Cellule Demeter, convoqué à la gendarmerie pour une interview

Zone humide Haute-Saône

Zone humide Haute-Saône

Depuis la création en décembre dernier de la cellule anti-agribashing Demeter, le gouvernement suit les revendications du syndicat agricole FNSEA, connu pour défendre une agriculture conventionnelle et intensive. Et les premières convocations en gendarmerie n’ont pas tardé, comme par exemple avec le porte-parole de Source et Rivières du Limousin, qui s’est vu convoqué pour avoir répondu à une interview pour France 3 alors qu’il dénonçait le massacre de 5 hectares de zones humides pour la construction de serres à tomates hors-sol. Le prévenu se trouvait lors de l’interview sur un remblai, propriété de l’exploitant qui l’attaque alors pour “violation de domicile”. Cette affaire pourrait paraître des plus banales et relever du droit commun plutôt que de la cellule Demeter, mais pour le gouvernement, c’est ici clairement un moyen de faire taire les ONG qui œuvrent contre, non pas l’agriculture dans son ensemble, mais contre des pratiques agricoles intensives, qui comme chacun sait aujourd’hui, sont très préjudiciables pour l’environnement. Rappelons que Générations Futures, représentée par l’avocate Corinne Lepage,  a déposé un recours pour que cette cellule qui remet en cause la liberté d’expression soit démantelée. Que Demeter traque les voleurs d’animaux et de tracteurs est une choses, mais cette cellule traque aussi ceux qui œuvrent pour le bien commun, pour ce qu’il reste d’environnement préservé et pour l’avenir de nos enfants. Avec cette cellule, la démocratie dans notre pays se voit remise en cause.

(Photo. ©Philippe Boisson, zone humide Haute-Saône).

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