Etat-Unis, l’algue invasive “Didymo” gagne du terrain

Didymosphenia geminata est une algue très envahissante, qui peut colmater complètement le fond des rivières et bouleverser totalement les écosystèmes. La macro-faune notamment et les jeunes alevins se trouvent littéralement asphyxiés.

Nous savons qu’en Nouvelle-Zélande, cette algue est responsable de la mort d’une vingtaine de rivières. Mais elle se développe également sur des rivières américaines, et non des moindres. Cet été, la basse vallée de la Missouri et la Henry’s Fork sont particulièrement touchées.

C’est une diatomée microscopique, qui peut se développer à partir d’une seule goutte d’eau. Elle est considérée comme autochtone dans l’hémisphère nord et exogène dans l’hémisphère sud.

Sa présence problématique est confirmée dans treize états d’Amérique du Nord dont ceux qui intéressent le plus les pêcheurs à la mouche : Arkansas, Idaho, Californie, les deux Dakota, de façons plus ou moins marquée. Elle est également présente en Islande, dans l’Alberta, Colombie-Britannique où le Québec (dont la mythique Matapédia).

Si son développement paraît logique dans l’hémisphère sud en tant qu’espèce nouvelle qui profite d’une niche écologique vide, rien n’indique pourquoi Didymosphenia geminata pose soudain de gros problèmes dans son aire d’origine où elle vit discrètement depuis des milliers d’années. Une modification de la température de l’eau ou un excès de nutriment (apport d’azote) pourraient déclencher une prolifération.

La contamination par les pêcheurs n’est pas une vue de l’esprit. Tout l’équipement des pêcheurs doit être désinfecté et pas uniquement les chaussures de wadding. Tout ce qui est en textile et en contact avec l’eau peut la transporter : wadders, chaussures, gilet, veste de wadding, filet d’épuisette. Les diatomées sont très peu exigeantes et peuvent survivre au transport pendant très longtemps. Sa présence en Nouvelle-Zélande est due aux pêcheurs, qui l’ont transporter dans leurs valises depuis l’Amérique du Nord. Il va sans dire que le retour en France après un séjour de pêche dans les lieux contaminés implique une désinfection totale de l’équipement et pas seulement les semelles en feutre des chaussures.

En 2014, des étudiants d’une université du Tennessee ont travaillé sur plusieurs protocoles de désinfection avec différents produits (“savons” liquides divers, Vircon, eau de javel, etc). De tous les produits testés, les solutions à l’eau de javel furent les plus efficaces. Diluée à 1 % d’eau de javel, la mort des cellules des échantillons à pris 10 mn, alors qu’à 2% ce n’était plus qu’une minute.

Les pêcheurs voyageurs doivent impérativement prendre l’habitude de désinfecter leur matériel avant et après chaque voyage. il en va de l’avenir de nos chers rivières et lacs et de notre passion.

(vidéo : le fond de la basse Missouri cet été. © Pêches-sportives).

 

PARTAGER l’ARTICLE

Laisser un commentaire

Je préfère commenter avec facebook ->