Les problèmes de décompression des captures faites en profondeur

Les poissons possèdent une vessie qui sert de stabilisateur hydrostatique. Elle permet d’ajuster leur flottabilité, tout comme les ballasts d’un sous-marin. Cependant, à la différences des physostomes (brochets, carpes), cette vessie gazeuse, faussement appelée « natatoire », n’est pas reliée à l’œsophage chez les poissons physoclistes (sandres, perches, black-bass). Par conséquent, ils ne peuvent pas évacuer le surplus de gaz contenu dans cette vessie par la bouche pour changer rapidement leur profondeur de nage et leur pression interne. Ils possèdent en revanche une glande spécialisée qui s’occupe de réguler les gaz mais dont l’action, on le devine, est très lente. A 10 mètres de fond, la pression sur un de ces poisons est deux fois plus grande que sur la surface et elle s’accroît avec la profondeur. Quand des poissons physoclistes sont apportés à la surface d’une profondeur de 10 mètres, le volume de gaz de la vessie augmente rapidement, doublant en volume et faisant pression grave sur les organes internes. En arrivant à la surface depuis une vingtaine de mètres, le changement de pression est si grand que la vessie sort parfois par la bouche, les yeux sont exorbités et des bulles de gaz peuvent se former dans les vaisseaux sanguins et les branchies. On estime que la mortalitéa sur des captures réalisées à 20 mètres peut dépasser 50 %.

L’utilisation d’une aiguille de seringue pour rééquilibrer des poissons en perçant leur vessie gazeuse est-elle recommandable ?

Non ! Car si cela apporte une possibilité au poisson de regagner les profondeurs en évitant l’effet « flotteur », nombre d’entre eux finissent par mourir quelques jours plus tard suite au stress de la manipulation, à des infections ou à des lésions faites sur d’autres organes lors de l’insertion de l’aiguille. Ce n’est pas parce qu’un poisson repart en nageant vers le fond qu’il survivra.

Faut-il remonter lentement ou rapidement un poisson ferré en profondeur ?

Rapidement ! Contrairement aux idées reçues, le fait de remonter un poisson de manière lente jusqu’à la surface ne lui donne pas le temps de faire sa balance gazeuse corporelle. Il lui faut en réalité de vingt à trente minutes pour équilibrer sa pression interne s’il a été pris à 10 mètres. Faire traîner le combat signifie aussi plus d’acide lactique dans les tissus, plus de stress… donc moins de chances de survie. Les tissus et les muscles qui entourent la vessie gazeuse sont capables d’empêcher son hypertrophie pendant cinq minutes environ. Il ne faut donc pas s’éterniser, l’idéal étant de redescendre rapidement les poissons capturés à la profondeur où ils se trouvaient.

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