LE GAVE SE REBIFFE

Divine surprise : le mythique gave d’Oloron revoit monter les saumons. Problème : ils sont bien plus petits que ceux de la grande époque. Pierre Affre qui y a pris son premier en 1967, explique pourquoi.

Plus de 300 saumons bagués et déclarés l’année dernière sur le gave d’Oloron, certainement plus de 400 poissons déclarés cette année au 1er juin et les meilleures semaines de pêche sont sans doute encore à venir. Gageons que fin juillet, il y aura surement plus de 500 saumons déclarés par les pêcheurs récréatifs. Les pêcheurs estuariens aux filets dérivants, eux, ne sont pas en reste : plus de 1300 saumons déclarés à la capitainerie de Bayonne l’année dernière et cette année, motus et bouche cousue sur leurs captures. [Tout au plus sait-on, que les cours pour le saumon sauvage de l’Adour, à la criée de Saint Jean de Luz, qui étaient de 120 le kilo, à l’ouverture au mois de mars, se sont écroulés autour de 30 ces dernières semaines…]. Il faudrait certainement remonter à plus de trente ou quarante années en arrière, pour avoir connaissance d’aussi belles remontées de saumons sur le gave d’Oloron. Et effectivement, à la mi-juin de l’année dernière, trois coups de fil de mes amis saumonniers basques ou béarnais, Dominique, Jean-François et Benat m’avaient tenu le même discours : Tu devrais descendre, cela fait plus de vingt ans qu’on n’a paspris autant de saumons sur le gave… et la plupart à la mouche… Bigre !

Quand dans le même temps les remontées en Ecosse ou en Norvège s’écroulent, que se passe-t-il donc en Navarre ? Un autre ami, Claude Coupé, dernier vainqueur du “championnat du monde” de Navarrenx en 2012, me confirme qu’il s’est pris depuis le mois d’avril certainement plus de 250 poissons et que ça continue… Alors que j’avais “abandonné” cette rivière depuis une bonne quinzaine d’années, voilà l’occasion me dis-je, de retrouver les copains autour d’une bonne garbure, et accessoirement de faire nager quelques “poils de blaireau” dans les pools, de la Crampe, du Bac et du couloir d’Orin. J’affûte mon matériel, j’investis dans une paire de waders en goretex, je réserve mon billet de train jusqu’à Bayonne mais… Patatras, dans la nuit du 3 au 4 juillet, des orages terribles et à répétition tantôt sur le Béarn, tantôt sur le Pays Basque, font monter les eaux huit mètres au dessus du niveau d’étiage à Ustaritz sur la Nive, et à plus de quatre mètres sur le gave d’Oloron. Ponts emportés, routes détruites au Pays Basque, vaches et tracteurs entrainés jusque dans le port de Bayonne… Au moins pendant ces crues, me dit Dominique, les filets ne pêcheront pas à l’estuaire… Un coup d’oeil sur les prévisions météo pour la semaine suivante, m’indique que les dépressions et les orages vont continuer de se succéder, mais plus au nord et à l’est en direction du massif central, puis de la Franche Comté. Répit donc sur le Pays Basque et le Béarn, ce que me confirme Dominique : le gave baisse très vite et en fin de semaine, les niveaux devraient être un peu forts mais “correcs” pour le grand week-end du 14 juillet… Cela tombe bien, je n’ai rien de prévu, mais les trains sont cette fois complets ! Un coup de fil à mon ami beauceron Claude Coupé : Oui, je descends sur le gave jeudi. Si tu veux, je te prends à la gare de Chartres à 9 h 12, on se relaiera sur l’autoroute et vers 16/17 h on devrait être chez Patrick Ballesta à l’hôtel des saumoniers de Saint Martin d’Autevielle… Le 10 juillet, en fin d’après midi, je retrouve un gave encore un peu fort certes, mais dont les

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