La horde sauvage

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  • © 2018 Reimar Gaertner
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Au départ il s’agit d’un fait divers comme un autre. La nuit du nouvel an, une bande de morts de faim attaque un élevage de saumons écossais. Bilan : plusieurs milliers de morts selon la police et les éleveurs. Détail : les agresseurs étaient des phoques. Retour sur un massacre.

Cette horde sauvage là avait bien préparé son coup. Comme dans le film de Sam Peckinpah. Sauf que, à côté de la bande de phoques qui, le 31 décembre dernier, a attaqué une ferme à saumons écossaise, les pistoleros du maître du western étaient des petits joueurs. Cela s’est donc passé pendant la nuit du réveillon. Oui, celle de cette année où il a fallu attendre minuit pour n’embrasser que maman et s’en aller se coucher sous la « covette ». A quelques milliers de kilomètres de là, cette horde de phoques écossais n’a pas oublié, elle, qu’au réveillon, on mangeait du saumon. Ils ont littéralement pris d’assaut les cages où quelques dizaines de milliers de smolts attendaient gentiment qu’il soit minuit pour se faire la bise. Ils en ont troué les filets puis dévoré et tué tout ce qui se trouvait sur leur chemin, un peu comme des ours qui seraient tombés dans une cuve de miel. 52 000 poissons, dont quelques-uns sont tout de même parvenus à s’échapper dans l’océan, ont ainsi fait les frais de cette phoque party.

Au total, si l’on en croit notre confrère The Independent, ce sont près de 530 000 saumons d’élevage écossais qui ont été victimes des attaques des phoques entre mai 2019 et mai 2020. Au point que le syndicat des éleveurs a lancé un véritable appel au secours en demandant notamment à qui il fallait envoyer l’addition (17 millions de livres).

Vous vous demanderez pourquoi 8’6 parait s’apitoyer sur le sort de ces poissons domestiques, concurrents redoutables de nos derniers saumons sauvages. (Ferait-t-on autant de cas du débarquement d’une tribu de renards dans un élevage de poules en batterie ?). Il y a deux raisons à notre intérêt.

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