Le repenti

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    Mesurer la taille des poissons, à l'origine, cela n'était pas vraiment sa vocation.

Antonin Simon a mis son expérience d’adolescent braconnier et sa passion des rivières au service de la fédération de pêche du Gard. Aujourd’hui, il protège les truites et chasse les braconniers. Mais il est resté ce personnage de Giono, dans les veines duquel coule l’eau des ruisseaux et rivières occitanes.

Rien de tel qu’un petit filou pour faire un bon gendarme. C’est peut-être ce que se sont dit les parents d’Antonin Simon, aujourd’hui garde fédéral dans le Gard, en voyant leur fils de 3 ans s’appliquer à piéger les alevins dans les mares du Gardon au moyen d’une passoire à thé. C’était il y a exactement 36 ans et le docteur Simon, médecin généraliste à Alès, ne saisit pas tout de suite à quelles sortes d’excès allait conduire cette précocité.
Car il est peu de dire que le jeune Antonin fut un prédateur très en avance sur son âge. Son premier coup de pêche sérieux date de sa cinquième année : il capture quelques turgans, un barbeau régional avec un mélange de mie de pain et de « La vache qui rit » dans un affluent du Vidourle. Le voilà pêcheur. Un art auquel il s’applique le plus souvent possible (mais à cet âge on dépend encore beaucoup des parents). La première vraie émancipation arrive à dix ans et avec elle cette prise de conscience qu’il y a peut-être plus efficace qu’une ligne et un hameçon pour faire du chiffre. Cela coïncide avec sa progression, au hasard des vacances familiales vers l’amont du Gardon dont il commence à explorer le dessous des pierres de chaque affluent, d’abord à la main, puis avec une épuisette à laquelle vient s’ajouter bientôt un masque pour un meilleur rendement.
Le ruisseau de Borgne et le Val de Tourgueil qui se jettent entre Gard et Lozère dans le Gardon de Saint-Jean sont les territoires de chasse préférés de ce Raboliot de la fario. Leur principal atout est de se trouver dans les parages d’un camping que le jeune braco parcourt un seau à la main pour y vendre ses captures 10 francs pièces. En plus des truites, Tonin, qui n’aime pas le poisson mais adore les écrevisses, « cueille » quelques dizaines de pattes blanches (les européennes, en voie de disparition) qu’il garde pour la famille. Ce commerce va durer quelques mois. Mais le garçon, de retour à la maison, comprend qu’on ne peut pas tout pêcher à la main. Et même s’il devient expert dans l’art de choper les anguilles avec une chaussette pour les empêcher de glisser, puis de les faire passer de vie à trépas d’un coup de barre de fer derrière la tête et enfin de les tronçonner pour le barbecue familial, il sait que seule une canne à pêche peut lui permettre d’augmenter la taille et le volume de ses captures.

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