Islande : La Tungufl jot in Skaftartungum

Il en faut pour étonner Pierre Affre, l’homme qui a pêché les plus belles et les meilleures rivières de la planète depuis plus de quarante ans. Mais face à des truites de mer de plus de 6 ou 7 kilos, ce grand spécialiste des salmonidés migrateurs retrouve la fougue et la fébrilité de ces jeunes années !

Le vol Icelandair 541, parti de CDG à 8 h du matin, nous avait déposé en ce 6 octobre à 9 h 20 (heure locale) sur l’aéroport de Kefl avik et à 15 h 30 nous arrivions au lodge de pêche, après avoir fait provision de “langoustinurs”, “kotileturs” et spaghettis. Les courses sont rangées plus vite qu’aucune bonne ménagère ne saurait faire… les grosses truites de mer nous attendent. A 16 h 30, nos cannes sont montées et les waders enfilés. J’ai distribué de grosses mouches noires à tout le monde. Nous nous répartissons en deux équipes, une qui montera vers les pools de l’amont, bien indiqués sur la carte du lodge. Quant à moi et Guillaume nous optons pour l’immense pool juste en bas du lodge. Anticipant le mauvais temps avec nécessité de lancer contre le vent dans ce qui m’était apparu sur le site de Lax-A, comme une assez large rivière, où les truites de mer peuvent atteindre 15 et même 20 livres, j’avais pour une fois en Islande, délaissé mes cannes en bambou “vintage” à une main et opté pour ma vieille Loop 12 p Grey Line.

C’est une canne modérément puissante qui avec La Tungufl jot in Skaftartungum une shooting head 9/10, permet de lancer sous le vent et accessoirement de combattre de gros poissons. Je ne regrette pas mon choix, car le vent souffle avec des rafales à plus de 80 km/h… Comme dans ce gigantesque pool de l’estuaire, en fait de la confluence de la Tungufl jot avec la très large Eldvatn, il est impossible de changer de rive, je force comme un malade pour réussir un lancer sur trois à placer un gros streamer noir à une petite quinzaine de mètres. Même en lançant à ras des vagues, deux fois sur trois, mouche, bas de ligne et pointe de ma soie intermédiaire, sont rabattus à quelques mètres de mes bottes. Heureusement, même avec ce vent qui remonte le courant, la poussée de l’eau est très puissante, car dès que mouche et bas de ligne, une fois sur deux ou trois – entre les rafales en fait – touchent l’eau, ils sont très vite entraînés vers l’aval et je sens que “ça pêche”. D’ailleurs, très vite, alors que ma mouche venait de quitter la jonction des deux courants, j’enregistre une belle tape… dans le vide. Je signale cette touche à Guillaume qui derrière moi avec sa canne à une main, une Winston de 9’6 p pour soie de 7/8, peste lui aussi contre les éléments. Comme il mesure 1,95 m, il a pu s’avancer sur ce fond bien lisse et plat de sable noir, de quatre ou cinq mètres de plus que moi, mais même avec cette allonge supplémentaire, sa mouche dans les meilleurs des cas, tombe bien en retrait de la jonction

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