Le saumon à la raquette

  • 24A Pecheur raquette 1

    Sébastien Lechartier, pêcheur à la raquette dans la baie du Mont-Saint-Michel.

  • 24B DOC 2 - Carte Zone de Pêche en Baie

    Cartographie de la zone spéciale de pêche des salmonidés en baie du Mont Saint Michel.

  • 24C DOC 3 - Assortiment peche à pied BMSM

    Les autorités ont édité des déclarations de captures spécifiques pour la pêche à la raquette.

Alors que dans le Béarn, plaisanciers et inscrits maritimes pillent la ressource, une réglementation intelligente vient d’être mise en place en baie du Mont Saint-Michel. Elle légalise une pêche ancestrale, la raquette, soumise à un strict quota et une déclaration obligatoire de capture. Chargé de mission à l’InterSage de la Baie, Olivier Thomas nous explique les raisons du retour de cette pêche sportive qui fait parcourir une quinzaine de kilomètres à pieds dans les vasières aux heureux détenteurs d’un permis !

Le saumon est une espèce patrimoniale fragile qui est particulièrement convoitée à l’échelle de la grande baie du MontSaint-Michel, que ce soit dans les rivières Sée, Sélune, Couesnon et Sienne (qui représentent 20 à 25 % des captures nationales) ou dans la baie (pêche à pied et pêche ­embarquée). Pour engager une gestion durable de ce grand migrateur sur le territoire, et pour préparer une réponse optimale de l’espèce à l’ouverture du bassin de la Sélune en 2021, une nouvelle réglementation vient d’être mise en œuvre. Fruit de concertations avec les pêcheurs et de l’expérience des acteurs de terrain, elle permet de mieux encadrer la pêche maritime de loisir des salmonidés migrateurs dans la baie du Mont Saint-Michel. Elle pose aussi les bases d’une pêche responsable et d’un modèle nouveau de gestion terre-mer du saumon sur le territoire.

Un peu d’histoire…
Les hommes pêchent le saumon en baie depuis des siècles. L’animal est même inscrit au blason de la commune du Mont Saint-Michel. Historiquement, la pêche du saumon participe à une économie de subsistance. Au XIXe et dans la première moitié du XXe siècle, c’était une pêche collective qui se pratiquait surtout l’hiver et au début du printemps. Genestais, Montois, Vainquais et ­pêcheurs de la Grand’rivière (estuaire de la Sélune) se partageaient la grève et la ressource en saumon. Jusque dans les années 1960, les saumons étaient pour la plupart expédiés aux halles de Paris. Par la suite, la vente s’est réorganisée localement par ­l’intermédiaire des mareyeurs. Le dernier pêcheur professionnel a cessé son activité en 1993. Depuis cette date, la pêche du saumon en Baie est uniquement une pêche de loisir. D’abord peu encadrée, elle était depuis 2008 pratiquée au moyen de ­différents engins soumis à autorisation (filet droit et senne à mulets notamment) dans la limite d’un saumon par jour et par pêcheur entre le 5 juillet et le 31 août. Fin 2017, à l’issue de concertations entre pêcheurs, acteurs de l’environnement et ­pouvoirs publics, un nouvel arrêté préfectoral (n° 77/2017) a été publié. Il rénove la réglementation de la pêche des salmonidés (saumon et truite de mer) en baie du Mont Saint-Michel.

Une réglementation rénovée en baie du Mont Saint-Michel
Dorénavant, la pêche de loisir à pied des salmonidés en baie est soumise à autorisation (individuelle et nominative). Le nombre de pêcheurs autorisés est fixé à 30. Ainsi, seuls les pêcheurs ayant ­demandé et obtenu une autorisation annuelle ­délivrée par le service Mer & Littoral de la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) de la Manche peuvent pêcher les salmonidés en Baie. A présent, la pêche à pied des ­salmonidés se pratique uniquement avec une ­raquette à salmonidés, engin traditionnel pour la pêche du saumon en baie. La capture d’un salmonidé au moyen d’un autre engin (ex : bichette à lame, haveneau ou dranet, carrelet, senne à mulets, filet fixe…) est dorénavant strictement interdite. Dans la Baie, la zone de pêche des salmonidés est précisément délimitée (voir arrêté préfectoral n° 77/2017). Elle est interdite en tout temps dans la réserve définie par l’arrêté ministériel du 1er octobre 1984. Dans la zone de pêche, chaque ­pêcheur à la raquette peut prélever 1 salmonidé par jour, dans la limite de 5 salmonidés par saison. Ce sont donc au maximum 150 salmonidés (5 poissons X 30 pêcheurs) qui peuvent être ­pêchés­ chaque année en Baie. Ainsi, et contrairement à la pêche fluviale, ce Total admissible de captures (TAC) maritime ne peut pas être dépassé.

 

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