La production de biogaz par méthanisation, une grosse menace pour l’eau

Valoriser des déchets organiques pour en faire du biogaz et donc de l’énergie verte, voilà les promesses de la méthanisation. Ce procédé répond à l’objectif des 23 % d’énergies renouvelables que s’est fixé l’Etat avec l’éolien, la géothermie et l’hydroélectrique. On connaît les méfaits de l’hydroélectrique sur les cours d’eau et notamment sur les têtes de bassins (marnages, rétention des sédiments, augmentation de la température dans les bassins, segmentation des cours d’eau, etc.). On sait également que les petites unités ne produisent que 0,1 % de la production nationale et qu’en revanche les dégâts imposés aux cours d’eau sont eux très importants. On sait également que pour les propriétaires de ces petites micro-centrales, c’est une manne car l’électricité est vendue à EDF avec obligation d’achat pendant 20 ans à un tarif souvent majoré.

L’hydroélectricité est très mal vue des défenseurs de l’eau car elle impact physiquement les cours d’eau. On pourrait alors penser que la méthanisation, défendue par plusieurs ministres de l’environnement, constitue une bien meilleure solution en matière de développement durable, de préservations des eaux de surfaces et souterraines, mais il n’en est malheureusement rien. Souvent présenté de façon schématique, le méthaniseur semble avoir que des qualités. Il transforme du lisier de porc, de vache, en gaz qui lui même est transformé en électricité verte. Voilà pour la com. En réalité, il faut savoir que le lisier, dont l’élevage produit des quantités colossales ne peut méthaniser seul. Pour qu’il se transforme, il faut lui ajouter environ 80 % d’autres déchets. Des déchets verts, mais aussi des déchets de l’industrie agro-alimentaire comme des yaourts périmés, de la pâte à tarte, bref tout ce qui peut se décomposer en fermentant. Et la collecte se fait avec des camions, qui eux roulent au gasoil,  généralement dans un rayon d’une centaine de kilomètres autour de la ferme et de son méthaniseur. Chaque jour, l’ogre doit être alimenté. Chaque jour, c’est la valse des camions sur les routes. Autour des fermes sont épandus les digestats, liquides et solides, très concentrés en azotes, qui seront ensuite épandus autour de la ferme. Il serviront à faire pousser différente plantes dont le maïs, et à alimenter quoi ? Le méthaniseur bien-sûr ! Si les plantes en absorbe une partie, ces digestats très chargés en azote minéral finissent dans les eaux souterraines puis dans les rivières.

On savait que la méthanisation était une usine à gaz, mais pas forcément qu’elle était à ce point polluante. Pas sûr que leurs défenseurs (essentiellement de gros agriculteurs) ce préoccupe de ce détail, car dans la plupart des cas, le but est de faire de l’argent. La méthanisation est largement subventionnée par l’ADEME. L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie ferait bien d’y regarder de plus près avant d’accorder des aides, car s’il existe des projets vertueux (avec dessiccation des digestats transformés en granulés pour chaufferie), le reste contribue à augmenter fortement les pollutions localement.

Pêcheurs, membres d’AAPPMA, méfiez-vous des projets de méthanisation, participez aux débats publics et opposez-vous aux épandages massifs de digestats sur de petites surfaces autour de la ferme, surtout si vous êtes en région calcaires, ou pire karstiques.

 

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1 commentaire

  • février 2, 2020

    laurent

    impossible de se battre contre ces professionnels de la destruction de nos cours d’eau. un elevage de porcs (capacité 450 unités equivalentes) vient de s’installer dans la vienne à Marnay à eviron 130 m à l’aplomb d’un cous d’eau majeur dans aucune enquçete ni concertation en toute légalité .

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