à transformé ces affluents de l’Huisne et de la Sarthe en fossés boueux. Nous sommes allés rendre visite à Emmanuel Plessis, technicien de rivière responsable d’un pro- gramme expérimental qui concerne plus de mille kilomètres de cours d’eau et plusieurs milliers de tonnes de minéraux destinés à recréer le substrat subtilisé par les curages et redonner de la dynamique à ces affluents, que les truites et les ombres fréquentent de nouveau. Sauf que là, le petit poucet sème ses cailloux à la pelleteuse. Visite guidée.

L’histoire du haut bassin de l’Huisne et faire marche arrière. Le Perche n’échappe pas de celui de la Sarthe illustre parfaitement la façon dont tant de cours d’eau français ont été rectifiés, curés, souillés de boue, érodés à une époque pas si lointaine où un ruisseau n’était qu’un exutoire. Dans cette région de bocage, le Perche, aux prairies humides, le drainage des terres n’est pas une invention nouvelle, mais une pratique ancienne qui a totalement modifié le fonctionnement d’un écosystème à l’origine très riche, très équilibré, mais hostile à quasiment toute forme de pratique agricole. Après la seconde guerre mondiale et la création de la PAC (Politique agricole com- mune), le Perche, comme toutes les autres régions françaises, va devoir augmenter ses rendements agricoles. Pour cela, il va falloir drainer les terres pour y mettre les vaches en pâture et pour semer avec des engins de plus en plus lourds. Le remembrement favorise le regroupement des parcelles, l’arrachage des haies et le développement à grande échelle de la culture des céréales, laquelle devient plus rentable et moins contraignante que le lait. Le Perche, parent pauvre de la Beauce voisine et de son océan de céréales sans rivières ni forêts, souffrirait-il d’un complexe d’infériorité ? Ce mouvement calqué sur le modèle beauceron a pris beaucoup d’ampleur ces vingt dernières années, et aboutit aujourd’hui à une compétition pour le foncier et à un déséquilibre entre le prix des terres labourables et des prairies permanentes. Cela s’observe surtout sur les plateaux et beaucoup moins dans les vallées pour des raisons évidences de commodité à travailler sur des sols plats. La haute vallée de l’Huisne est composée de dizaines de petits affluents et sous-affluents qui tous participent à la vie de la rivière.

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