La coupe est pleine pour les déversoirs d’orages !

Construits à l’origine pour éviter le burn out des stations d’épurations lors des fortes pluies, les déversoirs d’orages ne parviennent plus à jouer leur rôle et n’y parviendront pas tant que les villes (de plus de 2000 habitants) resteront imperméables par toujours plus de béton et de goudron. Les déversoirs d’orages collectent l’eau de pluie des toits, des cours et des rues pour éviter qu’elle ne vienne engorger les systèmes de traitement des eaux usées. Il existe encore dans notre pays de nombreux réseaux unitaires où eaux usées et eaux pluviales se mélangent dans un réseau dit pseudo-séparatif. Si ces eaux semblent séparées par des conduits distincts, elles se rejoignent et en cas de fortes pluies, les déversoirs d’orages se remplissent en partie d’eaux usées qui finissent directement dans les cours d’eau avec d’énormes quantités de polluants. Si les systèmes pseudo-séparatifs ne sont plus préconisés de nos jours, ils sont encore très nombreux car, notamment dans les centres villes à forte densité de maisons anciennes, passer à un système totalement séparatif nécessite des travaux colossaux et très onéreux.  C’est lors des rénovations de maisons anciennes et sur les nouveaux projets que les villes doivent travailler différemment, pour permettre soit un passage au séparatif, soit prévoir une récupération individuelle de l’eau de pluie (pour arrosage par exemple) ou tout simplement laisser l’eau de pluie pénétrer dans le sol. La modification du régime des pluies qui semble se généraliser avec des précipitations plus espacées que par le passé mais plus brutales, amplifie le phénomène d’engorgement des déversoirs d’orages. Et d’ici dix ans, la loi obligera les communes à ne plus rejeter que 5% des eaux des déversoirs d’orages dans le milieux naturel lors d’un épisode d’engorgement, ce qui oblige dès maintenant les villes à construire d’immenses réservoirs (sous les ronds points par exemple). Et en attendant, les rivières trinquent !

Photo © Patrick Savary. 

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