Le réchauffement A qui perd gagne

  • © Sébastien Lamy
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    Certaines régions ont bénéficié de précipitations au printemps, puis en fin d'été. Cela a limité la casse, mais pour l'agriculture, le manque d'eau est général avec des conséquences lourdes sur toutes les filières.

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    Autre conséquence majeure des sécheresses et des canicules, l'hydroélectricité n'est plus la source d'énergie “verte” présentée au public et ce durant presque la moitié de l'année dans bien des régions. Un constat qui devrait inciter à abandonner ce type de production. Page de droite : Le Doubs de nouveau à sec cette année entre Arçon et la fin du défilé d'Entreroches.

Et si la première conséquence du réchauffement climatique et de la sécheresse était d’obliger les acteurs de l’agriculture à faire leur deuil des pratiques intensives pour rechercher des méthodes plus compatibles avec l’appauvrissement des ressources en eau ? Un mal pour un bien.

Au 31 juillet de cette année, 159 arrêtés préfectoraux relatifs à des restrictions d’eau étaient en vigueur dans 78 départements, tandis que dix autres affichaient un état de vigilance. Trente-trois d’entre eux étaient en situation de crise, notamment dans le centre du pays. Des records de températures ont été battus en France avec le chiffre ahurissant de 46 °C à l’ombre, atteint le 28 juin à Vérargues dans l’Hérault. Et la barre des 40 °C a été approchée, atteinte ou dépassée dans de nombreuses villes, y compris à Paris (42,6°C) et même plus au nord comme à Caen (39,7°C). Le 22 juillet, l’état annonçait 1 milliard d’euros d’aide d’urgence aux agriculteurs et leur donnait l’autorisation de faucher les jachères pour nourrir le bétail. Car les précipitations se font très rares depuis des mois, même si certaines régions ont bénéficié d’orages durant le mois de juin, puis début août. Et ces orages ont parfois fait beaucoup de dégâts avec une sorte de “régime cévenol” à 1 000 kilomètres plus au nord. Ce fut le cas à Lisieux, où le 24 juin au soir sont tombés environ 100 mm d’eau en une heure. Le Cirieux, un paisible affluent de la Touques, est monté de plus de deux mètres. L’eau s’est invitée dans les caves et les sous-sols. La Touques a charrié des nappes d’hydrocarbures pendant des semaines. Difficile d’ignorer cette réalité à propos d’un climat qui devient de plus en plus fou. Difficile pour un journal halieutique de planquer entre ses pages des faits qui mettent l’eau et les poissons en première ligne. Cette évolution climatique, qui désormais devient constante, aura des répercussions terribles sur le monde agricole. Car les sécheresses et les canicules deviennent, d’une part systématiques chaque été, d’autre part de plus en plus marquées.
La crise que connaît le monde agricole n’a au départ rien à voir avec la sécheresse et la canicule, et cela vient donc s’ajouter à une situation très tendue financièrement, notamment dans la filière de l’élevage, mais pas uniquement. Car ces phénomènes climatiques extrêmes touchent tous les secteurs du monde agricole quasiment sans exception. Nos gouvernements successifs, l’Europe, pas plus que les filières agricoles elles-mêmes n’ont su anticiper cette évolution du climat si brutale, si extrême.

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