Le port de Bayonne libéré de ses filets dérivants

Les tribunaux administratifs de Pau et Bordeaux ainsi que le Tribunal correctionnel de Bayonne ont interdit officiellement la pêche dans le port de Bayonne. Chaque année, des pêcheurs professionnels pêchaient le saumon aux filets dérivants le long des 7,2 km du port. Cet endroit stratégique là où le fleuve Adour se rétrécit avait la préférence des pêcheurs, mais la pêche n’y a en fait jamais été autorisée. Dorénavant, ces mêmes pêcheurs poseront leurs filets sur vingt kilomètres en amont, entre le pont Grenet et le pont d’Urt mais cela leur sera moins favorable car l’Adour est sensiblement plus large à cet endroit qui de plus, n’est pas dragué régulièrement, donc plus encombré. Ce sera donc moins un ratissage en règle, ce qui sauvera un nombre non négligeable de saumons et de truites de mer. L’association Salmo Tierra Salva Tierra s’inquiète néanmoins d’un éventuel “petit arrangement entre amis” entre gens influents, mais les associations veillent au grain. 

L’association Salmo Tierra Salva Tierra a mis la main sur un document qui en dit long sur ce que représentait cette zone du port de Bayonne pour les pêcheurs au filet. Il s’agissait d’un véritable piège.  Ce document relate des éléments d’une étude de l’IFREMER, datée de 2011, qui confirme l’existence d’une zone hyper favorable à la pêche aux filets dérivants : «Le saumon qui cherche à remonter vers la  rivière où il est né, pour se reproduire, longe la côte, de Contis à Bayonne/Biarritz, guidé par son odorat. Dès qu’il a trouvé l’entrée de l’estuaire, il rentre dans le port ou il tourne, fait du yoyo, avant de déterminer si c’est la bonne voie pour s’engager dans la remontée en direction des gaves. La zone du port constitue ainsi un terrain d’action  idéal pour une pêche professionnelle facile et donc massive.». Bien vu l’Ifremer, mais cette zone n’était tout simplement pas autorisée à la pêche et cela n’a pas échappé aux juges. 

Pour autant, cette victoire pour le saumon et les pêcheurs à la ligne ne réglera pas les prélèvements de milliers de saumons en mer sur la zone côtière. Il serait temps que les autorités (COGEPOMI notamment) se prononcent sur ce problème. Et de même, les pêcheurs à la ligne devront également durcir la réglementation pour éviter les excès avec certaines techniques si le gave voit ses remontées de saumons progresser : pêcheurs espagnols à la crevette et au ver à la grande canne dont la technique consiste à un véritable harcèlement des saumons, et aussi l’armement des leurres qui doit éviter de blesser les saumons. Dans une région où il est difficile de faire bouger les choses, le jugement rendu fin février nous montre que ça peut évoluer dans le bon sens. Pour être pris au sérieux, les pêcheurs à la ligne devront montrer l’exemple. 

Pour se tenir informé : www.salmotierra-salvatierra.com/

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