Éloge du cormoran

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    Michel Flénet

Michel Flénet aimait autant la vie que les truites. Avec sa disparition, les radiers franc-comtois perdent un allié. Et ses amis pêcheurs un sacré numéro.

L’Histoire retiendra de Michel Flénet, mort dans la nuit du 11 au 12 décembre dernier des suites du Covid, qu’il fut le premier pêcheur à la mouche à avoir réussi à prendre la place d’un cormoran. Je suis sûr que, parmi tous les exploits et faits d’armes que sa vie et son oeuvre auront mérité de voir passer à la postérité, celui-là aurait eu la préférence de Michel. Certes, il ne faisait pas le cormoran dans toutes les situations. Personne ne l’a jamais vu plonger en piqué pour avaler un blageon ou décoller en panique comme un avion cargo trop chargé, ni esquiver les plombs de tireurs maladroits. Michel se contentait de faire le cormoran posé, se séchant les plumes avec élégance et déglutissant son dernier repas gentiment prélevé sur les fosses et les courants de ses rivières préférées. Ce numéro très au point, créé pour sensibiliser le commun des mortels à la menace que font peser sur les populations de truites et d’ombres ces grands oiseaux noirs venus du nord, Flénet le produisait dans les dîners et soirées, à l’heure où se prononcent les discours, et c’était d’ailleurs le moyen qu’avait trouvé ce sourd-muet (des suites d’une méningite à l’âge de 4 ans) pour rappeler à chacun des convives, qui étaient souvent ses amis, à quel point il convenait de rester mobilisés contre cette peste noire qui ravage nos rivières. Et tous ceux, et ils sont nombreux, qui ont eu le bonheur d’assister à ce show, que n’aurait pas renié le mime Marceau, ne risquent pas de l’oublier.

Michel Flénet, était de ceux qui ne prennent pas la vie trop au sérieux, parce qu’il savait comme l’a dit, André Santini, « qu’il ne s’en sortirait pas vivant ». Mais il avait une façon très professionnelle, voire perfectionniste, de ne pas se prendre au sérieux. Tout ce qu’il entreprenait aboutissait à un résultat quasi parfait.

A ce stade,

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