La rivières aux oiseaux

  • © Marie-Annick Dutreil

    Le martin pêcheur

  • © Marie-Annick Dutreil

    Le milan Royal

  • © Marie-Annick Dutreil

    Le cincle plongeur

A force de s’énerver contre les cormorans et autres harles bièvres, on oublie que les oiseaux de la rivière peuvent être de formidables compagnons de pêche. Bienvenue au pays du martin pêcheur et du cincle plongeur.

D’abord on l’entend sans le voir. Une trille joyeuse assez perchée à son début qui baisse d’un ton comme si le martin pêcheur ne voulait pas déranger. Il n’empêche, la trille ne laisse pas le pêcheur insensible. Chacun y va de sa petite interprétation. Les uns se disent qu’il appelle sa femme, les autres qu’il parle à ses potes. Les paranos comme moi sont surs qu’il commente à l’intention de la famille : « venez voir le gauleux. Il est pas mal celui-là, bien équipé, bien maladroit, tranquilles les truites, ya déjà trois mouches dans le saule derrière… Si je pêchais comme ça on mangerait pas souvent. » Et puis quand il a assez péroré le martin pêcheur fait son entrée. Soudain il est devant vous, sur son trente et un, casaque orange et bleue cobalt, toque grise, le bec noir pour les mâles et jaune pour les femelles. Comme un invité dont personne ne sait qui l’a invité mais qui est bien là en tenue de soirée ce qui ne laisse aucun doute sur le fait qu’il est l’invité de quelqu’un. Un instant, une à deux secondes pas plus, son vol peut rester stationnaire face à vous, comme si ce cabot du ruisseau voulait s’assurer de votre attention avant de commencer son numéro. Puis il se fait balle qui fend l’eau dont elle ressort comme propulsée par son propre rebond, une gardèche en travers du bec.

Les rencontres avec des animaux font partie du plaisir de la pêche. On en croise de toutes sortes. Un sanglier qui traverse le coup que vous vouliez pêcher, un chevreuil qui bondit par-dessus votre tête, un chat sauvage, une loutre. Quelques-uns, comme les ragondins sont en revanche un peu trop envahissant. (Je ne bénis pas le curé qui en a importé l’élevage au XIXe siècle. Une inondation plus tard les ragondins partaient à la conquête des rivières de France avec une arme absolue : leur fécondité. A côté des ragondins, les lapins sont stériles). Mais d’autres animaux peuvent être à la fois plus discrets et complices.

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