Swimbaits hooks : des hameçons texans qui ont du ressort !

Généralisés depuis la mise sur le marché du leurre souple articulé Imakatsu Javalon, les gros hameçons texans n’ont cessé de s’améliorer pour finalement aboutir aux récents modèles dit swimbaits hooks (hameçons pour leurres nageurs).

Par Jean-Marc Theusseret

Les hameçons texans sont destinés aux leurres souples pour une utilisation dans les herbiers et les bois morts. Ils sont de ce fait l’une des composantes majeures de la pêche aux leurres modernes. Les modèles classiques, avec leur forme en S juste derrière l’oeillet, n’assurent pas dans bien des cas une bonne tenue du leurre et, de plus, contribuent à réduire la surface dégagée entre la pointe de l’hameçon et le S, ce qui entraîne de regrettables décrochés. Les hameçons swimbaits développés par les grandes marques d’hameçons japonaises ont réglé le problème en modifiant la forme et surtout en imaginant un astucieux système de fixation du leurre en forme de ressort. La pointe du leurre se visse sur le ressort. Il est ainsi fixé fortement, mais le ressort reste mobile. A la touche, il s’escamote et dégage ainsi toute la place disponible de l’ouverture.
Loin d’être un simple gadget, ce système est très efficace. Vous avez d’ailleurs pu vous en rendre compte en regardant le DVD du n° 90 consacré au brochet. Il s’agissait du Owner 5132 Twist Lock et du Owner Beast lesté, associés à des shads. D’autres marques en proposent également comme Gamakatsu, Eagle Claw ou Mustad, tout comme certains fabricants de leurres comme Lake Fork. Certains sont lestés sur la courbure de sorte que le leurre puisse couler. Devant le succès du fameux petit ressort et face à la demande des pêcheurs, ce système est aujourd’hui appliqué à d’autres formes d’hameçons pour la pêche du black-bass dont profitent également les pêcheurs de brochet. Ce qui n’était au départ qu’un petit accessoire qui servait à mieux faire tenir les gros shads sur un hameçon texan est en traind’être décliné à tous les types d’hameçons de ce type. Et cela permet de pouvoir les utiliser avec des leurres aux formes diverses, car ces hameçons, aussi performants soient t-ils, doivent être rigoureusement choisis pour ne pas entraver la nage d’un leurre tout en permettant de bonnes chances de ferrer efficacement.
Dans le cas d’un tandem réussi, les décrochages sont finalement peu nombreux, autant avec les black-bass qu’avec les brochets. De quoi réconcilier les pêcheurs avec les hameçons texans, car beaucoup craignent la perte de poissons au ferrage.

Le rôle du lestage

Les swimbaits hooks sont conçus pour faire nager un leurre souple à l’horizontale dans la couche superficielle. Les lests sont modérés, de 2 à 5 g environ et rarement d’avantage. En France ils servent surtout à faire évoluer un leurre souple dans les nénuphars et autres plantes aquatiques sur des zones peu profondes. La plupart des modèles lestés sont d’ailleurs très efficaces pour la pêche dans les herbiers et particulièrement dans les nénuphars, car le leurre nage autant en surface qu’un peu en dessous à la moindre trouée d’eau libre. Si la taille de l’hameçon est adaptée à celle du leurre, celui-ci doit nager parfaitement en ligne et doit même afficher une grande souplesse de nage, bien plus réaliste que derrière une classique tête lestée qui souvent le bride. Certains shads nagent mieux que d’autres avec les swimbaits hooks. Ceux qui ont une densité plus importante que l’eau ont clairement un avantage. C’est le cas notamment du Sawamura One Up Shad, des Gary Yamamoto Swimbait, et Swimming Senko. La plupart des autres shads sont en simple plastique, matériau qui manque de souplesse et qui ne s’immerge pas réellement sans l’aide d’un lest.
Seule leur forme détermine leur équilibre dans l’eau et dans bien des cas ces shads sont assez mal équilibrés. Il est étonnant que l’élaboration de leurres souples plus denses que l’eau n’intéresse pas plus les fabricants. Les seuls modèles existants s’arrachent partout dans le monde tant ils donnent de bons résultats. Même les copies sont mauvaises, car seule la forme est généralement copiée.


Le prix de l’innovation

Seul défaut de ces modèles, leur prix élevé, d’environ 7,50 à 8,50 euros les trois hameçons en taille 6/0 ! En bateau ou en float-tube leur perte est toutefois rarissime.
Le plus grand risque étant de se faire couper par les brochets dans le cas ou ils avalent le leurre. Un bas de ligne en titane très fin, qui ne boucle pas est alors préférable au fluorocarbonne, qui contrairement à ce que l’on croit, se coupe très facilement sous la dent d’esox, même en 70/100.

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