Fibroscopie

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    Dans une canne, les fibres de carbone sont liées à de la résine en quantité plus ou moins importante.

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    Tim Rajeff, le frère du multiple champion du monde de lancer Steve Rajeff. Pour sa marque Echo, il étudie le point de rupture de ces prototypes. Et celui-ci ne semble pas se trouver facilement ! Extrait d'une vidéo où une demi-­seconde plus tard, la canne casse net au-dessus de la poignée. Normal, c'est l'endroit où l'épaisseur de matière comparée à l'espace vide important du talon, est la plus fine.

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    Sous cette presse horizontale (Banana Rods), on distingue la nappe de carbone partiellement enroulée sur son mandrin. Dans cette usine moderne, la nappe est découpée au laser alors que par le passé, les nappes étaient découpées de façon moins précise à la main. Cela a forcément une incidence sur la régularité des brins, leur progressivité et leur résistance.

Si vous avez une cinquantaine d’années ou plus, vous avez forcément connu les cannes en IM6, en IMX, en IM8 ou le carbone de 40 tonnes. C’était le temps des abréviations abstraites, le temps où un seul module de carbone était utilisé pour faire une canne. Après plusieurs décennies d’immobilisme, les cannes de ces cinq dernières années sont le résultat de plusieurs modules différents répartis dans un seul blank. Daniel Le Breton nous raconte l’histoire des fibres de carbone et des résines qui les renforcent et tente de faire le tri entre les arguments marketing et les avancées réelles.

De nos jours, la quasi-totalité des cannes à mouche sont élaborées à partir de fibres de carbone, et il ne reste que quelques cannes en fibres de verre commercialisées pour la pêche en petite rivière. La fibre de bore est apparue dans les années soixante-dix, grâce en partie à l’américain Don Phillips qui en a été l’un des premiers promoteurs avec ses cannes pleines ultra fines. Il a écrit un très bon livre sur la fabrication des cannes synthétiques (The technology of fly rods) que je ne peux que vous recommander si vous lisez l’anglais. Winston fabrique toujours des cannes contenant des fibres de bore aujourd’hui. Quant aux cannes en bambou refendu, elles sont rares et ne représentent plus qu’un marché confidentiel.
La fabrication des cannes synthétiques singe en fait la nature en copiant ce qui se fait avec le bambou refendu : on utilise des fibres dans le sens de l’axe de la canne pour en tirer le meilleur parti. Il existe des documents intéressants sur la structure du bambou refendu écrits par Wolfram Schott, vous pouvez télécharger “Bamboo in the laboratory” et “Bamboo under the microscope” sur Internet si vous en avez la curiosité. Dans le cas du bambou, des paquets de fibres sont liés par une résine naturelle de manière irrégulière. Dans le cas des blanks synthétiques, la structure est sous contrôle. On utilise des résines elles aussi synthétiques pour lier les fibres entre elles, donc leurs qualités adhésives sont très importantes. Les fibres de carbone subissent elles-mêmes un traitement pour maximiser cette adhésion. Le type de résine utilisé dépend des conditions d’usage des matériaux (conditions mécaniques, thermiques, etc.). Ainsi les résines pour le matériel de sport sont des époxydes, et j’ajouterai “en général”. Les progrès en matière de résine ont été substantiels depuis les années soixante-dix, la dernière évolution sensible date d’une douzaine d’années avec l’incorporation de nanoparticules de carbone ou de silice. Ces incorporations améliorent surtout filitra precio la résistance à la compression et aux chocs des matériaux composites, ainsi que leur raideur (appelée module) transversale. Celle-ci s’oppose au phénomène d’ovalisation lorsque la canne se déforme. Cela a des conséquences positives sur le matériau fini et peut conduire à modifier la stratégie du constructeur de cannes en matière de renforcement des “blanks”. Il y a aussi quelques inconvénients comme une plus grande densité et une perte possible d’homogénéité de la résine, avec la création d’agrégats de particules qui la fragilisent. Les cannes des années 70 ne comportaient pas de structures notables de renforcement, c’est venu plus tard, à la fin des années 80.
La résine est incorporée dans des nappes constituées de fibres de carbone unidirectionnelles. Je vous passe les détails sur la mise en œuvre. On utilise ces nappes de fibres pré-imprégnées de résine et doublées parfois par un voile ultra-mince de fibres de verre ou de carbone, pour faciliter l’enroulement sur le mandrin tout en contribuant à un minimum de renforcement transversal.

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