Lac de Vouglans (Jura), un déclassement qui fait des vagues

C’était dans les cartons depuis plusieurs années déjà. Le troisième plus grands lac artificiel de France, 1700 ha sur l’Ain n’avait comme lien avec la première catégorie qu’une population relictuelle de truites lacustres, insuffisante pour justifier le maintient dans cette catégorie à salmonidés dominants. Ce grand lac artificiel aux eaux parfois turquoises est en revanche très bien peuplé en sandres, perches, corégones, carpes, mais aussi silures, qui après des années de discrétion, envahissent désormais l’ensemble du plan d’eau. Le brochet souffre en revanche d’un manque cruel de frayères dans ce milieu d’une part très minéral et d’autre part soumis à de gros marnages. Les AAPPMA locales ne manquent pas de bonne volonté pour installer des frayères artificielles qui donnent des résultats encourageants, mais mais qui ne remplacent pas un milieu favorable. En 2020, la pêche ouvrira en juin et non à l’ouverture de la truite en mars comme les autres années puisque le lac passera en seconde catégorie. Et ce classement permettra également de prolonger la saison de pêche des carnassiers jusqu’à fin janvier. De même, des tailles légales adaptées ainsi que l’application d’un quota journalier seront imposées aux eaux du lac.

Cette décision divise néanmoins les pêcheurs du lac et notamment ceux des deux AAPPMA locales (Claivaux-les-Lacs et Moirans-en-Montagne). L’une voit en cette nouvelle règle une meilleure protection pour les poissons du lac, notamment les carnassiers et l’autre craint que ce soit une porte ouverte aux pêcheurs professionnels (qui ne pouvaient officier en 1ère catégorie). Le préfet a pourtant garanti qu’il n’y aurait pas de pêcheurs professionnels sur Vouglans. Mais les préfets, tout le monde sait qu’ils vont et qu’ils viennent… La crainte vaut donc pour l’avenir. Les opposants craignent également que les sandres soient victimes des pêcheurs au ver, qui pourront pêcher toute l’année au poser (pêche des poissons blancs), mais cela restera plus qu’anecdotique comparé aux excès de la pêche aux leurres en no-kill en mars et avril sur des poissons en période de fraie (des dizaines de bateaux certains week-end). L’accident de décompressions avec une femelle sur le point de pondre est un véritable gâchis. Le no-kill ne doit pas permettre de faire n’importe quoi. Sur ce point, le déclassement était donc à redouter.

 

 

 

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