Amérique : le mauvais feuilleton de l’oléoduc Keystone XL

TransCanada a annoncé le 27 février dans un communiqué qu’il
allait démarrer la construction d’une partie de l’oléoduc controversé Keystone
XL. Cette portion reliera le Texas à l’Oklahoma et ne nécessite pas
l’approbation de Barak Obama (en janvier le président américain a refusé
d’autoriser le lancement du projet dans son ensemble ndlr). Le groupe canadien
estime son coût à 2,3 milliards de dollars (1,7 milliard d’euros). L’oléoduc
doit transporter les hydrocarbures tirés des sables bitumeux de l’Alberta au
Canada jusqu’au Golfe du Mexique aux Etats-Unis.

Le sable bitumeux
a mis le Canada sur la carte des grands pays producteurs de pétrole.Ses
réserves dans l’Alberta seraient le deuxième plus grand gisement du monde après
l’Arabie Saoudite. Mais à quel
prix ? Cette technique d’extraction est si décriée qu’on qualifie
l’hydrocarbure qui en est issu de « sale », notamment car son mode
d’extraction est nettement plus ernégivore que les autres. Le sable bitumeux
est un mélange de bitume brut, de sable, d’argile minérale et d’eau. Le bitume
brut étant une autre forme du pétrole brut. Le Canada possède en Alberta le
plus grand gisement du monde connu de ce pétrole non conventionnel. Le
problème ? Pour obtenir un seul baril, l’exploitant doit traiter deux
tonnes de sables bitumeux.

En Europe, végète
un projet de directive européenne qui devait officialiser les sables bitumeux
comme le pétrole le plus polluant et qui n’a jamais été appliqué devant
l’hostilité de certains pays de l’Union.

Après la décision
du gouvernement conservateur de Harper de désengager le Canada des accords
issus du protocole de Kyoto, l’effarement a touché de nombreux défenseurs de la
nature au Canada ou ailleurs. Le Canada semble déterminer à
sacrifier sa nature sur l’autel du
pétrole. Au Etats-Unis c’est le projet d’oléoduc qui inquiète. Le 6
novembre 2011, 12 000 personnes ont manifesté devant la Maison blanche pour
protester contre le pipeline, ce qui constitue un record pour les écologistes
américains. Ils sont particulièrement inquiets pour la zone sensible de Sand
Hills dans le Nebraska, une zone humide fragile et unique. Leur combat semble
donc loin d’être achevé. Cette portion devrait entrer en service dans la
deuxième moitié de 2013 selon Transcanada.

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