Changement climatique, sale temps pour la micro-hydroélectricité !

Nous sommes entrés dans l’ère de la restauration des rivières. Nous devons retrouver leur biodiversité, leur beauté, leur attrait. La loi sur l’eau de 1992 a lancé les premiers grands efforts de restauration des milieux, à la suite de celle de 1964 qui mettait en place les premiers programmes pour l’épuration de l’eau. L’Europe a accéléré le mouvement de la restauration avec la directive Cadre sur l’Eau de 2000. Elle nous impose la double obligation de restaurer les milieux aquatiques d’eau courante, et surtout de ne plus les dégrader. Une situation qui devient paradoxale lorsqu’on voit apparaître des projets de microcentrales électriques par centaines au nom de la transition énergétique. Voici donc ce qu’il faut savoir au sujet de cette mutation indispensable mais où l’hydroélectrique n’est plus en phase avec son temps.

Les épisodes caniculaires de plus en plus réguliers nous renseignent sur une obligation fondamentale : il devient urgent de limiter les émissions de gaz à effet de serre, de décarboner nos modes de vie. La France est en retard. Elle n’atteindra pas en 2020 les objectifs de 23 % d’énergies renouvelables fixés par l’Union Européenne en 2009 dans son “paquet énergie climat”. Notre pays est à environ 18 % aujourd’hui, contre 29 % en Allemagne. Le Danemark en est lui à 48%. Nous devons donc mettre les bouchées doubles, ce que demande la Loi de Transition Energétique du 18 août 2015 et ce que compte bien faire l’actuel gouvernement, avec Nicolas Hulot à la tête du ministère de la Transition Ecologique et Solidaire.
Pour cela, en renforçant en priorité la sobriété et l’efficacité énergétiques, nous devons développer massivement les énergies renouvelables, notamment pour la production d’électricité. Historiquement, l’hydroélectricité occupe une place prépondérante. C’est elle qui, depuis la fin du XIXéme siècle, a constitué dans le monde entier l’essentiel de la production renouvelable. Des dizaines de milliers de grands barrages hydroélectriques ont été construits et 721 GW de puissance sont installés à ce jour sur les cours d’eau, dont 115 en Europe et 25 en France. Pour donner une idée de l’échelle, la puissance des deux ouvrages qui doivent être effacés sur la Sélune, Vézins et La Roche qui Boit est de 18 MW. Cette puissance colossale qui harnache quasiment tout ce qui coulait librement autrefois provient principalement des grands ouvrages. Le barrage des Trois Gorges (Chine) a une puissance de 18 GW.
Le plus puissant barrage français, celui de Serre-Ponçon et l’ensemble des centrales sur la Durance ont une puissance de 2 GW.

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