Le pêcheur occasionnel

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Tout le monde ne vit pas la pêche comme une passion, mais en retire toutefois une forme de joie détachée. Finalement tout n’est qu’une question d’échelle. 

Nos magazines débordent de passionnés, mais on ne croise pas que des passionnés au bord de l’eau. Certains pensent pêche, lisent pêche, rêvent pêche, voyagent pêche. Et d’autres non : ils se contentent de penser, de lire, de voyager et de rêver ; mais, en plus, ils vont à la pêche… Et il semblerait que cela leur suffise. Comment faut-il nommer ce peuple intermédiaire ? Des pêcheurs occasionnels ? Des spectres ? Des gens normaux ? Oh…, oh…, un ange passe ! Une simplification excessive inclinerait à penser que leur désinvolture est un mal tant le marketing de la passion s’est érigé en marque d’excellence ; ce qui n’est pas forcément faux, à condition de préciser qu’elle n’est pas pour autant une attestation contre l’étroitesse des vues… Et il y aurait matière à analyses ; mais ce n’est pas ici notre propos !

Car oui, aussi incompréhensible que cela puisse paraître, il existe des pêcheurs occasionnels. Ils pêchent une fois de temps en temps, ils ne pensent pas seulement à ça du matin au soir, ils ne sont abonnés à aucun magazine (c’est un tort), ne feuillettent aucun catalogue et se soucient peu des innovations, des modes et autres tempêtes dans des verres d’eau. En outre, ils ont le droit d’être de piètres pêcheurs sans rougir. Un luxe de seigneur ! A l’ère de Facebook et des champions de la truite de trois livres collée contre l’objectif de l’iPhone, ce privilège plaide pour leur réhabilitation.

Paul de Simplicio était de ceux-là et il s’en portait bien. On ne le voyait ni sur les réseaux sociaux, ni au Rise-Festival, ni dans les salons. Oh, bien évidemment, à côté d’un authentique fisherman 2.0, il ne soutenait pas la comparaison et il le savait. Et après ? On ne peut pas dire qu’il s’en foutait, mais cela ne l’empêchait pas de se rendre au bord de l’eau.

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