Le harle bièvre ce vilain petit canard

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    La question du statut de cet oiseau est primordiale. Allochtone, il ne doit pas être protégé. Très touchée par le developpement du harle, la fédération de pêche de l'Ain tire la sonnette d'alarme depuis plus de six mois, sans réponse des instances nationales…

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    En France, on peut repprocher aux défenseurs des oiseaux d'avoir favorisé par des introductions le développement de l'espèce et de défendre les oiseaux aveuglément, sans aucune considération pour les poissons

Alors que la haine des pêcheurs envers le cormoran ne faiblit pas, un autre oiseau piscivore, tout aussi doué pour la pêche sinon davantage sévit le plus souvent en toute discrétion. Le harle bièvre est une espèce protégée alors que sa présence sur le territoire français ne serait pas naturelle. Il serait temps que les pêcheurs se penchent sur le statut de ce drôle de canard au bec crochu dont l’efficacité à la pêche constitue une nouvelle menace pour les milieux fragiles.

Il ressemble à un canard, d’ailleurs, c’en est un, mais un canard un peu particulier. Mergus merganser a la particularité d’être presque exclusivement piscivore. À l’observation de sa tête, on lui découvre d’ailleurs un bec que nous, pêcheurs, connaissons bien. C’est celui du grand cormoran en plus petit. Le harle bièvre consomme entre 300 et 600 g. de poisson chaque jour, essentiellement de petits poissons jusqu’à une quinzaine de centimètres, mais parfois jusqu’à 35 cm. Contrairement au grand cormoran qui migre vers les terres à l’automne et repart au printemps, le harle bièvre est essentiellement sédentaire.
Cet anatidé de la taille d’un canard colvert vit en groupe jusqu’à une dizaine d’individus. L’espèce n’est présente que dans l’hémisphère nord, dans toute la Scandinavie. En France, le harle bièvre s’est d’abord implanté comme nicheur sur les rives du lac Léman où il aurait été implanté. Au cours des dernières décennies, l’espèce s’est installée dans les départements de l’Ain, de la Savoie, du Jura, du Doubs, des Ardennes, du Haut-Rhin… ou aurait été installée. Le haut cours du Rhône qui arrive et repart du lac Léman constitue un axe évident d’expansion de l’espèce. En hiver, la répartition est beaucoup plus vaste. L’essentiel des hivernants se concentre à l’est de la France, surtout sur le lac Léman, les étangs de Moselle, le lac du Der, les cours du Doubs et du Rhin, les plans d’eau d’Alsace, de Lorraine et de Champagne-Ardenne.
Toutefois, lors de vagues de froid sur le nord et l’est du continent, les deux tiers nord de la France (nord de la Loire) accueillent de forts contingents d’oiseaux. Ainsi, en plus des sites précédents, les cours de la Seine et de la Loire, les étangs de la Brenne (Indre), les côtes de la Manche et de l’Atlantique peuvent abriter plusieurs milliers de harles bièvres, jusqu’à 15 000 en 1963 d’après l’inventaire national du patrimoine naturel (INPN).

Identification

Avec ses teintes blanches et noires très contrastées, le mâle passe beaucoup moins inaperçu que la femelle, au corps globalement gris et à la tête brune. Immobile, elle n’est pas facile à repérer. L’espèce chasse, ou plutôt pêche, en groupe de quelques individus. Ils peuvent adopter une véritable stratégie collective pour rassembler les poissons ou au contraire créer la panique dans le banc pour l’éclater. Plongeur, le harle bièvre est très à l’aise sous l’eau, mais il peut également pêcher juste sous la surface sans avoir besoin de plonger et cela à vitesse élevée. Ces comportements en pêche sont propres au harle et cela ne laisse aucun doute quant à l’identification.

Habitat

Le harle bièvre est souvent présenté par les ornithologues comme une espèce lacustre. Il est vrai qu’on la trouve sur les lacs alpins, mais également sur le Doubs (Besançon) bien loin des lacs et elle tend depuis peu à se sédentariser. L’espèce est grégaire, y compris pendant la pêche, et ne migre que contrainte et forcée par une période très froide.

Reproduction

Le harle bièvre est mature sexuellement à l’âge de deux ans. Une des particularités de l’espèce est de nicher de préférence dans un tronc d’arbre creux, toujours en hauteur. À défaut, une roche ou une maison abandonnée peut faire l’affaire, parfois à plusieurs centaines de mètres du lieu de pêche. Le nombre de nids détermine la dynamique de population.

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