Les modifications de diverses dispositions du Code de l’Environnement font la part belle aux pêcheurs aux engins !

Alors que les instances de la pêche de loisir ont obtenu de faire augmenter de quelques centimètres la taille légale de la truite (30 cm) et de quelques autres espèces (brochet 60, sandre 50, black-bass 40 et ombre 35), d’établir un quota de 3 carnassiers par jour/pêcheur dont deux brochets, le lobby de la pêche professionnelle n’a pas raté l’occasion s’assouplir les procédures d’obtention de licences et des méthodes de pêche :

“Le décret met en place des mesures pour une meilleure prise en compte de la pêche professionnelle au travers de la procédure d’attribution des baux de pêche, pour une amélioration du développement de la pêche de loisir et de la pêche professionnelle dans le respect des espèces et des milieux (notamment modifications des dispositions sur les autorisations de pêches exceptionnelles, sur les heures d’interdictions de pêche, sur la taille minimale des poissons, sur les quotas, sur l’application de la réglementation sur le classement des cours d’eau et des plans d’eau) ”.Projet_de_decret

Dans le Jura, une étude réalisée par le très recommandé cabinet d’études Teleos (téléchargeable sur le site de la fédération de pêche) prouve qu’après trois ans de pêche par un pêcheur professionnel de plusieurs biefs, le silure, qui n’est pas prélevé en raison des PCB, représente une part très majoritaire de la biomasse. Laisser des lots surpeuplés d’un super prédateur exogène ne peut pas être une mesure de protection de la rivière, qui n’améliore rien hormis un déséquilibre majeur dans des cours d’eau qui souffrent tout autant d’autres carences ! Bravo aux instances de la pêche de loisir… Enfin des quotas, que les pêcheurs sportifs réclamaient depuis des années, et que la pêche professionnelle va nous aider à ne jamais dépasser !

Dans un autre registre, l’administration ignore sans doute que dans les filets maillants, les poissons sont pris au niveau des ouïes. Ils agonisent en été dans de l’eau à plus 20 °C (plus de 25°C en période de canicule). Ils meurent et restent une bonne partie de la nuit dans une eau dont la température est incompatible avec les normes d’hygiène, la fameuse chaine du froid, qui s’applique à toutes les denrées périssables. Visiblement, l’administration qui donne les autorisations ne va pas souvent sur le terrain…

 

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