Edito : Fermer le bar

Un coup de tonnerre (de Brest). Difficile de qualifier autrement la très vraisemblable décision de Bruxelles de fermer le bar en 2017 dans une zone qui va de la Bretagne nord à l’Irlande et au sud de l’Angleterre. Toute capture, qu’elle soit professionnelle ou en amateur, devra être suivie d’une remise à l’eau. 5 000 tonnes du poisson le plus prisé des gourmets seront ainsi graciées, ce qui va fortement pénaliser nombre de petits artisans pêcheurs dont c’était la principale ressource. Un mauvais sort économique pour éviter une catastrophe écologique à laquelle un demi siècle de démission de la classe dirigeante française a largement contribué. Ainsi a-t-on laissé jusqu’à l’année dernière, avec la complicité des pouvoirs publics, des élus et des scientifiques de l’Ifremer, les gros chalutiers pélagiques massacrer les concentrations de poissons sur leurs frayères. Ainsi a-t-on fait mine d’ignorer les statistiques terribles qui annonçaient rien de moins que la disparition possible d’une espèce très lente à reconstituer ses stocks. Ainsi a-t-on mis du temps à comprendre les mises en garde et les recommandations des scientifiques européens. La bonne nouvelle dans tout cela est qu’il n’est peut-être pas trop tard pour que le bar soit sauvé. Et que Dicentrarchus labrax bénéficie de ce statut de poisson de luxe que les prédateurs bipèdes vont devoir enfin respecter.

Éditorial du numéro 109 du magazine Pêches Sportives

PS109

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