Faux : Les poissons souffrent – VRAI : Certains souffrent pour eux

Dans la série “Nos amis les bêtes”, un groupuscule affligé et vindicatif s’est offert une campagne de pub dans le métro pour que l’on cesse de faire souffrir les poissons en les attrapant à la ligne. Problème : les poissons ne souffrent pas, nous explique Pierre Affre, vétérinaire, pêcheur, et chercheur. Parce qu’ils ne sont pas outillés pour ça. Démonstration.

Pour les militants de la PAZ, il est urgent de mettre fin à la souffrance des poissons

Que la PAZ soit avec vous. C’est, en gros le slogan que les petits soldats de Paris Animaux Zoopolis voudraient faire passer à toutes sortes de bestioles qui partagent la capitale avec les humains. Et pour bien prouver leur détermination, les membres de cette association nés de la vague anthropomorphique se sont offert au mois de mars, dans de nombreuses stations de métro des affiches (4m x 3m) montrant une superbe fario avec une cuiller dans le coin de la gueule, emprisonnée dans une épuisette, avec ce slogan en énormes caractères : “Interdisons la pêche à Paris… les poissons aussi souffrent, eux aussi veulent vivre.”
Leur projet, porté par une conseillère “France Insoumise” de la capitale, Danielle Simonnet, surtout connue pour le logement social qu’elle occupe au détriment d’un des 120 000 vrais ayants droit inscrits sur liste d’attente, a été repoussée à l’unanimité par le conseil de Paris. Mais les PAZ s’en moquent. Ce qu’ils veulent, eux, c’est l’interdiction de toute pêche que ce soit pour manger ou relâcher. “Parce qu’il est urgent de mettre fin à la souffrance des poissons.”

Sauf que les poissons ne souffrent pas

Car ils ne disposent pas de “l’équipement” neurologique qui leur permettrait de ressentir la douleur. Le premier, Sir Herbert Maxwell, célèbre naturaliste écossais de la fin du XIXème siècle et grand pêcheur à la ligne de truites et de saumons (il écrivit plusieurs livres sur le sujet), affirma qu’à son avis les poissons contrairement aux vertébrés supérieurs (tétrapodes) ne ressentait pas ce qu’il était convenu d’appeler de la douleur. Ses détracteurs, déjà à son époque, objectèrent qu’il prêchait pour sa chapelle… Pour étayer ses affirmations, il démontra que quand une créature unicellulaire comme l’amibe ou la paramécie s’écarte d’une source d’irritation chimique ou mécanique, leur réaction est automatique, car elles ne possèdent pas de système nerveux et ne ressentent donc pas la douleur ni même le stimulus qui provoque leur réaction. Continuant ses expériences avec d’autres invertébrés, pluricellulaires cette fois, comme l’hydre, la méduse, l’étoile de mer ou le lombric, il montra que ces animaux réagissent aux stimuli nocifs, avec des mécanismes de fuite plus complexes, certes que chez l’amibe, mais bien “réflexes” et ne faisant pas appel à un système nerveux très développé. Les étoiles de mer, par exemple, ont un système nerveux primitif qui relie les récepteurs sensoriels aux muscles, ce qui leur permet de s’éloigner lentement d’un stimulus nocif. Ce système nerveux comporte un nombre restreint de cellules, mais ne possède pas de cerveau. Les réactions de l’étoile de mer, comme chez l’amibe, ne sont ni précises ni sophistiquées, elle ne peut pas éprouver les stimuli qui déclenchent ses réactions.… En réalité, ces réactions sont de purs réflexes de défense que l’on observe même chez les formes de vie les plus primitives.
Bien que les poissons eux, possèdent un cerveau, Sir Herbert Maxwell, remarqua que contrairement aux oiseaux et mammifères (animaux à sang chaud), leurs réactions face à une “agression douloureuse” comme la piqûre d’un hameçon, étaient bien “réflexes” et ne semblaient pas faire appel aux mêmes types de structure cérébrale que chez les mammifères par exemple. On sait aujourd’hui, ce que Sir Maxwell ignorait, que les cerveaux des vertébrés présentent des différences entre eux d’une très grande complexité, tant au niveau de leur structure que de leur mode de fonctionnement propre. Les cerveaux des animaux à sang froid (les poissons, les grenouilles, les salamandres, les lézards ou les serpents…), par exemple, sont plus simples que les cerveaux des vertébrés à sang chaud (les oiseaux ou les mammifères). Et de tous les vertébrés, ce sont les poissons qui ont le cerveau le plus simple alors que les mammifères et tout particulièrement les humains, ont le plus complexe. Les hémisphères cérébraux des poissons sont très petits mais surtout, sont dépourvus de néocortex.

PARTAGER l’ARTICLE

Laisser un commentaire

Commenter avec wordpress

Vous devez vous CONNECTER Pour poster un commentaire

Je préfère commenter avec facebook ->