Le brochet façon nymphe à vue

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Certaines rivières de première catégorie regorgent de brochets et souvent du grand bec –maigre ou ventru- mais toujours avec des dents de tueur et une gueule et des écailles de belle-mère. En première catégorie il y a du gros brochet sauvage que presque personne ne pêche et c’est un tort…

Les brochets d’eau claire ne sont pas pêchés et je crois que ce n’est pas un hasard car ceux qui pêchent ces poissons de première catégorie comme des brochets d’étangs turbides se trompent. C’est encore plus vrai quand ce sont les pêcheurs de truites qui tentent de prendre un brochet en faisant comme si l’ogre mangeur de farios n’avait pas plus de cervelle qu’un vairon. En fait, le brochet est un radar à nageoires qui possède des yeux de lynx et ne mange qu’une fois par semaine… c’est beaucoup en comparaison des farios qui s’alimentent bien plus régulièrement ! Un gros brochet de rivière de première catégorie peut-être aussi délicat à attaquer qu’une vieille truite à tel point que leurs captures sont souvent accidentelles : cela se produit à l’ouverture de la pêche, lors d’une fin de crue ou encore au lever du jour, bref, à chaque fois que les circonstances aident le pêcheur et jouent contre la méfiance habituelle du poisson.
Je me souviens très bien d’une conversation tenue il y a quelques saisons avec Jean-Michel Radix à la Verrerie, à propos des brochets qui hantent les grandes fosses de sa rivière. Celui-ci m’assurait que les brochets du Doubs ne se prennent au streamer que lorsque l’eau est trouble et que le reste du temps ils sont imprenables. S’il y a quelqu’un qui connaît la pêche des brochets de cette rivière c’est bien lui ! Or, l’ami Jean-Michel pêche avec du vrai matériel dimensionné pour le brochet : canne pour soie 8 ou 9, bas de ligne en acier ou fluorocarbone et un de ses streamers magnifiques, tirés de sa boite, monté de main experte sur du 4 ou 6/0 et qui doit bien mesurer une quinzaine de centimètres. Et effectivement, avec ce vrai matériel à brochet, je vois mal comment en pleine journée et par eau claire on peut capturer un de ces grands becs malins de première catégorie qui vous a vu lancer, qui a entendu claquer la soie sur l’eau et qui voit arriver votre leurre de très loin.
Jean-Michel s’était montré quel- que peu incrédule lorsque je lui avais affirmé avec aplomb qu’il m’arrivait parfois de capturer à la régulière un de ces mêmes poissons, mais par eau claire… Dans sa moue dubitative j’avais cru comprendre : “tu parles, tu dois les prendre par les bretelles !”. J’aimerai vous convaincre du contraire mais pour cela il ne vous faudra plus raisonner comme un pêcheur de brochet au streamer mais comme un pêcheur de truite à la nymphe à vue. Je ne prétends pas que ma façon de procéder est infaillible mais seulement que tous les ans elle me permet de capturer quelques uns de ces grands brochets de première catégorie et… d’en casser presque autant sinon plus ! Le matériel ? Strictement le même que celui utilisé pour la pêche à vue : canne soie 6, bas de ligne de 6 ou 7 mètres et pointe en 12 ou 14 centièmes…

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