Les promesses de l’Ain

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    Sur cette vue, on comprend comment sont alimentés les contre-canaux du Rhône et leur rôle de régulateur de débit via la nappe aquifère.

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    La Valserine nous rappelle que le nord-est du département de l'Ain fait partie du massif du Jura.

Il est toujours beaucoup plus facile de râler que d’agir. Et les fédérations départementales de pêche sont souvent l’objet de critiques, qui parfois sont fondées. Mais il en existe également qui mouillent la chemise pour faire avancer la lourde machine de la pêche publique avec ses partenaires, ses obligations, ses rêves et ses réalités. Celle de l’Ain est de celles-ci.

Depuis cette année, les géniteurs d’une pisciculture sont considérés comme des valeurs immobilières. Ils ne sont donc plus comptabilisés dans la variation des stocks. Voilà le genre de curiosité que l’on apprend lors de la présentation du rapport financier d’une fédération de pêche. Celle de l’Ain en l’occurrence où nous avons eu l’honneur, Philippe Boisson et moi (avec un nom pareil il avait plus de chance que moi d’être accrédité à la fois à la plénière et au vin d’honneur), d’assister en ce samedi pluvieux de mai.
Une centaine d’élus représentant 62 sociétés de pêche elles-mêmes représentatives de 30 000 pêcheurs à la ligne (pas mal pour un département de 663 000 habitants) avaient répondu présent à l’appel de Marc Rollet, leur président.
Au menu : les comptes annuels (budget de 900 000 euros à l’équilibre pour la fédé, et ses 12 salariés) ; les résultats de la pisciculture, (300 000 euros de produits et un léger déficit pour cause de prime – bien méritée – de départ en retraite du responsable) ; la présentation du projet de construction d’un nouveau siège (400 m2 sur 2 900 m2 de terrain au lieu-dit la Cambuse sur la commune de Viriat, coût 850 000 euros financés par la vente du siège actuel et un emprunt) ; le point sur les statistiques et divers chantiers (création d’un pôle pêche départemental à Pont-d’Ain entre le lac de Longeville, 33 ha, et ses carpes géantes), le trou Vogliano (1 ha aménagé pour les enfants et les personnes à mobilité réduite) et le lac Concours (4 ha appelés à devenir un réservoir d’hiver pour les salmonidés) ; les résultats d’une opération d’arasement de seuil sur le Formans ; le lancement de deux études génétique et scalimétrique sur les truites farios et ombres communs de toutes les rivières du département (histoire de savoir, notamment, si les ombres sont vraiment d’ici ou s’ils viennent de Roumanie). Et quelques autres sujets encore qui font de ce rendez-vous annuel un événement suffisamment important pour que s’y retrouvent responsables économiques et élus du département et de la région.

Un bilan flatteur

Mais qui ne suffit pas à faire de l’Ain “the place to be” pour parler de la pêche en France. Pas non plus parce que le département ne compte pas moins de 2 000 ha de plans d’eau, lacs, étangs, retenues de barrages, des milliers de kilomètres de linéaires de rivières de première et deuxième catégories distribuées entre les trois bassins versants de l’Ain, de la Saône et du Rhône ; que déjà cinq rivières y ont reçu le prestigieux label “rivières sauvages”, ni parce que le premier dans la liste des départements français ne compte pas moins de 25 km de parcours no-kill et deux fois plus d’hectares dédiés à la pêche de la carpe de nuit ; ni encore parce que les responsables politiques de la région commencent à y comprendre que la pêche de loisir peut être une ressource touristique de premier plan, ni enfin parce que les bénévoles qui portent cette fédération sont de ceux qui ont compris que la sauvegarde des milieux est une priorité absolue de leur engagement citoyen.

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