La productivité d’un milieu. Deuxième partie

  • 30A Productivité
  • 30B Productivité

    Les plus petits ruisseaux sont importants pour la rivière. Celui-ci a été massacré par deux jeunes agriculteurs. Après PV de l’AFB, ils ont dû financer les travaux de “remise en état”, mais le mal est en grande partie fait. C’est pour cela que le monde agricole tient beaucoup à la révision de la définition des cours d’eau. Ce qui n’apparaît pas sur une carte au 1/25 000 est alors considéré comme étant un fossé, sans obligations réglementaires.

  • 30C Productivité

    En ville, la restauration de cours d’eau demande de gros moyens et doit être l’œuvre d’entreprises spécialisées qui tiennent compte du vivant dans la rivière et de l’évolution du climat. Ces blocs à demi immergés qui peuvent a priori servir d’habitat pour truites, chabots, loches et pour les invertébrés se transforment en gros radiateurs lors des épisodes de canicule. C’est le principe des poêles de masse finlandais dont nos poissons ne sont pas fans !

Dans le premier volet de cette série d’articles consacrée à la productivité des milieux, nous avions passé en revue les principaux facteurs naturels qui rendent un cours d’eau plus ou moins productif (température, pH, habitat), mais aussi les altérations, qui généralement nuisent à la productivité (érosion, incision, segmentation, chenalisation, eutrophisation, etc.). Dans cette seconde partie, nous allons voir comment il est parfois possible d’améliorer la productivité d’un cours d’eau. Des petites actions manuelles aux grands moyens, il existe en effet tout un panel d’outils à la disposition des gestionnaires pour redonner vie à nos rivières.

Avant de vous inviter à étudier au cas par cas des situations où il s’agit de rattraper des erreurs commises par l’Homme, ne perdons jamais de vue qu’aucune action de renaturation ne vaudra jamais l’état initial dans lequel se trouvait la rivière avant qu’il ne soit nécessaire de tenter de la sauver. Eviter des dégradations reste le moyen de lutte le plus efficace et le moins coûteux à notre disposition.
Les pêcheurs ne voient la rivière qu’avec des poissons dedans, si possible beaucoup et si possible surtout “chez eux”, sur leurs baux de pêche. Voir les poissons plutôt que la rivière équivaut à mettre la charrue avant les bœufs. Or, nous l’avons vu dans notre précédent numéro, la productivité d’un cours d’eau tient à la fois à des facteurs physiques (habitat), chimiques (pH), thermiques (t°), mais aussi aux dégradations qu’a éventuellement subies un cours d’eau. Un milieu ne peut donc produire plus que ce que lui imposent ses propres limites.
Si les pêcheurs veulent des poissons, les autres usagers de l’eau veulent avant tout que la rivière reste bien à sa place. Et même chez les pêcheurs du vieux monde qui est le nôtre, il est mal vu qu’une rivière vienne soudain rogner un bout de berge. Contrairement aux milieux sauvages du Montana ou de Mongolie, le foncier et sa notion de propriété des berges poussent chaque individu à vouloir cantonner la rivière là où elle était lors du moment de l’achat. Nous n’avons aucune raison valable – en tout cas d’un point de vue écologique – de vouloir garder la rivière comme on la connaît alors qu’elle est en perpétuelle évolution. Nous avons vu que si l’énergie d’une rivière en crue ne peut déborder au-delà de son lit mineur (cas des villes), c’est le substrat du lit mineur qui subit la force de l’eau. La rivière se creuse, s’incise au fil du temps parfois de plusieurs mètres. L’habitat disparaît, la lame d’eau se limite à quelques décimètres en étiage, le substrat devient uniforme, sans aucune diversité. Rendez-vous à la prochaine glaciation pour espérer une amélioration…

Maintenir les rivières à leur place, une manie européenne

Ne pas vouloir laisser vivre une rivière est sans doute le meilleur moyen de la tuer. J’ai moi aussi longtemps cru qu’il n’était pas normal de laisser la Loue (désolé de parler encore de cette rivière mais j’ai été longtemps riverain et vice-président d’une APPMMA) venir grignoter le terrain argilo-sableux des berges. Pêcheurs et propriétaires riverains s’étaient mis d’accord pour tenter de limiter l’érosion. Le CFPPA de Besançon Chateaufarine avait été choisi pour sa maîtrise des techniques végétales de soutènement de berges et autres pièges à sédiments sous la houlette de Patrick Gorski.

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